‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 91 sur 113 · SAINT-GABRIEL · texte numérisé non relu

SAINT-GABRIEL

Saint-Gabriel, Sanctus Gabriel.

L'église, composée d'une nef et d'un chœur à chevet droit, n'offre aucun intérêt du côté sud, où des reprises ont été faites et des fenêtres percées après coup, mais à l'ouest et au nord on distingue des parties romanes. La porte principale, à l'ouest, présente deux archivoltes portées sur deux colonnes. Le mur du chœur (côté nord) est orné d'arcatures à plein cintre, bordées de têtes de clou.

Une fenêtre à larges baies^ qui avait été ouverte au chevet vers le XV* siècle, est bouchée, comme dans presque toutes les églises qui en avaient de semblables avant l'établfisement des autels à grands contreretables.

La petite tour, qui s'élève entre le chœur et la nef, appartient au style ogival ; l'époque m'en paraît incertaine, elle doit d'ailleurs avoir été réparée.

L'église est sous l'invocation de Saint Thomas de Gantorbéry. L'abbaye de Fécamp en avait le patronage ; elle percevait les dîmes.

Prieuré de Saint-Gabriel. — Le prieuré de Saint- Gabriel, situé sur le bord de la SeuUes, à quelque distance de Téglise paroissiale, offre une des ruines les

plus belles du départemeat, que j'ai signalées le premier, dès Tannée 1819, à Tattention des archéologues et des touristes. Ce prieuré avait été fondé au XI* siècle en faveur de l'abbaye de Fécamp, par le seigneur de Creully, Richard, fils de Tursting, qui avait un frère moine à Fécamp. Il possédait les terres de Creully, S*-Gabriel et Fresnay-ie-Crotteur. Robert Fitz Hamon, baron de Thorigny et d'Ëvrecy, était alors seigneur suzerain de Creully. Le texte de la charte de fondation n'indique point l'année à laquelle on doit la rapporter. M. De La Rue croyait qu'elle était antérieure à 1066 (i). Il cite un acte confirmatif de l'an 1070 entre le fondateur, son iils et l'abbé de Fécamp, par lequel celui-ci reconnut être obligé d'entretenir de moines le couvent de Saint-Gabriel, et même à y instituer un abbé si leur nombre devenait considérable.

On ne sait ce que devint cette première famille de Creully. Robert Fitz Hamon, seigneur suzerain, qui a figuré à l'article Secqueville, et qui avait été gouverneur de Gaen, étant mort en 1109, laissa plusieurs filles dont une épousa Robert de Caen, fils naturel de Henri P% comte de Glocester, et lui apporta les baronnies de Creully, d'Évrecy et de Thorigny, et le titre de fondateur du prieuré. En 1128, Robert s'entendit avec l'abbé de Fécamp (2) sur le mode d'élection du prieur; il fut arrêté que le seigneur de Creully concourrait à cette élection avec les moines de Saint-Gabriel.

Le prieuré devint dans la suite un bénéfice simple et

(i) V. Essais historiques sur la ville de Gaen par M. l'abbé De La Roe.

(2) L'ivèque de Bayeux, pour prix du consentement qu'il donna à cette fondation, reçut de l'abbé de Fécamp un calice de 6 livres et i once d'or de 30 sous pour le dorer. Le duc de Normandie eut pour le même motif deux chevatu de chacun 10 ivres, qui avaient appartenu à d'anciens chevaliers devenus moines à Fécamp.

CANTON DE GHEULLY.

tomba ea coinmende comme biea d'autres. On compta le cardinal de Guise parmi ceux qui l'ont possédé.

Entrée du prieuré.

Bâtimenls du prieuré. Les constructions du prieuré consistent en plusieurs corps de logis, distribués autour d'une vaste cour, et dans une église en ruine.

l/enlrée qui paraît du XIII* siècle attire d'abord l'attention : elle consiste en une grande et une petite porte ; la grande porte offre un arc surbaissé et des

coloanettes du XI IP siècle; la petite a été refaite extérieurement.

