‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 84 sur 130 · SAINT-GERMAIN-DE-LA-LIEUB · texte numérisé non relu

SAINT-GERMAIN-DE-LA-LIEUB

St-Germain-de-la-Lieue, jEcd^jta Saneti Germant de Leuca,

Cette église , qui se trouvait , comme son nom l'indique , à une lieue de fiayeux , dans la direction de l'Est , a été démolie , et la paroisse est réunie à œlle de St -Martindes-Eutrées. Le cimetière , qui l'entourait , a seulement été conservé : il est situé sur le bord de la grande route de Bayeux. à Caen»

Le généra] de division baron de Wimpffen , qui possédait une habitation et une terre à St-Martin-des-£ntrées et qui est mort à Bayenx , est inhumé dans ce cimetière (2).

fl) V. le Fouillé historique de Lintare. (1) Le géoéral baron de WimpffeD a laissé deux fils qal fl*exli- IcDt ploi. Son pelU'fllt est aii)ourd'haf procareor impérial à Lisleox.

508 STATISTIQUE MONUMENT AtB DO CALVADOS.

Lo patroiM^ de Sc-GennaiD était btqoe; le chinoine dn litre de SL-Germain percerait Jes dîmes et fataait sea- Imient une peniioD an curé.

Chapelle de Butsy, La chapelle de Bussy , à 1 kilom. 1/2 de l'église de St -Germain , du cAté du Sud , a été démolie il y a quelques années. Avant cette démolition, U. Bouet en avait fait no dessin pour ma Stati'aiquef je suis heureux de pouvoir le reproduire ici. Cette chapelle fondée , à ce

*ui H LA catruLE B'.-iieocn m ■«■>. qu'il parait , rers le commeucemeni du XIV*. siècle , était ions l'inTocation de saint Jacques. Les chanoines de St- Gcrnuin et doPezerolles présenuient au bénéûce, conjunlemenl avec le scigncnr lalqne et les habilaats. En i70S.

CANTON OB SYKS. 509

Marie Basiy a?ait fondé une première messe diBS cette ehipelle » les dimanches et fêtes simples.

Il y a en » dit-on , aotrefols un petit marché près de la chapelle , tons les dimanches.

Le Recouvry. A 2 kilomètres au Nord de Téglise de SL -Germain se trouve le Recou?ry , domaine qui appartenait au séminaire avant la Révolution. Le cliâteau , qui renferme une chapelle, a été construit au XVIIl*. siècle; mais le corps de logis servant aujourd'hui de grange parait ancien '; il est garni de contreforts, et peut bien remcmter jusqu'au XYl*. siècle. Des avenues assez belles sont annexées à ce groupe de constructions.

CANTON DE RTBS.

Le canton de Ryes est situé au Nord de celui de Bayeux ; mais il s'épanouit au Nord-Est et au Nord-Ouest Le Uttoral, qui lui sert de limite au Nord, est compris entre Port-en-Bessin à l'Ouest, et l'emboocbure de la Seule à l'Est

Ce canton , riche en édiûces religieux , renferme les ▼mgt-eept paroisses suivantes, dont la plupart offrent un grand intérêt archéologique :

Arromanches.

Esquay.

AsneUes-sor-Mer.

Fontenailles.

Banville.

Graye.

Bazenville.

Longues.

Gnlombiers-sur-Seule.

Magny.

St -Gome-de-Fresné.

Le Manoir.

Gommes.

Manvieux.

Crépon.

Marigny.

S*«.-Groix-sur-Mer.

Meuvaines.

510 STATISTIQUE MONUMENTALE l>C CALVADOS.

Port-en-BesBtn. YaBX-snr-Atire.

RyES(chef-Iiea). Ver.

Sommervieu. Tienne.

Tierceville. Tillicrs-le-Sec.

Tracy-sar-Mer.

ESQUAT-SUR-SEULK.

Esqnay-sor-Seule , Esgttaeiums Esckai ^ Escaù

L'église d'Esqaay appartient au XIII*. siècle dans tonte la partie ancienne ; mais la nef a été tout récemment allongée d'une trayée , en ayant de laquelle M. Pelfresne , architecte , membre de la Société française d'archéologie , a éleyé une tour en pierre, couronnée par une flèche. Dans leur état primitif , la nef et le chœur se composaient chacun de deux trayées ; le chœur était voûté et garni d'arceaux croisés ; la nef n'avait pas de voûtes. Un lambris de bois en tenait lien.

Les quatre fenêtres du chœur ont été refaites au siècle dernier» aussi bien que celles de la nef, orientées au Sud; mais les fenêtres du Nord ont été conservées : ce sont des lancettes assez longues, sans colonnes, et l'on peut être certain que toutes celles qui ont été remplacées par des ouvertures modernes étaient de même forme.

Des portes , qui existaient , du côté Sud , au chœur et à la nef et qui correspondaient à la première travée de chacune de ces parties, ont été murées ; au Nord , une porte a été ouverte pour accéder au chœur. Â la même époque , vraisemblablement, a été construite la sacristie; elle est semicirculaire et s'applique sur le chevet comme une abside. Une lucarne , qui s'élèye au centre du toit , porte la date 17W.

