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Graye , Graeittm.
L'église de Graye offre peu d'intérêt dans son état actuel : à l'extérieur» les murs n'ont conservé de caractère que du côté du Sud. On ?oit, de ce côté, un reste de corniche avec fflodlUons et la trace des fenêtres primitives , aujourd'boi supprimées , qui étalei^t étroites , courtes et cintrées.
On voit aussi, dans le mur méridional de la nef, les vestiges de deux fenêtres de même forme , et enfin , près du porche qui donne accès à la nef , quelques pierres sont disposées en arête de poisson. Tout cela annonce le style roman. Le reste des murs n'a pas de caractères qui puissent guider dans la détermination des époques, et je penéeque ces murs ont été refaits, en grande partie , du côté du Mord ; il parait qu'alors on a allongé la nef du côté de l'Ouest : évidemment elle avait une travée de moins , et il est facile de voir où elle s'arrêtait d'abord.
La porte latérale , au Sud , avec ses tores et ses maigres colonnettes , ne peut remonter au-delà du XIV*. siècle ou du commencement du XV. , quoiq'il y ait, dans le tympan, un fleuron dont les feuilles de vigne rappellent la touche du XIII*. siècle. Le porche voûté qui le précède parait un peu moins ancien , mais rien ne prouve qu'il ne soit pas contemporain. La tour carrée , terminée par un toit en ardoise à double égout , est construite en pierre de taille ; elle doit remonter an XIII*. siècle , si l'on s'arrête au niveau de l'étage supérieur : là le système change et le XVI*. siècle apparaît visisiblement; cette tour n'a rien de remarquable.
Toutes les fenêtres de la nef et du chœur sont modernes ; celles qui sont ouvertes au Nord ont été refaites en forme de cintre surbaissé.
Celles du Sud sont de formes plus irrégulières ; dans la
iltd STATIS'IIQUE MONUMENTALE DD CALVADOS, nef plusieurs mot carrées; eUes avaient été Bubstitaées aaz petites fenfires primitives aTant que l'on ne fit celles du Nord et du chœur , qni ne peuveat reoionter plus loin que le siècle dernier : peut-être deux de ces fenêtres méridioaalra carrées r«nontent-elles jusqu'à la fin du XVI*. siècle.
Je ne parlerai pas d'nne porte en psendo-gothique, percée ♦ont récemment dans la façade occidentale. On ne peut rien faire de plus manTais.
L'intérieur de l'élise confirme le jugement qne je porte , d'après la fue de l'exlérietire.
L'arc triomphal , entre chœur et nef, présente une o^Te dont l'archivolte est ornée , du cAté du choeur, de plusieurt tores en zigzags; du cAtê de la nef, on ne voit qa'one bordure de billeties , mais il est évident que cette arcade appartient h la période (^vale , et qu'on^eu servi de matériaux provenant d'une arcade antérieure qui peut-être était àpleittàmre. On a otiKsé anssi dans ce remaniement , dn cOlé
Nord, un chapiteau roman, que voici, et qui représente Uanlel dans la fosse atn lions , sujet assez ordinaire.
CàNTOR DB RYBS. 5^7
Deux petits autels sont dans la nef , à droite et à gaucbe de rentrée du chœur. Un de ces autels, dédié à saint Martin (côté Sud), offre un rétable du XYI*. siècle, que j'ai publié, il y a loDg-temps déjà, d'après le dessin qu'en avait fait M. Bouet. Ce rétable n'a pas 2 mètres de hauteur (Voir la page suivante).
Au centre , on voit saint Martin à cheval , coupant son manteau pour en donner la moitié à un pauvre. Un dais gothique couronne la statue du saint , et le Père-Éternel parait an-dessus avec ses anges comme pour bénir l'acte de saint Martin ; sur les montants du cadre, on voit : 1^ un abbé armé d'une bêche , probablement le patron des jardiniers » saint Fiacre , et devant loi un autre abbé ; 2^ un évéque crosse et mitre , ayant pour pendant un personnage semblable ; 3^ saint Cosme ayant pour pendant saint Damien , et reconnaissables à leurs fioles ; &^ d'un côté, saint Michd terrassant un dragon ; et de l'autre , un abbé tenant un livre. Enfin , en avant du cheval de saint Martin est un torrent» et de chaque côté de ce torrent on animal dévorant un corps humain.
Serait-ce un ex-voto à l'occasion de fléaux qui auraient alDigé le pays? Je n'ai pn obtenir là-dessus aucun rensdgnement II n'est pas certain que ce rétable ait été fait pour la place qu'il occupe. Toutefois , l'église est sous le patronage de saint Martin » ce qui explique la présence de la statue dti saint.
L'abbaye de St«.-Barbe-en-Âuge nommait à la cure; le chapitre de Bayeux percevait les 2/3 de la dîme ; l'autre tiers appartenait au titulaire delà chapelle St. «Thomas de Bayeux.
Grange dimière. Au Nord de l'église se trouve la grange dimière , garnie de contreforts avec une entrée couverte au centre : il est difiScile d'en préciser la date , mais eUe a un certain caractère. Cette grange appartient à présent à M. de Boislambert , de Banville.
5A8 STATISTIQUE UONUHEMTALB DU C&LVAD03.
HiT*iLi DADi l'Église m c
CANTON DE BTB5. 5^9
Vàox. — Le château de Yaax, sur la oommane de'Graye, dans la direction de rOnest; était une des grandes habitations seigneuriales de la fin du XYI*. siècle ou du commenceinent du XYII*. La porte d^entrée était défendue par deux tours à toits coniques et à modi lions sous la corniche , dont une était encore, il y a quelques années, armée d'une couleu- Trine dont le canon sortait du mur par une ouverture ar« rondie : le château se développait ensuite avec ses fossés murés ; derrière , à FOuest , se trouvait un parc avec des terrasses garnies de balustrades en pierre; au Sud* des avenues s'avançaient dans la campagne.
Cette grande habitation appartenait, avant la Révolution «. au marquis de Saint-Suplix qui possédait aussi la baronnie de Crépon ; il avait deux filles » dont une , qui eut en partage la terre de Vaux , épousa M. de La Bédoyère , père du colonel de La Bédoyère, fusillé en 1815, en même temps que le maréchal Ney. Le domaine fut acheté par Torientaliste comte Amédée Jaubert , membre de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres, mort pair de France en 18^6 (1), qui le revenait à M. Person, ancien représentant du Calvados, auteur, de phisieurs mémoires sur l'industrie chevaline. M. Person a reconstruit le châteati à neuf et fait disparaître les restes de l'ancien ; il a seulement conservé une des tours de l'entrée , et si la couleuvrine ne s'y voit plus, montrant sa tête aux passants, elle est, dit-on, déposée dans le grenier; le colombier, qui se trouvait, selon l'usage , en avant de l'ancien château , a été utilisé dans la construction du nouveau ; il en forme un des angles et le salon s'y trouve placé , ce qui explique sa forme circuculaire.
(I) Membre correspondant de TAcadémle des Inicri plions , J'ai ea, pendant quinte ans , les rapports les plus agréables avec M. le comte Amédée Jaubert.
Par suite de la sappression du cbemin qui passait devant l'ancienne porte, M. Person a pu enclore de mars un pare considérable qne Ton aperçoit de Gonrseulles , et dont les arbres , malgré le voisinage de la mer, sont de la plas belle venue (1).