‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 91 sur 130 · VER · texte numérisé non relu

VER

Ver, Verum, Ver.

L'église de Ver présente deux styles bien distincts dans son chœur et sa nef. Celle-ci appartient au style roman, aussi bien que la tour appliquée , du côté du Sud , contre la dernière travée.

Le dkœnr , an contraire , appartient au style ogival de la fin du XIII*. siècle.

Après ce premier aperça , nous dirons que ta nef a conserfé sa porte occidentale avec une saillie ornée de zigzag , des mnrs construits en arête de poisson et deux portes lalé* raies , l'nne au Sud , l'autre au Nord , qui ont été bouchées. La porte méridionale a son archivolte ornée de tores , et le tympan garni de pierres symétriques formant damier ; la porte da Nord n'ofiire aucunes moidares : le linteau est taiHé fn forme de fronton et sarmonté d'un cintre de dé-

(1) il ii'ttt pas douteui que âraye oe Ait sous la doanliialiio romaine une des localilés habilées: les médailles , Jes oljeto aoiiqaes et les vestiges d'babltalioDS découverts à Courseulles sur la ri?e droite de la Seule , le camp romain de Banville et les nombreuses constructions romaines reconnues sur la même rive que Graye, paraissent annoncer pour ce point de notre littoral one œrtalm imporlanoe sous la domination romaine. Quelques antiquaires même guidés plulôt par Tétymologfe que par l'observation , y ont cberché le Grannona de la notice des digoilès de l'fimpire.

Tootefolf , c>st plus aa Sod vers Banville • comme nooi l'avcas dit» que des constructions romaines ont été observées.

CANTON DE BÏES.

cbarge ans omemeoU, la-dnsDS de la porte miridioDile, oa Toii , dant ddc nkbe, la stHoe de ■aJM Martin , inonlë i cheval, coupant son niDleaa : je crois qu'elle peut remonter )i la An du \VK Mcle.

Toutes les fenêtres ont été refaites BU siècle dernier.

La tour est élégante, composée de cioq étages eo retrait En Toid le desMo.

L'arc triomphal , entre cbeenr et nef, est i pl^-dn(re , orné de gros tdres el porté sur deux cdoDues ronuDes à chapiteaux bien conservés.

I^ chœur, composé seulement de deux travées , est voâté; les arceaui croisés viennent reposer sur des colon-

553 STATISTIQUE liONIJliKNTAI.B DU CALVADOS.

nettes que je serais tenté de rapporter an commencement da XIY*. siècle plutôt qa*aa XIIP. Une fenêtre subdivisée en trois baies occupe le cbevet.

On a fait depuis quelques années , au chevet de ré§^ • une sacristie avec une chambre au-dessns. Cette chambre est séparée du sanctuaire par la fenêtre à trois baies dont je viens de parler , laquelle a reçu des vitraux de couleur venus de Choisy-le-Roi , qui sont suffisamment éclairés par la lumière de la sacristie.

La chapelle méridionale de la croisée a été construite en 18li2 par les soins de M. Prevel , curé actuel , et sous l'administration de M. Barbet , depuis long-temps maire de cette commune , aux frais de M"". Le Carpentier , propriétaire à Ver.

L'autre chapelle du transept , du côté du Nord , est plus ancienne , peut-être du XY*. siècle ou de la fin du XIV*.

Dans les bas-côtés de la nef, en entrant dans la chapelle du transept , on voit , d'un côté , la pierre tombale du R. P. Sandret de la Compagnie de Jésus, missionnaire, mort à Yer en 1771, pendant la mission qui y avait lieu ; de l'autre , une pierre se rapportante un membre de la famille deGouet

L*ég1ise de Yer est sous l'invocation de saint Martin. Le chapitre de la cathédrale nommait à la cure et percevait les dîmes , à charge de faire une rente au curé.

Grange aux dîmes. Près de l'église, au Sud, se voit la beUe grange dîmière du chapitre , construite en pierre avec cinq contreforts sur les faces, trois aux extrémités, et une entrée couverte en saillie au centre ; elle peut remonter au XIY*. siècle.

