ECÛUEVILLE-EN-BE88IN
Secqueville-en-Bessin, Siccavilla in Bajocensipago in BessinOt commune à 3 lieues 0. de Caen, à 2 kilomètres de la route de cette ville à Bayeux, était encore appelée Siqueville au siècle dernier, conformément à son nom latin Siccavilla.
L'église est une de celles que le voyageur antiquaire devra visiter.
Le chœur paraît du XVII* siècle, à l'exception du mur qui le termine à l'est et qui pourrait être du XIV* ou du XV.
On remarque à l'extérieur de la nef, au-dessous delà toiture des ailes, un rang de cintres bouchés qui se prolongent autour des chapelles de la croisée. Cette galerie est surmontée de corbeaux réunis par de petites arcades cintrées ; malheureusement on a fait disparaître, on ne sait pour quelle cause, la corniche qui était au-dessus
CANTON DB GUULLY. 346 ^
des corbeaux, et cette suppression est choquanle (1). '
Des étoiles, des hacbares, 'f
des quatre- feuilles et des ^
billettes formeal des bor- -^
dures d'ua assez boa effet .|
sur les arcbivoltes de ces arcatures.
Lft tour, haute d'environ 150 pieds et ornée de 3 étages d'arcatures, n'est pas en proportion avec l'édiQce ; elle est romaoe jusqu'à la naissance de la pyramide qui paraît avoir été réparée plusieurs fois, et a perdn les quatre clochetons qui autrefois garnissaient les angles.
Le dernier désastre causé parla foudre eut lieu le 16 juin 1610, ainsi que l'attestait une inscription gravée sur l'une des ailes du coq.
Âl'intérieur, quatre grandes arches à plein cintre séparent la nef des ailes. Les piliers qui les soutiennent sont garnis de colonnesdont les chapiteaux sont assez curieux, quoique sculptés grossièrement. La tour est
Tour et transept de Secqueville.
346 STÀTI8TIQDB MOiimfBNTALE DU CALVADOS.
portée sur quatre arcades dont une (celle qui fait face à la nef) est ornée de plusieurs rangs d'étoiles surmontés d'un rang debillettes.
Avant la Révolution, Tabbaye de Saint-Étienne de Gaen nommait à la cure de Secqueville et entretenait le chœur. D'après les renseignements de feu M. Tabbé Adam, ancien curé de cette paroisse, cette portion de l'église a été refaite dans le XVII* siècle. ^
Faits historiques. Au printemps de Tannée 1105, pendant le siège de Bayeux par Henri P', roi d'Angleterre, Robert Fitz Hamon, qui tenait pour Henri, fut surpris à Secqueville par les soldats du duc Robert et ne trouva d'autre moyen de défense que de se réfugier dans la tour de l'église ; mais les soldats du duc allumèrent du feu sous la tour et le forcèrent à se rendre. M. l'abbé Adam m'a assuré qu'avant de faire réparer les piliers qui supportent cette pyramide, il avait encore vu sur eux des traces du feu auquel ils avaient été exposés en 1105.
Quoi qu'il en soit, voici de quelle manière Robert Wace raconte ce fait historique :
Robert ke Ten dit Fils Hamon Teoui esteit por haut baron, Ki lénor tint deTorignie (i) B grani 6eus ont entor Groillie (S) ; Al duc son seigDor fu medlez B fu el rei Henri tornei.
A Sechefille en Baessin (8) Fu entrepris à un matin ; Baessin aloat seisissant, E tôt li paie porprenant,
ci) Torigny. tid Creolly. (3) Secqueville-en-Bessixi.
CANTON DE C&IULLY. 347
Li maiinlct li dat (1) VcSnnU En Seehefile t'embatirent (S) ; Cil de Caêm I acorurent De Baienes molt-toft i ftirenU Robert s'embati el mottier Sas en la tor très k*al cloehier, Mail il ni pont gaires atendre Voliitt n non Testut (d) deicendre Kar li feu i la aportei Dune li mcMtier fa alamez ; Mail por li fea s*e8t deicenda»
Et at Baeiit (4) t'est reiKia Robert fo pris é bien gardes Et à Baieoes fa menés, ele.
Charles Gampion, écuyer d'honneur du roi, était seigneur de Secqueville en 1391 ; Bertrand Gampion, en 1399 ; Philippe de Manneville, en 1454 ; Guillaume Guilbert, en 1540.
Antiquités gallo-romaines. Des vestiges de constructions romaines se rencontrent sur plusieurs points de la commune, ainsi qu'un grand nombre de débris de tuiles à rebords : notamment au nord de l'église, dans le vallon placé en face du château de M. Du Pontavice, et plus loin, au sud-ouest de ce point, dans la campagne appartenant à M"** la comtesse Des Essarts. Mais le lieu où j'ai remarqué le plus grand nombre de vestiges et où se trouvait très probablement le centre du village gallo-romain , est à quelque distance , à l'est de l'église, le long du chemin appelé vulgairement chemin BretonneuXy qui, partant de Bretteville où il fait suite au chemin haussé^ se dirige vers Reviers et Courseulles. Là j'ai remarqué des tuiles à rebords
(i) Les troupes dn Dac. (2) Se logèrent. (5) loi fidlm. l|) Ans Bayensaiss.
éparses dans une étendue de terrain assez considérable, et les cultivateurs m'ont donné des renseignements qui ne laissent aucun doute sur la présence de diverses fondations. Ils indiquent aussi plusieurs puits bouchés. Des pièces de monnaie, que je n*ai pu me procurer, y ont été découvertes, il y a plusieurs années; je ne doute pas que ce ne fussent des médailles romaines. Une tradition que j'ai recueillie dans le village et qui mérite d'être rapportée, parce qu'elle s'accorde parfaitement avec celle de Villiers-le-Sec, autre commune où de nombreux débris existent aussi, c'est que le village aurait été transféré là oit il est à présent, à cause de réloignement où Use trouvait de l'eau : ce qui aurait décidé à le transporter près des belles sources qui sortent de l'étang voisin. Il est assez remarquable que cette tradition soit en rapport avec la dénomination même du village Sicca Villa, et qu'elle soit complètement identique avec la tradition qui existe à Villiers, près Creuliy , lequel est également surnommé Le Sec{\).