LIVRY
Livry, Liberiacum.
C'est une tradition , que saint Gerbold , avant de devenir évêque de Bayeux , fit bâtir, vers l'an 475 , un monastère à Livry. La tradition porte qu'il y fut aussi enterré après sa mort ; mais cette partie de la tradition est en contradiction
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avec les manuscrits anciens de l'église de Bayeux, qui assurent que saint Gerbold repose dans l'église de St.-Exupère.
Quoiqu'il en soit, ce monastère fut, comme bien d'autres, renversé de fond en comble au IXe. siècle.
L'église de Livry occupe , selon toute apparence , l'emplacement de celle qui existait avant l'arrivée des Normands , et le monastère aurait pu , dans cette hypothèse , être placé là où se trouve aujourd'hui le presbytère , qui occupe les bâtiments du prieuré.
Quelques parties de l'église actuelle paraissent fort anciennes : ce sont les piliers qui portent les arcades entre chœur et nef, et particulièrement ceux du côté nord.
Le reste de l'église a été refait évidemment , à différentes époques, et beaucoup de parties sont sans caractère; le chœur paraît en partie du XIIIe. siècle.
Dans les murs du bas-côté méridional , on voit une porte en partie engagée dans les terres, qui paraissent s'être considérablement exhaussées ; l'archivolte de cette porte est composée de claveaux de schiste et de pierre calcaire.
La tour, placée à l'Ouest , est couronnée par une flèche ; elle a été construite il y a une trentaine d'années.
On a trouvé à Livry une très-grande quantité de cercueils, la plupart en pierre calcaire , quelques-uns en granité et d'autres en schiste, formés de plusieurs morceaux.
Le cimetière était très- vaste et s'étendait d'un côté jusqu'audelà du château.
On répète encore qu'on y apportait de très-loin les morts, et qu'à une époque reculée , V église du monastère de Livry était la seule dans la contrée.
L'église actuelle est sous l'invocation de Notre-Dame. On y regardait anciennement l'Assomption comme fête patronale; aujourd'hui c'est la fête des Reliques des Saints.
La présentation de la cure appartenait au seigneur de Livry.
Les dîmes se divisaient ainsi : 2/3 aux abbayes de St.-Wandrille et de Fécamp, et 1/3 au curé.
L'abbaye de Mondaye , le seigneur de Livry , le chapelain de Briquessard et le trésor de Livry prenaient aussi quelques traits de dîmes.
La chapelle St.-Sulpice, très-connue par les pèlerinages qui s'y font, est située à Livry, au milieu d'une lande éloignée de maisons. On prétend qu'elle a été bâtie sur le lieu où l'on assure aussi que saint Sulpice fut martyrisé par les Danois , vers le milieu du IXe. siècle. Ses reliques y reposaient ; elles furent depuis enlevées par Simon, abbé de Chelles, auparavant religieux de St.-Guislaire, qui les emporta dans le Hainault, où elles sont honorées : on lit ce qui suit relativement à la lande de St. -Sulpice, dans le catalogue des Rôles normands, années 1200 et 1201 :
« Bruillium de Livereyo et tota terra quam rex praedictus « ( Richardus ) habuit apud Noyers, juxta montem de Mau- « bron, concessa praedictis abbati et canonicis (de Ardena). »
La chapelle St. -Sulpice appartenait encore aux religieux d'Ardennes avant la Révolution ; ils la faisaient desservir par un prêtre.
La tradition portait encore que saint Gerbold et saint Sulpice , évêques de Bayeux, étaient nés à Livry : il n'y a pas d'autorité pour appuyer, ni pour contester cette tradition.
Le château seigneurial de Livry est à peu de distance de l'église, et s'accède par la grande route deCaen à Caumont; il appartient toujours à la famille l'Hostede Livry, qui habite le château de Laçon , près de Caen.
On comptait, avant la Révolution, 300 feux et 900 habitants à Livry.
La rivière d'Aure , qui passe à Bayeux , prend sa source à Livry.
