‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 125 sur 130 · LA GAMBE · texte numérisé non relu

LA GAMBE

La Cambe , Camba.

L'église de La Cambe se compose d'un chœor, à trois travées voûtées et à chevet droit, dans le style du XIII*. siècle ou du commencement do XIV*. , et d'une nef qui doit remonter, en partie, à la même époque , mais qui n'est pas voûtée et dont plusieurs parties ont été refaites; les murs latéraux notamment ont été exhaussés.

La partie supérieure de la tour, qui est en pierre et d'une ^ forme très*défectueuse, a été rétablie en 1758.

CANTON D'ISIGNY. ^5S Entre cbœur et nef, du eAté du Sud,

on remarqae une chapelle du XV*. g

aiëde, voQlée, dans Iac]uelle existent "^

plusieurs iuscripiions Inmulaires et le ^

tombeau de l'abbé Le François, cou- °

seiller m ParlemeaL Ce tombeau, placé |

dans la nuiraille Sud de celte cbapelle , '-^ est recouvert d'une statue malbeureu-

semeot mutilée, mais qui, pourtant, g offre de l'intérfit.

Il a été récemment restauré aux frais de la Société

française d'archéoli^c , sous la direction de M. le vicomte de Cussy. ^

làtl STATISTIQUE MONUMENTALE ftU CALTAD05.

Les inscriptions incrustées dans les murs de la chapelle se rapportent toutes à des membres de la même famille. Voici ces inscriptions telles que je les ai relevées :

CY GI8T DAIWOlStLLB KATHBIIJIB M TILLIUS BN SON VIVANT BSPOtAB DB HOBLB BOMB IIHAIT

LB FBAHGOIS BM SON VIVANT 8BI0NBQB DB

JUCOVILLB . LAQUBLLB TBBSPASSA LB XXII JOCB

DB MAT L*AN VIL V** BT 1*1* (1501) PBIBI BIBO

POUB BLLB PA8TBB N AVB V.

CT GI8BNT NOBLBS P80NB8 BOBBBT LB FBANC0I8 BN 80 VIVANT SBIGNBUB DB JUCOVILLB

BT Da'% JHANNB OBSCBAMBVILLB 80N BSPOI78B DAMB DB POBT , LBQOBL TBBSPASSA L*AN H* CCCG

ixXI LB Vill* JOUB DB SEPTBMBBB BT LADITB Da'*. LAN IIII<'XXV ( 1495 ) LB XXVIIl* JOUB DB JUILLBT PBIIZ DIBU POOB BUX PATBB NOSTBB

r.T DBVANT GHT NOBLB BOMHB

LB FBANC018 SBIQNBDB DB JLCOVILLB BN SON VIVANT

LBQOBL TBBSPASSA LAN MIL V* BT V LB Xlllt*

JODB DB SBPTBVBRB PBIU DIBD POOB LOI

PATER NOSTBB — AVB MARIA.

CT GIST DBM0I8ELLB JOBANNB LB FBAN

C018 FBMMB DB NOBLB BOMMB JEHAN FAODQ

SeiONBUB DB BOCBBFOBT BT DB MONS

LAQUELLE TBBSPASSA L*AN MIL llll*

ITIl^' ET QOINXB LB LUNDI DB LA GRANDE

PASQOB PBIBS DIBU POUR BLLB

PATER KOSTBB AVB MARIA.

On voit par cette dernière inscription qu*un mariage avait apporté aux de Faouq la terre de Jucoville.

L'église de La Cambe est sous Vinvocation de Notre-Dame. L'abbaye du Plessis-Grimoult nommait à la cure et percevait les dîmes.

