‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 80 sur 130 · MARTINI SEXTI FIL · texte numérisé non relu

MARTINI SEXTI FIL

ET PEBPETVAE GONJUNG LIBERO

RUMQ EORUM TE ^ ^ ILLAB ET

MARTIALIS ET BOLANl PP ET

DED . . . AVIT ARl

M. Pluquet croit qu'il existait une fabrique de poterie dans le quartier de la Poterie, tout près de l'ancien château.

Il est certain qu'on y a trouvé une grande quantité de débris; ces fragments de poterie se retrouvent encore en abondance sur plusieurs autres points.

462 STATISTIQUI! MffltUMlNTALK IHf CALVADOS. UONUHEtfTS BELIGIECX.

Cathédrale. — Vae statistique monamentale d« doit parler que de monuraeats existants ; nous n'avons donc rien ii dire de cenx qui eiistërent i Bayent depuis l'établissemeni du cbristiinisme jusqu'au XI*. siècle , car il n'y a rien , dans la Tille, qui puisse se rapporter ï cette période.

La cathédrale est , sans contredit, un monument du pins haut înlérfit , le monument capital de Bayeni; c'est ea même temps celui qui présente les parties les plus anciennes, car la crypte doit remonter au XI", riècle.

Voici le plan général de ce bel édifice: il appartient â plusieurs époques. Pour le décrire , il faudrait entrer dans des détails que nous ne pouvons donner ici. Il y aurait un volume k faire sur la cathédrale de Bayeux.

D'abord , on peut re-

, , PUS DB Ll CtTafDBlkB Dl BitlDI.

marquer qnela partie basse

de la nef et des tours appartient au style roman. Les trois portes de la façade uccidcniaie avec leurs frontons de couronnement , leurs voussures ornées de personnages , etc. . etc. , sont un placage du XIV*. siècle ; il est facile de le reconnaître , en entrant sous les tours.

CANTON DE BftYEUX.

3 DCCIDENTlLn M LA ClTHltDIlALE »

h6h STATISTIQUE HONUHENTâLe DD CALVADOS.

La pone ceolrale a été détruite et refaite; elle n'ofre aucuD iatértt. Les deui autres sont encore ornées de petites figures. Dans le tympan de la porte placée à droite de la grande entrée , on dtstingne la Résarrectton des morts et le Jugement dernier; du côté gaiiche, on a représenté différentes scènes de la vie de Jésus-Chrin.

Entré dans la nef, on sera Irappé d'abord de la richesse

des arcs cintrés du premier ordre et de l'opposition qu'ils présentent avec les longues feoStres ogivales qui les surmontent. Les arcades romanes sont les restes de la cathédrale qui eibtait au XII'. siècle; sur elles, au XIII*. , oa a greiïé le second ordre qui s'élèTe jusqu'aux voûtes.

Une chose â remarquer, c'est l'inégalité de ces arcades romanes si brillantes de la nef. Les unes sont surbaissées , les autres en forme de fer i cheval , et leurs bordures ou archivoltes ne sont point de hauteurs ^ales; leurs diamètres sont aussi Irès-variés. Ainsi l'on retrouve, dans l'architecture

CAKTfHI Ut BATEUX. â65

roDUM , celte iri^ubriié dwt les arcbîlectes rciualns noug ont laissé tast d'exemples dans leurs plus grands édiGces.

Le cbœur de la cathédrale de fiayeux offre un des plus beaax types de l'archiiectnre du XIII*. siècle. L'omenientilioD eo est hardie, gracieuse et d'un beau relief.

Dans la galerie centrale et obscure, à laquelle j'ai donné, dans mon Cours d'antiquités , le num de triforium , les arcades sont disposées, au sombre deqttalre, sons une plus

OIDONNIIICI DD TllIDUCH MMt Ll

grande ogive qui les encadre. Cette réunion de quatre ogives en lancettes sons une grande ogive résulte , comme on le voit par mon esquisse , du rapprochemenl de deax lancettes

k66 STATISTIQUE MOMUUEHTALE DU CALVADOS.

gëmiDécs , sormontées d'un trèfle et eocadréea dans deoi o^tea. Cette disposition est fort rare et même priiculière , je crois , ï la cathédrale de Bayeni.

Oa devrait faire rnooler les beaux feaîlbges qui décoreot la partie semi-circulaire du cbœur ; j'en ai rarement va d'«isû remarquables.

L'observateur examinera les bas-cAtés du chœur avec leurs chapelles, ornées d'arcalures très-caractéristiques du

Xill*. fflëcle ; b chapelle souterraine , ou crypte , qoi doit appartenir au XI*. siècle , et que l'on a enchâssée , si l'on peut parler ainsi, dans la cathédrale du \II1°. ; les chapelles des bas-cAtés de la nef el le portail latéral , an Sud.

