CANTON UE BAM.KROV
5S6 STATISTIQUE MONUMENTALE l>U CALVADOS.
UiT4IL!t DK Lt CHimiltR Dl
CitrrON DE BALLEBOY. 3S9
Chàieau moderne. Le cfafttean qne doob Tenous de décrire sert de ferme aujourd'hui ; un aatre chlteau dios le style moderne existe au nord dn premier, eu se rapprochant de la route départemenule de Bayeui ï la mine. Hou< en donnons la vue gëoérale , dessinée par M. BoueL
Un colombier placé sur le premier plan et le bâlimenl qui
l'aioisne, paraissent un pea plus anciens que le reste des comtruciioDs.
La famille Hamon eiialait i Campigny dès le XIII'. siècle. Le titre de maréchal hérédùal de ta cille eî cité de Boyeta, que prenait le seigneur de Campigny, entraînait pour lui, d'après divers aveni , l'obligation de faire , en temps de guerre , guet et garde, k ses frais et avec ses vassaux , )i la porte de Bayeux qui donnait accès à la route de St. -Lo ( porte du Sud ), et qui était appelée porte Arborée.
Avant la Révolution , on voyait les armes des Hamon sur cette porte , et quand on la détruisit avec la tour voisine pour élargir le passage de la rue, la famille fit une opposition irësvive à cette mesure. J'ai entendu, de la bouche même de
3^0 STATISTIQUE MONUMENTALE l)U CALVAD03.
personnes âgées qui avaient été témoins de cette destruction , que M"", la marquise de Campigny , mère du marquis mort en 1828, employa tous les moyens qu'elle put mettre en œuvre pour l'empêcher. Les seigneurs de Campigny prétendaient être propriétaires de la porte et des murs voisins.
NORON.
Noron, Nogrondus,
L'église de Noron n'a d'ancien que la nef, dont la maçonnerie est en arête de poisson et doit dater du XI". siècle. Le chœur a été reconstruit dans la deuxième moitié du XVIIK siècle (176S).
Le clocher, placé à l'extrémité occidentale de la nef , ne date que de 1820 ; il est carré et terminé par un toit pyramidal à quatre pans , également en pierre ; le tout d'un style très-pauvre.
L'église est sous l'invocation de saint Germain. L'abbé de Mondaye nommait à la cure; le curé percevait les dimes.
Croix byzantine. On conser\e dans la sacristie une croix de procession en cuivre émaillé , du XII*. siècle , qui a été montrée aux archéologues de Baycux et que Mg'. Rubin a recommandé de conserver.
Ruine Ste.' Catherine. Près de l'^'glise est une ruine que j'ai signalée, il y a bien long-temps, sur le penchant d'un petit vallon. On connaît ces débris , que l'on peut apercevoir de la grande route de Bayenx à St.*Lo, sous la dénomination de chapelle Ste. -Catherine.
M. Pluquet et quelques autres antiquaires ont placé là te palais de Bures, manoir que les ducs possédaient dans le quartier.
CANTON ]>E BAIXBBOY. 3^1
BUR&s. près Bayeux, était moiiis une place de guerre 4Q*iHie de €68 maisons de plaisance , mansiones regia , que Bos ducs venaient habiter lorsqu'ils voulaient se livrer aux plaisirs de la cbaase , et qu*ib possédaient près de toutes les grandes forêts de leur duché.
Ce palais de Bures était situé à peu de distance et au sud de l'église de Noron ; des maisons modernes occupent une partie de Tenceinte encore tracée par des restes de fossés et des fondations de mur à fleur de terre. La cour s'appuyait » au Midi, sur un petit vallon autrefois transformé en étang au moyen d'une digue ou barrage de terre ; on voit encore , sur le bord de cette ancienne pièce d'eau, les mines de la chapelle dont je viens de parler et qui devait être dans une des cours du château, mais qui paraît avoir été reconstruite postérieurement au XIII*. siècle (1).
Près de cet emplacement régnent des fossés qui enceignent une trè»-grande partie du bois du Vernay , où on les connaît soBsle naakdeFassés^SL'Regnobert. Malgré certaine légende qui attribue au saint évéque de Bayeux l'établissement de ces fossés (2) , on pense qu'ils sont l'ouvrage des ducs de Normandie , et qu'ils servaient à enclore une partie du bols qui formait le parc de l'habitation. Il serait même assez naturel de supposer qu'ils ont été faits dans la seconde moitié du XII*. siècle , par Henri II , qui paraît avoir affec-
(I) Elle est délignée, fur la cirle de M. Petite, eooi le nom de Ckapede SU. Catherine de Bur^le^Rai , qu'elle porle encore aujourd'hui dans le pays.
(1) Suivant cette tradition , saint Regnobert aurait tracé ces fossés, qui ont encore, dans quelquea parties du bols, 15 pieds de profondeur et 90 pieds d*ouverlure, en traînant une bérbe derrière lui et parcourant à pied le circuit formé par ces eica^allons. Des traditions de même genre se rattachent fc plusieurs autres foMés dont on Ignore rorigine.
tionné son manoir de Bores et qui y venait souvent (1). Ce prince , auquel on doit un grand nombre de travaoi de différents genres , avait aussi établi un parc aux environs de Rouen, ainsi que nous l'apprend Robert du Moot (2).
CIASTILLON*
Gastillon , CastiUio y ecclesia de Castilliane, Cette commune tire évidemment son nom d'une enceinte retranchée ou camp, qui renferme le château , l'église et une petite agglomération de maisons. Le promontoire à peu près
(1) Beaucoup de chartes sont datées de Bures , et les historfent normands et anglo-normands citent les annèr's où Henri 11 et son flis ont tenu leur cour plénière dans cette maison de plaisance; Ils indiquent en même temps la grandeur du palais, et rapportent des faits prouvant qu'il y avait des salles où Ton pouvait placer des tables de 100 couverts. (V. Robert du Mont , apud Bouquet, t. XIII, p« SIS.)
Ce fut à Bures, que Henri II tint , devant quelques seigneurs de sa cour, le propos Inconsidéré qui fil massacrer saint Thomas de Canlorbéry, ainsi que l*attGste le passage suivant :
« Anno ab Incarnationc Domini MCLXII Henrfcus rei Angll», fillus Mflthlldis imperatricis, lenull curiam suam in Normannia apud Burum, die Nalalis Domlnicl , multum conlrUlalus et confosos, pro eo quod Gantuarlensis archlepiscopos absolverc noiuit episcopos AnglIsB, quos innodaverat vinculo eicommunicatlonfs. Cumque prefalus Rex lia commolus essi^t in iram , quatuor mllilei de domo et fnmilla ejus, propter anlmi motus quos In eo viderani , volentes eum vlndlcare , lalenter (nesrienle Ipso Rege) ad mare festlnaverunt , ad transfretandum In Angllam. Et cum transfre lassent , lier saum arripueruni feslinato cursu versus Canluarlam. » Ex Benedicii Pefroburgensis abbatis , Viia Henrici II , jingUœ régis ; apud Bouquet, lom. XII, pag. 145.
(2) Parcum et roansionem reglam fecit circa fusies plantatus apud Chivilelum Juxta Rothomagum. Ap. Bouquet, t. XIII, p. 306.