On trouve , au Sud de l'élise , sur le bord de la route de grande communication allant à Crépon, une porte à cintre surbaissé ornée de tores qui fait suite à un beau mur garni de contreforts espacés régidièrement. Cette construction,

CANTON DE BYES. 55S

qui dépend d'one ferme appelée la Jurée , remonte an XI V*. siècle. L'entrée d'une ferme appartenant à M"*. I^ Garpentier est aussi assez ancienne; d'autres maisons encore pourraient être citées à Ver, s'il ne fallait se borner à quelques indications.

Chapelle St. -Gerbold. A 2 kilomètres de l'église de Yer , du côté de l'Est et sur la rive gauche de la rivière de Provence, existait autrefois la chapelle St.-Gerbo1d ; il n'en reste plus les moindres vestiges. Près de là était un cimetière dans lequel on a trouvé beaucoup de cercueils en pierre. On rapporte que la chapelle avait été construite près du lieu où avait abordé saint Gerbold , évéque de Bayeux , qui parvint de l'Angleterre sur nos côtes par une navigation miraculeuse.

Antiquités romaines. J'ai constaté la présence de tuiles à rebords , dans les terres cultivées entre Ver et Grépon ; mais» dans l'incertitude des limites de ces deux communes, je n'oserais affirmer que ces terres appartiennent au territoire de Ver, bien que j'aie lieu de le supposer.

iJBÉPON.

Grépon » Ecclesia de Crepone , Kerpon,

L'élise de Grépon se compose d'une nef avec bas -côtés, en partie romane , en partie moderne , d'une tour centrale et d'un chœur de transition. G'est à peu près la disposition que nous venons de voir à Yilliers-le-Sec (p. 532) ; seulement le style de l'église de Grépon est plus ancien.

Le chœur se compose de deux travées, non comprise celle qui ce trouve sous la tour ; les arceaux des voûtes de ce chœur sont prismatiques, ce qui annonce le XY*. siècle; ils reposent d'ailleurs sur des colonnes de transition et peuvent avoir été refaits ou retaillés.

Les voûtes de la tour ont de gros arceaux toriques au

L'tellJE DE CRÏFOI [ Odit DE SUD).

GANTOII DB BYBS 555

Aonbre de hnic, quatre fspoaés et croix et tombant sur le soBBOiet des arcs, et quatre eu diagonale reposant snr les cokmnettes des pilastres aiqjalaires (i).

Le chevet était éclairé par deox fenêtres en lancettes qni ont été bouchées au siècle dernier , probaUement |iar suite de rétabfissement de la boiserie et d'un grand tableau représentant le crucifiement de N.-S. J.-G. Une sacristie moderne a été construite du côté du Sud.

Le chœur a été garni d'un lambris de cbéne et de stalles fers la fin du régne de Louis X¥. L'autel en chêne , et de la même époque , est complet avec son exposition ; il mérite d'être remarqaé. Cet autel est piaoé à l'entrée du chœur , et les sièges du célébrant et de ses acolytes sont , dans le fond , adossés au che?et Cette boiserie n'est pas sans intérêt

Les quatre grandes arches de la nef sont romanes de tran« sition , sans moulures ; elles offrent des plein-cintres très^ réguliers. Il y a 25 ou 30 ans, des ouvriers on des soidisant architectes se sont stupidement avisés de retailler tons les piliers, de les amincir, de les transformer en maigres piliers carrés , et de sculpter sur chaque face de ces tristes supports ftit ont l'air de fléchir sous le poids, des tril^yphcs en guise de chapiteaux. Qui croirait que des travaux semblables aient pu être faits par des gens raison^» aables III

Il y a près de 50 ans que la nef et les lH»oOtés ont été exhaussés; il est facile de voir à quelle hauteur s'arrêtait alors le mur de la nef au-dessus des grandes arcades : on seul toit couvrait auparavant la nef et les ailes , comme on le voit encore dans les halles anciennes et dans quelques églises do Midi Par suite de cet exhaussement , la nef cen»

(I) Les arceaui qui donnent aa Nord et au Sud coupaient Tarcade pour venir, an mîllea da rempli , reposer sur une cotonnette en encorbellement. GeCCe disposIllMi est fMes slagelMre pour être notée.

traie a e» son toit pairticoUer. Les fenêtres qo'oD a pratiquées dans ce nouveau mur , aonlessons de la couverture des bascôtés , sont carrées et faites sans goâL Des reprises ont eu lieu en même temps aui murs des bas-c6tés , de sorte qu'au premier abord on est tenté de regarder toute la nef comme moderne, tandis qu'elle n'est que modernisée et exhaussée*

La porte de TOuest est récente et en saillie sur le reste ; mais la fenêtre qui la surmonte doit être du XV«. siècle , à en juger par les moulures.

