CANTON DE RTBS. 5SS
est le plas importaot des travaux exécutés sou ses ordres , et celui qui lui fait le plus d'honneur. ML. Le Forestier avait aussi donné le plan d'une chapelle gothique pour ce même établissement ; il venait d'en tracer les fondements en 1851 lorsque la mort le frappa subitement
Le plan de la chapelle donné par M. Le Forestier a été conservé quant à la disposition générale : mais modifié profondément dans les proportions d'élévation et dans les détails* par M. l'abbé Noget-Lacoudre , supérieur du séminaire , membre de la Société française d'arché<rfogie , qui s'est chargé de diriger la construction après la mort du premier architecte, et on peut dire que l'édifice y aura beaucoup gagné : M. Noget, homme de beaucoup de goût , est en effet plus versé que ne l'était M. Le Forestier dans l'étude de l'architecture ogivale , et l'édifice qu'on lui devra sera trèsélégant et très^bien exécuté.
SI du vieux château on jette un regard vers l'Ouest » on a devant soi un vaste préau dont les carrés de verdure sont entourés de larges allées bordées de fleurs. Sa dimension offre l'image d'un carré allongé, et , sur le côté le plus long, s'élève , avec un développement de plus de 60 mètres , le séminaire de philosophie avec ses trois étages. Sans avoir la grandeur et la magnificence de la construction bénédictine devenue aujourd'hui le Lycée de Caen » il en rappelle quelques-unes des formes. Comme ce vaste et bel édifice « il est orné, au milieu, d'un fronton en saillie sur le corps principal , et de deux ailes un peu plus avancées. La face opposée est pareille à la première. Un autre préau la sépare de la chapelle en construction. Il est de la même forme que le premier : mais il a en plus , à l'extrémité la plus éloignée de la maison , une partie semi-circulaire au milieu de laquelle se dresse majestueusement la chapelle de l'établissement Des galeries couvertes la relient de chaque côté à la maison ha*
58& STATISriQUE MONUMBNTALB DU CALVADOS.
bitée et permetteot d'y accéder sans être obligé de sortir.
Le terrain sur lequel est sitaé la chapelle étaot élevé de 2 mètres environ au-dessus du niveau des galeries et du préau , il a fallu ménager remplacement d'un escalier ponr y accéder; et , pour mettre cet escalier à couvert , il a été nécessaire de construire un porche. Le dessus forme une vaste tribune ponr la chapelle. Trois portes donnent accès du dehors dans ce portique , et un escalier à double rampe , aboutit à la porte intérieure de la chapeUe. Deux faisceaux de colonnettes soutiennent une élégante voûte ogivale. Des niches disposées à l'entoor recevront plus tard quatre statues représentant des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament qui se sont rendus célèbres par leur zèle pour les chants religieux.
La façade doit être ornée aussi de statues à l'extérieur. Au sommet sera placée l'image de la Sainte Vierge, patronne du séminaire et de la chapelle. Au-dessous , et quatre sur chaque rang , seront placés les saints de l'Ancien et dn Nouveau Testament qui ont principalement rendu témoignage aux grandeurs de la Sainte Vierge.