CANTON DE BALLBBOT. 3&3
triangnlaire qui forme TenceiDle , est défenda de deux côtés par des Talloos escarpés et par la nyière de la Drome ; de raolre côté (vers le Midi), par une longue terrasse ou val" Imm (1) , haute de 4 4 5 mètres et lai{;e de 6 mètres à sou flommet, sur une base de plus de 10 mètres dans quelques parties.
J'ai donné le plan de celte enceinte, fig. III, pi. XXXII de mon Cwrs d'aniiquiiés ^ et elle doit remonter à une époque très reculée.
On a découvert • il y a quelques années, non loin du rempart , un certain nombre de médailles celtiques en argent et en eleetrtnn , qui ont été examinées et décrites par M. Ed. Lambert.
Précédemment on avait trouvé dans Tenceinte des débris d'armes « qui avaient été vus par M. Dubois , curé de la paroisse , et on parle de souterrains et de trésors cachés dans l'espace formant cette enceinte.
L'église de Gastillon m'a paru se rapporter , en partie au moins, au XIV% siècle ou à la fin du XIIl*. Elle n'est pas sans importance, quoiqu'elle n'offre pas plus d'intérêt que beaucoup d'autres. Le chevet est droit et la tour carrée qui s'élève au centre de l'édifice se termine par une pyramide en ardoise.
Cette ^lise est sous l'invocation de saint Cassien. L'abbaye de Longues présentait à la cure.
Une des prébendes de Tévéché de Bayeux portait la dénomination de Castillan; elle avait été fondée par Tévéque Odon, frère utérin de Guillaume-le-Gonquérant.
Le chanoine titulaire de cette prébende recevait une partie des dîmes; le reste était perçu par le Chapitre de la cathé-
(I) Un dfs villages voiiins du reraparl «'.-ippcll<* hameau f^allun ; ce qal t^K k remarquer, car Vailun est bien la traduction de vailam.
drale , l'abbaye de Longues, le commaudeor de Beaugy et le trésor de Téglise.
La cure avait été anciennement divisée en deaz portioDS , dont Tune était à la nomination de Tabbaye de Longues , et l'autre à celle du chanoine de Castiilon. Les choses étûrat ainsi réglées quand le livre Pelut a été rédigé.
Château, Le château construit au siècle dernier par un Tanneguy du Châtel , qut fut premier président da Conseil supérieur , établi à Baveux lors de la suppression des parlements , appartient à M. de La Boire , pi*ésident de la Société d'agriculture de Bayeux, par suite de son mariage avec M"*. Ida du Châtel , petite-fille du premier président
Ce château , qui en a remplacé un plus ancien , est dans la plus agréable position que Ton puisse imaginer. Les rives escarpées de la Drome qui coule à ses pieds, semblent disposées tout exprès pour dérouler devant sa façade les accidents les plus pittoresques et les plus variés. La route de Bayeux à Balleroy est elle-même conduite , relativement aux pentes et à la position du château , comme le serait une allée de jardin anglais tracée pour l'agrément de cette résidence.
M. de La Boire a fait exécuter, sur les terres qui dépendent du château , de très-grands travaux qui ont considérablement amélioré ce domaine.
Il existe à Castiilon des carrières d'ardoises qui sont exploitées depuis plusieurs siècles.
LB VJBRNAY.
Le Vernay.
L'église de St -Paul du Vernay est moderne , on eu sait la date; elle fut bâtie de 1696 à 1697 , par Jean-Paul de
Choisy» seigneur de Balieroy, fils de celui qui avait construit le château de Balieroy (1), et dédiée , le 13 avril de Tannée suivante, sons l'invocation de saint Paul, patron du fondateur. La tour s*élève au centre de Téglise , elle est de forme octogone , couronnée d'une pyramide de même forme cou* verte en ardoise. Le seigneur de Balieroy nommait ^ la cure ; les dîmes se partageaient entre l'évéque de Bayeux ei l'ab* baye de Cerisy. Le curé recevait une pension de 500 fr. et 250 fr. pour son vicaire. Quelques terres étaient attachées au presbytère.
Prieuré du Mesnil-HameL A peu de distance et an sud de la route tendant de Balieroy à Caen , par Tllly, se trouve l'ancien prieuré de St -Biaise ou de St.-Gourgon du Mesnil- Hamel. J'ai visité, accompagné de M. Bouet, les bâtiments très-peu considérables qui existent à présent. Ils nous ont tous paru du XVII*. siècle ou du XVIIP. ; la chapelle, qui avait été pillée par les protestants et qui avait été renversée depuis l'époque des guerres de religion, fut reconstruite vers le milieu du siècle dernier (1751). Les bâtiments de ce prieuré appartiennent à M. Lemaftre , ancien juge au tribunal civil de Gontances.
Le prieuré , d'une origine assez ancienne , dépendait du prieuré de St.-Vigor, près Bayeux. La chapelle était desservie par un religieux de l'abbaye , qui prenait le
(i) Louis XIV avail cédé, en 1657. les bois du Yernay et du Tronquay è Jean de Choisy, seigneur de Balieroy, en échange d'une maison située à Paris, et qui devait dtuparatlre pour faire plare aui eonttruiilons projetées du Louvre. Noua avons vu que ce seigneur fll construire Tégllse du Tronquay; son flis, Paul du Cboisy, continua l'œuvre de son père en dotant aussi ^^ Vernay d'une église. — Voir, pour plus de détails , V Histoire de RnUenty ^ par M. Pabbé Barette.
M6 STATISTIQUE IIONUMBNTAI.B DU CALYADOS.
titre de prieur. Quand la paroisse et Téglise du Vemay forent fondées par M. de Cboisy , rotiiité de la chapelle et de l'ofiBce qui se faisait au prieuré devint moins grande. Cette chapelle» qui est petite, était d'ailleurs insuffisante pour la population.