Les deux chapeUes qui forment transept sont de dite très-incertaine ; elles renferment Tune et l'autre des [Merres tombales qu'il n'est guère possible de lire entièrement , et dont plusieurs sont en partie cachées La chapelle Nord , qui est la plus importante , a un autel à colonnes torses » accom* pagné de deux portes. Cette décoration doit être à peu près du temps de Louis XIY.

Il me reste à parler de la tour : il est évident qu'elle ap partient à deux époques. Le style de transition se montre jusqu'à une certaine hauteur ; mais le dernier étage et le beau toit en pierre, en forme de bfttière, qui couronne le tout est du XV*. siècle.

Ce toit est porté , entre les deux gables , par quatre arcs en ogive dans le genre de ceux que j'ai figurés page U25 ; mais comme ils avaient à supporter un toit plus élevé que beaucoup d'autres, ces arcs ont deux étages , et au-dessus de la première ogive , il y en a une seconde plus petite qui va presque jusqu'au fafte. A ce moyen , les dalles en pierre ont pu être solidement fixées.

L'église de Crépon est sous l'invocation de saint Médard. Le patronage était exercé par le seigneur laïque ou par l'abbaye de Cormelles. Cette abbaye percevait la moitié des dîmes ; le curé prenait l'autre moitié.

GàNTON DE RYBS. 557

Jusqu'à ces derniers temps , Crépon était cheMieu de doyenné. Mg'. Robin , pour mettre Tadministration ecdésiastiqoe en harmonie avec Torganisation cantooale , a transféré le doyenné à Ryes (!)•

La baronnie de Crépon est ancienne, et cent qui la possédaient ont jooé un certain rôle sous nos ducs de Nor-> mandie. Sous Philippe- Auguste, elle appartenait à la famille Maiesmain& Agnès Malesmains était fille de Guillebert, baron de Crépon , mort sans enfants. Sa tante , Jeanne Malesmains , épouse d'Olivier , sire de Montauban , porta la baronnie dans cette dernière famille en 1373 (Voyez Notes manuscrites de M. Vabbé De La Rue ).

Au siècle dernier , la baronnie appartenait , comme nous l'avons dit, au marquis de Saiut-Suplix.

Plusieurs fiefs existaient à Crépon, notamment ceux de la famille Hue do Mathan et de la famille Huë deLHérondel (2).

HEUVAIAES.

Meuvaines , Mevenia,

L'église de Meuvaines appartient au style roman dans son ensemble, et abstraction faite des parties que nous allons indiquer.

Les murs latéraux de la nef sont construits en moellons

(1) Le cimetière de Crépon a reçu depuis quelques années le tombeau de M. François de Gaumoni, mon père, et de ma mère, née de flialhan, inhumés dans un terrain concédé h perpétuité.

(S) La terre patrimoniale de la famille Huë de If alban est partagée à présent entre M. de Rochefort et moi , du chef de nos mères qui étaient des demoiselles Huë de Matban. M. de Rochefort possède l'habitation avec le parc entouré de murs et la ferme qui en dépend; elle ne remonte pas au-delà du régne de Louis XIV et n*a rien d*important. Je possède la seconde ferme dans laquelle 11 eiiste un beau colombier cyliodriqae que Ton a uliUsé et qui ne sera pas démoli.

G58 STATISTIQUE MONmiENTAU DU CALVADOS.

plili , dispoeés en arête de poinon et fortifiés par et» coo-

tpebf ts en pierre de taille.

L'eDiablemeni est porté par des inedinoM sans figores qta ne peuvent être anciens ; il est évident qu'on a refnt et surélevé tout l'enlablement. On voit d'ailleurs les u-aces de cet eihanssemenl. Tontes Içs fenêtres ont été repercées au siècle dernier , eu forme de cistre , selon l'usage de l'époque.

La façade , dont vuicJ l'esquisse , se compoee d'une porte

entre deui arcades bouchées plus petites , ayant an-dessus des arcatures : elle n'offre pas de moulures, mais probablement elle a été retaillée et il y en a eu dans l'origine, aiaot que l'on détruisit un porcbe dont ou voit encore le profil Des statues assez barbares sont placées dans deux des arcatures ; il est évident qu'elles ont été mises là après coup , car

CANTON De BYES. 559

eliet ne «»H pu do même graudeor : le saint Pierre est

figuré dans une niche crctise ; l'aulre est sculpté sur une pierre plate.

