CANTON DB RY£S
pignoQft garais dé cootreforu sur le bord de la route, datassent , eo partie , de la fin du XIV". siècle ou du X Y*. La porte d*eotrée, avec ses deux tourelles en encorbellement , I est assex pittoresque et passablement conservée; elle doit
être de la fin du XV«. siècle.
Château moderne. Dans le siècle dernier , on a construit un château moderne au Nord de Tancien ; il est assez considérable , inhabité depuis long-temps et appartient aux héritiers de M"^. de Groi dont nous ayons parlé à Tarticle Sully (1) (Voir la note, p. &3ii).
Château du Uesnil. Le Mesnil , petit château de la fin ,. du XVP. siècle ou du commencement du XVII*. , se trouvait
[ sur les confins de la commune de Vienne, vers Bayeux.
C'était une maison , assise au fond d'une cour , garnie de murs et d'autres constructions ; elle donnait sur une pièce d'eau. En avant se trouvaient deux quinconces de chênes séculaires et une avenue se prolongeant jusqu'à la route. Le château a été détruit par mon grand-père, en 1780, pour construire , sur le môme emplacement , la maison qui existe aujourd'hui Les avenues ont été abattues en 1802.
Quelques années avant la Révolution, avant que mon grand-père se décidât à reconstruire l'habitation , le manoir du Mesnil offrait de l'intérêt par sa conservation et son style sans mélange. Le château devait ressemblera l'hôtel la Caillerie de Bayeux dont nous avons parlé; il avait, en effet, appartenu à la même famille, et j'ai bien des motifs de croire qu'il avait été bâti à peu près dans la première moitié du XVII*. siècle. Ce que j'ai encore tu des bâtiments qui entouraient la cour, m'a fait plus d'une fois regretter qu'on ait substitué au vieux manoir le petit château moderne qu'on
(1) M. et U**. de Cm venaient lealemenl passer nne on deox semaines à Yieone , pendant le temps de h chasse. Le chàteaa de Vieooe devenait alors aussi bospllaller que celui de Sallj.
520 STATISTIQUE MONOyBirrALE 00 CALVADOS, voit aujonrd'hoi. Les bâtiments iccessoires n'onl été détmils que loDg-teinps après; its consistaieni : i'. dan» une grande porte pour les charrettes, et ane plus peliie poor les piélous: au-dessus de ce«e-d se trouvaient les annwriaf de
la famille de La (taillerie ; 2° une grange flanquée de contreforts très-saillants et garnie , sons le larmier , d'an rang de trous k pigeons en pierre de taille ; 3'. une construction qnadrangninire surmontée d'un toit à ilouble égout , avec des lucamosl asseï élégantes , et destinée à loger des pigeons. Cette fvie, nom donné, dans l'arrondisKment de Bayeai, aux conïiruclions destinées au logement des pigeons quand elles ont la forme currée, pour les dislingner des colombiers qui étaient de forme cytindrique , renfermait , ditnia . plus de 901) niches pratiquées dans IVpaisseur des murs .
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toutes en pierre de taiHe. Les pigeoos entraient non^senlemeni par les locaroes ouvertes au milieu du toit / mais aussi par des ouvertures cintrées géminées , pratiquées sur deux faces de Tédifice , à peu près au milieu de son élévation. Le rez-de-chaussée de la fuie était occupé par des caves , et Ton ne pouvait atteindre à la porte qu'au moyen d'une échelle. Je donne ces détails pour faire connaître la disposition des fuies dans la Basse-Normandie : elles y deviennent rares comme les colombiers, et bientôt on n'en verra plus. Celle du Mesnil, qui n'a été démolie que depuis quinze ans , était une des plus vastes de la contrée.
Le puits du Mesnil subsiste encore ; le tbit quadrangulaire, en charpente, est porté sur quatre colonnes cylindriques en pierre.
Le jardin était entouré de murs , garnis de beaux espaliers et planté de cerisiers, de pommiers, de pruniers de toute espèce , disposés en lignes droites le long des allées. Avec ses plates-bandes bordées de buis, et sa pièce d'eau, peuplée d'une multitude de carpes, ce jardin conservait, an commencement du XIX*. siècle , la physionomie d'un jardin dn XVII". Il y avait encore en 1820, dans les espaliers, deux espèces de pêches excellentes dont les arbres étaient déjà en plein rapport à l'époque du camp de Yaussieu ( 1788 ), dont j'ai parié dans le tome I*'. de la Statistique (1).
(1) On appelait ces péclie» lei pêchers de M. de ChasttUux ou les pêchers du camp. Voici l'origine de cette dénomination : le général comte de Chasteilui logeait au Mesnll et. au camp, il donnait à dtoer h ses officiers. Les pêchers du Mesnll produisaient alors nue telle quantité de pèches que mon grand-pére en faisait remplir, chaque Jour , un grand panier pour le général qui l'emportait au camp, où il s'en régalait avec ses officiers : 11 disait n*en avoir Jamais mangé d'aussi bonnes. Depuis cette époque, les pêchers qui produisaient de si eicellents fruits étaient désignés , dans la maison , sous les noms de pêchers de M, de Chasiellux ou pêchers du camp de yaussieu.
M""*, la comtesse de Belfont, ma sœar, qui possède aujourd'hui la terre du Mesnil, a continué Tœuvre de mon grand-père et de mon père , et elle yient de faire démolir les derniers restes des bâtiments anciens , par suite des travaux qu'elle a fait exécuter aux alentours de Thabitation. Le puits seul a été ménagé.
Les Capeltes. A VEsi du fief du Mesnil existait le hameau des Capeiles. On attribue ce nom & l'existence ancienne d'une chapelle , mais aucun document précis n'est dté à l'appui de cette conjecture : le petit château moderne des Gapelles appartient à M. Le Boulanger.
Antiquités rcmaines. J'ai cité, dans mon Cours d'anTtiquiiés, la terre du Mesnil comme une de celles qui renferment des vestiges de l'occupation romaine. On a trouvé effectivement, en 1812» quelques médailles romaines dans les bosquets qui avoisinent l'habitation , et, long-temps après, un amas de tuiles à rebords, sur un autre point, derrière les anciennes granges. A quelque distance au Nord-Est du château , dans la pièce en labour qui borde le chemin allant au Manoir et que l'on croit être la voie romaine , sont des terres noires constamment remplies de fragments de toiles à rebords ; j'y ai fait quelques fouilles qui toutes m'ont procuré des débris de poterie rouge , de poterie grise, et quelque fragments de vases rouges à personnages , très-beaux de travail et de conserYation ; le tout avec une quantité notable d'écaillés d'huîtres et d'ossements d'animaux.