75S STATISTIQUE HOHmiEflTiLE DO CALVADOS.

f Château de Juamlle, Le chlteao de Jnco* ille ai à la famille Le François , doat plusieurs membres sont enterrés dans la chapelle seigneuriale de l'élise de La Cambe , ainsi que le prouTent les inscriptions que je vieus de transcrire ; b chapelle du château s , dit-on , été construite par l'abbé Le François, conseiller au Parlement de Rouen , doat nous venons de voir le tombeau : c'est une charntanU! petite coosLruclion que j'ai visitie, accooip^Dë de U. V. Petit. Cette chapelle, dédiée i saint Rocb, se compose d'aoe nef rectai^ulaire et d'un sanctuaire i pans conpés, dont Toici le

pla:i. Des conireforls, couroniids par des clucbetuns ornés

CANTON D'iSUiNT. 7S7

à$ crosses , garniBseni et accompagnent l'édjfiee j la porte principale , qai Tait face au chSiean , s'ouvre dans le mur aeplenlrional de la nef, comme on le voil par la Ggare que

La c«upe suivante fera comprendre la dittpa'^ilion des voûtes , et l'ordonnaocc inifrieure de cette jolie cba-

pdie; (« J Toit les proportions relitiTCS du sanctaaire et de It net

Je donne , plus loin , un dessin de la crédenco qa'dt aperçoit dans le cbœur, du côté de l'épilre : II est impossible de tuir rien de plus dâlicalement sculpté.

Le cbltcaudc JucoiillccstmodcrDccL use caractère; celui qui l'a précédé eu avait beaucoup : on gd peut juger par le

CâNTON &'JS1GNT. 759

760 STATISTIQUE BOmUIENTAIfi DO C&LTIDOS.

colombier, qni porte la date de 1702, « par h porte d'entrée de la cour. Jacoville avait été ërigé en narqaisat, en 1736,

en faveur des de Faucq (1). Les de Fancq ayant perdo lear fib anique , leur domaine de Jacoville passa ï la famille de Cu«7 . qni l'habite aujourd'hui.

(t) Eitratl de YÈnetion de margalsat m faveur da sieur Jaeqan gaphael de Faourq de Koehefurl de Jueoville en avril 17Se:

> Ledit «leur Hpoiinr e terTi pendant ptaifriiri nnéei dant lei ■rméet du f«j roi àf glorleuie mémoire, notre trèi-honoré Klgoear Fl biiilenl , en quiMIé de capitaine d'infanlerle dini le régiment de La Luieme ; Il commande drpuli *1ng[ ani tur In cdtei de la Normandie en qualtit de général dti d^ptrlemenl de Grandcamp.

• Se) areni le tonl dlitlnguéi dant Irt emplofi mllllttrei : BiobI de Feoutq l'on d'eux arcompagni Robrrt Coorteheaie duc de Normendie à ta ronqanle de la Icrre i'* en qualité de lelgnenr binnervt

■ Le* anceilrei dn dll atear eipoMnl deroearerent Bdelei aa roi Charlet VII dani le lempi qae les Anglala envahirent la Normandie; Jean de Faoani fui on de ceoi qal difendlrent le chtiean de Nenlllj- Unque conire let généraai dg roi d'Angleterre et tat en Otage Ion de la capitulation de cette place faite le 19 mal l4tB.

■ Jacquet de Fionm «leur do Honl et d< RocbcfoM commandait

CANtON D*151GNY. 761

K La terre de JncoTille avec rancien château , actoellement rebâti , situés à La Cambe , canton d*Isigny» ni*écrit M. Cb. de Gnssy, membre de la Société française d'archéologie, propriétaire actuel du château» sont entrés dans ma famille par le mariage d'un de mes ancêtres paternels avec la fille atnée du dernier marquis de Faoucq. Depuis ce temps , ces biens sont passés de père en fils , par héritage direct» à celui qui les possède aujourd'hui.