■Le chœur est percé, au Nord et au Sud, d'une fenêtre i {deinciatre avec archivolte décorée de frelles crénelées. Trois fenêtres pareilles s'ouvrent dans le dietet

La tour, qui s'élève sur la première travée du chœur» offre il sa base , du côté du Sud , une ogive garnie de zigzags opposés dessinant des losanges. Je l'ai figurée dans le I". volume des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie et dans la pi. LIV , fig. 7, de mon Cours d'antiquités monumetaales.

Deux chapelles , évidemment postérieures i l'église , forment transept à i'eitrémtté orientale de la nef; elles ont été mises en communication avec celle-ci par deux graodes ouvertures ogivales.

Le chœnr et le dessous de la tour sont voûtés ( voir le plan, page 560). Toute la partie supérieure de la loui^me parait peu ancienne comparativement k la base, elle poarrail

o'étre que da XVII*. Pour la pyniBîde tenniiiale , eHe a été recoDStrohe depuis la corniche par on maçon qui existait encore il n*y a pas très-long-temps ; il est fadie de voir qu'elle est récente , malgré la prétention qu'on avait » sans doute f d'imiter les flèches anciennes.

L'arc triomphal, entre le chœur et b nef, est en ogiie très-prononcée et orné de zigiags opposés formant des losanges. Les voâtes du chœur et de la travée , sous la tour * sont de la même époque » c'est-à-dire probablement de h seconde moitié du XII*. siècle; les arceaux toriques viennent reposer sur des colonnes.

PLAM DB L^ÉOLlSIt DB MBllVAINBS PAB M. L*ABCU1TBCTB DBLADHAT.

Une sacristie moderne a été construite au Sud. On voit dans les transepts de l'église de Meuvaines deux statuettes , dont une surtout» celle de saint Mauvieu , m'a

para aDcienne et remonter au XVI*. siècle. Saint Blanvieu est représenté en costume d*éYêque ; l'autre , qui est cdie de saint Léonard , a été apportée » dit-on , de la chapelle de Maronnes , église annexe de Meuvaines et qui a été détruite. Deux captifs paraissent implorer le saint. €ette statuette a moins de caractère que Tautre. Il y a encore dans la sacristie une statue de sainte Barbe , qui peut être du XVP. siècle.

Deux grandes statues en bois , à droite et à gauche de rentrée du chœur, doivent être Touvrage du même sculpteur ; elles ne sont pas sans mérite : je les crois du XVIII*. siècle ou des dernières années du XVII*.

Meuvaines est sous l'invocation de saint Manvieu. Saint Léonard était le patron de Maronnes , église dans laquelle on disait la messe les dimanches et fêtes. Le patronage était , depuis 17^0 , exercé par Tévêque de Bayeux. Le collège de rOratoire de Tours percevait les dîmes comme possédant la manse abbatiale de St. -Julien de Tours, qui avait précédemment le patronage. Les dîmes de Maronnes appartenaient en entier au curé.

Deux tombeaux du cimetière m'ont présenté les inscriptions suivantes :

CT 61ST LB COBPS DB ROBLB BOHIIB GVILLAVKB BB BAIIDBB DAlfBLLBi PBBSTBB OBITIBB DB GB UKV HÈCtoi LB 10 OOCTOBBB 1750. A06 DB 73 ANS PBIBl DIRU POOB LB RBPOS l>B SON AMB.

CT GIST LB C0BP8 DB TGNBBABLB BT DISCRBTTB PBBSONMB M. JBAN HUB P** CCBB DB CB LIBD DBCKDB LB 8 DOCTOBBB LAN DB 6BACB 1712 A«i DB 68 ANS PBIBl OIBO POOB LB RBPOS DB SON AMB.

Maronnes. — Le village de Maronnes est à 2 kilomètres i/2 de l'église de Meuvaines , au Sud , et présente une agglomération d'habitations. J'ai déjh dit que l'église est maintenant détruite.