Les dimensions de cette église sont proportionnées à sa destination. Réservée aux élèves du Séminaire , elle contient l'espace nécessaire pour leur nombre et pour le développement des cérémonies : mais pas davantage. Cependant la tribune et des galeries qui font tout le tour de l'édifice , permettraient d'y placer, au besoin , un plus grand nombre de personnes. Elle a 7 mètres 30 centimètres de largeur et environ 28 mètres de longueur sans la tribune , 15 de hauteur au-dessous de la clef, et 39 de longueur de dehors en dehors. Elle est construite dans le style du XIII*. siècle. AuHlessous des fenêtres r^ne, tant en-dedans qu'an-dehbrs, une arcature ogivale. A la naissance des fenêtres et au niveau de la tribune se développe , tout autour de l'édifice »
CANTON DE RYES. 585
la galerie inténeore avec une rampe en pierre aoot^ae par des arcades trilobées. Les fenêtres, simples dans Fabside, géminées dans le reste de Tédifice, s'élèvent en lancettes , peat-étre un peu aiguës , et pourtant d'un aspect qui plaît Due chose particulière à cette chapelle , mais dont il existe des exemples , c'est qu'elle est décorée d'un triforium, quoiqu'elle n'ait qu'un rang de fenêtres. En effet, au XIII*. siècle, le triforium est obscur et ne se rencontre ordinairement que dans les églises qui ont des bas-côtés. Il se trouve placé alors au-dessous des fenêtres de la nef principale , dans la partie correspondante au toit qui recouvre les côtés. On peut citer un exemple, mais un seul exemple dans le Calvados, d'un triforium dans un chœur dépourvu de bas-côtés. C'est à Hermanville , dans le canton de Douvres ( t P^ de la Statistique monumentale, p. 396). En ce cas, une partie des fenêtres descend dans le triforium. Il en est de même à Sommervien , avec cette différence qu'il n'y a pas, à Hermanville, de galerie autour du chœur ; les colonnes du triforium sont appliquées sur une muraille pleine; au Séminaire de Sommervien , au contraire , la muraille est percée par une galerie dans laquelle s'ouvrent les arcades du triforium. Dans l'un et l'antre édifice, ce triforium produit un très-heureux effet La construction de la chapelle n'est pas encore terminée. La voûte sera maintenue par de légers contreforts terminés par un pinacle quadrangulaire. Les escaliers , au nombre de quatre , seront recouverts de tourelles élégantes. Enfin une galerie régnera tout autour avec sa rampe au-dessous du toit Nous faisons des vœux pour que cet édifice , un des plus importants de ceux qui ont été élevés récemment dans nos contrées , parvienne bientôt à son complet achèvement
Après le château épiscopal dont nous venons de parler , les principales habitations sont celles de M. de Rubercy , qui
se troQfe sur le bord de la route de grande GODUBunicatioa* allant à Ryes et à Crépon, et celle de M. Douesnel, ancien député , membre du Conseil général du Calvados.
MAGHY.
Magny , Magneium.
L'église de Magny est du XHI". siècle. Le chœur est composé de deux travées voûtées, dont Tune est sous la tour ; les arceaux de cette voûte viennent reposer sur des colonnettes à chapiteaux dans le style du Xlir. sîède.
Trois petites fenêtres en lancettes s'ouvrent dans le cheveL
La tour , qui s'élève sur la première travée du chœur » est quadrangulaire et terminée par un toit à double égout
Une chapelle seigneuriale a été ajoutée au chœur , du côté de l'évangile , & une époque qui ne peut être trèsreculée. Une arcade la met en communication avec celle-cL
La nef et les transepts n'étaient pas voûtés; les voûtes qu'on voit sont toutes récentes. M. le comte de Bonvouloir, auquel on doit la restauration de cette église , a fait établir des colonnettes dans le style du XIII*. siècle pour supporter les arceaux de ces voûtes nouvelles » en même temps qu'il a fait percer dans les trois travées des murs latéraux de la nef des fenêtres formées de lancettes géminées , surmontées d'un trèfle et encadrées dans une arcade ogivale.
Ces fenêtres delà nef correspondent à des arcades bouchées qui devaient communiquer à des ailes supprimées.
La porte occidentale paraît remonter au Xlir. siècle , à en juger par le style de ses colonnes et de son archivolte ; elle est surmontée de deux lancettes géminées renfermées dans une arcade cintrée.
On remarque à l'intérieur de l'église une chaire moderne en pierre, avec sa tribune ornée d'arcatures et son toit pyra-
GANTOM DE RYES. 587
midil; le toat dans le style da XIII*. siède, mais imité de la chaire de Vitré que j'ai pobliée dans mon Abécédaire (tarekéotogie,
Deox autels en pierre se rapportant aussi au XIII'. se trouvent Tun dans le chœur , l'autre dans la chapelle nord du transept.
