‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 88 sur 113 · RUQUEVILLE · texte numérisé non relu

RUQUEVILLE

Ruqueville, Rt^hivillay Buscavillaj Rusquevilla. L'église de Ruqueville, aujourd'hui réunie à Martragny, est en forme de croix. Une tour carrée, surmontée d'un toit à double égout, s'élève au-dessus du transept.

La nef a été en partie reconstruite, du côté du midi; elle avait autrefois des bas-côtés qui ont été détruits. Du côté du nord, on voit les arcades qui mettaient la nef en coipinunication avec les ailes. Elles sont en ogive, garnies de tètes de clou . Du côté du sud, on ne voit plus d'arcades pareilles; une partie du mur a été reconstruite au XVI* ou au XVII* siècle; il n'est pas, d'ailleurs, certain qu'il y ait jamais eu un collatéral de ce côté.

La partie la plus curieuse et la plus certainement ancienne, c'est le transept. Les quatre arcades à plein cintre qu'on y voit, sont portées sur des colonnes engagées à gros chapiteaux historiés. Les deux arcades de face ont été ogivées dans la suite, probablement pour qu'on pût mieux voir le chœur qui est du XIII* siècle; les deux arcs latéraux sont demeurés à plein cintre.

Sur le chapiteau placé à droite sous l'arcade de face, on distingue J.-G. entre Saint Pierre, reconnaissable à son énorme clef et un autre personnage qui, peut-être, est Saint Paul.

Le chapiteau de la colonne voisine est orné de feuillages et imite le chapiteau corinthien classique*

Le chapiteau en regard du premier représente la fuite en Egypte : Saint Joseph conduit l'âne par la bride et porte sur l'épaule une grande hache, emblème de sa

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profession de charpentier. Derrière la monture de la SainteViergeestnn ange montrant du doigt une étoile. Ea arrière de ce chapiteau et dans le transept gauche, en est un autre où l'on remarque deux combattants armés, l'un d'une énorme massue, l'autre d'une épée.

et portant au bras des boucliers elliptiques garnis d'une espèce de rebord ou bourrelet (1).

Les deux piliers qui, à l'entrée du chœur, supportent

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les arcades, sont comme les deux premiers ornés chacun de deux colonnes engagées.

Le chapiteau porteur, du côté de rÉvangile, ofire dans un encadrement elliptique, soutenu par deux anges, la figure d'une âme sous la forme d'un corps nu. Derrière les anges se voient deux petits personnages difformes, armés chacun d'un crochet de fer à l'aide duquel ils semblent vouloir retenir les. deux anges. Je crois qu'il faut voir là une représentation des anges gardiens et du démon, qui lutte avec eux pour s'emparer de l'âme qu'ils élèvent vers le ciel. La même idée se trouve exprimée de différentes manières dans un grand nombre de bas-reliefs du XII* siècle.

Ce chapiteau paraît, ainsi que les autres, avoir été peint, mais il est recouvert d'un épais badigeon blanc.

Le chapiteau voisin de ce dernier, et qui se trouve en dedans du transept nord, offre deux monstres portant une même tête et enchaînés au moyen d'une ceinture. Ces animaux monstrueux paraissent assis et ils ressemblent à ceux que j'ai vus dans d'autres églises, notamment dans celle de Ghavigny (\ienne).

Le pilier en regard du précédent, du côté de l'Épitre, est aussi orné de deux colonnes.

Le chapiteau de la première a été rogné quand on a fait la chaire, et on n'en voit plus que les dçux tiers. On y distingue deux personnages dans des niches, dont l'un porte des bandelettes et l'autre a des ailes collées et ramenées en avant. Le chapiteau de la colonne porteuse, dont le fût a été coupé et forme à présent console, représente l'Adoration des Mages. Le Mage le plus près du Christ et qui a un genou en terre, porte au talon un éperon extrêmement long terminé en forme de lance, comme on en voit au XII* et au XIII*

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siècle dans les manuscrits et dans d'autres bas-reliefs.

Le transept avait peut-être été voûté ; du moins on remarque des amorces de voûte d'un côté. Aujourd'hui l'intérieur de la tour qui le surmonte est à découvert, et l'on distingue facilement, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, la ligne où s'arrête l'ancienne maçonnerie. La tour a été exhaussée vers le XVI* siècle.

Quelques peintures anciennes existent dans la partie de l'église que nous venons de décrire; elle se composent de parallélipipèdes dessinées en rouge sur un fond blanc, de manière à figurer des pierres de moyen appareil. Au centre de chacune de ces pierres, est une

fleur à six lobes égale-

ment peinte en rouge . T""j5^|^ 4s I 4 I 4 Ce genre de décoration' 1 ^ I ^ 1 i I se rencontre annvpnt.^ , ■ ■

dans nos anciennes! 4^ 1 ♦ 1 ^ 1 ^ eguses.

Le chœur est, je crois, du XII* siècle : il est voûté et les arceaux viennent reposer sur des colonnettes monocylindriques à petits chapiteaux galbés.

II y avait autrefois, du côté du nord, un collatéral accolé au chœur et formant chapelle. Il n'en reste plus aujourd'hui que quelques pans de muraille, et je suppose que cette addition n'était que du XV* siècle, peutêtre même du XVI*.

Quelques fenêtres ont été faites après coup dans le mur méridional du chœur et dans le transept sud (1).

(1) Depuis que ceci est écrit, M. Le Couvreur, curé de Martragny, homme de goût et appréciant très bien les monuments, a fait, au 'moyen d'une souscription, quelques réparations à Téglise de Ruqueville ; il a écrit sur cette église une

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On enterre encore aujourd'hui dans le cimetière de Ruqueville, et Ton y voit un certain nombre de tombeaux, la plupart appartenant à une famille Fosset. Un membre de la même famille avait été enterré dans l'intérieur de Téglise, transept du nord.

L'église de Ruqueville était sous l'invocation de Saint Pierre. Le patronage en appartenait au seigneur laïque. L'abbaye de Saint*Étienne de Gaen percevait la dîme (1).

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