SALLEN
Sallen , ecciesia de Salane.
L'^çGse de Sallen a été construite vers 1780 : c'est un carré long percé de fenêtres cintrées; le clocher est octogone, surmonté d'un petit dême en pierre.
A l'intérieur de l'église , on voit une chaire en bois remarquable , quoiqu'elle ne soit pas plus ancienne que l'église. Le chêne dont elle est faite a été travaillé avec habileté : la tribune élégante enrichie de sculptures, à laquelle on monte par un escalier qui semblerait creusé dans un seul tronc , est
sarinootée d*un abat-joar ou ciel , portant une corbeille de fleurs et de fruits (1).
L'église de Sallen est sous riovocatlon de saint Mathieu. L'abbesse de Ste. -Trinité de Caen nommait à la cure. Cette église lui avait été donnée en 1066 , comme le prouve le passage suivant d'une charte de cette année : Rogerius fUius Hugonù de monasteriis dédit pro maire sua ibî domino eonstcrata SanctœTrinUati (à Tabbaye de Caen) viLUan quœ dicùur Salav cum eeciesia et moUndxno et dimidiam Moam de Monte Albodiet monasterxum vallii, cum décima ipsius niUiB et terram unius aratri,
CORMOLAIN.
Gormolain, Courmolain.
L'église de Gormolain a été visitée dernièrement par M. l'abbé Vincent qui a bien voulu m'envoyer ses notes.
D'après son examen :
Les fenêtres du chœur offrent une baie , de forme aiguë ; dans la nef, elles sont divisées en deux baies encadrées dans une arcade légèrement ogivale.
Une arcade ogivale sépare le chœur de la nef.
L'extrémité occidentale de la nef est percée d'une grande fenêtre ogivale subdivisée en quatre baies dont deux sont garnies de vitres.
La porte occidentale est aussi une ogive; elle est surmontée d'une statue de la Vierge près de laquelle on lit l'incripiioa suivante dans un médaillon :
81 L^AMOOB DB HABIB BIf TON CGEUB EST GBàTé PASSANT n'OUBLIB PAS DB LUI DIBB UN AVB.
(I) Noie de H. Tabbé Vincent , membre de la Sociéfé française pour la GonservaUon des monuments.
CAirrON DE BALLBBOT. Sit
flous Cl TOmtAU OIST LB COftPS Dl MAITBI LAUIBICT BLOOBT PBÉTBB, DÉCÉDÉ LB S7 FÉTBIBB 1691.
Le clocher, bâli ea oioellon do pays , coniine Téglise , est lermioé en bâtîère ; il est éclairé par des fenêtres dmsées en deax parties par un meneau bifurqué , selon le système déjà tant de fois observé dans d'autres églises.
L'église de Cormolain est sous l'invocation de saint André.
La cure était à la nomination du roi ; le curé percevait les dîmes.
CANTON DE BALLEROT.
Le canton de Balleroy a trouvé , il y a quelques années , un historien dans M. l'abbé Barette de Planquery,, aujourd'hui curé de Gondé-sur-SeuUes , auquel nous devons aussi une histoire de Condé-sur-Noireau , citée p. 3. Son volume renferme des détaib curieux et puisés à de bonnes sources, sur le bourg de Balleroy et les différentes paroisses du canton (1). Nous le citerons avec d'autant plus de plaisir que nous avions encouragé l'auteur dans ses premières études archéologiques.
Le canton de* Balleroy renferme 25 paroisses qui sont dans l'ordre
I I? I ;4« Il
Balleroy ( chef-lieu ) . Gampigny .
Baynesi Gastillon.
Bemières. Ghouain.
Bucels. Gondé-sur-Seulle.
Gahagnollesw Couvert.
(I) Un voU In-U de S68 pages. Condé- lar-Noireao , 1843.
Ellon. Montfiqaet
Juaye. Noron.
La Basoqoe. $L-Paiil*da-Veniay.
Lingèrres. Plaoqaery.
Littcan.' Toumiôres.