On voit » dans le sanctuaire , la tombe de messtre Nicolas- Joseph Foucault, fils du savant Foucault, intendant de la généralité de Gaen , mort le 20 juin 1772 , âgé de 9S ans , et inhumé , dit l'inscription, le 26 du même mois* dans le chœur de l'église de Magny , par M. Jacques Gouet , promoteur du diocèse , curé de Fontenailles.
Il est qualifié dans l'inscription de haut et puissant seigneur, marquis, haut-justicier de la haute-justice de Magny, de seigneur et patron de Bazenville , Ryes , Àrromanches , Tracy, Manvieuz , Sl.-Sulpice, etc., etc., etc. , de lieutenant de la grande vénerie de France , et d'ancien intro* duetenr des ambassadeurs étrangers à la cour de France , de lieutenant-général des armées du roi d'Espagne, de cî-devant major d'bonnenr de la reine douairière , de gouverneur de Barcelonne , etc. , etc. , etc.
Celte inscription sur marbre a été effacée au marteau pendant la Révolution , mais on peut encore en déchiffrer la plus grande partie.
L'église de Magny est sous l'invocation de saint Malo. Le chapitre de la cathédrale nommait à la cure et percevait les dîmes.
Château. Le château de Magny doit dater du commen* cernent dn XVIIP. siècle. Il a été , à ce qu'il paraît , bâti par Foucault , intendant de Caen , qui Ta souvent habité et y a reçu plusieurs célébrités du temps. Ce château est considérable ; quinze fenêtres se voient à chaque étage de la façade
principale. Autrefois une magoifique avenue, alignée sur ht cathédrale de Bayeux, précédait le château. Le fib de M. de Foucault , intendant de Gaen , a possédé le domaine de Magny jusqu'à sa mort en 1772, ainsi que le prouve l'inscription tumulaire que je viens de citer. M. de Lîttry en était propriétaire à la fin du siècle dernier ; il appartient i présent à son petit-fils, M. le comte Ch. de Bonvoiikm-, membre de l'Association normande et de la Société française d'archéologie.
Antiquités ramaifies. En pratiquant des fouilles dans la commune de Magny, j'y ai rencontré des placages peints, des tuiles et des poteries brisées de plusieurs espèces, sur différents points , principalement dans un champ situé au Sud de la grande avenue, et appartenant à M. le comte de La Tour du Pin.
Les fouilles que j'ai faites dans ce champ m'ont démontré que la plupart des maisons d'où étaient provenues les tuiles de toiture avaient été construites en bois ou en torchis , car il n'est resté aucuns vestiges en maçonnerie. J'ai trouvé seulement quelques maisons petites et carrées fondées en pierre.
Là comme daûs plusieurs autres localités la maçonnerie était assise sur une espèce de stratumen formé de pierres sans ciment — On a découvert, il y a quelques années, dans le même champ , à peu de distance d'une fontaine , les ruines d'un bâtiment assez considérable que les ouvriers ont pris pour une chapelle , mais qui plus probablement était de construction romaine. Je n'ai pu , à mon grand regret, me procurer que de vagues renseignements sur cet édifice. — On m'a parlé aussi à Magny des ravages exercés par les Anglais f mot qu'il faut toujours, je crois, traduire par celui de Saxons» J'ignore si M. Foucault , intendant de Gaen et savant distingué , avait eu connaissance de l'existence de ces débris.
CANTON DE RTES. 589
VAUX-SUE-AIJBB.
Vaux-sor-Aure, Vallès super auream.
L'église de Vaax-sar-Aure est facile à analyser. D'abord elle se composait d'un chœur et d'une nef , qui devaient l'un et l'autre remonter au XIP. siècle. Plus tard, vers le XV'. siècle, une chapelle seigneuriale fut accolée au mur latéral du chœur (côté du Nord). Depuis une tour s'éleva du côté opposé. Il faut donc au moins reconnaître trois époques dans cette église.
Le chœur offrait quelques fenêtres dont les archivoltes , portées sur des colonnes , étaient garnies d'une frette crénelée ; un cordon continu, orné d'un zigzag, courait audessous. Deux de ces fenêtres existent dans le chevet du chœur ; celles qui s'ouvrent dans les murs latéraux ont été bouchées ou altérées.