« Voici h date du contrat d6 mariage de M. de Cussy avec la fille aînée et l'une des héritières du deniier marquis de Faoucq :

< Louis de Cussy de Bdleval^ né le h octobre 1676, fils atné de Gilles de Cussy, écuyer, seigneur de Belleval , et de Marie Le Breton , épousa, le lundi 26 avril 1706, Harie-

1 l'an 1554 et suivants 100 chetao-légen eo la prorinee de Normandie.

c Jaeqiiei de Faoucq ileur de Jucoville fut nommé par le roi Louia XIII chevalier d>> noire ordre de S* Michel et receot le collier du dit ordre le 15 Janvier 161t.

« Jean de Faoucq fut tué au alége de Valence en Italie en 1656.

< Ghrlatopbe de Faoucq de Jocoville fut nommé, en 1674 , pour commander la noblene de la vlromlé de Bayeni.

« Isaac Fraocolf de Faoucq a commandé sur les cosles de Normandie au département de Grandcamp en qualité de colonel.

« Etienne Guy de Faoucq maestro de camp de cavalerie et sons* lieutenant de nos chevau-tégers de Bretagne est mort fannée dernière à notre service : en sorte que la famille de Texposant a donné depuis plusieurs siècles et en toute occasion despreoTesdu plus fidèle attachement è la gloire de notre élat et que ledit sieur exposant a pleinement mérité par sa naissance par les services continuels de ses ancestres et par ceux quMI a lui même rendus le titre d'honneur que nous vouions lui accorder et qu*ii puisse transmettre è ses descendants»

a Crée érige, etc.,elc., etc. dignité de marquisat sous la dénomination de Faoucq de Jucoville. »

f" Pièce communiquée par N» Ch, de Cussy, )

762 STATISTIQUE MOmiMBNTALB DU CALVADOS.

c Anne-Jacqueline de Faoïicq, fille de Jacques deFaoucq, V chevalier , seigneur et patron de Rochefort et Clouay, et de « noble dame Anne Gouespel. »

Cette pièce explique comment s'est faite h traoslatioa du domaine de Jucoville dans la famille de Gussy.

Antiquités romaines. — En faisant des recherches à La Cambe , sur la direction de la voie romaine qui allait d'^tigustodwrum ( BayeuK ) à Crociatanum , je découvris » chez un propriétaire de cette commune , le dépôt dont il est question dans la note suivante , et dont personne n*avait eu connaissance auparavant Je me hâtai d'en faire part à M. Lambert , conservateur de la bibliothèque publique de Bayeux , en le priant de l'examiner plus attentivement que je n'avais pu le faire moi-même. Voici ce qu'il m'a communiqué à ce sujet :

« Je me suis rendu, d'après vos indications, dans la « commune de La Cambe, le dimanche 1*'. septembre 1833 , « pour visiter le dépôt de médailles romaines trouvé dans ce t lieu, vers l'année 1830, d'après le rapport do propriétaire, c Ce dépôt se composait de 3,300 médailles, réunies sur un « même point , qui ne paraissaient pas avoir été renfermées t dans un vase; du moins on ne remarqua aucuns débris « de poterie ou autres qui puissent le foire penser. Un cer- « lain nombre de ces pièces se trouvèrent éparpillées dans « la terre, de manière à faire croire qu'il y en avait eu da- « vantage. D'après le peu d'attention que Ton paraît avoir « mis à ramasser celles qui pouvaient être restées dans les « environs, et qui, en raison de leur petitesse, purent « échapper à la vue de l'ouvrier , il est présumable que le v nombre devait s'élever à environ quatre mille.

« Le lieu qu'elles occupaient fait partie de l'enclos d'une

petite propriété située toat près da ruisseau qui travei'se b grande route, fait tourner les roues du Maulin-Ferrant, et va se jeter dans TAure , à peu de distance de Téglise de Canchy,

« Le passage de la ?oie de Crociatomtm (St.-Gôme-dn- Mont) à AugustoduTvm (Bayeux), sur ce point , ne peut laisser aucun doute. Les redressements de la grande route actuelle n*ont apporté aucun changement dans cette partie, et le nom très-significatif de Ferrant , donné an moulin qui touche pour ainsi dire à cette route , le prouve évidemment.