A l'iniérieur de la nef , on voit , du côté du Nord , une

CANTON DE RTRS. 511

ttatoe de h Saisie Vierge qui paraH da XIY*. siècle , et qai mérite une attention tonte particnlîère ; die est debout, tient l'Enfant-JésoB sur le bras gauche , et soutient de la main droite la draperie de son manteau ; elle porte sur la tête une couronne dans le style de Tépoque.

Les chapiteaux du chœur sont assez yariés; ils me paraissent annoncer la deuxième moitié du XIII*. siècle, peutêtre même les premières années du XIV".

Nous arrif ons k la tour bâtie par M. Pelfresne et à rallongement de la net Les fenêtres ajoutées dans cette partie sont semblables à celles qui existaient primitivement, et dont on avait des spécimens dans le mur septentrional de l'église.

La tour se compose de trois étages au-dessous de la pyramide. La porte est précédée d*nn simulacre de porche en saillie sur le corps de la tour. Vient ensuite un étage d'arcatures, au-dessus duquel s'ouvrent les fenêtres que l'on pourrait appeler le eUrestory de la tour : ces fenêtres, ouvertes sur chaque face, se composent d'une ogive subdivisée en deux par trois colonnettes et ayant un quatre-feuilles au aosunet.

La flèche, en pierre, est octogone comme les flèches de répoqne. Quatre docbetons s'élèvent sur les angles delà tour. Quatre Incames étroites existent sur les quatre autres /aces de la pyraaaide oologon&

L'église d'Esquay est sons l'invocation de saint Pantaléoi. Le cbanoîne , en possession de la prébende de ce titre , nommait k la cure ; il percevait les deux tiers des dîmes ; l'autre tiers et les verdages étaient laissés au curé. Le chanoine d'fisqoay possédait en outre, à Esquay, une terre de 55 acres et des rentes.

On voit dans le cimetière , près du point où le mur de la saerifllîe vient s'appliquer sur le chevet, une pierre , en forme d'autel, pcNrtant une inscription. Ce tombeau devait être placé

aotremeni daos l'origine , paisqse Vnn des oOtés qui porte ane seconde inscription est collé contre le mar.

Voici comment M. Booet a copié rinscription qoi en est yne : elle paraît dater do XVII*. siècle :

Hk Iacbt Iacobts * Iovrdair pbbsbitbh

BECTOB PARBOCHIA* 8TI MABTIRI

INTBA HTR09 ?BBIS BAI0CBNSI8 * ▼laiLARTISBIWS

HVNC 8VA Viy^M GOHBJIDITIT AmODV PIBTA

HVBBT « m « BAST^BILITIT AMIDTA OBATIO

COMIS BT BTMARTS 01BV8 AGGBPTlSSiHfS BBAT

PAC» BT COHCORDIA AMANT1SSIMV8

BTVDIOSDSIMVS QTB CONCIUATOB

OBIIT MAORO BVOBfH BT OMNim LVCTT

TBBTIO. IDfB VBBBT4BII ARBO WNUltf

CLAMAT Ol QTICVRQTB I.B6IS ROBTBI BBKUIISCBU FBATBB

■OC Tiff M A TiTn * roscnivs ' m * tthtlo

TOS QTB BACBBDOTRS * CTM SACBA FBBETB AD ABA RB * KBRTB * B MBMOBI PBB8B1TBB OBO CADA

Château d'Esquay. Le château d'Esqoay est an des plos complets et des mieax conservés de ce style que je connaisse dans le Calvados , aussi a-t-on gravé sur bois le dessin qu'en a fait pour moi M. Bouet ; il doit daler du XVII*. siècle , du règne de Louis XIV , et peat«étre des derniers temps du règne de Louis XIII.

Le perron, qui existe encore, du côté de la cour , est magnifique et mériterait d'être étudié et dessiné par les architectes. Les consoles qoi , aux deux bouts do château , supporcent la corniche • entre les deux pavillons, ont une grande saillie et forment des espèces de mâchicoulis dont quelquesuns sont ouverts et auraient pu servir à la défense. On voit là une de ces réminiscences des deux siècles précédents dont le XVII*. siècle nous offre encore quelques exemples.

CAKTON DB RYES. 513

Le cbll€au d'Ësquay apparieitait , atant la Révolution , ji

M. le marquis de BriqueTille. H. Le Crppe, qui l'a possédé

eoBuile. l'a vendu , il y a quelques aunti's, au siniinairc de

SL-Sulpice.

Vieune, Viana.

L'élise de Vienne, sous riuf ocalioD de salut Pierre, est en partie du XI*. siècle.