La nef, moins ornée que le chœur, est pourtant remarquable par ses contreforts bien construits et sa corniche à figures; les fenêtres en ont toutes été agrandies; je suppose qu'elles n'étaient pas garnies de frettes crénelées comme celles du chœur, et qu'elles étaient plus petites. La porte occidentale et les deux fenêtres qui la surmontent ont été refaites.
Autant qu'on peut en juger par une fenêtre bouchée qui éclairait la chapelle latérale accolée au chœur , elle doit dater de la fin du XI V^ siècle ou du XY*. On rapporte qu'elle a été construite par la famille de Suhard.
La tour , terminée par un toit en bâtière , offre si peu d'architecture qu'il n'est pas facile de lui assigner une date ; elle pourrait n'être que d'une époque voisine de la seconde moitié du XYI*. siècle. Le haut est peut-être moins ancien que la partie basse.
Elle renferme deux cloches, dont la plus grosse a été
donnée par Tabbé de Longues , patron de Vaux • en 1 592 ; l'autre , plus petite , a été apportée de Féglise d'Argouges réunie à Vaux ; elle est de 1755.
Il y avait plusieurs chapelles dans la paroisse de Vaux ; on y voit, dans la direction de Longues, celle de Fumiclion ; elle était desservie par les religieux de Longues.
Dans le mur septentrional de la nef est incrustée une inscription tumulaire empâtée par le badigeon » dans laquelle j'ai lu ces mots :
CY 6I8T ICBT DEVANT LB COKS OB IBHAJI GOUBOT CHAPELAIN Blf SOU VIVANT DB LA CBAPBLLB DE VAL 8CR AUBE BTTABLIB AV MANÉ STRBOAIA. DU DIT LIBV FOBDÉ DB MONS. S. BUTACR KAR* (martyr) QUI TBBPABSA LB JOOB S. NICOLAS LB 81I*ICB lOQR DB SBTBMBRB MIL V* LXXI ( 1 57iJ.
PaiBT DISC POUB SON AME.
Une pierre tombale armoiriée, dans le choeur, porte cette inscription :
ICI BBPOSB LB COBPS DB NOBLE DAHB CLAUDB JAQCELIIIB PIEDODB DB NBBVAL, DAMB DE LA FBBRièBB ET DB VAUX, DéCÉDÉB LB XVIII DE SEPTEMBRE M D ce XIT
L*église de Vaux-sur-Aure est sous Finvoc-ation de saint Aubin. Au siècle dernier , les dîmes de Vaux étaient perçues, pour une partie, parle chapitre delà cathédrale; pour l'autre, par l'abbé de St-Sever , le prieur de St. -Nicolas et le chapelain de la chapelle de Fumichon , le curé avait la tierce gerbe du tout.
L'abbaye de Longues nommait à la cure; mais nous voyons qu'à l'époque où le livre Pelut a été écrit , le patronage appartenait au comte d'Alençon.
Depuis que j'écrivais cette description de l'église de Vaux ,
CANTON DE RYES. 591
il y a TiDgt aM , de grands cbangenents ont été opérés dans l'édifice par les soins de M. le vicomte de Toustain et de M. le Curé de Vaux. Voici comment M. le vicomte de Toustain s'exprime au sujet de ces travaux dans un mémoire imprimé tout récemment dans le Bulletin monumental :
• Retiré à la campagne en 1848 , nous entreprimes de reconstruire une partie de notre église , en ne nons écartant pas du style de son architecture. A cet e£fet , on jeta par terre la chapelle St. -Jean , et on découvrit les jolis cintres de fenêtres qu'elle masquait ; puis, ayant coupé l'église en deux, on sépara le chœur de la nef par un transept élevé, et deux nouvelles chapelles fn-mèrent la croix de l'église. Celle du Sud est dédiée à la Sainte Vierge et celle du Nord à saint Aubin. Trois autels en pierre, sculptés d'après les modèles romans de St- Germer et de Varenne, près de Nevers, furent mis en place. Tout dernièrement, notre mattre-autel a été privilégié par un bref de N. S. P. Pie IX. Enfin, on a allongé la nef de k mètres en élevant un nouveau portail sur le modèle de celui de St- Geoi^es de Bocherville. Toutm les fenêtres ont été refaites à l^ein-cintre et des voûtes majestueuses en pierre ont recouvert tout l'édifice. Des sculptures copiées avec soin sur les monuments et dans les ouvrages d'ardiitecture ont été exécutées sous la direction intelligente de M. Hottin , sculpteur à Bayeux ; dans un tympan au-dessus de la porte d'entrée , nous avons tenu è rendre hommage à notre digne curé , qui a été à la fois l'architecte et l'entrepreneur des travaux de l'église , en imposant à sa modestie Tinscription suivante , gravée en lettres du temps.