Littry. Trungy.
Le Molay. Vaobadoa Le Tronquay.
Nous allons commeDcer notre revue par la commune da Litteau , contiguê à celle de Gormolain.
LITTEAU.
Lilteau» Lùou
J'ai vu , il y a très-long-temps , l'église de Litteau , appelée dans le livre Pelut ecclesia de Lysteia, et je préfère à mes souvenirs de 1825 les renseignements qu'a bien voulu me donner cette année M. l'abbé Vincent.
D'après ses recherches, le chœur, rebâti il y a environ cent ans et moderne, par conséquent, n'offre rien de remarquable.
La nef a également perdu ses caractères , au Nord et au Midi , par suite des réparations on reconstructions qu'elle a subies; la façade occidentale appartiendrait à l'époque de transition; on y voit une porte surmontée de trois petites fenêtres.
Le clocher, entre chœur et nef, était autrefois terminé en bâlière ; aujourd'hui , une flèche en charpente couverte d'ardoises le surmonte. On voit quelques modillons à figures à l'extérieur de ce clocher, du côté du Nord. A l'intérieur, les piliers qui le supportent sont ornés de colonnes dont les chapiteaux sont assez bien sculptés.
CANTON DE KALLEBOY. 513
Les foDts baptûmaox ne portent pas de moulures , mais ils sont en pierre de Gaen et paraissent antérieurs au XYI*. siècle.
L'église est sous rinvocation de Notre-Dame. L'abbaye de Gerisy nommait à la cure. Le curé percevait les dîmes.
LA BASOQVB.
La Basoque , BatoUa.
L'église est située sur une éminence ; elle n'a plus de caractères; on y voit seulement , au Midi , des contreforts que H. l'abbé Vincent signale comme se liant à une partie des murs plus ancienne que le reste.
Le clocher , qui est bâti en schiste et couronné par une pyramide octogone en bois cou?erte d'ardoises , comme plusieurs autres tours de la contrée , a, dit-on , été construit au siècle dernier, postérieurement à l'année 1735, en remplacement de celui qui existait : celui-ci avait été renversé par une tempête qui fit beaucoup de dégâts dans la nuit du 8 au 9 janvier de la même année.
L'église de La Basoque est sous l'invocation de saint Martin. Le patronage appartenait à l'abbaye de Fécamp. Le curé percevait les dîmes.
Le château des Essor» se trouvait k une demi-lieue au Sud de l'église (voir la carte de Cassini) ; une ferme en occupe l'emplacement M. l'abbé Baretie a constaté qu'il n'en reste plus rien, depuis 1772 qu'il a été complètement démoli ; mais il a recueilli des renseignements précis sur la forme de ce château.
Il appartenait, au XIV*. siècle, à la famille Tbésart,. dont un des membres avait accompagné le duc Robertr Gourteheuse à la première croisade , en 1096.
lik STATISTIQDB MOnDHEHTALB DD CALVADOS.
Ad XIV*. siècle, Lodù Thésart, Dé doDS le chIleaD des Essan, deviDt Ticaire^ëDéral, oiEcia) et archidiacre de Beima, pais, après la mort de Pierre de Vilaines, arrivée eo 1360, il fut élu évSqne de Bayeui. Il fooda une chapelle soui l'invocation de saint Lonis , dans le manoir des Enara.
Enfin, eo 1375, il devint arcfaevéqDe de Reims; mais il moDrut l'année même de sa prise de possession du siège archiépiscopal (le 12 octobre 1375).
MOHTFIQtTET.
Montfiquet , Monsfiqttetum , Mom Fùnu , Momfichet.
Hontfiquet tXH^e la foret de Cerisy , qui apparlicnl en grande partie au territoire de cette o
L'église est peu conddérable , elle utTre un parallélipipède rectangulaire, et apparlieDt au style romaa de transitiiHL Le chœur est voûté eu pierre, et les arceaDX qui le consolident reposent sur des colonnes engagées b clM[Hleani romans du XII'. cède.
