‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 71 sur 130 · PRIRI DIEU POUR LE REPOS · texte numérisé non relu

PRIRI DIEU POUR LE REPOS

DR SON AMK.

La seigneurie de Bernières a été possédée par les Pdvey» seigneurs de Juaye. Richard de Pelvey en était seigneur en 1356. Elle appartenait, quelque temps a?ant la Révolution, à M. Gabriel de Piédoue (1).

Le chapitre de Bayeux possédait un fief et plusieurs rentes dans cette paroisse.

Elle dépendait de la sergenterle de Briqnessart; on y comptait 48 feux dans la première moitié du siècle dernier.

LINGÈYRES.

Lingèvres , Ltnguebra , Linguebria , Lxngebra , LingevricB, lÀngevrum.

L'église de Lingèvres est d'une certaine importance et peut être analysée ainsi qu'il suit : chœur ogival de la fin du XIII*. siècle ; nef romane en partie reconstruite ; tour latérale, au Sud, d'une époque incertaine.

Le chœur est éclairé de chaque côté ( Nord et Sud ) par trois belles fenêtres sans colonnes, séparées en deux parties par un meneau bifurqué au sommet; la corniche est garnie dé dents de scie.

Deux petites portes, parfaitement semblables, s'ouvrent l'une en face de l'autre (au Nord et au Sud) dans la partie de ce chœur la plus rapprochée de la nef, elles ont des archivoltes en arc surbaissé.

Une colonnette très-mince, avec chapiteau très-allongé garni de feuillages , décore chacune des parois de ces portes.

L'arcade qui séparait le chœur de la nef a été abattue et remplacée , probablement depuis la Révolution , par une lai^e ouverture à plein-cintre très-lourde.

La nef conserve, du côté du Nord, quelques pans de murs romans très-épais avec de petites fenêtres en meurtrière. Cet ancien mur offrait un surplomb considérable qui, avec

(1) Voir les notes manu^critei de B^zlers, déjà citées.

CANTON DE BALLEBOY. S75

d'antres avaries , a décidé à faire des reprises il y a peu d'années; il est néanmoins d'une grande solidité.

Deux portes surbaissées s'ouvraient dans le mur ; elles ont été bouchées il y a long-temps. Je suppose qu'elles servaient surtout aux habitants du château fort , dont les fossés bordent le cimetière et dont je vais parler tout à l'heure.

Du côté du Sud , il y avait autrefois un bas-côté dont les arcades» bouchées depuis long-temps, reposaient sur des colonnes monocylindriques à chapiteaux garnis de grandes feoilles plates. Ce bas-côté avait évidemment été ajouté à la nef primitive » peut-être au XIII^ ou au ^lY*. siècle. L'extrémité occidentale de la nef est moderne. La tour , en forme de bâtière et appliquée contre le mur méridional de la nef, est d'une date très-problématique, comme tant d'autres tours de cette forme. La partie basse est probablement plus ancienne que le haut où l'on voit une ouverture du XY I". siècle : elle renferme trois cloches, fondues il y a un an.

La sacristie est une addition toute récente, derrière le chevet Il existait , il y a quelques années , dans l'église de Lingèvres, un font baptismal dont le réservoir arrondi, en forme de coupe et d'un assez grand - diamètre (2 pieds 8 pouces } , était monté sur un pédicule octogone sur lequel étaient collées , à distances égales , quatre coloonettes assez minces , dans le style du XI Y*, siècle : ce font n'offrait, du reste, aucun autre ornement; il a été remplacé par un font nouveau et jeté dans le cimetière où il est resté quelque temps.

Cette église est sous l'invocation de saint Martin.

Une sentence de l'an 1535 indique qu*il y avait alors trois chapelles dans l'église de Ungèvres : une de la Sainte Yiergc et deux antres de saint Nicolas et de saint Louis , qui sont détruites.