PRO IMSTAUBATO OANATOQOI SOLBHIIBS TBVPLO OSATES AGIT PA9T0B HDJOS BCCLESliB P. PALOS , ANRO DOM. MILLBSIHO OCTIRGENTESIKO QGIlf- QUAOBSUO QUAHTO.
Tout en faisant des restaurations modernes, copiées sur les
monuments do temps» nous avons scrupuleusement consenré tout ce que Téglîse pouvait renfenner d'original : entr'autres l'inscription qui est dtée à la page 590.
Dans cette restauration totale de l'église , qui a été âi la fois monomenlale et mobilière, car toutes les garnitures d'autels et lampes ont été fournies d'après des modèles reçus pour être du Xli*. siècle, le ministère des cultes est venu an secours des travaux en accordant en espèces environ le dixième de la dépense, et la munificence de S. M. l'Impératrice est également venue en aide à cet effet (1). »
Anciens fiefs de Vaux, château» Je trouve les renseignements suivants dans le mémoire de M. le vicomte de Toustain sur la commune de Vaux-sur-Âure , publié dans le Bulletin monumental :
« Le plus ancien ûef de Vaux-sur- Aure, dont il soit fait mention dans l'histoire , est celui de Conjon. On trouve, dans un* cartulaire de la bibliothèque du chapitre de Bayeux, qu'en 1249, Philippe de Conjon donna en fief hérédital à Robert , fils de Hervey , un hébergement situé dans la paroisse de St. -Aubin de Vaux-sur- Aure , à charge d'hommage redevance en grain , mesure de Vanx-sur-Aure. Ce fief de ^ €onjon , qualifié de fief de haubert ( Hist. de la maison d*Harcourt, t. II, p. 1077), appartenait , au commencement du XV*. siècle , à Jean d'Angerville , escuyer. L'héritière de ce dernier , Lucette de Surville , ayant épousé Henri de Bretteville , lui apporta en dot ce fief de Goujon , qui fut, à cause de cela , quelquefois appelé fief de Bretteville. Les héritiers d'Antoine de Bretteville en rendaient hommage à Charles d'Harcourt, baron de Beuvron et de Creully, veuf de Jacqueline de Vierville, en 1508. Je ne sais aujourd'hui
(I) Notice de M. le vicomte de Tousiain sur la paroisse de Faux, dans le I. XXI da Bulletin monumentaL
CANTON DE BYES. 593
dans qaelle partie de la paroisse était sitoé ce fief de GoDJon ; mais ses propriétaires n'étaient pas les seigneurs de Yauzsor-Ânre » car dans le XIY*. siècle il parait avoir existé une famille de Vaux, et nous trouvons un Jean de Vaux , seigneur de St-Aubin-de-Vaux-sur-Àure, de Merrille et du Buisson» père de Raoul de Vaux, chevalier, vicomte d'Âlençon, en 1318 ( Bût. de ta maitim iPHareourt , p. 1 lft7 ). Une autre famille noUe , celle de Suhard » a en aussi une de ses branches établie à Vaux pendant plusieurs siècles. Blie s'est éteinte dans h personne de &!"*• de La Rougefosse. Les Suhard avaient fait construire la chapelle St-Jean , latérale an chœur de l'église ; la tombe de l'un d'eux a été religieusèment replacée dans la nouvelle chapelle de St -Aubin « lorsqu'on a démoli la leur. Je crois que c'est à eux aussi que l'on doit le clocher bâti en bâtière ; on voit au haut d'une de ses fenêtres des armoiries qui pourraient se rapporter à une branche de cette famille : un chevron , avec une fleur de lis en cheL II est imposable d'en distinguer les émaux. »
