‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 81 sur 113 · CANTON DE TILLY-SOR-SEULUS · texte numérisé non relu

CANTON DE TILLY-SOR-SEULUS

volte est ornée de tètes plates; elle peat dater de la 1" moitié du \III* siècle. Je oe crois pas le chœur et le transept antérieurs aux dernières années de ce siècle, si même ils ne soot, en partie, du commeocement du XIV*.

La principale porte ouverte dans le transept nord est précédée d'un porche.

La gravure ci-après donne l'élévation intérieure du chœur, de la tour et de la nef; elle montre les piliers

Coupe longitudinale de l'église de Norrey.

et les arches du premier ordre, le triforium formé d'une suite d'arcatures portées sur des colonnettes, l'étage supérieur ou cléreslory, et les voûtes dont les

32o fl'ÂTIBTIOtlB UONUHENTALt DO CALVADOS.

arceaux TieDoent se réunirentre les Teoëtres et reposer sur des colonnes qui s'élèvent depuis le rez-de-chaussée jusqu'aux combles. Deux bordures de trèfles en creux forment des lignes au-dessous des saillies de l'entablement. On j voit encore l'ordoDuaace des bas-cdtés dont les mnrs sont tapissés d'arcatures trilobées.

Les sculptures qui décorent les murailles de cetle partie de l'église sont remarquables : on y trouve des feuilles de vigne parfaitemeni fouillées, et d'autres feuillages dont une partie ressemble à des feuilles d'aulne ou de charme. Au milieu de ces végétaux sont

des oiseaux mangeant des raisins ou becquetant des fruits, des têtes bumaines, etc., etc. On peut encore citer des rosaces très bien fouillées.

Dans les travées qui répohdent à la courbure de l'abside, entre les fenêtres et au-dessus des arcatures, sont trois personnages en bas-relief : deux de ces

CAHTON DB TILLV-SUK-SIVLLU. 329

figures représentent des masiciens, dont l'an joue du violon et l'autre donne de la trompe ou de l'oliphant.

Celui qui joue du violon foule aux pieds une espèce de dragon.

Du côté du nord, un bas-relief représente le massacre des Saints Innocents et l'Adoration des Mages (i).

Les chapiteaux des colonnes sont tous extrêmement élégants ; j'en ai fait mouler plusieurs en plâtre : l'un d'eux, trësélancé, a ses volutes terminées pardes fleurs. Les plus riches décorent l'ouverture de la chapelle appliquée au N.-E. , près de la courbure des bas-côtés du

(1) yù bit nuniltr « bii-rellef pour le taaiie il'Antiqniiti de Cu>>> oli il M

330 STATISTIQUE MONtlHENTALE DD CALVADOS.

chœar ; ils offrent des feuillages d'une exubérance remarquable et fort rure, luéme au commencement du XIV* siècle. La coupe que je présente montre encore la décoration intérieure du transept nord et la partie de la tour qui reste ouverte et forme, ao-dessousdn transept, un dôme éclairé par des fenêtres géminées. Cette disposition des

tours centrales se rencontre dans plusieurs églises Aa

CANTON DE TILLY'SDR-SEDLLES. 3H1

Calvados; je la crois caractéristiquedn XIV* siècle ou de la 6d du XHI* ; elle produit un très bel effet.

Aa moyea de la coupe figurée page 327, il eel facile de recoDuaStre les proportions de l'édifice, soit en longueur, soit en hauteur, et cette coupe qui reproduit fidèletnent l'ensemble de l'édifice m'autorise & en abréger la description, tout en le recommandant spécialement ii l'étude des architectes et des artistes. Les mttnlagesqne j'ai fait faire des sculptures les mieux traitées leur fonroiront d'ailleurs des types excellents, s'ils ont à construire dans le style de cette époque.

Deux autels en pierre existent encore dans les chapelles qui accèdent aux bas-côtés da chœur; voici l'un

de ces autels : la table repose sur un massif triangulaire et, en avant, sur trois colonaettes dont deux sont complètement dégagées ; ils sont l'un et l'autre très bien conservés.

Il y a dans le chœur plasieurs pierres tombales qui peuvent être du XYI* siècle.

La gravure (page325)derextérieur de Tabside et de la tour complétera ma description : on y voit Tordonnance et la forme des fenêtres en lancettes, le toit pyramidal en pierre qui surmonte chacune des petites chapelles des bas-côtés, les feoétres duclereslury deTabside, au-dessus du toit des bas-côtés, avec les arcs qui contreboutent les murs et les fortifient contre la poussée des voûtes, puis la corniche décorée de feuillages et de gargouilles pour l'écoulement des eaux.

Sur le troisième plan, les transepts et, au-dessus, la tour planant sur le tout. La partie éclairée par des fenêtres géminées est celle que nous avons examinée à Tintérieur ; de longues ouvertures trilobées au sommet forment Tétage supérieur dans lequel se trouvent les cloches. La pyramide, à 8 pans, qui surmonte la tour carrée se trouve tronquée, et Ton croit généralement qu'elle n'a jamais été achevée. Un toit en ardoises, de la même forme, mais bien moins élancé que n'eût été le toit de pierre, s'il eût été continué, surmonte le tout. Nous avons observé un fait semblable à l'église d'Audrieu, dont la tour doit être à peu près du même temps que Norrey. Les toits pyramidaux des chapelles absidales paraissent aussi, à Norrey, une imitation des toits pyramidaux du XII* siècle, qui couvraient à Audrieu les absidioies du transept et dont une est encore intacte (V. lafig. p. 316).

L'une des fenêtres extérieures de Norrey montre que les cannelures des archivoltes et des 'pieds-droits se faisaient souvent après coup, car elle n'offre^de canne, lures que d'un côté, l'autre n'ayant pas été achevé; d'autres fenêtres confirment cette observation . Le

CANTON DE TILLT-SUR-SBULLBS. 333

porche avait été peint et les sculptures en étaient fort belles ; malheureusement elles ont beaucoup souffert.

Pris dans leur ensemble, le chœur et les transepts de Norrey fournissent un modèle excellent aux architectes qui voudraient construire, dans le style ogival, une église d*une certaine importance.

L'église de Norrey et celle de Bots que je vais examiner appartenaient à Tabbaye de Saint-Ouen de Rouen : cette abbaye possédait toutes les dîmes dans les deux paroisses. Avant la Révolution, les deux églises étaient desservies par le même curé ; celui-ci faisait Toffice à Rots et son vicaire à Norrey, mais chaque église avait son cimetière.

On voit accolé au transept sud (voir le plan), un petit bâtiment carré dans lequel était une chambre où un prêtre pouvait coucher : on ne se rappelle pas dans la paroisse si cet appartement était habité par le vicaire ou par quelque autre prêtre habitué.

L'église est sous l'invocation de Sainte Barbe.

Antiquités romaines. La voie romaine que j'ai déjà signalée dans plusieurs localités et qui porte le nom de chemin haussé^ traverse la campagne en passant à l'est de l'église de Norrey ; elle est très bien conservée et sensiblement exhaussée au-dessus des terres dans la partie qui se trouve en face de l'abside de l'édifice. Des arbres plantés sur les bords de la voie, ont surtout contribué à conserver ce qui reste en soutenant ies terres par leurs racines et en les défendant contre les empiétements des propriétaires riverains. De là la voie se dirige vers iMouen et Verson (1).

(i) V. tome second de mon Cours d'Antiquités monumentales, p. 12$ et suivantes.

Page 1