Les passages auxquels ces portes accèdent sont voûtés et surmontés d'un appartement; la corniche du bâtiment est ornée de modillons plats dessinant des arcatures ogivales.

Toutes nos anciennes maisons religieuses avaient des entrées à peu près semblables, composées de deux portes d'inégale grandeur : presque toutes offrent de l'intérêt et méritent d'être figurées. J'en présenterai quelques-unes dans la description monumentale des autres cantonsdu Calvados, pour qu'on puisse les comparer.

Le manoir est ensuite la partie la plus intéressante des maisons de la cour. Malheureusement les appartementsdu premier ont été défigurés parles restaurations. Le joli pavillon que voici doit dater du XV* siècle, tandis que le bâtiment qui, l'accompagne du côté droit annonce, dans sa partie supérieure, la fin du XVP siècle ou le commencement du XVIl^; mais les parties basses et les murs paraissent beaucoup plus anciens, probablement du XIV* siècle : les contreforts annoncent bien cette époque ou la fin du XIIK Quelques restes de murs doivent même remonter plus haut. On voit dans ce corps de logis une cheminée cylindrique assez bien

donservée.

Les voûtes du rez-de-chaussée, dont il serait difficile de préciser la date, peuvent remonter au XiV* siècle, peut-être même à la fin du XIII®.

On a démoli depuis quelques mois une partie des bâtiments qui formaient l'angle N.-E. des maisons du prieuré, derrière le pavillon dont je viens de parler; elles devaient être aussi du XIV* siècle.

CAIfTOH US CRBDUT.

Cette démolition, ea meltaat à on ud mur de gable, B dégagé une décoration peinte à fresque, à laquelle on

Maisons du prieuré de Saiat-âabrlei.

avait fait auparavant peu d'attention. Elle consiste, comme le montre le croquis du mur, tel qu'il existe encore en ce moment, dans des cintres entrelacés, peints

STAnSTIQUB HONDHENTALB DU CALVADOS.

Peintures muralea dans un bâtiment du prieuré.

CiHTOH DK GIBDLLY. 369

en vert el en brun sur fond blBuch&tre. Au-dessuB de cette galerie, des compartimenta d'appareil sont peints en rouge; on y distingue aussi des feuillages et des rinceaux qui complétaient la décoration de l'appartement avant (]n'il eût été divisé par des pisncbers.

Donjon du prieuré.

Au centre existe une espèce de contrefort sur lequel on voit une niche surmontée d'un fronton triangulaire, accompagné de deux pinacles et reposant sur une tablette. Cet ensemble simule un autel en miniature ; les Qeurs sculptées autour du fronton et un cordon de feuilles au-dessous de la table qui forme saillie, annoncent le XIV^ siècle.

Les démolitions s'arrêtent au joli pavillon qui for-

mait la partie la plus intéressante du prieuré et qui sera conservé pour Thabitation du propriétaire, avec le corps de logis dont il forme l'accessoire.

Il paraît que le prieuré était le siège d'une justice féodale. On voit encore le long de la route et vers l'extrémité du mur d'enceinte une tour carrée qui servait de prison. Cette tour est divisée en deux étages ; on ne descendait dans la partie inférieure, que par un trou rond pratiqué dans la voûte et par lequel une échelle pouvait être introduite. L'appartement supérieur était voûté, les arceaux portaient sur des consoles sculptées. Les habitants parlent encore avec effroi de cette prison. On connaît aussi, parmi les dépendances du prieuré, le champ dit du gibet. Le donjon du prieuré a été acheté par la commune avec un terrain attenant sur lequel on a construit une maison d'école. M. de La Cour, maire de la commune, l'a ainsi sauvé de la destruction dont il était menacé : ce sera désormais le beffroy de la mairie de Saint-Gabriel (V. page préc).