£oGn , s'il se place devant la porte du palais épiscopal , il saisira tout le profil extérieur de l'édifice et la disposîtioii

CANTON DE BATEtiX. ki^

des arcs-boutants el des contrerorlg , donl qaelqDes-ana

uni oraés de statuc^i placces dans leurs iiichcs , comme des BotdaU montant la garde dans leur guC-rllp. Il verra le gracieux contour du chcTit, l'él^aote simplicilé des mou lares qui le décorent , et la ronne si pure et si svelte des

feoêtres qui éclairent le grand comble et les bas-côtés du chœur. Il appréciera cette jolie tour centrale (p. /i69) «construite en grande partie dans le style ogival de la dernière époque (1 479) , et terminée au siècle dernier ( 1714-1715) par une lanterne dorique. Sans doute, un couronnement gothique eût été bien préférable ; mais il faut rendre à Tarchitecte Moussard la justice qui lui est due : il y a de l'élégance et de la hardiesse dans son oeuvre (1).

Après ce premier coup-d'œil généra] de la cathédrale de Bayéux , nous ferons remarquer avec feu M. Bourdon , membre de la Société française d'archéologie , et avec son collaborateur, M. Bouet, qu'il ne faudrait pas admettre sans réserves que les arcades romanes de la grande nef soient tout entières du XII*. siècle : les chapiteaux h crochets et quelques colonnes caractérisent trop bien le XIII''. par leurs formes et leurs détails pour ne pas faire soui)çonner une retouche postérieure. Les chapiteaux et les coloïknes ont dâ être retaillés.

M. l'abbé Thomiue qui , avant de partir pour les missions étrangères , avait étudié avec beaucoup de soin la cathédrale de Baveux, et qui devait la décrire en détail dans le Bnlienn monumental, avait indiqué, pour diverses parties de l'édifice, des dates que nous croyons utile de relater ici. Il rapportait,

(I) 11 eiistc d'assez bons dessins de la cathélrale de Bayeai; elle 0 élé publiée dans le grand outrage de M. du Sommerard fLes Ans au rooyen-ftgej; dans le Moyen-dge pittoresque et dans la CoHection des monuments de Normandie de M. Pugin, archltecie anglais.

b70 STATISTIQUE UONnuENTALC DU CALVADOS. comDte nous, k la reconslraction de 1106 , après que U cathédrale eut élé incendiée quand Henry I", prit la ville d'assaut, les arcadea semi-circulaires de la nef avec leurs moulures élégantes et variées.

Les feneircs ogivales surmontant les arcades romanes de la nef , le chœur , les chapelles qui renvironnent , U sacrisUe , en un mot la partie de l'édifice construite en style t^ival primitif , •*

doivent avoir été , d'après lui , en S

grande partie , bSlies par l'évèque 2

RobertdesAbl^es (1206-1231), *

et commencées par ses prédéces- -

seurs, Henry de Salisbury et Phi- & jj

lippe de Harconrt ; mais on dut y g g

travailler encore plus ou moins f 2

long-temps dans le cours du XIII*. ■ E

siècle, au moins pour terminer -£ s

les moulures d'orocmeittation, f g

Le joli porche par lequel on enlre S

dans la nef, en face de l'évëclié , ^

appartiendrait à la première moitié „

da XIII*. siècle. 3

On sait que les cirilatérani des «

nefs n'étaient pas, dans le principe, garnis de chapelles (V. mon Cours d'antiquités, IV*. partie). L'eiameu de la nef de Bajeux confirme ce principe : celles qu'on y voit sont des additions. D'après les recherches qui ont été faites , les chapelles de SL-Jean l'évingéliste et de l'Annonciation (cfité Nord] auraient été construites par Pierre de Beuais , vers l'an 1289; celle de SL-Marliu, on 1309;les autres, du même càté (Nord). quelques années après, mais avant 1356.

Du cA(é du Sud ( V. le plan, p. 162), deui des diapelles,

CANTON DE BAYQDX. &7i

attenant aux ailes de la nef, ont été retouchées on refaites au XV^ siècle.