« Il y avait à Vaux plusieurs fieb qui , aujourd'hui » composent des hameaux différents de la eonmione. La chapelle SL-Eustache, actuellement démolie , était dans le hameau de Glatigoy « tandis que le château actuel faisait partie du fief de la Perrière. »
« Blichd Hermerd » escuyer , conseiller du roi * vicomte de Bayenx , maire perpétuel héréditaire et lieutenant-général de police en ladite vicomte ( Sentence de 1700) , était sieur de la Perrière* seigneur et patron de Vaox-sur-Aure. Il mourut en 1711 1 sans laisser d'enfants de sa femme, Claude-Jacqueline Piédone de Nerval. Ce fut cette dame qui fit construire le château actuel , vers 1735. Dans un acte du 11 juillet 17(iO, elle s'intitule dame et patronne de Yaux-sur- Âure, la Perrière et autres fiefs, demeurant en son château. Elle mourut en 17/i9, et fut enterrée dans le diœur de
rég^se, do côté gauche do niattre^autel. Après aa orart, ses héritiers Tendirent cette terre à mesaire Gabriel MoissoD, sei* gnenr de Yaux^sor-Aure, etc. , qui époosa, le 31 janvier 1761 , ly*. Jeanne-Marie- Anne de Rocz. Son arrière-petitefille , M"*, de Mootaran , a épousé son cousin , iM. Norbert de Rotz , membre de la Société française d'archéologie. Us habitent aujourd'hui le hamean de la Haiserie, à Vanx-snr- Aure , où ils ont fait bâtir un paYlIlon. »
« Le 22 janvier 1788, messire Gabriel* Pierre* François Moisson , chevalier , seigneur et patron honoraire de Vaux* snr-Aure, la Perrière et antres lieux , demeurant en son château de Vanx, a vendu à noble dame Anastasie^^Maddame- Thérèse de Sabine , épouse de messire Augustin-François , marquis de Malherbe , che?alier , seigneur et patron de Malherbe, Juvigny, St.-Taast, Préanx et autres lieux, le fief, terre et seigneorie de Vaux-snr-Aure, y compris le fief et seigneurie de la Perrière, relevant du roi, auquel est attaché le patronage honoraire de la paroisse de Vaux, et celoi de Vaux , portion aînée • relevant pour un quart de fief de chevalier de la seignenrie de Mondrainvilie , auquel fief de Vanx est atuchée la présentation à la chapelle St -Eustaehe , avec le droit à la chapelle St -Jean , attenant au chœur de Téglise de Vaux (ces deux chapelles n'existent plus). »
«i M. Moisson de Vanx éuit un botaniste distingué , qni , toute sa vie, s'occupa de contribuer au bien-être de ses concitoyens. Il avait formé è Vaux des jardins où il cultiva des plantes rares et acclimata des végétaux ntiks et agréables, tels que le Laurus sassafras et des magnoliers qui faisaient encore , il y a quelques années, Tomement de la terre de Vanx. C'est k lui qu'on doit particulièrement l'introductiiNi et la multiplication, dans notre arrondissement, du platane, de l'acacia , du sycomore , du thuya , du cyprès , cta > (Essai hisL sw BayeuXy par Pluquet, p. 363).