Église. L'église était considérable et le portail se trouvait à peu près dans l'alignement du manoir habité par les moines; mais depuis plus d'un siècle la nef avait été détruite, il ne reste plus aujourd'hui que le chœur. M. l'abbé LafTetay nous apprend que cette déplorable destruction remonte à Tépoque où, la maison conventuelle ayant cessé d'être habitée, la desserte du prieuré fut confiée aux religieux de Saint- Vigor, près Bayeux, qui dépendaient aussi de Fécamp et venaient seulement de temps en temps à Saint-Gabriel pour y célébrer l'office divin; alors on eut la barbarie rie supprimer commes inutiles les deux tiers de l'église.

Ce qui nous reste de ce monument est une des plus belles choses que nous ayons dans nos contrées.

GANTOH DB CKBDLLT.

Dans son état actuel, il offre un carré divisé ea trois neb, comme le moatre le plaa ci-joint :

La net centrale est terminée par une abside ; les deux bas-côtés, par des murs droits.

La tief détruile devait être deux fois plus longue que le chœur; elle était aussi plus élevée. Quelques personnes croient qu'il y a eu un transept entre chœur et nef. Les contreforts qui, à droite et à gauche de la façade actuelle, appuient les bas-côtés seraient dans cette hj'pothëse les restes du mur oriental de ce transept : quelques indices, insuffisants du reste, ont même porté à penser que ce mur a été coupé là où commengsient de petites absides, comme on en trouve dans les murs d'un grand nombre de transepts.

Les deux piliers garnis de demi-colonnes, qui occupent le centre de la façade et supportent la grande arcade bouchée du chœur, sont d'une ampleur qui

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fait aussi supposer qu'ils portaient la voûte centrale d'un transept. Tout cela est fort incertain. Je reviendrai sur cette question dans un travail spécial que je compte donner plus tard sur les édifices ruraux les plus remarquables du département.

Quoi qu'il en soit, l'extérieur de l'édifice actuel est bien moins remarquable que l'intérieur ; la corniche est portée sur des médaillons. On remarque, à la partie supérieure des murs latéraux, des arcatures à plein cintre, reposant sur des colonnettes romanes. L'abside présente à sa partie inférieure des arcatures portées sur des colonnes, séparées les unes des autres par des colonnes engagées qui s'élèvent jusqu'à la corniche et qui sont d'un très bon effet ; mais ces détails se trouvent dans beaucoup d'autres églises romanes. Au contraire, l'intérieur est d'une grande magnificence; toutes les moulures y sont d'une fraîcheur admirable et d'une finesse remarquable.

Il y a plus de vingt ans que M. Deshayes, membre de plusieurs Sociétés savantes, décrivit à ma sollicitation l'église de Saint-Gabriel. Longtemps après, M. Laffetay, membre de la Société, française pour la conservation des monuments, en fit aussi l'objet d'une description, et ce qu'il a dit de l'intérieur de l'édifice servira très bien, sauf quelques légers changements, d'explication à la gravure au trait que je présente et qui offre. un dessin très exact et mesuré, de l'élévation de l'édifice du côté du nord. La disposition et la décoration sont semblables du côté du sud.

« Chacune des ailes, dit M. Laffetay, communique avec la galerie centrale par deux belles arches cintrées, de 8 pieds d'ouverture et hautes de M pieds environ. Elles sont soutenues par un pilier qui n'a pas moins de

cauton m cBiniLT. 373

(t pieds de dîamèire, el autour duquel Be groupent des colonnes engagées de forme cylindrique. Deax de ces colonnes, plus saillantes que les autres, s'élancent au-

Abbafe de Saint-Gabriel

dessus des arches qu'elles séparent, jusqu'à la naissance de la voûte du chœur, à 30 pieds environ du sol. Les chapiteaux qui les terminent supportent un cintre eu maçonnerie engagé dans la voûte, et qui la divise en deux parties égales'; ensuite, des quatre extrémités du