L'abbesse de Gordillon présentait à la cure et perce?ait les deux tiers des dîmes, en verta de TacquisitioD que la communauté en avait Aiite par contrat passé à Paris, le 11 mai 1689, du prieuré de Royal-Lieu, près Gompiègne. Le livre Peiut de Bayeux , dressé an XIV^ siècle , confirme ces faits, car il dit que Féglise de Lingèvres était alors desservie par un religieux de Royal-Lieu : ecclesia de Linguebra — priar deRegaii-hoco — desservitur per religiosunu

Château. A côté de l'église (au Nord) on voit une motte ou plutôt une petite enceinte à peu près ronde, dont le dia^ mètre peut être de 55"*. environ , dans laquelle on voit un puits à moitié comblé et quelques fondations de murs ; les fossés ont encore 30 pieds de largeur et 15 à peu près de profondeur.

Dans les guerres anglaises du roi de Navarre , au XIV'. siècle , qui furent si funestes à nos contrées , les Anglais occupèrent le château de Lingèvres (1356), aussi bien que celui de St -Wast , cité dans le I". volume de la Statistique monumentale (p. 238). Ils le gardèrent pendant plusieurs années; et , de là , ib exercèrent les plus grands ravages dans les environs , ne vivant que de pillage ; la ville de Gaen le racheta au moyen d'un emprunt levé sur les maisons religieuses de son arrondissement

Le château de Lingèvres fut un de ceux qui furent visités par ordre du Roi , en 1372, par le bailli de Gaen, René Le Goustellier , accompagné de deux chevaliers. Le château fut

trouvé en bon état, comme le prouve le passage suivant du procès-verbal de cette visite ;

« Item à Lingièvres ledit jour (le lundi VIII jour de mars ) « commandé fut à monsieur Becquet de Forges , chevalier « seigneur et capitaine du lieu , qu'il en fit bonne garde , « car il est assez fortifié , garni et ordené. »

Eo i&i7, le château de Lingèvres fut encore occupé par les Anglais ; Eustacbe de Saint-Pierre , qui en était alors capitaine, le leur rendit par capitulation.

D'après Tabbé Béziers , Serlon de Lingëvres était seigneur de cette paroisse dans le XP. siècle. Il tient un rang éminent dans la charte de confirmation faite à l'abbaye de St -Etienne de Gaen, par Roger de Montgommory. Richard de Lingèvres, qui appartenait à la même famille, alla offrir ses services à Roger , roi de Sicile , que ses yictoires rendaient alors célèbre. Il fut reçu par ce prince avec distinction.

Quoiqu'il en soit, Guillaume de Soliers était seigneur châtelain de Lingèvres, dans la seconde moitié du XII*. siècle ; il souscrivit la charte de confirmation de Henri II pour le prieuré de St -Nicolas de la Chesnaye , et fonda l'abbaye de Gordillon dans sa terre de Lingèvres.

Suivant une ancienne généalogie , Etienne de Forges , qui avait épousé Marcelle de Soliers, lui succéda dans la châtcllenie de Lingèvres ; il eut on procès avec Tabbesse et les religieuses de Gordillon ; mais l'affaire fut arrangée par Guy , évêque de Bayeux. L'abbaye avait droit de pâiw^age dans les landes de Lingèvres, et de chauffage dans les bois; la contestation s'éleva au sujet de l'exercice de ces droits (1).

Robert, fils d'Etienne de Forges, IP. du nom, fit, en 1262 , des partages avec son oncle. Par suite de ces partages, la seigneurie de Holtotfut démembrée de la seigneurie de Lingèvres. En 1365, Jean de Forges était seigneur de Lingèvres.

On ignore à quel titre cette seigneurie passa à Jean de

(I) L'évéqne, avec le concenlement da seignfur de Lingèvres, atlribua h l'abbaye tO acres de lerre sises présd'plie et une cinquième partie des bois, ^oies manuscrites de Béziers , communiiiuées par M. G. de Vlllers, membre de la Société française d'archéologie.

Mauoy , qui TÎTait au commenceinent da XV^ siècle : sa filie fut mariée, en iUll t à Robert de Hoye» chevalier» seigneur et baron de Blangy.

