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Au bas du chœur , une dalle en granit portant une inscription en lettres gothiques , est cachée en partie sous un banc ; on ne voit que ces mots :
i* ^B â^^' vftttrabU et bbcrrte jprrsonne.
Anciennes maisons. — Daas la Grande-Rae est nue maiBon
ajisez remarquable , quoique ne paraissant p»s fort ancienne ;
CANTON DE OONDÉ. 15
elle conserve rancien système des constractions en charpente à eucorbellemcnt
An sommet, un épi domine la partie saillante du pignon, laquelle est revêtue d'esscnte et portée par des potences en charpente.
L'espace compris entre les pièces de bois est rempli en plâtre et orné de dessins d*uu style assez moderne.
La cheminée, placée sur le côté de la maison, est décorée de tuiles en saillie formant arcatures , d'un assez bon effet.
La même rue renferme quelques autres maisons en bois , à pignon , mais elles offrent peu d'intérêt.
Hospice. — U y avait à Gondé une léproserie. La reine Blanche de Navarre , épouse de Philippe de Valois , donna la moitié des biens de cet établissement aux églises de Gondé, et l'autre moitié aux églises de Meray , Proucy et St-Pierredu' Regard pour la décoration des églises, la participation aux prières et l'entretien des lépreux qui pourraient se trouver dans les paroisses. Cette donation fut confirmée par M. de Rohan-Guémené , seigneur châtelain de Gondé , le 15 avril 1418 ; par Louis de Rohan le 12 avril 1521 ; et par arrêt du Conseil du iU octobre 166/i; par un autre arrêt contre un nommé Moulin qui voulait troubler cette possession ; enfin ' par un troisième arrêt de 1776 déposé au greffe de Gondé. Le partage des terres entre les quatre paroisses fut fait en 1739 devant Gosselîn , notaire à Coudé.
L'hospice , aujourd'hui près de l'église St. -Martin, n'offre rien d^ancien ; il était anciennement au centre de la ville » près du pont ; mais il avait été transféré dans la grande rue à la fin du XVII". siècle.
D'après M. de Bras , dans Torigine , il y a eu Gondé un sous-bailliage de vicomte et d'élection ressortissant au
Parlement de Rouen, comme ayant haute^justice (1). Mais ces juridictions avaient été réunies à celle de Vire , et avant 1 789 il ne restait plus que deux hautes-justices : l'une appartenant au château , l'autre , plus nouvelle , appartenant au roi.
Les protestants tinrent leurs assemblées à Condé , à la fin du XYP. siècle. Mais le comte de Fiers, qui en était seigneur , s*étanl opposé à Texercice de leur culte sur ses terres, ils furent contraints de se retirer à Proucy, dans le hameau des Isles; plus tard , en 1629, ils bâtirent un temple dans ce hameau.
A cette époque ( 1629 ) , Jean Blanchard , ministre protestant , entama une controverse avec le curé de €ondé , qui devint publique et ne tarda pas à s'envenimer.
Coudé est la patrie d'Engucrrand-Signard , confesseur de Charles , duc de Bourgogne , mort évêqae d'Âuxerre en
C'est aussi à Condé qu'est né le contre-amiral Dumont- Durville. La statue de ce célèbre voyageur a été dernièrement érigée sur une des places de la ville.
Commerce. — Le commerce de Condé est considérable : d'après les enquêtes de l'Association normande , cinquantecinq filatures hydrauliques , dont deux ayant des pompes à feu auxiliaires, se trouvent aujourd'hui comprises dans l'arrondissement industriel de Condé, font mouvoir 150,000 broches, et occupent 2,600 ouvriers.
Le capital engagé dans ces établissements peut être évalué à 6,000,000 de francs.
Le capital mobile^ à 800,000 francs.
Ils filent , en n<>*. de 8 à 24 , environ 4,000,000 de kiL
(I) Recherches de Vabbé Beziers sur Condé,
CANTON DE CONDÊ. 15
par an ; soit le douzième des importations du Havre , et le quinzième des importations de toute la France.
Moitié de cette quantité est employée par les fabricants de la localité ; l'autre est vendue à Fiers , la Ferté-Macé » Mayenne et Laval.
Les négociants-commissionnaires de Gondé achètent en outre , font filer à façon , ou reçoivent en consignation des départements de la Manche , de la Seine-Inférieure et de r£ure, pour être revendus sur place ou dans les lieux indiqués, 1 million de kilogrammes de cotons filés, chaque année.
PROUf.Y.
Proncy , Prouceium.
L*église de Proucy est précédée , à Touest , d*an clocher moderne terminé par un dôme en charpente couvert d'ar* doise , et surmonté d*unc lanterne en forme de clocheton.
L'église est , pour le reste , de forme rectangulaire , avec chapelle au nord. La partie du mur occidental , à droite de la tour , offre des pierres en arête de poisson.
Dans le mur méridional est une porte à plein- cintre à chanfrein creux , qui remonte au XVP. siècle.
Du côté du nord les fenêtres sont carrées.
^^ous trouvons dans les notes manuscrites de Tabbé Beziers, que cette église fut considérablement agrandie à la fin du XVII*. siècle par l'abbé Duhamel qui était alors curé.
La chapelle qui subsiste au nord dépendait d'un transept; on ne voit plus au sud , en regard de cette chapelle , qu'un arc plein- cin tre , mais sans caractère précis, qui est aujourd'hui bouché.
Le chœur a des fenêtres carrées dont les pieds-droits sont chanfreinés. Une fenêtre , composée de deux baies géminées
à pointes tréflées , de la dernière époque ogivale , et réunies sous un arc à plein-cintre , occupe le centre du chevet.
Voilà tout ce que nous avons à dire de l'extérieur.