Il existe à la bibliothèque du Chapitre de la cathédrale de Bayeux un cartulaire du prieuré du MesniUHamel , composé en 1^74 par les soins de Ratherin de Saint-Germain , dont les armoiries sont peintes au commencement du manuscrit ; ce cartulaire porte le titre suivant :
« Sensuit par déclaration les titres et domaignes apparte- « nant à la prieuré de St -Biaise du Mesnil-Hamel, membre « et dépendant de la prieuré de St,-Vigor-le-Grand , en tant « qu'il est venu à la connaissance de honorable Ratherin de c Saint-Germain , prieur et administrateur perpétuel de la « dite maison de St -Biaise du Mesnil-Hamel et s^^tain « d'icelle prieuré de St.-Vigor-le-Grand, laquelle déclaration
• lui a été baillée et annoncée tant par les Chartres, r^;istres « que autres enseignements appartenant au dit prieuré que « aussi par plusieurs personnes notables qui demeurent au- « près et viron le prieuré du Mesnil-Hamel et qui cognoissent « au certain le nombre et joux des terres autant que y en a « cy-après de déclarées. »
On lit encore ce qui suit après l'énumération des biens do prieuré :
« Nous Guillaume Lenterin et Drouet , bourgeois , tabel- « lions jures, commis et ordonnes en la baronnie et haute « justice de St-Yigor-le-Grant, par très révèrent père en
• Dieu , Mg'. le patriarche de Jérusalem Evéque de Bayeux, « et nous , par vertu du mandement de justice à nous pré- « sente par honorable religienx frère Ratherin de Saint- « Germain , natif de la paroisse de Ville-Moustier , au pays « et comté de Breze, près et viron la ville de Bourg en
CANTON DE BAILBROY. 347
Bresse, an diocèse de Lyon snr le Rone , religieulx de la prieuré de St-Vigor-le-Grand près Bayeui , segretain d'iceile prienré et prienr du prieuré de St-Blaize du Mesnil-Hamel , membre dépendant d'iceile prieuré de St-Yîgor, et à sa requête , inscrites et incorporées sur ce présent cbartrier plusieurs cbartres, escriptures béréditales, francbises et enseignements de la dite prieuré de St-Blaize et scellées par nous, collalionnées bien et duement et signées de nos signes manuels par les parties et ainsi qu'il est contenu et escript en ce dit présent cbartrier, lequel cbartrier icelui prieur de Saint-Germain a Tonin qu'il demeure toujours à perpétuel à ses successeurs prieuré du dit Mesnil-Hamel. En augmentation et renseignements des domaines, rentes, francbises et revenus d'iceile prieuré du Mesnil-Hamel , et afin que ses dits successeurs prieurs du dit lieu du Mesnil-Hamel soient tenus de prier Dieu notre créateur pour lui et les siens. Et nous tabellions dessus dits, avons ces dites Chartres signées et collationnées aujourd'huy 20"^. jour de janvier iUlb, »
Château. Tout près du prienré et également à quelques pas de la grande route , on voit encore une motte et les .vestiges d'un cbâteau , dont les fossés devaient être remplis d'eau , car un petit ruisseau y coule encore. Cet emplacement, comme celui de beaucoup d'autres anciens cbâteaux, ne montre pas de restes de murs et il est couvert d'arbres; mais il mérite d'être cité comme un monument de l'époque féodale.
Ce cbâteau est mentionné dans l'énumératlon des principales pièce» qui composaient le prieuré du Mesnil-Hamel au XY*. siècle : a Et premièrement (dit le cartulaire que je viens • de citer) une petite terre en laquelle est la chapelle et l'église « dn prieuré, la maison manable, granges, estables, prés.
« jardins » terres labourables, vivier et estant ; et aussi ane « plaiee ou mote en quoi anciennement satdoit avoir châiel « ou forte maison twble et appelé le castel de Hermending « qui est dit du Hamel. »
Antiquités gallo-romaines. Des tuiles à rebords et divers objets d'origine gallo-romaine ont été trouvés dans un pré, à une distance peu éloignée de Téglise.
En 1834, des monnaies romaines trouvées dans la partie du bois du Vernay qui est désignée sous la dénomination de bois de Mondaye , versTrungy^ et qui remontaient au H*. siècle, ont été examinées et signalées par M. Ed. Lambert, conservateur de la bibliothèque publique de Bayeux et membre de l'Institut des provinces de France.
BAIXBEOT (CHEF-LIBO).
Balleroy, Balarreium, Balerium, BalereL
Balleroy s'élève sur le côte&u qui forme la rive droite de la Drome. Ce bourg, dont les maisons ont été rangées avec symétrie , présente la forme d'une croix dont le sommet est occupé par le château , l'arbre par la longue place publique qui sert d'avenue à celui-ci , et les deux branches par les mes transversales , dont une descend vers les anciennes forges et l'autre monte au sommet du plateau^
Un ravin sépare le terrain occupé par le bourg de cdai qui supporte le château , mais on le franchit sur une belle terrasse ou remblai.
En 160U, Jean de Choisy, conseiller, notaire et secrétaire du roi , avait acheté la seigneurie de Balleroy avec des terres à Cormolain , Vaubadon et Montfiquet.
Son fils Jean de Choisy, intendant de Metz, chevallier, conseiller du roi et du duc d'Orléans, seigneur de Balle-
roy, de BfiniDont, de Grandcamp, de Lélhanvilte ei de St -Pierre, jeta Ira fondeinenis du chlieau artui-l i l'exlrémilé du coteiD an pied duquel la Drome est vue <le la fortl de Cerisy.
Bâti de 1636 i 1636, le château de Balleroy fut, dit-OD, le coup d'essai do célèbre Mansard. arcliilecte de l'IiAtcl des Intalides ; il en fit décorer le plafond par le pinceau de I.cinnine, auquel on doit les peinlurps du salon d'Hercule , ï Versailles (1).
La vue pri'ci'dente ne donne que le chilti'au et la cour d'houDcur garuie de rampes en pierre avec les pavillons d'entrée.
Des fossés profonds , garnis de murs de soutènement , et qui pcut-éirc ont éié remplis d'eau , selon l'iisag'' du icinps ,
(t) Hhloire dr Balltn.y, par l'*Ll>é Bnrrtir , |i SO.
garnisHeoi la seconde cour qai est bordée latéralement des écuries et des autres constructions annexées. Deux tours terminent en avant cette ligne de constructions aux angles. Ces tours, dont Tune était probablement un colombier, occupent ainsi la place qui leur est assignée dans plusieurs grands châteaux du siècle précédent.
Le seigneur de Baileroy , en même temps qu'il construisait le château, inféoda le territoire qui borde la grande place du bourg aux habitants qui s'obligeaient à y construire des maisons; il obtint, en 1634, rétablissement d'un marché hebdomadaire (le mardi ) et de deux foires par an.
Église, Jean de Choisy Gt construire l'église en 1650 et 1651 ; elle appartient au style de cette époque. Sur le milieu du transept est la tour de forme octogone, couronnée par une pyramide en bois couverte d'ardoises. Ce clocher est décoré de pilastres sur les angles , et l'on voit entre ces pilastres les initiales du nom du fondateur. Les murs sont en briques et en pierres de taille.
Cette église est sous l'invocation de saint Martin. Le seigneur nommait à la cure; le curé percevait les dîmes. Anciennement l'abbaye d'Âunay possédait le patronage de Baileroy (1).
En 1655, Jean de Choisy avait établi à Baileroy une grosse forge ; on allait chercher le minerai à la butte de Montbosq , â 5 lieues de distance , circonstance défavorable qui influa sans doute sur l'avenir de cet établissement. Cette usine, située sur la Drome, au bas du bourg, et dont les laitiers
(1) On lit, ilan.n une charte de Rfctinnl «ta Hommet en faveur de l*abbaye d'Aunajf : « Habent Ifaque ftionacbi de Alnelo es dono Jordanl de Saio ri Liicts uxoris eJuK,... pcclesiam Ballrrif cuni tola décima et dpcininm riiolci.dini... • L'abbé d'Aiin.iy nommait k la cure, quand le livre Pelul a élé rédigé; on y lit : Ecclrsia de Baiereyo.,. -tubas Je Alneto,
CANTON DK BALLBROY. 351
étaient encore toot récemment employés è revêtir d*une espèce de mosaïque Tenduit des maisons de Balleroy , a cessé d*êlre en activité vers 1773.
Avant la réédification de Baileroy par Jean de Choisy, Balleroy, qui n'était qu'une paroisse peu importante, se trou* vaît , dit-on , près du village de Mollondln et Téglise devait être dans le bois de Tresgores.
La famille Trexlot avait , en 1 521 , acheté la seigneurie de Balleroy du seigneur d'Aunay ; elle posséda Balleroy jusqu'^ la fin du XVI'. siècle.