Une arcade doirée sépare le chmnr de la net
Celle-ci n'est pas votttée.mais seulement garnie de lambrii on
IxMs. ConfiéquemineDt ^ elle n*a pas de colonaes à rimérieur. La porte principale se troofe aa Nord ; elle offre une ogive de transition. Plusieurs des fenêtres ont été refaites; il en reste pourtant de primitives : ce sont de petites ouTertures cintrées très-évasées à Tintérieur, ouvertures que nous avons déjà signalées souvent et qui ont été fort communes dans nos ^lises rurales des XI*, et XII*. siècles.
Le mur occidental a été refait et est peu ancien. Une sacristie moderne est placée au chevet. Des corbeaux de transition se voient sous la corniche.
La tour, entre chœur et nef et très-peu considérable, est en charpente couverte d'ardoise; elle a remplacé, il y a quelques années , un petit porte-docbe à deux baies dont la base sert encore, d'un côté, de support à la petite tour actuelle.
On voit un if dans le cimetière.
L'^^ de MoDtfiquet est sous l'invocation de saint Thomas de Gantorbéry. Le roi et le seigueur nommaient à la cur^. Le curé percevait les dîmes.
Châteaux. La motte du château des premiers seigneurs de Montfiquet se voit auprès de l'église , sur l'éminence formée par la jonction de deux petites vallées. On a bâti le presbytère au milieu de l'enceinte.
Nous trouvons indiquée sur Cassini sous le nom de château de Montfiquet, une ancienne ferme que nous avons regardée, M. Bouet et moi, comme ayant dû être plus tard le manoir seigneurial : ce sont des bâtiments disposés en carré autour d'une cour, sur le côté droit du ruisseau qui va se jeter dans la Sentie vers Balleroy et qui coule à l'Est de l'église.
Un étang considérable marqué sur Cassini est formé par un barrage établi à travers la vallée et qui forme une chaussée par laquelle on accède à la ferme.
316 STATISTIQUE MONUMENTALE l>U CALVADOS.
Je n'ai pas eu le temps de faire des recherches sur les possesseurs de cette maisotf seigneariale , mais elle mérite d'être signalée.
Robert de Montfiquet accompagnait le dac GniHaame à la conquête de l'Angleterre en 1066. La seigneurie a continué d'appartenir à cette fiimille jusqu'au milieu du XVI*. siècle ; mais , au XYIP. • elle passa à la famille de Roncherolles y qui l'a possédée jusqu'en 1809 (1).
Tout près de l'église s'élève aujourd'hui un très-j<rii petit château moderne construit, il y a quelques années, par M. Daigremont : son beau-frère, M. l'ingénieur en chef de La Rue , en avait , dit-on , donné le plan. Des plantations trèsbien disposées dans le genre anglais entourent , sur le penchant du coteau , cette petite fabrique, en regard de laquelle un ruisseau et une pièce d'eau animent le paysage. M. Daigremont vient de se fixer à Paris et il a vendu ce joli château à M. (tAtmais, de Valognes, qui l'habite une partie de l'année.
LA HAYE-PIQUENOT.
La Haye-Piquenot, Haya-Piquenou
Si nous franchissons la forêt de Gerisy, à partir de Montfiquet , nous trouverons , à Textréroité opposée , la paroisse de la Haye-Piquenot , réunie à Baynes. L'église appartenait à la période moderne et n'offrait aucun intérêt ; on m'annonce qu'elle vient d'être démolie. Elle était sous l'invocation de saint Pierre. Le chanoine de la Haye nommait à la cure ; le curé percevait les dîmes , sauf à payer
(t) V. Histoire de Balleroy et de son canton , par !!• l'abbé BareCle.
CANTON DB BALLEBOY. ^ 317
qttolqaes redevances ao chanoine de La Haye. Celle parasse faisait partie du doyenné de Couvains (1).
SAINT-LAUmBNT-DU-RIEU.
St-Laurent-du-Rleu , Sanctus Laurentius de Bien.