L'intérieur n'est pas plus remarquable.
La porte de la nef, sous la tour , est un plein-cintre sans caractère ; une charpente cintrée supporte le lambris de la nef et celui du chœur.
Dans le sanctuaire, du côté de l'évangile, existe une crédence tréflée de la dernière époque ogivale.
Une autre piscine carrée, du XYI*. siècle^ se trouve dans la chapelle du transept.
L'église est sous l'invocation de Notre-Dame. Au XIV*. siècle , l'abbaye de Villers-GaniTet était en possession du patronage , d'après le livre Peint ; mais dans le catalogue général des bénéfices des églises et chapelles du diocèse de Bayeux, rédigé avant la Révolution et que j'ai souvent cité , il est dit : « qu'alors , sur trois vacances , l'abbesse de Yillers-Canivet nommait deux fois et le prieur du Plessis-Grimoult une ; que le curé percevait un tiers de la dîme et que le reste se partageait entre le chapelain , le trésor et un chapelain de Morlain.
La maison de Monthray , une des plus illustres de Normandie, possédait originairement la terre de Proucy. Roger de Monthray fonda, vers lUO, le prieuré de Villers-Ganivet {Voir le tome 2*. de la Statistique, p. 50Zi.) Nigel de Monthray, fils de Roger , confirma cette fondation et donna aux religieuses de Yillers le patronage de Proucy, du consentement de Guillaume, Robert et Philippe de Monthray, ses fils.
Le hameau de Monthray avait un château ayant le titre de plein fief de chevalier, on y voyait une chapelle dédiée à saint Aubin. Au siècle dernier, le chapelain était tenu d'y dire la messe tous les dimanches ; ce chapelain était natu-
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rellemeQt à la nomination du seigneur , qui avait aussi une chapelle attenante au chœur de l'église paroissiale (1).
Par contrat du 1*"'. août 1599, passé devant les tabellions de Vire, en la sergenterie de St -Jean>-le-Blanc, René Fortin, écuyer, seigneur de Montbray, donna en échange, à fin d'héritage, à Gabriel et Abraham Radulph frères, la terre et seigneurie de Montbray, Il est dit dans Tacte, que les fiefs des Isles et de la Fresnaye en dépendaient
La terre seigneuriale de Montbray fut saisie, vers 1615, en la sergenterie de Thury, à l'instance de Nicolas de MalfiUastre, seigneur de la HouUe , sur Arthur Radulph, et le 8 octobre 1616, l'adjudication fut passée au bénéfice de Bertrand du Guay, seigneur de la Litinière.
Le seigneurie de Montbray passa ensuite à Jean de Lacour, dont la fille avait épousé Thomas de SarcilJy, seigneur de St.- Lambert, lequel s'exprime ainsi dans son aveu rendu en 1661 :
c Nous avons , à cause du dit fief, droit de chapelle et c séance et sépulture dans le chœur de la paroisse de Proucy « au côté droit d'icelle , laquelle est à présent démolie et la t pouvons faire rebâtir lorsque nous aviserons bien. »
En 1740 , la seigneurie était possédée par G. Le Vaillant. Dame Madelaine Angot , sa veuve , voulut transférer la chapelle à Montbray et la placer contre l'enceinte de son manoir ; eUe présenta , dans ce but , une requête à Tévéque de Baveux, le 2/i décembre 1755, mais Topposition de Louis- Jacques de Neuville , seigneur de la Fresangère , et du sieur de La Porte , empêcha rexécution de ce projet.
Le hameau des Isles, à l'autre extrémité de la paroisse, était aussi un fief noble relevant immédiatement de celui de
Montbray.
(I) Notes inédites de Tabbé Béziers commanlquées par U. G. de
VUlen, membre de la. Société française pour la conservation des
mooomenls.
C'est , comme nous Tavons dit à Taiticle de Gondé , dans le hameau des Islesque les protestants bâtirent nn temple en 1629. Dans la suite , ils furent inquiétés par le marquis de Thury, haut-justicier du fief sur lequel avait été construit ce temple du consentement du titulaire. Cependant le lieutenant du bailli de Caen , par sentence du 25 août 1671, permit au sieur J. Radulph de faire Texercice du culte dans le fief des Isles qu'il tenait de sa femme. En 1680, le temple fut déuruit en exécution d*uu arrêt du Conseil d*État
POXTÉCOCLANT.
Pontécoulant , PonsScoUmdi, Pons et Coulant.
Toutes les ouvertures de l'église de Pontécoulant sont modernes ; mais les mors de la nef offrent des pierres disposées en arêtes de poisson, et parmi les pierres on remarque des claveaux ornés d'étoiles provenant de quelque démolition antérieure.
Au haut de 2a nef, sont deux tombes en granité , dont une porte une inscription en lettres gothiques avec beaucoup d'abréviations , laquelle est cachée en partie.
Cette inscription atteste que là est enterré maure NieoL Vincent , né à Mùsy, prêtre , curé de céans , qui décéda le 8 novembre M V«» XXIII ( 1523).
Ct gttt iwtttt pfraonnt mû. niwl victt nat. ht mmi t «û" dî'jiT t cl 0. a. i| iifc le 8 îT no. inD«=. «im ^x.
Au centre de la tombe est figuré un calice stirmonté d'une hostie et du mot Jésus ; peut-être n'éuit-ce pas sans intention que l'on avait écrit le mot Jésus au-dessus du calice. On pourrait voir là , comme le croit M. Bouet , une sorte de profession de foi à cette époque où la présence réelle était attaquée par les protestants.
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L'autre tombe porte TiDScrlption suivante :
TOIDRAO DR
OUILLAUn LAUTOCm
VONDATBUII
AYIC MARn