Le seigneur de Lingèvres fut maintenu, par arrdt de l'Échiquier, du 18 mai 1&90 , dans le droit qui lui était contesté par le capitaine du château de Bayeux , de faire garder son château de Lingèvres par les vassaux de cette paroisse et ceux de Bncels, Hottot, Couvert, Bernières, Loagraye , Trungy et Torteval.

Martin de Hoye, seigneur châtelain de Lingèvres, baron de Blangy, et Michel de Marguerye, passèrent entre eax une transaction (18 octobre ili96) par laquelle ce dernier reconnaît que son fief de Forges est tenu de la châtellenie de Lingèvres. Le seigneur de Lingèvres rendit lui-même aveu au Roi, la même année, de son fief et châtellenie de Lingèvres.

Godefroy de Hoye fonda à Lingèvres plusieurs obits el fut inhumé, en 1525 , dans le chœur de l'église. Il avait rendu aveu au Roi, le 26 mars 1517, de sa châtellenie de Lingèvres.

Gustave de Hoye, baron de Blangy, passa, le 15 janvier 1547, une transaction devant les notaires de Blangy, avec Pierre Gostard , sieur de La Motte.

En 1595, Pierre de Hoye inféoda quelques héritages. Françoise de Hoye, son héritière, dame de Lingèvres, fut mariée, à la fin du même siècle , à Jacques du Breuil , auquel succéda Jean du Breuil, seigneur et patron de Lingèvres et Bucels , qui décéda en 1631 , laissant pour fille unique Catherine du Breuil , morte en 1696.

Elle épousa l"". François du Poirier de Portbail, dont elle eut un fils , Antoine du Poirier ; 2^ Pierre Costard , seigneur de Hottot , qui devint par ce mariage seigneur de Lingèvres. Dans l'aveu qu'il rendit au Roi , il déclare que la châtellenie de Lingèvres s'étend dans cette paroisse et dans

cdies de LoDgraye, Hottot, Bacek, Cbonaîn, Couvert ei enviroDS. Antoine Dn Poirier, sorti du premier lit de Gatheriae da Breoil, eut pour héritière Françoise du Poirier, qui, par son mariage, apporta la seigoeurie de Lingèyres à Michel du Hamel , seigneur de Rochefort et de Glouay , subdélégué de l'intendant de Gaen au département de St-Lo (1). Il soutint un procès important contre Fabbesse de Gordilkm dans le milieu du XVIIP. siècle , à Toccasion de droits qui lui étaient contestés.

Des aveux de i(i62, 1^73 et li!i80 prouvent que les droits de halle et de marché appartenaient à la châteHenie de Lîngèvres.

On connaissait quatre fiefs à Lingèvres, savoir { la Châ" tellenie, le Vivier, Verrières et le Mesnil-Landan.

D'autres aveux mentionnent aussi le fief noble de St- Yaast , sis à Lingèvres , qui relevait du Roi ; la fiefferme nommée dame Maheusi de Soliersy assise à Bucels, avec quelques extensions sur le territoire de Lingèvres.

Le château moderne de Lingèvres , appartenant à M. de. Hainaut de Gantelou , remplace les anciens bâtiments du Mesnil-Landon.

n y en a un autre ^ Verrières qui doit être du siècle derr nier ; il appartient à M. le comte du Mesnildot , de Yalognes.

L'abbaye de Gordhxon éuit comprise dans le territoire de Lingèvres; elle était dédiée à saint Laurent, martyr, et

(1) Le pelU-oeveu de ce dernier, M. de Marguerll de Rocheforl , qui babiliiit le château de Glouay et qui est mort il y a peu d'années, avait épousé M**^ CéS'irine Hué de Malban, sœur de ma mère : son fils, M. de Marguerit , de Roclierort, est aujourd'hui maire de celte commune , Inspecteur cantonal de rAssocinlion normande et membre du Conseil de l'arrondissement de St.-Lo.