ClNTdK DE BYBS: 595
« Le 23 JQÎn 1 79S , dame Anastasie*Tbérège de Sabine , veuve de M. de Malherbe , demeurant à Bayenx , vendit à M. Jacques-Gabriel- Alexandre Bazin de Bezons , demeurant en la paroisse St-Martin-de-Maisons, près Bayeux , non pour lui, mais bien pour M. Auguste-Gabriel Bazin, son fils mineur » et pour ses autres enfants à naître en légitime mariage , tous les biens que ladite dame de Malherbe avait acquis de Al Moisson, le 22 janvier 1788. »
« Le 27 septembre 1812, M. Augustin-Gabriel Bazin de Bezons vendit à M. Loiselet , propriétaire , à Paris , la terre de Vaux-sur-Aure et toutes ses dépendances, situées dans le territoire des communes de Vaux et de Marigny , arrondissement de Bayeox ; et c'est cette même terre que mon père , M. le vicomte de Toustain-Richebourg, a achetée de M. Loiselet en 1819. Le château a été arrangé de fond en comble, le parc considérablement augmenté et dessiné à Tanglaise ; la route de Bayeox à Vaux, qui était impraticable, faite complètement avant qu'elle ne fût définitivement classée. Enfin, dernièrement, nous avons entrepris la restauration de Téglise (1). »
Am€OI7fiBS-SCE-AUEB,
Argouges-sur-Aure , Argouga super Auranu La petite paroisse d'Ai^ouges est réunie à celle de Vauxsur-Aure; mais on voit toujours son église et son château qui, plus d'une fois , a exercé le crayon des paysagistes et des dessinateurs archéologues (2).
L'élise, très-petite , composée d'un diœur et d'une pef , se trouve près de la porte du château. Les murs en sont
(f ) Extrait de la Notice sur la commune de Faux , publi^'e par M. le Vicomte de Tonstain dans te Bulletin monumental , t. XXL
(S) M. Thorfgny a publié deux bonnes vues de ce château dans le Culpàdos piltoresque.
596 STATISTIQUE HOEttUEHTAte DU CALVADOS. aocieM, puisqD'ils prisenteDl dans plusieurs parties l'appareil disposé en arête de poisson. Plus tard, peut-être à l'époqae où le château lui-même a été bâti, auXVl*. siècle, les fenêtres ont été repercées et quelques parties des murs refaites.
L'église d'Argouges, aujourd'hui abandonnée , finira probaUement par disparaître, car les ronces tendent i l'envahir et les toits sont tombés; elle était sous l'invocation de saintPierre. Le seigneur nommait i la cure ; le curË percevait les dlmesL
Château. On entre dans la cour du cbSleau par nne poru cintrée que voici , et dont le style annonce le XVI*, siècle.
lOKTi PC cntTuii d'ibgouou.
Le cbaicau, défendu par des fossés qui, aatrcfois, étaient
<:anton de byes. 597
pleins d'eaa, préscole. en Tace de l'entrée, uu bâtiment assez cousidérable daus lequel on foit deux lunrelles en saillie : l'une terminée par un luit pyramidal, l'antre par un corps quadraaguloire avec fronlon et toil i double Ëgout; les fenêtres ont encore leurs croisées de pierre. Cette façade a été suuveot dessinée aussi bien que l'eilréinité
que voici, l/eosemble de ce chïteaa annonce le commen-
598 STATISTlQOfi MONUMENTALB OU CALVADOS.
cément da XVI*. siècle ou la Go da XV*. M. Lambert qaî l'a étudié et dessiné bien avant tous Icâ autres , a va sur une cheminée les initiales de François I^. , ce qai prouve qu'on a fait au moins quelques parties de riniériear soos le règne de ce prince. Le reste paraferait un peu plus ancien et , comme je le disais , remonte au commencement du XVI«. siècle ou è la fin du XV«.
Les armes de la famiUe d*Àrgouges , une des plus anciennes du Bessin » étaient écartelees d'or et (tcuur à trois quintefeuiiles de guetdes deux en chef et une en pointe,
HÊRILS. — L'église de Hérîls, que j'ai vue autrefois , a été démolie. La commune , voisine d'Argonges , est supprimée. Cette église était sous l'invocation de saint Ouen. Le souschantre de la cathédrale nommait à la cure.