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rectangle, partent deux autres arches qui se coupent diagonalement, en sorte que leur point d'intersection se trouve sur la première. L'intervalle des nervures est rempli par des pierres brutes noyées dans du ciment, et que l'infiltration des eaux pluviales ne tardera pas à déjoindre, comme elle a déjà détruit le plafond. La voûte des bas-côtés présente à peu près la même disposition, et est menacée des mêmes accidents ; déjà même, plusieurs pierres se sont détachées et ont laissé des ouvertures, remplies imparfaitement par des touffes de gazon, où viennent nicher les oiseaux. Enfin, les collatéraux sont terminés, à l'orient, par des enfoncements semi-circulaires, propres à loger des autels; ce sont des espèces d'absides, dont les proportions paraissent en rapport avec celles de leur galerie respective.

a Au premier ordre, on distingue les arches dont il vient d'être parlé et qui mettent la grande nef en communication avec les ailes.

c Le deuxième ordre comprend, de chaque côté, six ouvertures beaucoup plus hautes que larges, mais surtout très profondes. Immédiatement posées au-dessus des arches de la nef, elles laissent entre elles peu d'intervalle.

€ Enfin, le troisième ordre ne compte, comme le premier, que deux ouvertures, qui ressemblent beaucoup à celles des bas-côtés, et dont le cintre va toucher la voûte. Sur les six fenêtres du deuxième ordre, deux sont murées et, au lieu d'apporter la lumière à l'intérieur de l'édifice, elles en tirent du jour pour éclairer les escaliers qui conduisent, d'une part, à cette galerie qui environne le sanctuaire, de l'autre, aux fenêtres de l'étage supérieur ; car, dans l'épaisseur du mur, on avait ménagé des couloirs, en sorte que l'on peut, entre

CANTON DE CRBtTLLY. 375

une double paroi, aller d'une fenêtre à l'autre et parcourir toute la longueur de la nef, au-dessus du premier étage. La galerie qui domine le sanctuaire consiste en deux tribunes capables de recevoir plusieurs personnes; elles sont divisées en deux parties inégales par une colonne cylindrique, d'un pied de diamètre, qui supporte, d'un côté, un cintre surbaissé, et de l'autre, une petite ogive romane. Le fond du sanctuaire est éclairé par une grande fenêtre de forme ogivale, beaucoup plus récente que le reste de l'édifice, et au-dessus de laquelle monte et descend, dans l'épaisseur du mur, un escalier qui établit la communication entre les deux tribunes. Au-dessous de ces tribunes, on remarque des arcades bouchées^ les unes rondes, les autres aiguës, formant des enfoncements plus ou moins profonds, qui pourraient servir de niches à des statues. Enfin, entre l'abside et la nef, plusieurs colonnes s'élèvent d'un jet depuis le sol jusqu'à la voûte, qui, dans cette partie de l'édifice, a conservé son plafond.

« En général, les chapiteaux des colonnes sont simplement cannelés et se terminent en tailloir. Cependant ceux du sanctuaire ont à leurs angles des fleurs recourbées en volutes, et même il en est où l'on remarque de petites figures demi-saillantes; quelques-uns sont ciselés et ornés de dentelles, d'autres^ au contraire, présentent à peine quelques tracés de ciseau, sans que Ton puisse expliquer cette préférence. Des frètes crénelées couronnent des arcades de la nef; des losanges, les arcades bouchées du sanctuaire, et des doubles zigzags, les enfoncements qui terminent les bas-côtés. Des étoiles, des nattes, de triples zigzags et mille autres dessins capricieux sont répandus avec profusion dans différentes parties ; un cordon de pierre en torsade cir-

cale autour de Tédifice, au-dessus des arches de la nef et au-dessous de la galerie du sanctuaire. Ces moulures sont en relief et d'un beau travail. Une branche de feuillage, parsemée de fleurs, de. fruits et d'oiseaux, tapisse la concavité de l'abside. Cet ornement, qui est répété en dehors sous la forme d'un rameau de pampre, est contemporain de la grande ogive et de quelques ogives trilobées, dont l'empreinte se fait remarquer sur le mur du sanctuaire ».