était occupée par des religieuses de Tordre de saint B^ioît On croit , dit Béziers , que ces religieuses s'étaient d'abord réunies à Bayeux, dans la paroisse de St. -Sauveur, mais que , s*y trouvant trop à l'étroit , elles allèrent à Lingèvres , où Guillaume de Soliers , seigneur du lieu , leur donna un terrain plus étendu et plus commode au milieu de ses bois. Il les mit en possession de la chapelle de St. -Laurent qu'il avait en ce lieu , et leur donna les maisons et les terres en» vironnantes, avec droit de chauffage et de pâturage dans les bois. Robert des Ablèges , évéque de Bayeux , confirma ces donations en 1210. Mathilde Tesson , femme du fondateur, augmenta les donations de son mari en 1217. En 1230, Jean de Reviers donna aussi des terres aux religieuses de Gordillon.

D'après les manuscrits de l'abbaye , la première abbesse dont le nom ait été conservé s'appelait Micolle ; elle vivait en 1247 ; on volt figurer , parmi celles qui lui succédèrent :

Asseline , vers Tan 1300 ;

Michelle de Gombray, qui portait pour armes : de sinople à la bande de gueules ;

Jeanne de Tessel , 1334 ;

Nicole de Feuguerolles , fille de Jean de Fenguerolles, seigneur de Fenguerolles et de St.-Louet; elle vivait encore en 1358 et mourut vers la fin de cette année ;

Philippine de La Lande, 1358 ;

Jeanne de Tilly , 1 394 ;

Philippine Thésart fut élue abbesse en 1409 (1) ;

(1) ^hXen r Notes manuscrites J aiiprend qne celte abbesra était fsioe de la maison dea Thésarls, châtelains des Essarts, depuis barons de Toiirnebal. Elle était niére de Louis de Thésart, évéque de Dayeui, puis archevêque de Reims, Glle de Hébert, seigneur des Essarls , et de Pélronille de Damplerre. Elle a été Inconnue aui auteon des grands«oflBclers de la couronne qui ont donné la généalogie

CANTON DE BAIXEROY. 381

Perrette d'Ouville de Beaumont , \l\UQ; Marguerite de LouceUes , fille de Jean de Loocelles, seigneur de Cornières (aujourd'hui ÂnctoviUe), mourut abbesse en 1^61 ;

Perrette de Lithaire existait encore en l/i80, selon le Gallia Ckrùtiana ; eWe mourut en 1486, d'après le manuscrit de l'abbaye; mais ces dates sont contredites l'une et l'autre par un acte portant que , le 22 décembre 1^73 « Jeanne de Troismonts avait été élue abbesse à la place de Perrette de Lithaire , décédéc ; Cette abbesse Jeanne de Troismonts était morte en 1517 ; Bonne de Harcourt nomma à la cure d'Orbois en janvier 1573;

Jeanne de Savonières mourut âgée de cent dix ans , selon

les mémoires de l'abbaye, et fut enterrée au milieu du chœur;

Catherine de Savonières, nièce de la précédente, était

alliée , par Magdeleine de Beauveau , sa mère , à toutes les

maisons royales de l'Europe;

Marie Le Prévost, issue d'une famille noble de Normandie, fut réprimandée par l'Évêque de Bayeux , pour avoir reçu la profession de Charlotte de Matignon , sans l'avoir fait examiner auparavant; on lui signifia, le 7 janvier 1655, la suspension de ses fonctions, mais elle reconnut sa faute et en fut relevée le 20 du même mois : elle mourut en 1658 ;

Marie-Angélique de Froolay de Tessé , d'un grand mérite et fort savante , vit mourir Jeanne de Bonnefonds , une de ses religieuses, à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans et après quatre-vingts ans de profession ;

de celte maison ( t. 11/ p. 34 el suiv. ). Cesi d'elle dont il est parlé dans le Catalogue des Rôles normands, années 1417-1418 : libertatfs confirmant abbatissœ sancii Laurentii de Cordilion pro abba^ tissa sancti Laurentii de Cordilion,

382 StATISTIQUB MONUMENTALE DU GALYADOS.

hfarie-Sazanne Le Bercear, fiUe de Herré, nilirqais de FoDtenay , gouverneur des ville et château de Cherbourg, et de Marie de La Luzerne de Brevans , devint abbesse , en 1751 , et mourut en 1755 ; elle avait , avant sa nominatioB, refusé Tabbatiat de rAbbaye-aux-Bois de Paris;

Elle eut pour successeur , à CordiJIiMa , Bonne- Enlalie d'Enneville , religieuse de Valogues.