« Le long séjour de ces médailles dans un terrain humide et qui a dû être souvent couvert dans les temps de pluie et de débordements , a fait développer à leur surface une croûte d*oxydc tellement épaisse et tellement dure, que les moyens ordinaires de l'acide nitrique étendu d'eau ou de l'eau seconde étaient ab2M)lument nuls. Il a fallu recourir à Topération que les orfèvres appellent dérocher* Je l'ai employée , mais en les soumettant seulement à l'action d'un feu modéré , afin de ne rien détériorer. Cette opération était indispensable pour les rendre au moins déchiffrables et en dresser le catalogue que vous trouverez ci-joint Vous pourrez , plus tard , les faire entièrement nettoyer par l'eau seconde ou à l'aide de tout autre moyen.

f La suite de ces médailles se compose de deux espèces : billonou pièces saucées, et petit bronze. Les 300 acquises pour le compte de la Société des Antiquaires de Normandie, offrent les têtes de dix empereurs ou tyrans et d'une impératrice ; elles renferment un espace de 36 ans , depuis l'an 238 de l'ère vulgaire , sous Gordien-le-Pieux , jusqu'en l'année 27/i, qui fut celle où Tetricus fut vaincu et pris par Aurélicn.

Hk StÂTiSTIQtJE VONDMENTUfi BU CALVADOS.

« Voici la liste de ces têtes avec le nombre 4le chacune :

« Gordien^-le-Pieox 1

« Yalérien père.^ « . < . » . . . . . 3

« Gallien 77

« Salooine. ik

« Salonio 2

« Posthume père 67

« Victoriu père. 50

« Claude II 55

« Qulntih'us. h

* Tetricuspère hi

- Tetricus fils. S

« Il est présuroable , d'après Tétat de conservation de la « médaille de Gordien., que la lacune qui se trouve entre ce « prince et Valérien le père , est remplie par quelques mé*t dailles de Philippe père et fils, d*CUacîIia - Severa , de «' Trajan-Dèce, Étruscille, Herennius, Hostilien , Trébonien- « Galle, Volusien et Émilien, dont la. majeure partie ne sont « pas très-rares, même dans notre pays, et qui ont dû pro- « bablement se rencontrer dans itn aussi grand nombre.

« Le revers de la médaille de Gordien , sans être rare, est « assez beau : jeternitati aug. ; chacun sait comment ce t vœu fut exaucé. Le jeune Gordien , doué de toutes les « vertus, fut assassiné, à Tâge de 19 ans, par Tinstigation

des Philippes.

« Celles de Vaîérién père n*ont rien de particulier.

c Les médailles- de Gallien présentent 2k revers différents, « dont un parait assez beau : germanigus maxu , trophée « entre deux captifs ; la face porte le buste de Gallien à « gauche , avec le bouclier et le javelot sur Tépaule.

« Les médailles de Satonine , sa femme , nous donnent 5

CAKTON D'iSfGNY.' 765

« rércrs : la piété sous deux types, Vénus victorieuse, la « fécondité et Junon.

« Le revers de celle do Salonin , son fils atné , offre une • dièvre sur le dos de laquelle est un enfant avec Tinscrip- 1 tion : jovi cresgenti.

« Les Posthume sont nombreux et assez variés, 1& revers « 00 types différents. Cette collection est précieuse, en ce « qu'elle offre probablement la majeure partie de celles qui « furent frappées sous ce règne. On y trouve surtout celle « qui porte pour légende : HERb deusoniensl Le surnom « donné & Hercule venait d*un temple fameux situé, à ce que « l'on croit , sur la rive gauche du Rhin , vis-à-vis Cologne , « actuellement Dhiz. 11 paraît , d'après O. Martin , qu'Her- « cule Macusan est le même que celui-cL

M On trouve aussi , dans cette suite , celle qui porte : c L£TITIA AUG. , avec uue galère prétorienne à rames, » ainsi que deux autres avec l'inscription , herc pagivero

« et S£GUL1 FELIGITAS.