L*abbé François de Cboisy , prieur de St.-Lo de Rouen et de St -Benoit du Pastel , doyen de la cathédrale de Bayeux et l'un des 40 de l'Académie française , hérita de la seigneurie de Balleroy après la mort de son frère ( le fondateur de l'élise du Vernay ) ; il la vendit, en 1700, à Françoise du Brancas, princesse de Harcourt ; mais , dit M. Tabbé Darctte qui a pu consulter les titres concernant celte translation, « la vente fut « clamée a droit lignage , par Jacques de La Cour, chevalier, • seigneur de Manneiille, conseiller do roi et maître des « re(|uéte8, au nom de l^ladt^laine-Cliarlotte- Emilie Le Fevre « de Caumartin , son épouse , parente de Tabbé de Choisy.
• En 1702, Louis XIY, pour récompenser les services « rendus par les ancêtres de Jacques de La t^our, réunit à 1» la seigneurie de Balleroy les fiefs du Tronquai , du Vernay, « du Parc et des Portes ou de Courteil, et les érigea en « marquisat en faveur de ce seigneur et de ses descendants.
m Son fils, Jacques- Claude- Augustin de La Cour, mourut « à Balleroy, en 1773, âgé de 80 ans; il était lieutenant- « général des armées du roi ; il avait eu de Marie-Elisabeth « Gazon de Matignon , Charles- Auguste de La Cour, qui « fut aussi lieutenant-général. Ce fut ce dernier seigneur « qui découvrit la mine de houille de Litlry , eu cherchait « du minerai de fer pour ses grosses forgés ; il mourut
352 STATISTIQUE MONU.VKNTALE DU CALVADOS.
« sur l'échafaud avec son frère, en 17%, après avoir été « détenu quelque temps dans la prison de Bayeux (1).
« Son Gis, M. le marquis Philippe-Âugusie-Jacques de « La Cour , devint propriétaire du château de Balleroy en « 1806, par la concession que lui fit sa sœur M"*, la corn- « tesse d'HervIliy. »
M. le marquis de Balleroy , fils du précédent, propriétaire actuel du château, membre du Conseil général du Calvados^a fait exécuter des travaux considérables aux alentours du château et dessiner à l'anglaise les prairies qui descendent des jardins du château â la rivière , en regard de la forêt ; ces travaux ont été exécutés avec goût.
Au moyen-âge , la forêt de Cerisy est souvent désignée sous la dénomination de forêt de Balleroy. On la divisait anciennement en quatorze buissons, au nombre desquels figuraient les bois du Tronquay et du Vemay.
« Sous les ducs de Normandie, les seigneurs de Montfiquet a etoient forestiers nés de la forest de Balleroy ; du moins on « trouve dans les Rôles de Techiquier de Caen , a la tour de a Londres, qu*ils comptoient annuellement des revenus de « cette forest.
« Sous les rois de France , il y eut pendant plusieurs siècles « verderie a Balleroy, c'est a dire un tribunal que nous avons « appelle depuis une maitrise des eaux et foresls , et cotte • verderie eloit appellée la verderie de Bttr le Roy.
« Elle etoit composée d*un raaitre de cette verderie, qui se
(I) CéUU ranrien couvent de la Chnrilé, Aiijoiird*l)ul l*hdicl de la Gendarmerie , prés la place Sr. -Patrice , À Bnyeui , qui avait été transformé en prison h celle époque , nom le nom de maison d^arréf. Mon grand -père, mon rére, mes oncles et un grand nombre de fiimUles du Be<sln et du Colenlin, y ont élé déicnus en même temps que M. de Balleroy.
C/INTON DE BALLBROY. 35S
qua]ifioit aussi lieutenant gênerai du grand maitre des eaux et forests de Normandie.
« Ce maitre particulier avoit sous lui un lieutenant gênerai, un procureur du roy, un greffier, un clerc du greffe et un archer, tous aux gages du prince.
« Chaque buisson de la grande forest paroit avoir formé une et même quelquefois plusieurs sergenteries fieffées qui relevoient nuement du roy; le buisson du Vernay avoit jusqu'à quatre sergens et tous rendoient aveu au roy, lorsque le cas y echeoit. On trouve un grand nombre de ces aveux a la chambre des comptes de Paris , et ceux qui les rendent se qualifient tous sergens héréditaires en la forest de Bur le Roy,
« Robert Hamon, seigneur de Campigny et maréchal héréditaire de la ville et cité de Bayeux, né en 1536, etoit encore lieutenant gênerai de François de Rouville , maitre en la verderie de Bur le Roy; ce n'a été que beaucoup |4us tard qu'on a transporté le siège de cette maîtrise a Bayeux , comme ce n*a été qu'a l'époque de cette translation qu'a cessé la dénomination de forest de Bur le Roy et qu'on y a substitué celle de forest de Cerisy (1). »
PLANQUEftY.
Planquery , Planquereium,
Le chœur de l'église de Planquery appartient au style ogival primitif, peut-être même aux dernières années du XII*. siècle.
Le chevet était percé de trois fenêtres en forme de lancettes.
Le mattre-antel est assez remarquable, en pierre de Caen, orné de colonnes torses à chapiteaux composites , dont les
(1) Noift manuscrites de M. Tabbé De La Rue , penês nos.
ZSk STATISTIQUE MONUMENTALE OU CALVADOS.
fûts sont garnis de feuilles de vigne et de grappes de raîsÎD.
La nef a été presque tout entière reconstruite » en ilUU.
Le clocher latéral, au Nord, entre choeur et nef, est terminé en bâtière et percé sur chaque face d'une fenêtre en ogive.
L'église de Planquery est sous Tinvocation de saint André.
L*abbiiye du Plessis-Grimoult nommait à la cure et percevait les dîmes.
La donation de l'église et des dîmes avait été faite an Messîs par Roger Bacon , seigneur du IVloIay et de Planquery ; elle fut confirmée à celte abbaye , a\i XII*. siècle , par Philippe de Harcourt, évêque de Bayeux.
Il s'éleva, en 1258 , une contestation entre les Templiers de Beaugy et les religieux du Plessis-Grimoult, pour les dîmes de Planquery ; mais elle se termina par des arrangements ou par des décisions apostoliques.
Commanderie de Beàugy, Beaugy, ancienne commanderie de Templiers, est située sur le territoire de Planquery ; elle fut fondée, en 1148, par Roger Bacon, sdgnear du Molay, Mathilde, sa mère, Geofroy de Malherbe, Jean de Magneville , Henri de Yaubadon, Guillaume Louvel, etc., etc.
Après la destruction des Templiers, la commanderie de Beaugy passa à l'ordre de Malte.
On voit, à peu de distance de la route départementale allant de Balleroy àTilly (côté sud) , une maison moderne bâtie dans la première moitié du XVIIP. siècle par Le Moine, commandeur de Beaugy et de Courvîri.
Ce château appartient à M. Joly; mais les bâtiments anciens sont un peu plus loin , au-delà du ruisseau qui coule dans le petit vallon ; ils ont été partagés entre pluàeurs propriétaires et constituent plusieurs fermes.
CANTON Dl lALlbllOr.
S56 STATISTIQUE MONOMENTiaE DU CALVADOS.