L'abbesse de Cordillon nommait aux cures de Lingèvres « Orbois , Manvieux , Ste. -Croix-Grand-Tonne alternativement, et de Cambernon , près Coutances.

Les bâtiments qui subsistent n'ont rien d'ancien ; le logement de Tabbesse est aujourd'hui un joli château , qui ne remonte pas au-delà du siècle dernier ; les constructions qui entourent les cours ne m'ont aucunes paru avoir plus de deux cents ans d'existence.

Il y avait une grande église gothique , qui a été détruite après la Révolution , par un des précédents propriétaires et dont il ne reste pas les moindres vestiges.

Le parc , assez étendu , a conservé tous ses murs de clôture ; il renfermait deux étangs dans son enceinte.

M. Crusse est aujourd'hui propriétaire du domaine de Cordillon.

rOUVERT.

Couvert, Cooperium, Coteru

L'église de Couvert, maintenant en ruines^ passe pour être une des plus anciennes du pays : les sépultures tmuvées aux environs prouvent , effectivement , qu'il y a eu là trèsprobablement une église avant le IX*'. siècle; mais celle qui existe est presque dans sa totalité d'une époque beaucoup moins ancienne.

GAlftON DE BALLEROY. 388

Je dis presque, parce que da côté du Sud on voit , daos quelques jparties du uinr latéral de la nef, un petit appareil avec ciment très-épais, qui parait plut ancien que toutes les autres parties de l'église.

Quoi qu'il en soit » la nef, k part ces restes de murailles d'aUeurs tré^limités , présente uo mélange de roman de transition etde reprises modernes Ainsi, on voit desmodillons romans du taxé du Sud et deux seulmnent du cOté du Kord , dont le mur est en ruines; plusieurs fenêtres ont été refaites^

Un porcbe du XY*. siècle ou de la fin du XIV*. précède la porte de TOuesl : il est voûté en ogive. Les voûtes sont maintenues par des arceaux parallèles et non par des arceaux croisés; chose assez rare. Un petit clocher k deux baies ogivales surmonte le pignon occidental de la net

Le chœur est éclairé du côté du Sud par des fenêtres assez élégantes , subdivisées en deux parties par un meneau , et offrant au sommet une ouverture arrondie , accostée de deux autres ouvertures allongées. Cette forme est ass^ caractéristique du XIY*. siècle, mais je n'oserais dire que les fenêtres ne sont pas du XV*. siècle.

Les fenêtres do Nord n'ont pas de broderies semblables ni de subdivisions ; mais elles répondent aux autres et sont du même temps.

On voit, du côté de Tépltre, une crédence qui ne peut dater que de la fin du XV% siècle. Une :»cristie moderne masque le cfaeveL

Cette église se trouvait à l'extrémité de la paroisse , vers l'Est y fort écartée des principales habitations, ce qui [M)rte à croire qu'il y a eu un déplacement dans le centre de la population.

Avant la Révolutiou , du temps de l'abbé fiéziers , on avait permis au curé d'avoir près de son presbytère, qui était aussi assez éloigné de l'église , ane chapelle où il gardait le Saint- Sacrement et où il disait la messe sous semaine. Cette cha-

38/i STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

pelle existe toujours au centre de la prindiNile agglomératioa d'habitations. La nef a été convertie en grange; mais le sanctuaire est devenu la mairie.

L'église de Couvert était sous l'invocation de saint Bazile ; la cure à hi nomination du supérieur et des prêtres du séminaire de Bayeux, qui y présentaient au droit des chanoines de l'Hôtel-Dieu, auxquels ils avaient succédé. Le chapitre de Bayeux percevait les deux tiers de ladlme; le séminaire, l'autre tiers; le curé n'avait qu'une pension congrue.

J'ai vu, dans le village de Couvert, un ancien chSteau assez important servant aujourd'hui de ferme , qui doit appartenir an temps de' Louis XIII ou de Henri IV. Ce lieu s'appeUe la Hcuberie.