L*égtise de St.-Laurent-du-Rien n*est pas pins ancienne que la précédente ; eUe a été vendue pendant la Révolution et ne sert plus au culte. La commune elle-même est réunie, pour le civil, à celle de Baynes. L'église était sous l'invocation de saint Laurent Le curé percevait les dîmes. La paroisse faisait partie du doyenné de Couvains.
BAYNB8.
Baynes, Beniez,
L'église de Baynes appartenait au style roman ;. elle a été détruite depuis peu pour être reconstruite à une distance assez considérable de la place qu'elle occupait M. Ed. Lambert a dessiné une porte ornée de moulures romanes qu'on y voyait Elle était située sur un coteau escarpé, près la rive droite de la petite rivière d'Esques. Le point où l'église nouvelle a été construite est à peu près au centre des paroisses de La Haye-Piquenot , Notre-Dame-de-Blagny , Baynes et St-Laurent-du-Rieu, réunies en une.
L'église de Baynes était sous l'invocation de saint Martin, L'abbaye de St-Lo nommait à la cure. Le curé percevait les dtmes. La paroisse faisait partie du doyenné de Couvains comme les précédentes.
(1) Couvains, grande paroisse de l'arrondissement de S(.-Lo (Manette), faisait partie du diocèse de Bayeux» ainsi que beaucoup d*autrc8 , qui sont passées au diocèse de Coutances depuis que la division départ ennen (aie a changé tes anciennes circonscriptlMia diocésaines.
318 SfATlSTIQUB MONUMENTALE DU CALVADOS.
Bayncs » été le chef-lieti d'un canton, de 1790 ï 1802; les communes qui composaient ce canton ont été réonks les unes au canton de Balleroy, les antres i celui de Trévièrea.
NOTRE-DAHE'&E-BLAVNY.
Blagny , Blaigneium , Bloaignie.
L'église de Notre-l)ame-Klc-Blagiiy a été démolie par suite de la réunion dont je viens de parler. Elle appartenait au roman de transition. J'en avais dessiné il y a loog-temp6 le chevet; il était orné, comme on le voit par l'esquisse ctjointc , de cinq arcatures , quatre i plein-cintre et une (celle du centre) en ogive.
La cure de Notre-Dame-cIe-Blegny se divisait en deax portioDs qui, quand le livre Pelut a été rédigé, apparteDaieni l'une et l'autre â Hascuiph de Cairon. Ces deux portions furent réunies en une, en 1571, par Ch. d'Humières, évéquc de Baycui. Le patronage a continué d'être laïc jusqu'à la névolulion. Le curé percevait les dîmes.
Château de La Quèze. Le ciiâlcau de La Quèze , indiqué sur la carte de X^assini était situé sur la paroisse de Bla^y. Ce château ciistatt très-ancien ne ment , car le livre Pelul
de TéTéché meotioone la chapelle de St-Jean-l'ËvaDgéMste près le maooir de La Qaèse : Capella S. Joannis Evangelista prgpe maneriwn de La Quête. Cette chapelle eiistait encore ao siècle dernier, et le chapelain était, comme an XI Y*, siède, à la nomination du seigneur.
Le chlfean que j'ai tu avait été reconstruit ao siècle dernier dans le style alors k la mode ; Il était assez remarquable, en pierre de Caen* On Ta démoli il y a quelques années. Il appartenait dans les derniers temps à la famille de Tallevande, des environs de Vire.
SAINT-MARTIN-DE-BLAfiNT.
St.-Martin-de-Blagny, Sanctus Martinus de BlaigneîQ, Blaermetum.
L'élise deSt-Martin-de-Dlagny est romane, en partie. On y voit des pierres disposées en arêtes de poisson ; mais des reprises ont eu lieu dans la maçonnerie à diverses époques,
L'^se est sous Finvocation de saint Martin, l/abbaye de Longues nommait à la cure et percevait les dîmes. Au \ll\ siècle, les seigneurs de Moiay -Bacon étaient seigneurs de St.-Aiartin-de-Blagny.