Anciennes sépultures. Il y a trente ans , feu M. Labbey trouva sur le mont Malhan , coteau placé à l'Est de relise , des sépultures que j'ai signalées dans la Revue normande. Les corps y avaient été déposés la tête au Midi et les pieds au Nord. Chaque tombeau avait été creusé dans le roc à 2 on 3 pieds de profondeur seulement. On a remarqué que des charbons se trouvaient dans tous à la hauteur de la tête. Très- peu d'ossements résistaient au contact de Pair, maison recueillit différents fragments de fer que la rouille avait rendus méconnaissables et des cercles de bronze de plusieurs grosseurs. L'un de ces bracelets fut encore trouvé environnant l'os du poignet qu'il avait teint , sur une longueur de deux ponces , d'un très-beau vert , semblable à celui de la patine des belles médailles antiques.

asneli.es.

Asnelles, Asnella.

L'église d'Asneiles présente dans sa nef des murs latéraux en arêtes de poisson , remarquables par la régularité des pierres plates qui ont été employées dans l'appareil et par l'inclinaison de ces pierres (1). Des modiilons bien conservés couronnent ces murailles. Une porte cintrée sans ornements, percée dans le mur latéral du Sud , date de la même époque. La porte occidentale et le mur de la façade ont été complètement refaits à une époque assez récente. Plusieurs fenêtres modernes sont percées dans les murs de la nef.

Le chœur parait un peu moins ancien que la nef. Les murs en sont construits en pierres de moyen appareil , et si les formes de l'architecture romane s'y montrent encore, on

(I) Ce sont d«t pierres calcaires fissiles que l*on trooTe à pea de distance du vUlage d'Asneiles sur reui de Fresnay , de Bazenviite et autres , et qui appartiennent à la grande oolilhe.

CANTON DE RYES. 563

Yoit dans les détails une légèveté qai annonce l'abandon prochain de cette architecture.

La tonr consiste simplement dans un porte-cloche à fronton triangulaire, qui me paraît du XV«. ou du XVP. siècle. On remarque au Nord, entre le chœur et la nef, une chapelle latérale moderne.

Le livre Pelut du diocèse de Bayeux indique l'abbé de St -Julien de Tours comme patron collateur de la cure d'Asnelles ; mais dans le PouiiU du diocèse , tel qu*il a été dressé dans le siècle dernier par Lamare, Tévéque de Bayeux est indiqué comme nommant à cette cure. Les économats ou le collège de TOratoire de Tours , auxquels était unie la manse abbatiale de St. -Julien , percevaient, avant la Révolution , la moitié de la dîme et le curé le reste.

On voit encore près de Téglise un ancien bâtiment qui doit avoir servi de grange pour la dime perçue par Fabbaye de St. -Julien de Tours.

Le curé m'a appris que d'anciennes constructions, sur l'âge desquelles il n'a pu me donner de détails précis, ont été trouvées dans le vallon voisin de l'église , à l'Ouest , et au milieu duquel coule la petite rivière de Gronde.

Tuiles à rebords. On aurait aussi trouvé des tuilrs à rebords sur un antre point en labourant : je n'ai pas vériCé ce fait

FR ESN AT-SVR-lll EB .

Fresnay-sur-Mer , Sl.-Côme-de-Fresnay ^ Fraxinefum , Ecclesia de Fresneto super Mare.

L'église de Fresnay a la forme d'une croix; elle appartient, pour la partie principale ( nef et chœur ) , au roman de transition; mais les chapelles du transept sont d'une date postérieure, probablement du Xy^ si^'cle; la tour qui s'élève

564 STATJSTiQUE IIONUMENTALI-: DU CALVADOS.

au centre de ce transept est fort lourde , couverte par un toit en bâtière , et peut remonter seulement au XY^ ou au XVI*. siècle.

Les murs de la nef ont été refaits dans quelques parties, notamment du côté du Sud , où la porte principale est moderne et de forme carrée ; les fenêtres sont modernes , cintrées. La corniche est conservée , et les petites arcatures ogivales que supportent des corbeaux de transition sont subdivisées par des sous-arcatures géminées qu'elles encadrent.

Autour du chœur I les modillons sont ornés de têtes; les fenêtres sont cintrées , ornées de colonnettes supportant Farchivolte.

Une porte s'ouvrait , du côté du Sud , dans la partie du mur la plus voisine du transept

La sacristie est moderne , accolée au chevet. I L'église est sous l'invocation de saint Côme. L'évêque de**

Bayeux nommait à la cure. Le collège de l'Oratoire de Tours percevait la moitié des dîmes ; le curé , l'autre moitié.