Le hameau de Briquessarl, le plus considérable de Livry, était autrefois un gros bourg ; il avait un marché qui a été transféré à Caumont long-temps avant la Révolution. La seigneurie de Briquessart avait le titre de châtellenie et de sergenterie. La mesure de Briquessart était, dit-on, l'une des plus anciennes du royaume et en usage dans tout le pays.
36 paroisses dépendaient de la sergenterie de Briquessart (1).
J'ai décrit avec détail le château ou plutôt l'emplacement du château de Briquessart , dans le Ve. volume de mon Cours d'antiquités , et j'en ai publié un plan.
« Briquessart était un des principaux barons normands qui se liguèrent contre le duc Guillaume , en 1047, et dont parle Robert "Wace (2), L'emplacement de son château existe sur le bord de la vallée du Calichon, près d'une place entourée de maisons, qui porte encore aujourd'hui le nom de hameau Briquessart (3). Plusieurs routes viennent y aboutir et por-
(1) Nous avons précédemment cité plusieurs de ces paroisses, en voici la nomenclature :
Hotlot.
Vaubadon.
Nonant.
Arganchy.
St.-Amator.
Subies.
Feuguerollcs.
Trungy.
Juaye.
Castillon.
Balleroy.
Le Tronquay.
(2) Roman de Hou , vers 8938 et 39.
(3) Cet emplacement remarquable appartenait, il y a peu d'années, à M. Trolong-du-Taillis , juge de paix de Caumont et savant bola-
Le Quesnay-Guesnon.
Couvert.
Cahagnolles.
Parfouru.
Livry.
Orbois.
La Basoque.
Montfiquet.
Lingèvres.
Sermentot.
Chouain.
Longraye.
Anclovllle.
Berniéres.
Sl.-Martin-le-Vieux.
Ellon.
Bucels.
St.-Germain-d'Hectot.
Torleval.
Foulognes.
Planquery.
Ste.-Hjnorine-de-Ducy.
Condé-sur-Seule.
Cahagnes.
tent, même assez loin de cette localité, le nom de Chemin tendant à Briqucssart (1).
« Le château de Briquessart est un des plus intéressants de ceux dans lesquels on ne remarque ni murs, ni maisons en pierre. On n'y a point trouvé de vestiges de constructions, et sa force consistait dans des fossés et des remparts en terre , sans doute garnis de palissades en bois.
« Pour que l'on puisse bien connaître la disposition des diverses parties de cette forteresse , j'en ai levé le plan que je présente à la page suivante.
« La motte ou l'éminence artificielle qui a dû supporter la tour du donjon , se trouvait en A , vers le centre de la place (2) , ou plutôt sur le bord d'une enceinte ovale B , munie de remparts élevés cccc 9 qui me paraît devoir être considérée comme la partie la plus forte du château (3).
« Une seconde enceinte DDD encadrait les deux tiers de la cour centrale B. Elle était divisée en trois parties par deux fossés parallèles F F , qui descendent vers la vallée du Calichon. Cette vallée défendait la place du côté du Sud. Un petit ravin G , dans lequel coule un filet d'eau , formait ,
uiste , membre des Sociétés d'histoire naturelle et d'agriculture de Caen, mort dans un âge trés-avancé.
(1) Un chemin venant de Noron et passant par la commune de Castillon, à plus de 3 lieues de Livry, est appelé Chemin de Briquessart. Il servait de communication entre le château de Bur-le-Roi et celui de Briquessart.
(2) M. du Taillis a fait des fouilles sur cette motte, sans y rencontrer les moindres vestiges de murailles. Elle est haute de 30 pieds au moins et se compose de terres rapportées , mêlées de pierres du pays jetées sans ordre.
(3) On voit dans celle enceinte B uncch.ipelle dont la construction paraît remonter au XVIe. ou à la fln du XVe. siècle ; mais je suppose qu'il en existait une autre plus ancienne à laquelle celle-ci aurait succédé.
CANTOiN DE GAUMONT. 275
du côté de l'Ouest , un autre moyen de] défense. Vers l'Est , où le sol uni est à peu près de niveau avec la partie la plus