On remarque encore dans les autres quelques caractères du XIII«. siècle , et l'on croit qu'elles ont été fondées par Odon de Lorris, évêque de Bayeux» mort en 127&,

Les deux façades du transept sont postérieures au corps de l'édifice. Le transept Nord, qui faisait face à Fancien évèché , et qui est percé d'une fenêtre rayonnante , date» à ce que l'on croit, de la deuxième moitié du XIV*. siècle; l'autre (côté Sud), qui fait face à l'évèché actuel, autrefois l'hôtel du Doyen , paraît un peu postérieur. Cette dernière chapelle était sous l'invocation de saint Thomas de Cantorbéry ; mais les travaux récents faits à la cathédrale ont prouvé que deux autels occupaient côte à côte le mur oriental. Des peintures murales assez intéressantes , qui ornaient les rétables, ont été retrouvées et doivent avoir été dessinées par les soins de M. l'architecte de Dion.

En l/i25, Nicolas Habart commença des reprises au centre du transept pour y asseoir une tour qui fut , comme nous l'avons dit, refaite par l'évêque de Harconrt, patriarche de Jérusalem.

M. Bourdon a signalé aussi, il y a quelques années (1), un fait curieux dont on ne se douterait pas si l'on ne montait audessus des voûtes , c'est que la tour centrale, du XV*. siècle, a été établie sur la base d'une tour romane du même temps que les arcades de la nef: on voit, en effet , au-dessus des voûtes du transept et h la partie basse du carré qui supporte la tour centrale actuelle, des arcatures à plein^cintre ornées de zigzags. Les piliers très-hardis qui supportent la tour , ont été évidemmeut retaillés et revêtus d'un second appareil qui a permis de figurer , sous la tour , des ogives des plus

(I) y. Bulletin monumenlaf , I. XVll.

pures et des plas hardies , dont les Toussares portent sor des faisceaux de colonnes de style ogi?al (1).

On a déjà beaucoup écrit sur la cathédrale de Bayeax, ce qui me détermine à n*en dire ici que quelques mots : je renvoie donc le lecteur aux diverses publications antérieures et surtout aux belles planches de Pugin ( Antiquités arckitecturales de la Normandie, texte par M. Britton ), dont l'ouvrage vient d*étre traduit en français et savamment commenté par M. Le Roy , professeur d'archéologie à Liège , membre de l'Institut des provinces de France.

Yoici les proportions de la cathédrale de Bayeux :

Hauteur de la tour centrale, 224 pieds.

Longueur de l'église entière , 296 pieds.

Laigenr , 38 pieds.

Largeur des bas-côtés , 1 7 pieds.

Longueur des transepts , liS pieds.

Largeur id., 33 pieds.

Longueur du chœur ,118 pieds.

Largeur , 36 pieds.

Crypte, — J'ai publié, il y a long-temps ( 1825) , une description de la crypte de Bayeux (2) , et le tome I**. des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie renferme une planche consacrée à la reproduction des chapiteaux les plus intéressants des colonnes monocylindriques qu'on y voit. Depuis lors, la crypte de Bayeux a été vue par

(t) DepuU qae ces notes ont été écrites . des tTsrles très-loquiétantes se sont manifestées dans ces piliers et l*on a été , au nM>nient où JMroprlme ce texte, obligé d'établir des échafaudages énormes poor étayer la tour t notre description ayant été faite avant ce désastreux éfénement , noas n'arons pas à nous en occuper.

(%) Essai sur l'architecture religieuse du mojren'àge, f Tof. in-S*., accompagné de onze planches.

CANTON DE DAYËUX. 673

un très-grand nombre d'antiquaires » presque tous ont été d'accord avec moi pour la regarder comme appartenant au XI*. siècle. Un petit nombre seulement ont pensé qu'elle pourrait être carlovingîenne. Mais on ne peut, je croîs, s'arrêter à cette pensée quand on considère le style des chapiteaux. Huit colonnes disposées sur deux rangs supportent , au milieu de l'édifice, les voûtes d'arête qui ont leur naissance dans le mur du pourtour. M. G. Villers croit que la crypte était plus longue et qu'on Ta raccourcie du côté de la nef : cette opinion, qui se fonde, m'a-ton dit , sur des faits récemment constatés , n'a rien de surprenant , puisque la crypte avait été totalement incrustée dans les constructions do XIIl*. siècle , sans que l'on eût môme laissé aucune ouverture pour y entrer , fait attesté par l'inscription suivante :

BU L*AN MIL QUATBB CBUS ET DOlIR

TIBBS JOUBS DATRIL QUB PLUIB ARBOl'SB

LBS BIBXS DB LA TBBBB. LA JOURNÉE

QUE LA PASOCBS FUT CELEBREE

NOBLE HOMME ET BBTBRBND PRRB

JBBA!I DB BOISSBT, DE LA MERE

RSLtSB DB BATEUX PASTEUR

RBRDÎT L*AMB A SOU CBBATBUB

ET LORS EN FOlSSANT LA PLi^CR

DBTANT LE GBAND AUTEL DE QBACE

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