‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 87 sur 113 · COULONS · texte numérisé non relu

COULONS

Coulons, Coloriy CouloUy Colomb^ Columbum.

L'église de Coulons se compose d'une nef et d'un chœur à chevet droit, avec tour à toit pyramidal en pierre, appliquée contre le mur septentrional, et une petite chapelle accolée au chœur du même côté (nord). Le chœur appartient au roman de transition. Il est voûté en pierre ; les arceaux de la voûte offrent des ogives surhaussées , comme on en rencontre parfois à l'époque de transition.

Le grand arc, entre chœur et nef, est orné de festons imitant de grosses feuilles qui garnissent également

(1) V. le PoniUé du diocèiç.

l'archivolte d'une porte bouchée, à colonnes, existant dans le mur latéral du chœur. Cette moulure se trouve dans quelques autres églises de transition, notamment à Rots, canton de Tilly, et à l'église de Tierceville, arrondissement de Bayeux .

La nef a des fenêtres refaites; la façade en est moderne. On y voit, sous la corniche, des dents de scie qui annoncent le XIII* siècle. Le petit porche méridional paraît du XVI*.

La tour, d'une date incertaine, doit être postérieure ' au XIII*. La chapelle accolée au chœur paraît peu ancienne.

L'église est sous l'invocation de Saint Vigor.

L'abbé d'Ârdennes nommait à la cure et était en possession du patronage depuis l'an 1207 (1).

Cette abbaye percevait les deux tiers de la dîme; l'autre tiers appartenait au prieur de Saint-Vigor, près Bayeux.

Les Percy étaient seigneurs de Coulons au XIII* siècle. Un Jean de Percy possédait la seigneurie en 1396; un autre Jean de Percy vivait en 1419, et un Guillaume de Percy en 1464.

Coulons est cité parmi les localités qui dépendaient du château de Creully, en 1417, et dont les habitants obtinrent de Henri V, après la reddition de cette forteresse, des lettres de protection les maintenant

(4) En 1292, le lundi après k fête Saint- Aubin, Robert de Percy, chevalier, et Tabbé du couvent d'Ardennes, eurent un pourparler en l'assise de Caen : le seigneur abandonna tous les droits qu'il pouvait avoir au patronage de Coulons. F. le Cartulaire d'Ardennes.

En 1229, Radulphe de Percy et son épouse avaient aussi en l'assise de Gien abandonné le même patronage à l'abbaye d'Ardennes et en avaient reçu 3$ livres. F, U mimé Cartulaire .

CANTON DB GREULLY. 351

dans la possession de leurs biens et Texercice de lears droits (1).

MARTRAGNY.

Martragny, Martrinneium y Mardigneium, Mar^ treigneium, Martringnewm.

L'église peut se décomposer en trois parties : la tour, placée à Touest et sous laquelle est la porte d'en* trée, la nef, et le chœur.

La tour me paraît du XIII* ; la porte qui s'y trouve a des colonnettes dont les bases et les chapiteaux paraissent se rapporter à la seconde plutôt qu'à la 1'* moitié de ce siècle. L'étage supérieur de la tour est orné, sur chaque face, de trois fenêtres en lancettes : l'une ouverte, les deux autres bouchées, dont le sommet e^ garni d'une arcature à têtes de clou. Les colonnettes ont des chapiteaux à volutes simples, comme au XIII® ; sous la pyramide terminale est une frise ornée de quatre-feuilles.

On remarque, dans le mur méridional de la nef, une porte bouchée défigurée par suite de l'établissement d'une fenêtre qui forme échancrure au milieu du cintre ; elle était garnie d'une frète crénelée.

Une seule colonne existe de chaque côté. Les murs de la nef, en partie construits en arête, ont été refaits dans plusieurs parties, etdes fenêtres repercées, etc., etc.

Le chœur a été rallongé à une certaine époque, peut-être le XVI® ou le XVIP ; on a probablement en même temps exhaussé les murs, car on voit du côté du nord des modillons à 3 pieds environ au-dessous du

(1) RotoliKormannûetA. D. 1417), publiés i Londres en 183$. Vol. !« p. 151.

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toit actuel et la reprise est visible. Une porte bouchée et défigurée existait dans le mur latéral du chœur ; le chevet est sans intérêt. Les murs du nord, qui ont conservé le plus de caractère, surplombent d'une manière considérable.

L'intérieur n'offre rien d'intéressant dans la nef : on y voit seulement une crédence ogivale ; mais dans le chœur, il y avait, près de Textrémité ancienne et à gauche de l'autel, une inscription incrustée dans le mur ; elle a été empâtée d'une couche de mortier et je n'ai pas voulu la dégager sans précaution, de peur de l'endommager. M. Le Couvreur m'a promis d'en nettoyer les lettres avec toutes les précautions convenables.

L'église est dédiée à Notre-Dame. La cure était divisée en deux portions, dont une était à la nomination de l'abbaye de Longues et la seconde, à Celle de l'abbaye de Lessay. Lessay percevait la moitié de la dîme ; le chapitre de Bayeux et l'abbaye d'Aunay avaient l'autre moitié.

A peu de distance à l'ouest de Téglise, on voit une maison dont la partie basse des murs est construite en arête de poisson. La cheminée de cette maison est octogone comme beaucoup d'autres cheminées anciennes. La maison est attenante à un champ qui porte encore le nom de Clos de Vahbaye, et probablement c'était là qu'était le prieuré appartenant à l'abbaye de Lessay.

Prieuré de Saint-Léger, Dans la première moitié du XIP siècle, Raoul de Martragny donna à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte une acre de terre dans cette commune, et les moines de ce monastère firent bâtir sur ce fonds le prieuré de Saint-Léger et de Sainte-

CANTON DB GRBULLT. 3S3

Madeleine de Hartragny. Ils furent aidés dans cet établissement par Robert Spencer, Guillaume de Tregoz, Hugues, fils de Hugues de Gournay, Robert Le Cauf, etc.

Philippe dé Harcourt approuva cette fondation par une charte spéciale, et Hugues, archevêque de Roueo, la confirma par une autre charte qi^on trouve dans le cartulaire de Tabbaye de Saint- Sauveur.

A cette époque, Roger Bacon, seigneur du MoUey et de Martragny, ne paraît pas s'être immiscé dans la fondation du prieuré de Saint- Léger; du moins nous ne trouvons aucun acte émané. de lui h cet égard. Simon Bacon, sou fils aîné, ne s'en occupa pas davantage; mais son frère Guillaume, ayant eu en partage la terre de Martragny, donna le patronage de Téglise paroissiale de cette commune à Tabbaye en 1208, puis des fonds de terre au prieuré. On trouve encore dans le XIP siècle quelques donations qui lui furent faites. L'église du prieuré a été abattue pendant la Révolution.

Constructions romaines. Quelques briques.romàines ont été trouvées près de la route tendant de Martragny à Ruqueville, commune voisine. J'ai fait la découverte d'un grand nombre de briques éparseset des vestigei^ d'une m7/a dans le champ du puits fondu, au sud de la grande route deCaen à Bayeux, près du village de Saint- Léger. On y a trouvé des médailles en grand bronze.

Les habitants appellent ce lieu ville de Bacaî^ déno-; mination qu'ils appliquent aussi à deux autres localités, où l'on trouve des tuiles romaines à une lieue dt là. Ils racontent beaucoup de fables sur l'étendue de cette prétendue ville qui n'était peut-être qu'une exploitation rurale.

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