« Les Victorins n'ont rien de remarquable, c Celles de Claude II présentent 19 revers, parmi lesquels « on peut citer : annona aog. ; jovi vigtori ; diana

« LCGIPERA.

« Quintilios, son frère, dont le règne fut si court (17 « jours) , offre U revers.

« Les TctricuR sont de 9 types différents et ne présentent « rien de particulier.

ff Cette découverte est intéressante pour l'histoire de notre « pays , puisqu'elles nous prouvent , par le nombre et la va- « riélé des types , que la puissance de Posthume fut solide- « ment éublie dans les Gaules , et que son règne fut même « éclatant.

« Si l'on fait attention surtout que les pièces en billon ou « argent à bas titre de cette collection sont presque toutes

766 STATISTIQUE HOnUMEKTAlE DU CALVADOS. • <la règne de Posibume, et qa'eOGs soot géaéralement mieni « frappées que celles de Gallien , de Cbude et des TeCricos , « on aura la preuve de ce que je vieus d'avancer. ■ Uue circonslance qui ue doit pas être oubliée, est celle

■ qui résulte du motif qui avait porté le propriétaire de ce

■ trésor >i le cacher daus le sein de la terre pour s'en assurer ( la possession cl le soustraire à l'appriKhe d'un dai^er iiU'

■ minent Je serais Toloniiers porté i l'attribuer plutôt i > l'arrivée des troupes d'Aurélieu venant combattre celles

■ qui tenaient encore pour les Tetricus , que de croire à la

■ positibililé d'une invasion étrangère qui aurait eu liea sur n les câteg maritimes de nos contrées. ■

Cancby, Canckeiwn,

Le cbceur de l'église de CamJif se compose de trois travées , divisées eilérieuremcDl par des contreforts. Du c&lé du Sud , une porte de la Hn du XIII*. siècle , zvec une seule archivolte reposant sur des colonneiles, s'ouvre daus la première travée; des fenêtres ogivales modernes ont été percées, du même cfilé , dans cette travée et dans la suivante ; la troisième travée présente une fenêtre da XIII*. siècle. La fenêtre du chevet, dont voici le plan . se

compose de triis laDcelles sans moulures; celle do milieu est

CANTON DJSIGMY. 767

plus élevée que les deux antres. Dd cAlé du Nord , mi remarqDe deux fenêtres en lancettes dont une est percée

au centre d'un conire/fri. Quelqufs fgUses romanes nous OUI offert dos feuêlrrs éiablivs de la sorte, mats ces faits deviennent très-rares dans l'archiiocinre ngivale. I« chœur de Cancliy parait du XIII'. siJ^cle, bien que les modilloDS et

(8 STATISTIQDB M0NDllEt4TALE DD CALVADOS.

I dos conlrefurls aCcrlent le caractère de l'é{>oque de

le chœur n'est pas voûlé ; Tare triomphal ogival a'oQre pas de moulnfes.

M. Bouct, aaqucl nous devons les figures qui se rapportent i cet article , et qui a revu cette ^liss depois moi , y a remarqué une vierge gothique assez médiocre qui paraît avoir été incrustée de verroterie.

La nef , composée de trois travées comme le chœur , présente , i rOuesl , une porte t^vale composée de deux archivoltes encadrant uii tympan orné d'une rosace et de deui qualre-feuilies. Cette porte a été sumioaiée d'une fenêtre moderne airondie , du plus triste eiïel.

Du côté du Nord , on voit dans les murs latéraux , vers le centre , une porte romane avec une seule archivolte ornée de zigzags, et des arcaturcs ogivales en lancettes de [letiie dimension.