Nous n'aurons que peu de mots à ajouter à ces détails dont l'exactitude peut être contrôlée par le dessin lui-même. La frise qui surmonte le triforium m'a paru mériter d'être signalée. Plusieurs des bases des colonnes, du côté du sud, portent des moulures, notamment des frètes crénelées. On remarquera aussi de petites figures en bas-relief qui existent sur le mur près des chapiteaux des colonnes qui supportent l'arcade du sanctuaire, entre l'abside et le chœur .

Du côté de l'Épitre, on voit accolée au pilier qui répondait à l'extrémité de l'autel, une piscine pédiculée offrant, comme le montre l'esquisse suivante, une cuvette creusée dans une table quadrangulaire, portant sur chaque face, des moulures qui annoncent le XII* siècle et reposant sur une colonnette cylindrique. La cuvette est peu profonde et percée au fond d'un trou qui se prolonge dans toute la longueur du pédicule, qui correspond à une cavité pratiquée sous le pavé. On sait que les piscines étaient destinées à recevoir l'eau qui avait servi à laver les mains du célébrant. Celles qui reposent sur un pédicule comme la suivante sont assez rares ; le plus souvent les piscines se trouvent dans une niche ou sous une arcade pratiquées dans l'épaisseur du mur, et qui portent le nom de crédences. On peut

CANTOH Dl CMDLLT.

voir daoB moQ Cours d'aoliquiLé^, t. VI, ch. 2, les détails que j'ai donnés sur les crédences el sur le» formes

Piacine pédicalâe de Saint-Gabriel.

qu'elles ont affectées à diverses époques. (V. p. 170 et suiv,).

Nous n'avons cessé depuis 1820 de recommander l'église Saint-Gabriel aux antiquaires. Nous avons fait plusieurs fois des démarches près du ministère de l'intérieur pour obtenir qu'il les fit examiner ; ce n'est que tout récemment qu'on a pu donner suite k ces demandes. Aujourd'hui l'édi&ce est la propriété de l'Ëtat, mais il a perdu sa toiture, il est urgent d'en établir une autre, et l'on s'étonne que depuis trois ans le gouvernement n'ait pas encore fait rétablir ce toit si nécessaire. Chaque jour les voùles se détériorent, traversées qu'elles sont par les eaux pluviales; si l'on temporise

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encore, elles pourront bien s'écrouler. Depuis deux ans le mal a beaucoup augmenté.

Un cloître existait dans la cour qui avoisine l'église et dont rétendue correspondait à la partie détruite de cette basilique.

Je n'ai point la prétention de faire Thistoire du prieuré sur lequel je possède pourtant quelques documents (1) : j'indiquerai seulement comme pouvant fournir des renseignements sur les possessions de cette maison, un registre grand in-folio, très bien écrit, qui se trouve aux archives de la préfecture de Caen, et qui est intitulé :

Papier terrier du domaine fieffé et non fieffé^ droits ^ dignités et revenais de la mense prieurale de Saint- Gabriel dans les paroisses dudit lieu de Saint-Gabriel^ Fresné'le-Crotteur, Creully^ Brécy, Luc^ Langrune, et hameau de Saint-Aubin^ Ruqueville, Secquevilley Rye, Le Manoir, VaussieuXy Hérouville, Pierrepont et Brouay,

CREULLY

Creully, Croileivm^ Credolium, Croleinm^ est un bourg assez bien bâti, chef-lieu de canton, situé sur la rivedroite de la Seullcs, quiétait anciennement chef-lieu d'un doyenné rural, d'une baronnie et d'une sergenterie.

