‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 125 sur 296 · SEPT-VENTS · texte numérisé non relu

SEPT-VENTS

$ept-Vents, ecclesia de Septem Vancis.

L'église de Sept- Vents a été reconstruite en 1823 ; on a seulement conservé la tour carrée terminée en bâtière; mais comme on a suivi un autre axe que celui de l'église précédente , ce clocher se trouve appliqué sur l'angle nord de la façade occidentale , comme le sont quelquefois les contreforts du XVe. siècle.

L'église est sous l'invocation de Notre-Dame. L'abbaye de St. -Etienne nommait à la cure.

Prieuré. — Sur la roule de Sept- Vents aux Loges, on trouve le prieuré de St. -Laurent, qui dépendait de l'abbaye de St.- Etienne de Caen. M. Bouet a fait un dessin de l'entrée de ce

VUE nu piukukl: de sept-vbkts.

prieuré, qui offre la môme disposition que les autres maisons religieuses de même importance.

Le prieuré de St. -Laurent était bâti sur le bord du ruisseau de Tanie : les terres qui en dépendaient s'étendaient en partie sur St. -Jean-des-Essartiers. Il est dit dans la charte confirmative de Henri II, roi d'Angleterre, pour l'abbaye de St.-ttienne, que Guillaume Bacon donna à cette abbaye la portion qu'il avait dans l'église de Sept-Vents, et 20 acres de terre situées autour de l'église St. -Laurent; que Osmond Foulond, vassal de ce seigneur, donna 5 acres à la même abbaye , et que Robert Corcegusl lui céda aussi la part qu'il avait dans les églises de Sept-Vents , avec la dîme et une masure de terre appelée Viaus.

Au hameau de Fierville est une chapelle déJiée à Ste.- Anne , qui a été fondée par Hervé de Longaunay , seigneur de Sept-Vents, et dotée par contrat du 1er. mars 1640. Servien , évêque de Bayeux , accepta et confirma , sur sa requête, ladite fondation, au château de Dampierre , le 10 novembre 1655.

La seigneurie de Sept-Vents relevait du roi par 3/4 de fief de hautbcrt sujet au service du roi , et à fournir un homme à pied ou à cheval ainsi qu'il plaisait à S. M. pour servir en son ost l'espace de quarante jours, ainsi que porte un aveu rendu par Geoffroy de Grimouville , seigneur de Sept-Vents, le \k février 1503.

Orval. — Le manoir d'Orval est une ferme appartenant à M. le marquis de Briges, située entre Sept-Vents et les Loges. Elle n'a de remarquable que la trace d'anciennes douves et une porte à arc légèrement surbaissé, bâtie en schiste parfaitement taillé , formant quatre archivoltes.

On comptait, au siècle dernier, 200 feux et 800 habitants à Sept-Vents : celle paroisse faisait partie de la sergenterie de Thorigny et de l'élection de Bayeux ; elle a présentement pour curé M. l'abbé Vincent, membre de la Société française.

LA VACQUUKIE.

La Vacquerie , Vacaria.

M. l'abbé Vincent, curé de Sept-Vents, membre de la Société française, a visité tout récemment l'église de la Vacquerie , que j'avais vue, il y a plus de 25 ans: d'après ses notes , qui sont venues fort à propos compléter mes souvenirs, le chœur est séparé de la nef par une arcade en plein-cintre, et celte partie de l'église, aussi bien que le mur latéral nord, paraissent assez anciens. On voit encore dans cette dernière partie, une fenêtre de 1 mètre d'élévation sur 25 centimètres de largeur , qui montre la forme qu'elles ont dû toutes affecter dans le principe. A part celle dont nous parlons , toutes les fenêtres actuelles ont été refaites ; celles qui existent du côté du sud , sont carrées.

La nef , construite en pierre schisteuse du pays , date de 1760; le clocher, surmonté d'une flèche en ardoise, a 20 ans de moins.

A l'intérieur du chœur, qui offre une boiserie sans importance, on remarque une crédence assez curieuse.

Cette crédence , encadrée dans un plein-cintre , a des gradins à l'intérieur , et au fond se trouve une petite niche en ogive.

L'église est sous l'invocation de saint Sulpice La cure se divisait en deux portions ; les curés de la première et de la seconde portion étaient à la nomination de l'abbaye d'Aulnay.

Le premier curé partageait les dîmes de sa portion avec l'abbaye ; le second curé n'avait qu'un tiers des dîmes de sa portion ; les deux autres tiers appartenaient à l'abbaye.

Au XIIe. siècle , la seigneurie de la Vacquerie appartenait à la famille de Malherbe, de Neuilly près Evrecy (1).

Le manoir seigneurial de la Vacquerie a été détruit ; il n'en peste plus qu'une salle.

Les excentricités d'un des membres de la famille de la Vacquerie étaient proverbiales dans l'arrondissement de Baycux, et je les ai entendues raconter dans mon enfance. La famille ne possède plus la terre de la Vacquerie ; je crois même que cette famille est éteinte.

CAUMONT ( CHKF-LIEU).

Caumont , Calvus Mons.

L'ancienne église de Caumont est du XVIIe. siècle, je crois , petite et sans aucun intérêt ; il en reste encore une partie debout. On vient d'en construire une nouvelle sous la direction de M. Guy ; elle est dans le style ogival. La tour, de forme octogone , s'élève au-dessus du portail occidental : elle doit être couronnée d'une pyramide en charpente qui n'est pas encore placée.

L'église est sous l'invocation de saint Clair.

Quand le livre Pelut a été écrit , l'abbaye de St. -Wandrille nommait à la cure.

Suivant le pouillé de Lamare (1786), le curé et le chapelain de la Ferrière percevaient les dîmes, au siècle dernier.

Le bourg de Caumont est situé sur une éminence d'où l'on découvre une étendue considérable.

Près de la nouvelle place , à l'extrémité du bourg vers Thorigny, on peut voir, du 1er. étage de quelques maisons,

(1) Notes manuscrites de l'abbé De La Rue.

vers le Nord, la cathédrale de Bayeux et les côtes du Bcssin ; les côtes de Dives, vers le Nord-Est ; au Nord-Ouest, la pointe de la Pernelle et les côtes de la presqu'île du Cotentin ; puis , si l'on se tourne du côté opposé, on peut apercevoir, par un temps convenable , au Sud-Ouest , la cathédrale de Coutances et la mer , dans l'échancrure formée par la vallée de Sienne à son embouchure (havre de Regnéville). Du pavillon de M. Davy , percepteur , on peut facilement jouir de ce spectacle vraiment remarquable.

En sortant du bourg vers Livry, la plaine deCaen, le pays d'Auge, le Havre-de-Grâce, puis les côtes de Caen, de Courseulles, d'Asnelles, le havre de Port-en-Bessin , la côte de la Manche entre le Vey etBarfleur, la ville de Bayeux et une multitude de villages, remplissent le grand tableau du panorama. Le marché , qui a été transféré à Caumont du bourg de Briquessart dont nous parlerons bientôt, est assez considérable et le bourg s'est accru depuis quelque temps. Il est question d'y construire une justice-de-paix et une mairie. Les halles sont sur une place assez grande, au Nord de la principale rue ( route de Caen à Thorigny ).

La population actuelle est au-dessous de 900 habitants. Il se tient à Caumont , à la fête St. -Clair, une foire où on vient d'assez loin louer les domestiques et les servantes pour la campagne.

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