La chapelle est encore debout; elle offre de l'intérêt, quoiqu'elle ait été transformée en habitation et défigurée à Tintérieur.
On jugera de son état actuel par le dessin précédent (p. 355) qui est pris du côté du Nord.
Elle se compose de cinq travées; de longues fenêtres ogivales^ partagées par un meneau bifurqué au sommet, s'ouvraient dans les travées ; une de ces fenêtres a été supprimée » du côté du Nord, par suite de la reprise du mur, et on n'en voit que quatre dans le dessin que je présente , mais il y en avait cinq dans l'origine. Le côté sud est moins intéressant que le côté nord , parce que c'est de ce côté (côté du soleil) qu'ont été établies les fenêtres modernes de l'habitation.
A l'Ouest , est une charmante porte qui indique très-bien l'âge de l'édifice; je la crois de la seconde moitié du XIIP. siècle.
Cette porte, dont voici l'esquisse (p. 357), a son archivolte portée sur deux colonnettes à chapiteaux du XIII*. siècle très-bien caractérisés ; la courbure de l'ogive est aussi celle du XIII*. , et , dans le tympan , on voit l'Agneau symbolique du Christ , entre deux rosaces très-bien fouillées , dans lesquelles la touche du XIII*. siècle est encore évidente.
Il ne reste plus qu'une partie des voûtes ( du côté de l'Ouest ) ; les arceaux, en pierre de taille, offrent des rosaces à leurs points de jonction.
Un étang , qui existe toujours, baignait, du côté du Nord, les murs de la commanderie. Les bâtiments de la ferme se développent du côté du Sud ; ils ont été renouvelés et ne m'ont rien présenté de très-ancien..
Les commanderies étaient de grosses fermes, dont la richesse consistait dans les produits agrocoles et le mobilier
CiinOS DE B&LLEIOY. 3&7
Til; les inventaires iaitB, en 1307, du mobilier des couiman-
FORTI OCCIDIIITALI P» L» CBAPELLE Dl ■*«»«
daries de Templiers , le montrent suffisamment :
358 STATISTIQDK MONUIIfiNTALE DO CALYAD08.
« On trouva à 6eaugy iU vache» à lait» 5 géniases de plus « d'un an, 1 bouvillon, 7 veaux d'un an, 2 grands bœu&, « 1 petit veau, 3 aumailles, 100 moutons, 180 brebis ou « agneaux , 98 porcs ou truies , 1 truie avec 7 porcs de lait , • 1 porc de plus d*un an , 8 juments de trait , 8 poulains de « plus d*un an , U poulains de l'année , le cheval du com- « mandeur, 1 roucio , k roucins pour la charrette (1). »
Les templiers de Beaugy furent arrêtés par le bailli de Caen, Jean de Verretot, et amenés à Caen, le 13 octobre 1307, avec ceux de trois autres commanderies (Bretevillele-Rabet, Voislemer, Courval près Vassy); ils étaient au nombre de trois :
Albin Langlois, Guillaume le Raure, Raoul de Pêrouse.
Dès le 6 du même mois, le bailli de Caen s'était transporté à Beaugy , pour faire , en présence du commandeur et de ses frères, l'inventaire du mobilier; il en avait laissé la garde à cinq sergents du Roi (2).
La procédure fut commencée le 28 octobre , dans la salle du cbAtelet de Caen , forteresse placée sur le poiit St -Pierre et qui servait alors d'bOtel-de-ville.
Châteatt. Près de Téglise , sur la rive gauche de la petite rivière de Soquence , on voit encore deux pavillons d'un chftteau qui paraît avoir été construit , au XYP. siècle , sur les ruines d'un château-fort qui avait été détruit.
Ce château a long-temps appartenu à la famille de RoncheroUes.
(I) On ne trouva ni cidre ni bfére dans les caves, maia 16 lonoeaui 1/t de vin.
()} L*abbé De La Rue, Essais hUtoriques sur la ville de Cnen , 1. Il , p. 418.
CANTON DE BALLBROY. 359
CAHAGNOLLBS.
Cahagnolles, CcJiagnolœ,
L'église de Cahagnolles est peu élevée et n*offre rien de remarqaable : des contreforts plats , quelques corbeaux et quelques parties de murs anciens annoncent seulement qu'elle était romane (probablement du XII*. siècle) ; mais ces murs ont été presqu'entièrement refaits depuis quelques années.
A l'intérieur du chœur, on voyait, quand je l'ai visitée il y a vingt ans , une voûte dont les arceaux reposaient sur des chapiteaux romans de transition.
Le clocher, carré , terminé en bâtière , mais sans caractère d'ancienneté, est placé à l'extrémité occidentale de la nef.
Cette église est sous l'invocation de saint Pierre.
Le Chapitre de la cathédrale de Bayeux nommait à la cure par suite de la donation que lui avait faite l'évêque Philippe d'Harcourt.
Il y a eu à Cahagnolles une léproserie dont on ne peut indiquer l'emplacement , et qui a été détruite il y a longtemps.
TRCNGT.
Trungy, Trunqenan.
L'église de Trungy doit dater de la première moitié du XIII*. siècle ; mais elle offre à présent peu de caractères , hormis quelques chapiteaux de colonnes , à l'intérieur.
La tour, latérale, au Nord, entre chœur et nef, est carrée, terminée en bâtière, éclairée sur chaque face, à l'étage supérieur, par une fenêtre en ogive divisée par un meneau bifurqué au sommet.
360 STATlSTlQUIi UONUUBNTALB DD CALT&DOS.
Les foDts baptistnaus , en pierre de Caeo , soDt de ionoe octogooe et décora , sur chaque face , de la représentation d'uae fenêtre ogivale : ils nous om été , il y a long-temps , signalés par M. Lambert , auquel nous devoDS le dessin laiTani.
On voit dans le cbœur hait stalles assez belles , en bois de cbéne , et ornées de sculptures bien traitées.
L'élise de Truugy est sous l'invocation de saint Vigor.
L'abbaye de Mondaye nommait b la cure et percevait les deux tiers des dîmes ; l'autre tiers était dévolu au prieur-curé.
La seigneurie de Truagy, Veslay, La Lande , appartenait, vers 1730, h noble homme Joacbim d'Olbet; elle passa ensuite à M. Jean- Baptiste-Louis Aubry. Depuis, par soiie d'héritage et d'acquisition , ladite seigneurie derint la propriété du seigneur de Juaye , le comte Du Manoir, marécfaid
CAKTOll DE BALLEROY. 361
de camp ; b terre est restée daûs cette famiUe et ^partient à M. le G^. Du Manoir , membre de la Société française pour la conservation des monuments.
Le petit château de La Lande, du commencement du siède dernier» n'a pas été achevé ; on le. voit tout près de la route allant de Bayeux à Gaomont par Jnaye. Une partie de ce château n'est pas habitée ; l'autre sert de log;ement au fermier.
JUATE.
Juaye , Jueirnn.
L'église de Juaye ne sert plus au culte , Tégiise abbatiale de Mondaye étant devenue paroissiale
L'élise de Juaye se compose d'une nef avec deux bascôtés , d'un chceur à chevet rectangulaire et d'une tour ac« Golée au chœur, du côté du N(HtL La façade occidentale et les murs latéraux de la nef sont modernes. Les colonnes qui, â l'intérieur, portent les arcades ogivales séparant les bas-côtés de h grande nef, paraissent du XIV". siècle.