Église. L'église de Creully est assez intéressante ; elle se compose d'une nef avec bas-côtés, d'un chœur à

(1) Dans les Rotuli Normanni» publiés à Londres en 183$, on trouve, page 377 un aae donné, en 1418, par le roi d'Angleterre à Radulphe Flamunt, alors prieur de Saint-Gabriel, par lequel il le laisse en possession de tous les biens du prieuré.

CANTON DK CRBDLLY. 379

chevet droit, auquel des ehapelles oDt été accolées du cAté du nord, d'une autre chapelle toute récente, et d'une tour moderne à l'ouest.

M. Cotmaa, dans son Voyage archéologique en Nor-

Plan de l'église de Creull;.

mandie, en a donné un dessin; M. Bonet l'a dessinée de nouveau pour moi. La nef et le chœur sont d'architecture romane; les bas-côtés, du même style. Les arcades de la nef sont ornées de zigzags ; elles reposent sur des piliers ornés de colonnes engagées à chapiteaux godronnés pour la plupart. Des colonnes séparent les arcades les unes des autres et s'élèvent au niveau des fenêtres, oii elles reçoivent les arceaux des voâtes : ces voûtes sont évidemment de l'époque.

dSU STATtSTIODI HOHDMtm'Al.t DU CU.VADOB.

Les modilloDS de la corniche extérieure sont bien conBcrvés, ornés de figures grimaçantes.

Intârienr de l'église de Crenll; .

Il existe, dans le collatéral du doH, une porte bouchée dont l'arc est surbaissé et orné de zigzags. Cette forme est assez rare dans les moauments d'architecture

CANTON DE CRBl'LLV. 381

romaue pour que je croie devoir en donuer une esquisse.

Vers la fin du XV' siècle probableineDt, et peut-être au commeucemeat du XVI*, on a rallongé le chœur, et ajouté lea chapelles du nord. Quelques ouvertures ont aussi été pratiquées dans les murs latéraux de la partie ancienne.

Il existe sous l'église un caveau sépulcral. On voyait ancienneoient dans le sanctuaire, au -dessus de ce caveau, deux tombeaux appliqués contre les murs, l'un du côté de l'Épître, l'autre du côté de l'Évangile. L'un de ces tombeaux a été détruit par suite de la construction récente d'une chapelle latérale du côté de l'Évangile ; c'était celui d'Antoine II de Sillans ; le marbre en est maintenant incrusté dans le pavé du sanctuaire ; on y lit ce qui suit :

IIIV tt 1 90N KOI FIDÏLI,

382 STATISTIQUE MONIAfENTALB DU CALVADOS.

VOUR LA VOl CATHOLIQUE IT POUt Ll ROI COMBATTU • Dl ION AHTIQUB BACS, NDL R*BBBA BR LA FOI ; MAI! ORT TOOIOUBt ÉTÉ SORS 8BBYITBDR8 bO ROI. 01 RRFIR OB SBIORBUR BT RAROR DR CRRDLLT, A 80IXARTR RT TROIS ARS FUT AU CIRL RBGUBILLI. LA KOBT DB LUI TRlOMPaB, BOR RRROK BST VITART, IL TIT RR flOR iPOUSR, QUI PBIB AU TOUT-FUUSART, QUR 80R ROR PLAISIR SOIT RIBRTÔT LB8 BRRDRR URIS tous LB TOHRBAU LBURS CORPS, LRURS AMRS RR PARADIS AIRSI SOIT-IL,

Le tombeau que l'on voit eaeore, du côté de TËpître, est celui d'Antoine III de Sillans. L'épitaphe en était ainsi conçue :

HARRRB BACORTB A LA FOSTiRITÉt

QU*UR SAIHT HTKBR TAIRC TA fOUDITÉi

RT QUB STLVIB BR CBS HORRRUU FURiRRRS,

RRHD SA KÉHOIRB BT SON AMOUR CiLlBBRS.

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