Tombeaux. On trouva , près de l'église , il y a quelques années, un assez grand nombre de cercueils en pierre alignés, dont plusieurs paraissaient fort anciens. Ils renfermaient des objets en bronze , dont les uns ont paru carlovingiens , les autres mérovingiens : un des cercueils trouvé dans le Champs Jacquet, renfermait une longue chaîne en métal. Les cercueils étaient creusés dans la pierre calcaire poreuse, à laquelle on donne vulgairement le nom de tufei qui n'existe pas dans la contrée.

Restes (tantiqtdtés romaines. Dans la campagne voisine de l'église St. -Bazile, on a trouvé deux puits bouchés, dont un renfermait quelques tuiles à rebords. J'ai vu récemment des débris de pareilles tuiles dans les terres labourées. Enfin , M. Roger, curé de Mondaye, m'écrivait , en 1833, qu'on y avait aussi découvert des médailles romaines , dont une était à l'effigie d'Anrélien.

Le principal fief de Couvert relevait du roi; il était possédé de temps immémorial par la famille de ce nom. Dès 1258, Guillaume de Couvert, écuyer, seigneur de

CANTON DE BALLEROT. 385

Coovert, aomôna le patronage de cette paroisse et one portion de la dtflie aux relîgleox de l'Hôtel- Dieu de Bayeox (1).

Gaillaame de Couvert devait ao roi U2 livres pour le fief noble relevant de lui , qu'il possédait dans la vicomte de Bayeux ; il comparut , en 1272 , avec plusieurs chevaliers et gentilshommes de la même vicomte , à Tours » dans la quinzaine d'après Pâques, devant Bertrand de Temeuil, maréchal de France. Là famille se divisa en deux branches.

On trouve un autre Guillaume de Couvert , en 1392 et en 1&02 , qui eut pour femme Alix Piquot , fille d'André , seigneur de Russy , Ste. -Honorine et CoUeville.

Jean de Couvert comparut à* la montre de Robert, sire de Beaumesnil, le 1*'. janvier 1371 , laquelle était destinée à la garde de la Bastille , et faite à Tabbaye de Couches.

Mathieu d'Estreham lui céda , en 1381 , tout le droit qu'il prétendait au fief d'Estreham-le-Perreirx.

Roger de Couvert , son fils , épousa Alix de Vaubadon , veuve de Guillaume Baratte. Par contrat du l*'. mars 1609, il vendit , tant en son nom qu'au nom de sa femme , une rente d'orge et de froment à Allain Maillard. Il fut au nombre des parents assemblés, en 1619, avec Jean de Saint- Frémond , Raoul d'Argouges , Robin de la Haye , Guillaume de Louvières et autres , pour régler les partages à douaire de dame Jeanne de Vassy , baronne de La Quèze , veuve de Henri de Hottot, seigneur châtelain de Beaumont-le-Richard.

Il fut père de Raoul , de Jean et d'Allain de Couvert

Raoul, seigneur de Couvert et* d'Estreham, rendit aveu de ce dernier fief» en 1652, comme on le lui rendit à luimême â cause du même fief et du fief au Chambellan. Il fit des partages et des lots , en 1625 , tant pour lui que pour

(1) Noies manuscrites de Béxiem, communiquées par M. G. de Ylllen.

sa femme , v€uve de Jean d* Anisy » et moural sans enfants en laissant pour veave dame Jeanne Hamon , ûUe de Guil* laume , seigneur de Gampigny , maréchal hérédital de la ville de fiayeux ; son frère lui succéda dans ses terres. Jean de Couvert épousa Marie Damont , dont il eut deux filles , Isabeao et Jeanne de Couvert

Jeanne bailla , suivant Tarrêt du rm , déclaration des fiefs de la Haye » à Engranville , s*étendant à Surrain et à Formîgny, avec droit de patronage à Engranville; du Buret, assis à Toumières et à Baynes ; et de Vaubadon , avec droit de patronage. Elle mournt sans enfants.