Le chceur devait remonter au XII*. siècle ; il conserve encore de la maçonnerie en arête de poisson et des modillons à figures grimaçantes, du côté du Sud ; mais les fenêtres ont été refaites. On y voit, à l'intérieur, quelques restes de peintures murales etunautelduXVIII*. siècle. Le chevet avait été éclairé par une fenêtre (^valeà trois baies en forme de lancette, qui avait été bouchée lors de l'établissement de l'autel.
La tour , carrée , terminée en bâlière , peut remonter au Xm*. siècle.
L'église de Juaye est sous l'invocation de saint Tigor.
L'abbé de Mondaye présentait à la cure et la faisait desservir par un de ses religieux ; l'abbaye percevait toutes les dimes.
Juaye faisait partie de la sergenterle de firiquessart , élec-
362 STATISTIQUE MOMnmifTALB DU GALYADOS.
lion de fiayeox* On y comptait, aa fliède dernier, ikO lenx.
II y avait plndeurs fiefs à Jaaye ; on lit ce qui snt dans l'aven rendu , en 1653 , par Zaoxm de Castilloa* évéqoe de Biyeux : « Jean Gowelin tient de la faaronnîe de St-Yîgor , « par foi et hommage , nn qnart de fief de chevalier, nommé « le fief de ta Haye W Aiguillon, dont le chef est assis à Joaye 9 et s'étend es paroisses d*Eli&n9 Bemières, Langraye, « et Lingèvres , vicomte de Bayeux , duquel il est tenu faire « à l'évéque de Bayeux 5 sols tournois de trois en trois ans.
• Défont Rolland de Vassy , escuyer, soûlait tenir de la « même baronnie Semi-fief de chevalier à la Haye d'Aiguillon^ « dont il vint jà pour , en la main du roi , quart de fief par « forfaiture, que tiennent en fiefferme les religieux , abbé et « couvent de Mondaye par certaine renie allant au roi notre « seigneur conime Ton dit , et l'autre quart de fief du nombre « d'icelui demi-fief de chevalier, Jehan Lescelin, escuyer, « tient de nous, duquel quart de fief que tiennent de présent t les dits religieux par raison d'icelle forfaiture , nous fusant « réservations et retenue d'avoir et poursuivre les ^xMtures « et dignités. »
Château. Au centre de la commune de Juaye se trouvait le fief Basset, sur la terre des Follets; le manoir, entouré de fossés pleins d'eau et alimentés par la rivière , devait être très-solidement construit , si l'on en juge par les profondes et longues fondations que l'on rencontre encore à cet endroit (1).
Depuis très-long-temps , l'ancien château était en ruines ; il n'en reste plus qu'un colombier.
Le seigneur de Juaye , ainsi qu'on le voit par un aveu au
(t) Renselgoements communiqués par M. te comte Du Manoir, d^à dté , propriélafre actuel du château de Juaye , membre de la Sooléié poor la ciNiiêrvation des monomenti,
CAlITOCf OC AALLUOY. 565
roi« dv 25 nan 1678 « atait , entr'aotreB droits, oeini de cbqielle • où leg reUgieax de Mesdaye étaieot teous de dire la messe. Le seigneor a? ait le droit de prendre son bois de ckaaflage daos la forêt da Vemay , appartenant akirs ao roi , dreit de ohasse et d'antres droits (1).
Entr'autres rentes, le seignenr devait recevoir, diaqoe année , un chapeau de roses et cinq deniers, des héritiers du sieur Tonstain » seigneur de Fontenelle , sieur de Varennes , fief situé à Juaye. Une autre rente était due par des Avonde, donc le nom se iroufs dans les cootrau depuis le XIV*. siècle. Cette familie d'Avoode eociste encore à Jnaye.
Le château actuel de Jnaye a été construit sur l'emplacement d'nn ancien castel , occupé par noMe homme Gilles Le Chanoine, sieur Du Manoir, conseiller du roi» lequel fut vicomte de Bayeox en 1712. Il avait épousé demoiselle Marie Louise, fiHe de Pierre Le Mayeu Tinant, sdgneur deCondé.
Ce château fut commencé , vers 17&0 , par Charles-Louis Le Chanoine, écnyer, sieur Do Manoir, seigneur et patron de Jnaye, oonseilier du roi , lequel avait épousé demoiselle Françoise Thérèse, fille de mesure Joseph-Hector de Montault de St-Civier, marquis de Monlbérault
Il fut achevé par Jean-Louis Le Chanoine, comte Du Btaneir , seignenr et patron de Jnaye , seigneur de Trungy , Vesky, La Londe « maréchal de camp , colonel commandant le régiment de mestre de camp-cavalerie, chevalier de Tordre royal et militaire de saint Louis.
Son petit-fils, le comte Du Manoir de Jnaye , propriétaire actuel de la terre de Jnaye , inspecteur de l'Association normande, maire de Juaye depuis 27 ans, a fait, autour do château , un parc anglus , après d'assez grands travaux ; il
(0 Notes llréet âH atthlYes du cbèlean de Joaye , commonk|nést psr M. le comis Du Henotr.
36& STATISTIQUE MONUMEIfCALE 0U CALYADOS.
a réuni de. grands herbages , an miliea desquels aont de nugnifiqnes ormes et chênes plus que steulaires , et qui fout le plus bel ornement de ce parc
Dans les terrassemrats, on a trouvé plusieurs haches gauloises, en silex : les unes ont évidemment servi , d'autres sont à peine ébauchées ; elles sont de formes variées.
Abbaye de Mandaye. M. Tabbé LaflEetay* membre de h Société française, qui doit nous donner bientôt une nouvelle histoire des établissements religieux du diocèce de Bayeux , nous a fourni sur Mondaye des notes que nous allons reproduire :
Cette abbaye appartenait à l'ordre des Prémontrés. Suivant le Neustria pia» elle fut fondée, vers 121&, par Jourdain de Hommet , évêque de Lisieux. Elle eut Roger pour premier abbé , et fot placée sous le patronage de saint Martin* Le fon*. dateur, qui l'avait établie sur ses domaines héréditaires, la fit déclarer exempte de la juridiction de l'évéque de Bayeax , ainsi que toute la baronnie de Nonant, qui s'étendait entre Bayeux et Caen et comprenait les ^lises paroissiales de Nonant, de Verson , de Mouent et celle de Juaye, près de laquelle l'abbaye avait été construite. C'est ce que nous apprend aussi M. de Bras, dans ses Antiquités caennaues: « Mondaye, dit-il, est proche de Bayeux et néanmoins soubs « l'évesché de Lisieux. » M. Léchaudé-d'Anisy a fait obser* ver que cette date assignée par les auteurs du Ifeustria fia à la fondation de l'abbaye de Mondaye , ne s'accorde pas avec la Chronique de Normandie, qui place en 1214 la mort du fondateur, Jourdain de Houmet Une charte de 1213, citée par lui , fait remonter la fondation de l'abbaye à la même année.