Antiquités romaines. Voici les renseignements que je trouve dans Y Essai historique sur Bayeux, par M. Pluquet:

« En 1715 , M. Le Haribel, habitant de Bayeux , faisant travailler à une terre qu'il possédait à Fresnay-sur-Mer , découvrit, à U pieds de profondeur , onze vases de terre grise sans couvercles, hauts de 18 pouces et dont les parois avaient 1 pouce d'épaisseur. Dix paraissaient uniformes et étaient remplis d'ossements humains rompus et rangés par lits qui se croisaient. Chacun était séparé des autres par une matière noire si dure qu'on ne pouvait la casser qu'avec un ciseao. Le onzième vase, plus grand que les autres , en contenait un plus petit rempli de crânes arrangés comme les autres. A quelque distance de là, on trouva plusieurs bracelets de cuivre et un pot de terre grise contenant plusieurs centaines de

CANTON DB KTES. 565

[Hëces d'argent el de billon. Cette note a été iromée dans Ui papiert de M. Béziers,

■ En 1830 , dans la même paroisse de FresDay-sur-lUer , SDr les limites de la commune de Heuvaines, deux ouvriers, en réparant nn fusse , trouvèrent deux morceaux d'or ouvragés et contournés , d'un poids assez considérable. Il) far«it vendDS i un orfèvre et fondus de suite. L'examen de Ces objets eût offert beaucoup d'intérêt, sanom en rapprochant cette déconvene de la précédente. ■

ARROHANCHES.

Arromancbes, Arremanchia , Aremancia.

La paroisse d' Arromancbes est située dans nn petit vallon, snr le bord de la mer comme les deux précédentes, et la population agglomérée se livre en grande partie à l'industrie de la ptehe. Par suite des démarches faites par M. L. Gaugain , trésorier de la Société française d'archéolt^ie et propriétaire dans cette commune, une somme de 18,000 fr. vient d'être accdfdée par le Gouvernement pour l'amélioration de ce petit port, dont la population laborieuse mérite bien qu'on y fasse quelques travaux.

L'église d'Arromaocbes se composai! primitivement d'une nef et d'un chœur appartenant !i l'époque romane de tran ■ sition (XII*. siècle) : cette première église -f reçu des additions modernes; ainsi le cbœur qui avait deux travées en a reçu une de plus , i l'Est : la nef a également été allongée à l'Ouest , et une tour i base carrée , terminée par un petit dôme en pierre de forme octogone, a été appliquée en avant de cette addition.

Enfin, dent chapelles construites en regard, entre le

chœur et la nef, forment un transept communiquant avec celle-ci par de ^andes arcades.

Nous n'avons rien à dire de tontes les parties modernes qui encadrent l'élise ancienne.

La partie ancienne du choeur est voûtée avec des arceaux '

croisés; Tentablement conserve ses modillons; la nef a également conservé les siens, mais elle n'était pas voûtée; un lambris en bois cache la charpente. L'autel du chœur offre un rétable en pierre surmonté d'un fronton , accompagné de j

deux portes plus basses ayant aussi des frontons pour couronnement , disposition assez habituelle au XVII*. siècle : on y voit* effectivement, le millésime 1620, et comme on a fait la sacristie derrière le rétable , par suite de l'addition dont j'ai parlé, c'est vraisemblablement au commencement du XYII*. siècle qu'elle a eu lieu.

La queue du 6, dans le millésime 1 620, gravé sur la pierre est assez courte; on avait pris ce 6 pour un 0, de sorte qu'on lisait 1020 , et que les habitants d'Arromanches croyaient leur église et l'autel du commencement du XP. siècle. J'ai cherché à les détromper; ce n'est pas, du reste, la première fois que je trouve des monuments postérieurs à l'an 1600 , regardés comme étant du XP. siècle par les populations rurales qui ont pris le 6 pour un 0 dans la date écrite, ne sachant pas d'ailleurs que les chiffres arabes n'étaient pas en usage au XP. siècle.

L'église est sous linvocation de saint Pierre. L'abbaye de Longues nommait à la cure et percevait les dîmes , par donation de Guillaume d'Arromanches et de Guillaume et Henry de Gray faite au XIP. siècle.

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