La net, dont les murs sont iJ

en arête de poisson et for- |

oi£s de moellons [dats cal- g

caires , offre , du c6ié du Sud , une porte latérale i deux archivoltes irès-riches ornées de ligzags et de frettes crénelëee , qui autreAâs étaîl garantie par un porche. Les fenêtres ont toutes éié élargies à une S

époque récente; mais la .

comiclie, fwl élégante, est I

d'une belle conservation; t

eUe n'a perdn aucun de !

ses modillons i figures gri- E

maçantes, du cfité du Sud ; dn côté du Nord , l'appareil des murs et l'enubleraent sont également beaux, seulement la comicbe , t. p,ui jii.

portée par les modillons , n'a pas élé ornée de btllettes comme dn cftté du Snd.

La tour, placée i l'Onest, offre qnatre étages dont le pins élevé est percé, sur chaque face, d'une onvcrinre cintrée divisée en deni baies ; elle est couronnée d'nne pyramide ï quatre pans. On voyait dans cette Innr ( Voir la page soivante) une docbe dont l'inscription attest.-ijt qu'elle avait été nommée par un de Tienne, évfique de Térouenne au XIV*. siècle; mais elle avait élé refondue depuis cette époque , et la tormt des lettres annonçait la fin du XVI*. nëcle. Dernièrement, celte cloche ayant été cassée , il a falln la refondre et an y a mis la même inscription , en indiquant , toutefois , l'année oà elle a été refaite. J'ai Ggurë , il y a long-temps , la tour de Vienne dans le I". volume des MémciretAe la Société des Antiquaires de Normandie, oà je l'ai citée comme nn des types de nos tours des XI*. et XII'. siècles dans la Basse-Xormandie. J'en reproduis ici la partie supérieure.

Le chœur, moins ancien que la nef, devait dater delà fin du XIII*. ou du XIV*. siècle, autant qu'on peut en juger par les contreforts et le chevet , au centre dnqael on voyait une fenêtre divisée en deux baies trilobées au sommet et surmontées d'un quatre-fenilles ; mais les murs latéraux

CANTON DE BYLS.

ont été refaits de fond en comble, Traisemblablenient à Tépoque où Ton a bâti , da côlé du Sud , la chapelle qu*on y voit Cette construction date du siècle dernier, et Ton fit alors au chœur les voûtes qui existent et datent très-certainement du XYIII*. siècle. La sacristie fait face à la chapelle. Il ne reste donc d'ancien , dans le chœur , que le cheyet; c'est ce que nous avons essayé d'indiquer sur le plan ci-joint de l'église , en différenciant les parties modernes des autres au moyen d'une demi-teinte.

La nef a conservé l'arcade romane qui la séparait du chœur ; elle est belle et garnie de moulures géométriques.

L'archivolte de la porte, qui de la nef conduit sous la tour, est aussi très-ornée; on y remarque des tores dessinant un double zigzag , encadrés sous une bordure torique à renflements.

Deux des chapiteaux des colonnes sont perlés , les deux autres godronnés et d'un galbe assez beau pour le temps.

La nef n'a pas de voûte. Un lambris moderne en bois, datant du XVn*. siècle , dissimule la charpente du toit.

Le patronage de l'église de Vienne appartenait à l'abbaye de St-Pierre-de-Préaux ( Eure) qui percevait 2/3 de la dîme ; l'autre tiers était la propriété du curé. L'église de Vienne fut donnée vers i03ft à l'abbaye de St.-Pierre-de- Préaux. Voici un passage de la charte contenant cette donation : « Illo anno quo mortuus fuit firitannus comes, « Alainus nomine , apud Fiscannum , dedil "Willelmus cornes « Sancto Petro, de dominio suo, duas ecclesias et terram « ad eas pertinentem , scilicct de Ik>niviila ei de Viana. i

Tombeaux. Il existe dans le cimetière de Vienne deux tombeaux anciens appartenant à des persomM de la même

CANTON DE RTES.

fimille : le plus aocien est de 1525. il porte une inscription, en leures gothiques, qui commeace ainsi :

fan mil fr^ 110 rn ct%l Um fut mi» Ijonnretf t)ammr R. Congurt

L'autre, dont l'inscription est en lettres ordinaires, m'a paru du XVII*, «ëcle. La terre amoncelée b l'eitrémilé m'a empêché de lire la date , mais il serait facile de le dégager. Voici celte inscription, i l'exception des derniers mots :

tr nuHitt suiii SI fimhi qvi pecxomekt

Le sacristain de l'Oise porte le nom de Longuet; il croit que ces tombeaux sont ceoi de ses ancêtres. Ces deux tombes présentent deux crmx accolées et chacune d'elles d<nt recooirir deux personnes , mais la secmide a ses uàls arrondis et se distingue par lï de h première dont les toils sont aigus (Vwr la fignre précédente), s^ne d'une plus grande ancienneté.

Château. L'ancien chStean de Vienne appartenait à la famille dn mGme nom , [aoùlle qui a produit l'amiral Jean de Vienne et plasieurs autres personnages illnstres ; il présente un corps de l(^ts assez intéressant qui doit dater de la fin du XTI'. siècle ; mais une partie des bâtiments qui forment la cl6tnre de la cour sont d'une date plus ancienne. Je ne serais pas surpris que ces bâtimenis qui montrent leurs

5tS STATISTIQUE HONUUENTALE DU CALVADOS.

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