CANTON D'fSIGNY. 769

Do G6té da Sad, une lancette pareille aux premières existe eneore ; les autres ouvertures sont postérieures : on y remarque aussi une porte bouchée sans intérêt

Le clocher , qui se termine par un toit à double égout , est accolé à la première travée du chœur , du côté du Nord. La porte par laquelle on y monte est pratiquée sur le côté Nord du carré.

L'église de Cauchy est sous Tinvocation de Notre-Dame. Le patronage était laïque. Le collège de M". Gervais, à Paris, percevait les dîmes.

Château. — Près de l'église » on voit les restes de l'ancien château qui sont encore imposants et nous fournissent un spécimen des grandes constructions seigneuriales de l'époque d'Henri lY et de Louis XIIL

Ce château était carré , et des douves remplies d'eau en défendaient les abords. Il ne reste plus qu'on des quatre côtés : j'en donne ( page 770 ) une vue , d'après le dessin de M. Bouet Cette façade se compose d'une ligne de bâtiments avec pavillon carré, au centre, renfermant, au rez-de-chaussée, la petite et la grande porte et offrant* à la partie supérieure , une belle rangée de mâchicoulis.

Le pavillon central rappelle celui qui renferme la porte d'entrée du château de Fresnay-le-Puceux , décrit dans le second volume de la Statistique monumentale.

Un pavillon carré , à toit très^levé , existe à chacune des extrémités.

Le dessin ci-joint est pris de manière qu'on ne voit que le pavillon central et celui du Nord, cependant il fait bien comprendre la disposition générale de ce qui reste du châ- ^ teau. Ge château est occupé par un fermier.

LONGDEVILLE.

Longaeville , Longa Vtlta,

L'élise de Longu(>villc a ét6 reconstniiie en panie dans ces dernière temps. Le chœur a été rcrait en entier, sauf le chevet qui a éi& conservé : il se compose de trois travàcs avec voûles cd plâtre garnie!) d'arceaux croisés , comme on les faisait au Xtll'. siècle; les fcui^tres ogivales se rapportent h I) même période.

CANTON D*18IGMY. 771

Une sacristie a été accolée à la dernière travée » du côté du Nord.

La nef se compose de trois travées, comme le chœur; elle n*est pas voûtée. On y voit plusieurs fenêtres anciennes , en partie refaites et une porte méridionale dont les colonnes ont des chapiteaux du XIIP. siècle. Cette nef est précédée d*un porche curieux et bien conservé » du XI V^ siècle.

La tour latérale, au Nord, est accolée à la première travée du chœur ; elle se termine par un toit en bdtière. Comme on Ta enduite de chaux et qu'on ne distingue plus l'appareil , il est très-difficile d'en indiquer la date. On y voit des arcatures cintrées qui pourraient bien appartenir à l'époque de transition ; mais je n'oserais l'affirmer, parce qu'on aurait pu en faire aussi au XVP. siècle.

Quoi qu'il en soit , si le corps de la tour est ancien , la partie supérieure ne l'est guères et ne remonte pas audelà du XVP. siècle.

L'église de Longuevilie est sons l'invocation de saint Manvieu: l'abbé de Cerisy-la-Forêt nommait à la cure; le prieur de Deux-Jumeaux percevait les dîmes , sauf un trait ( le trait de Silly ) qui appartenait au Chapitre de la cathédrale.

Château. — Le château de Longuevilie est une construction du temps de Louis XIV, située à 1 kilomètre 1/2 au Sud de l'église, sur le bord de la vallée. Il n'est plus occupé que par des fermiers, et la famille de Lamare qui le possédait est éteinte (1).

(I) Af. Lamare de Longuevilie, poêle et écrivain de beaucoup d'eiprlt, est mort sans avoir été marié : iu soeurs avaient épousé , rune , le marquis de SaOTray ; la deuilème , M. Delannay , ancien Constituant, celui qui a donné au département le nom de CaU vados; la troisième a été mariée à Ai. Des Essarts. C'était la mère de M. Des Essarts, conseiller à la Cour impériale de Caen.

Page 1