Quoi qu'il en soit , si l'abbaye n'existait pas à cette époque , la conunune de Juaye possédait au moins une léproserie. On Kt , dans une charte de 1213 , qu'Eudes de Vassy , chevalier
CANTON DE BAILBROT. 365
seîgnear , permet aa chapelain de la léproserie de Juaye de prélever, tous les ans, huit setiers d*orge sur son moulin de Juaye; lesquels setiers devaient être affectés aux besoins des lépreux ; mais en cas que la maladie vînt à cesser , ladite redevance devait être perçue au profit du chapelain, pour son usage personnel.
'Les successeurs de Jourdain enrichirent Tabbave de leurs
libéralités. Le Nécrologe du monastère cite entr'autres Tévêque Fouques , qui avait donné « les dixmes de la paroisse d*£llon : » Guy du Merle et Guy de Harcourt Le Nécrologe place également au nombre des bienfaiteurs Thomas de Fréauville et Nicolas Du Rosq , évêques de Bayeux , pour lesquds on célébrait un obit , chaque année.
En 1220, Enguerrand du Hommet confirma les donations que son frère Jourdain avait faites à l'abbaye ; en 1228, la comtesse de Salisbury la choisit pour lieu de sa sépulture.
Le plus illustre bienfaiteur de Mondaye fut saint Louis , roi de France. Par une charte donnée à Paris, en 1267, il assura aux religieux la jouissance paisible des biens qu'ils possédèrent dans ses fiefs ou arrière-fiefs , à condition qu'ils prieraient pour son salut et celui de la reine : « ut pro nostr» et inclyts reginae , consortis nostrae, animarum remedio et sainte devotas ad Dominum preces effundere teneantur. » Une seconde charte y. donnée à Pont-Âudemer, au mois de juillet de Tannée 1269 , met à la disposition des religieux le bois mort qu'ils pourront recueillir dans la forêt royale du Vernay, jusqu'à concurrence de la double charge d^un âne par jour , « quantum unus asinus poterit déferre bis in die. »
En 1639, l'autel principal du monastère fut reconstruit avec plus de magnificence et dédié de nouveau à saint Martin , par François Fouquet, évêque de Bayonne. Il y avait, à celte époque, dans l'église deux autres autels : l'un à droite en l'honneur de la Sainte Vierge , l'autre à gauche en l'honneur de saint Etienne , premier martyr.
3M STATISTIQUE IIONIIlfBMTALE DU CALVADOS.
nOHIRCIATDIB DES AIBÉS ( extraite du Pieustria pia ).
Koger de Juez, premier abbé, mort eo ]'aniiée 1215
Richard ^ 1235
Roger H — -I2M
Gabriel du Fay — i276
Gaafnde — 428U
Gaafride II — 1312
Gaufride III 1319
Radalphe 1527
Richard II I349
Robert Garet .^ 13^
Gaolride IV ^ ?
Robert de Bacilly » ?
Raoulpbe ?
Guillaume , nommé commissaire par le pape £ugènc IV , pour terminer le différend qui s'était élevé entre le Chapitre de Bayeux et Tévèque Zanon , en 1660.
Pierre, ?
Thomas ^ r
Guillaume II l^^g
Jean Le Barberel ?
Samson ^
Laurent de Cussy ?
Nicolas de La Boysaine 7
Gilles rOurs assiste, en Tannée 1697, à TÉcbiquier de Normandie.
Jeanll (Ferey). ^557
Gilles II de Valognes 15^2
Guillaume III (Poyueau) ^ 155^
Julien Guichard 9
Guy Habei j
Jean III (Bourdon) I
GAMTQN DB BàfXBBOT. Ml
FraBçm da Bonillonney , mort en I6M. *-D'a|irèft Febi- Uttkre, cet abbé rétaUit la discipline dans le OMNMstère , eB reslawa les UtinaeotSt fit reconstruire le dortoir , phça dans l'église un autel de marbre , au pied duquel il fut iab^nié.
On lisait sur son tombeau Tépitapbe suivante :
Bll QDI COIfCttSIT, DICANT ALTARIA, CCBLO
0VA9 FBARCmCIHI OPU MUAT ART* lOCBM ?
BULLI98B IPUra BITZIIO APPAUT AMORB
PICT OS , BULLONII VOS BBNB HAMQDB CAIOT :
mniOiiiD tabtcs amob tantuhqub altabb tdlbbofit
FBAMCISCOS GCBUft? ID MBBCiBB 8AT1B. \
J*ai trouvé la pierre tombale que voici dans Téglise actuelle , bâtie depuis sa mort
nie JACBT BRVEBBHD¥8
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Antoine* •ffaeMs.
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l A b SANOa «AIAH
368 STATISTIQUE MONCMENTALB D& CàLTADOS.
Son père et sa mère , M. et M"*, de Suresne tTaient été ^nhamés dans le chœur de Téglise , qu'ils avaient restaurée en 1570 ; leurs armoiries furent alors placées sur les vitraax, étt mémoire de leurs bienfaits (1).
Le dernier abbé cité dans le Neuurm fria est Claude-Philippe Leclerc du Tremblay , qui vivait en 1654.
Les dalles tumulaires indiquent aussi comme prieur Thomas Chamarel, dont voici Tinscription :
■TG IA€IT B. P. THOMAS GHAMAUT HCJU8CB DOMUS 0L« PBOTUOK PAGT08 DBIlflKB PBIOB PAB UTBIQUB OFPICIO PABCB UBt FBATBIBOS 80LLIG1T8 DTILITBBQUB DOMUI COlfSULUIT.
BIS QDATCOB DUOBUS ADDITIS TEMPOBIBDS LUSTBA TIDI8SBT
PLUBA 80BS RBGAVIT AT SOBTBM RB CDLPBS AMICAM LBCTOB IIOR TIVBBB 0B8I1T ILLB MOBI.
HOC TVHULO COBDÏTUS IBI DUM JACBT COBPUS LBTHI RBSCIA MBMS CBLBSTIBirS BZQLTBT GADDIIS AMBN.
La belle église moderne que Ton cite avec raison comme remarquable , fut commencée par l'abbé Philippe l'Hermite, qui gouverna la maison depuis 1704 jusqu'en 1723 , et terminée par son successeur.
Eusucbe Retoul, architecte, peintre et sculpteur, travailla à la décoration et peignit une suite de tableaux , dont
(I) Notes de M l'abbé LafTelAy, mcmbn! de la Société rrançalie.
GAltTON DE BALLBROY. 369
une partie a été transférée à Bayeox , à l'époque de la suppressioD des' maisons religieuses.
On Yoit dans la nef les tombes de ces deux hommes^ qui i
ont tenu une grande place dans Tbistoire des derniers temps de l'abbaye. i
Celle de Philippe l'Hermite est ainsi conçue :
HIC JACST
BBYEKBHOUS ANTODUM PATU
Db Db PBIUFPV8 L^BBMITB
HDJUICB MORASTBBn
ABBA8 BWULABIS
QUI HOC TBMPLUM
PIBTATn S0J5 HONUHBlVTDlf
AB IHI8 C01I8TRUUT
MACNAQOB BX PABTB DBCOBATIT
PLEIIC8 HBBITIS BT TIBTUTIBUS
DIBM CLAU8IT BXTBBHini
DIB DBCIMA 8BPTmA JOBU
AHNO 1725
JBTATIS TBBO SUiB ANNO 7S»
RBQUIBSCAT IB PACB.