Isabeau de Couvert, dame de Couvert et d*Estreham, épousa, parcontrat du 7 septembre 1^64, Guillaume d'Hérissy, écuyer, seigneur de Fier ville, CreuUet et Concbes; «Ile mourut en 1511 el fut enterrée dans Téglise de Fierville, où son tombeau existe toujours , comme je Ta! dit précédemment en parlant de Téglise de cette commune (voir le t I*'. de la Statistique monumentale, page 130).

Les armes des Couvert sont d'azur à dettxfasces d'argent chargées chacune de deux sautoirs de gueules, ainsi qu'unies voyait sur ce tombeau et aux vitres de la maison seigneuriale d*Étrehani, parties avec celles de la famille d'Héricy.

Les de Couvert de Coulons, qui ont formé une autre branche» ont quitté ces armes pour prendre celles de Fontenay, depuis l'alliaiice d'un de leurs ancêtres avec rhérîiière de ce nom.

La maison d'Héricy d'Étrebam a possédé quelque temps la seigneurie de Couvert ; elle a passé ensuite à d'autres familles.

M. Gabriel Le Duc, chevalier, seigneur de St«*Cloud, de Fierville et de Couvert, lieutenant des maréchaux de France , et l'un des trente de l'Académie de Caen , mort en 1735, à l'âge de 71 ans, la possédait au siècle dernier (1).

(1) Aotcs mnnusniies de Bézlor».

CANTON DE Bi^LLEROY. 387

BUCBLS.

Bocels, Buxdellum, Buschedellum , Buxellum, Bucellum, etc., etc.

L'église de Bucels est intéressante pour ceux qui aiment à étudier les variétés du style roman de transition dont nos campagnes du GaWados offrent des exemples très-nombreux et vraiment dignes d'être observés.

Une chose à remarquer d'abord , c'est que les fenêtres cintrées très-étroites de la nef qui existent encore presque toutes (deux seulement sont élargies) sont percées au centre des contreforts , disposition qui est systématique à Bucels et qui n'est qu'accidentelle dans d'autres ^liscs où je l'ai observée rarement. La nef de Bucels a sa corniche garnie de modillons à figures. L'arcade qui sépare le chœur de h nef est conservée , et appartient au style roman.

 l'extrémité occidentale , on vient d'élever une tour carrée dans ce dernier style. Elle se compose de trois ordres , couronnés par un toit obtus, à quatre pans , en charpente. Le premier étage n'a pas d'ornements ; le second est garni d'arcatures étroites et allongées; chaque face du dernier étage est percée d'une ouverture cintrée encadrant deux baies à plein-cintre plus petites, séparées Tune de l'autre par une colonne.

Les chapiteaux et les moulures d'ornement ne sont pas encore sculptés.

Cette tour est d'un bon effet ; elle sert de vestibule à la nef. Le plan en a été donné par M. Delaunay » architecte, membre de la Société française d'archéologie , à Bayeux (i).

(1) Avaoi la construc&ioo loale récenle d»ceUe tour, le gable oc* cidenUMe la nef élalt surmooté à'an porte^cioehes h deui oufer

Le chœur de Bucels n'est pas aussi bien conserré qae la nef; l'entablement primitif n'existe plus à l'extérieur, et celui qui se voit aujourd'hui est moderne.

Du c6té du Sud , on voit deux fenêtres ogivales , dont une est séparée en deux parties par un meneau bifurqué aa sommet.

Il reste encore , du côté du Nord , une fenêtre étroite , percée dans un des contreforts»

La sacristie , moderne , est accolée au chevet

L'église de Bucels est dédiée à saint Germain.

L'abbé de St. Etienne de Gaen nommait à la cure et percevait les deux tiers des grosses dîmes. Ce fut Serlon de Lingèvres qui aumôna le patronage de Bucels à l'abbaye de St -Etienne , au \r. siècle.

M. Duhamel de Rocbefort , cité à l'article Lingèvres , p. 379 , était seigneur de Bucels au siècle dernier; il fut confirmé dans cette qualité par arrêt du Parlement (12 mai 1748) rendu contre M. Buhot de Bucels, qui la lui contestait.

Bucels dépendait de la sergeuterie de Briquessart et de l'élection de Bayeux.

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