Voici celle d'Eustache Restout :
HIC JACBT B. BD8TAGHI1)8 BBSTOUT BOJUS DOMI PBIOB HVLTO TBMPOBB UNIGO 8IBI NBGB88ABIO TOTA TITA CONTBNT08 NB MINimS CNQDAM BBbDLS 8UA OVIS8I8 IN 0IINIBB9 OBBDIBNTIA DUCTDS TBMPLUM HOC AB 1MI8 AD ALTA GONDVXIT TIX GOBSTBUCTBM ILLICO 80LD8 DITAVIT PICTOBU FUNBBI $DPBB8TB8
▼ixrr nr mvltib
QDAS DBGORAVT BCGLBS1I9
ST&TISTI(,>UË UONUMENTALb DU CALTADM.
Eustache Restout n'était que Bous-prieur i l'époqoc de sa morL Olivier Jahouei, prienr de l'abbaye d'Ardennes , devint coadjutear de l'abbé de Mondaye en 1719 et abbé en 1725. Il mourut en 1738 , et eut pour successeur Louis Reusse.
Je présente seulement une vue générale de l'abside et des bAtimenis claustraui , qui se développent au sud de l'élise :
cette vue , prise par M. Bouet. du cAté du Nord-Esl , sur le cAtean qui tend vers l'élise d'Ellon, montre la forme de r{][lise abbatiale, cooronnËe de son dôme central; on voit que les bltimenta des moines étaient , comme à Si.-Ëtienne de Caen , accolés an transept sud et d'un style i peu prés semblable : ce style avait été adopté au XVII*. «t au XVIII'. siècles, pour la plupart des maisoDS religieuses importantes qui ont voulu quitter leurs vieillca demeures pour se loger dans des maisons de style moderne.
Il n'y a rien d'ancien dans ces coDslructions. L'église et les bâtiments del'abbayc avaient été reconstruits auXVIlI'. siècle.
CANTON DE BALLEBOY. 371
sans qu'oa eût laissé subsister aucune partie des ancieus murs.
L'église de Mondaye est, selon nous, d'un meilleur style que l)eaucoup d'autres églises modernes du même temps. Eustache Restout (1) a?ait eu le bon goût de conserver dans la disposition des voûtes , dans les fenêtres allongées de la nef et du chœur, dans les proportions générales, des combinaisons qui accusent le désir de faire profiter l'architecture moderne , alors consacrée pour tous les monuments, des formes et des proportions de l'architecture précédente, si belle et si élégante ; il y a réussi L'église de Mondaye sera toujours un de nos plus beaux monuments religieux de l'époque moderne.
On y voit encore un assez bon nombre de peintures de Restout, quoique plusieurs grands tableaux aient été transportés à Bayeux et placés dans la cathédrale.
Les petits autels, dans les bas-côtés, devant les arcades de la grande nef, ont , au-dessous des fenêtres des murs latéraux , des rétables en pierre peu élevés , au centre desquels on remarque de petits tableaux qui nous ont paru remarquables.
Il y a dans la chapelle du transept nord un rétable offrant le groupe de l'Assomption de la Vierge , e» terre cuite. Ce morceau , de grande proportion , est d'un louai effet et mérite d'être mentionné. «
La façade occidentale, comme dans la plupart des églises du temps, est ornée de deux ordres superposés : quatre colonnes ioniques décorent le premier ordre et accompagnent l'entrée principale ; quatre colonnes corinthiennes décorent le second ordre et portent l'entablement du fronton.
L'abbaye de Mondaye est située sur une éminence dont elle avait tiré son nom : abbaiia de monte Deù La tour de l'église se voit de très-loin , soit que l'on parcoure les plaines
(1) Voir, gur cet artiste émineol et sur sa fainfllc, les recherches de M. le marquis de Chenneviéres. membtede rinstUut des proviocet, dans son intéressante Histoire des peintres proiuu in ux de Va/i' eienne France,
entre Caen et Bayeox , soit que l'on aille sur certains points élevés à Touest et au nord de cette Tille.
Antiquités gallo-romaines, — Dans une prairie peu éloignée de rabbaye,se trouve une fontaine appelée fontaine Stfiarthélemy, à cause d^une ancienne chapelle du même nom qui se trouvait près de là. Elle fournissait de Teau à Tabbayr, au moyen de canaux. On a trouvé, dans le siècle dernier » des canaux en maçonnerie qui avaient reçu l'eau de cette fontaine et la conduisaient à Bayeux par Juaye, Ellon, Caenchy et Monceaux. D'après les renseignements consignés à ce sujet dans les notes manuscrites de Béziers , MM. de Yillers et de Bonnechose , archéologues de Bayeux , ont fait dernièrement pratiquer des fouilles et ont retrouvé cet aqueduc sur plusieurs points , dans la direction qui avait été indiquée : il est demeuré hors de doute que ce canal souterrain est de construction romaine et qu'il corres|)ondait à Taquéduc découvert , il y a vingt ans , en reconstruisant la halle de Bayeux , dans le faubourg St. -Jean. J'ai décrit cet aqueduc dans le III*. volume de mon Cours d'antiquités et j'avais alors supposé que la prise d'eau se faisait plus près de Bayeux , vers la source du ruisseau de Belle-Fontaine ; le document fourni par le manuscrit de Béziers et les recherches conûrmatives de MM. de Villers et de Bonnechose indiquent le véritable point de départ des eaux.
BBRNiÈfiES-BOGAGB.
Bernières , Bemeriœ in Boscagio.
L'église de Bernières appartient en grande partie à ce style de transition qui caractérise un si grand nombre de nos églises rurales , et qui semble prouver qu'une grande partie d'entr'elles ont été construites ou refaites dans une période temporaire qui correspond à peu près à la seconde moitié du Xir. siècle et au premier quart du XIIP.
-CtNTON DE BALLBROY. S7S
ijC ctour est Toâlé , et Tarcade qui le sépare de la nef os; portée sor des colonnes de transition à chapiteanx garnis de grosses feuilles terminées en volute.
La corniche et les fenêtres sont modernes du côté du Sud ; le côté nord est encore conservé : on y voit des uiodillons sous la corniche ; dans le chevet , une fenêtre à compartiments , du X YP. siècle , a été bouchée.
Dans les murs de la nef, on remarque des pierres disposées en arête de poisson ; du côté du Sud est la porte principale de l'église, à plein-cintre; Farchivolte est bordée d*un tore; deux colonnes romanes portent cette archivolte. Il n*y a pas de porte à l'Ouest ; deux fenêtres étroites en meurtrières s'y font remarquer. Les modillons de la corniche , qui peut-être a été refaite, supportent d'élégantes arcatures ogivales subdivisées en deux parties.
La tour latérale au Nord est carrée, couronnée par un toit à double égout ; elle paraît moins ancienne que l'église , et peut être des XÎV. ou XV*. siècles.
L'église est sous l'invocation de çaint Aubin.
Le seigneur de Bernières nommait à la cure deux fois , et l'abbaye de Mondaye une fois , alternativement. Le curé percevait les dîmes.
Il y a un bel if dans le cimetière.
On lit les épitaphes qui suivent sur une table de marbre , recouvrant un tombeau en pierre :
CI GIT M. ETIENRE ROBRBT
FRAKCOIS AUGUSTE