DÉTAILS DE LA FAÇADE DU PAVILLON VU-DESSUS DES TOUTES
La chapelle est tout entière du XIIIe. siècle , éclairée par des ouvertures en lancettes, sous colonnes, semblables à celle-ci. Trois de ces ouvertures sont placées au chevet, selon l'usage habituel.
Les bâtiments qui font suite à la chapelle existaient , je crois , dès le XIIIe. siècle ; mais ils ont été percés de fenêtres au XVe. ou au XVIe. , très-probablement à l'époque où la porte d'entrée fut construite : aucun d'eux n'est voûté. Ce fut probablement l'évêque de Castres qui , en même temps qu'il bâtit l'entrée, fit des réparations considérables aux constructions qui formaient l'entourage de la cour.
La baronnie de Torteval appartient à Mme. veuve Deslongchamps , qui habite Bayeux.
La chapelle , sous l'invocation de saint Biaise, fut interdite au commencement du XVIIIe. siècle.
Torteval est une des plus grandes communes du département. On y voyait des landes considérables (3,590 vergées) qui ont été défrichées. On citait comme un des plus étendus de la Basse-Normandie , l'étang du Blanc-Vivier , près de l'église et au Sud-Est de la baronnie, qui n'avait pas moins de 60 vergées ; il a été desséché et converti en prairie , mais l'ancienne chaussée qui retenait les eaux , sert de chemin pour aller à l'église. Il reste encore un petit étang au Nord- Ouest de la porte d'entrée.
SAINT GERMAIN-D'HECTOT.
St.-Gennain-d'Hectot , Sanctus Germanus de Hesquetot , de Eschetot.
L'église de St.-Germain-d'Hectot présente un certain intérêt , particulièrement du côté du Nord. Le mur, de ce côté, est construit en arêtes de poisson , et l'on y voit intactes ces petites fenêtres romanes très-étroites qui caractérisent souvent nos plus anciennes constructions religieuses du Calvados , et que les archéologues désignent sous la dénomination de fenêtres en meurtrières , parce qu'elles ressemblent aux meurtrières ou fentes que l'on pratiquait dans les fortifications et les tours du temps, pour lancer les flèches. Ces petites ouvertures , qu'il était facile de vitrer et qui pouvaient même rester ouvertes sans beaucoup d'inconvénient, se sont trouvées bien souvent dans nos campagnes, au XIe. siècle et au XIIe. , et elles y sont restées tant qu'on n'a pas voulu se procurer plus de lumière en établissant de grandes fenêtres. Cet établissement est venu malheureusement défigurer presque toutes nos églises rurales, et on ne saurait trop le regretter. C'est donc avec plaisir que l'on voit le côté nord de l'église de St.-Germain-d'Hectot avec ses arêtes de poisson et ses petites fenêtres.
Il est un fait qui a frappé M. Bouet et qui n'est pas facile à expliquer, c'est l'existence , dans le même mur, de fenêtres bouchées, un peu plus grandes que les précédentes et placées à un niveau inférieur. Ces fenêtres ont leur archivolte formée d'une pierre , dans laquelle des claveaux ont été tracés au moyen de sillons remplis de ciment rouge , comme je le signalais tout à l'heure à TortevaL Le dessin suivant montre la disposition de ces fenêtres. On ne sait si elles ont été ouvertes en même temps, ce qui serait assez singulier, ou si celles
d'en bas ont été supprimées quand les autres ont été établies.
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Ce fait n'est pas d'ailleurs d'une grande importance , et ne mérite pas qu'on fasse à ce sujet une dissertation.
[>a même disposition existait dans le mur méridional de la nef : on y voit encore une de ces fenêtres et une porte romane intéressante ; mais des ouvertures faites après coup ont plus ou moins défiguré l'ordonnance primitive. Le mur du chœur a été refait complètement de ce côté.
La tour, placée à l'Ouest et couronnée par un toit à double égout, n'est pas ancienne ; la cloche qu'elle renferme a été fondue depuis la Révolution.
L'intérieur de l'église n'offre rien à examiner, sauf une crédence du XVIe. siècle, à l'extrémité de la nef (côté du Nord) , et une niche de la même époque du côté opposé : ces additions ont vraisemblablement été motivées par l'établissement de petits autels dans la nef, à l'entrée du chœur , établissement dont l'usage est devenu assez fréquent au XVIe. siècle et au XVIIe. dans nos églises rurales du Calvados , où trop souvent ces autels sont venus masquer l'entrée du chœur en débordant sur celle-ci.
On a replacé extérieurement dans les murs de la sacristie des statues de saints et de saintes en pierre , de 2 pieds de hauteur environ, qui m'ont paru du XIVe. siècle ou du XVe. et qui probablement étaient autrefois dans l'église. Elles sont au nombre de cinq.
L'église de St. -Germain a pour premier patron saint Germain, évêque d'Auxerre , et pour second patron , saint Loup, évêque de Bayeux.
Il y a eu , près de l'église , un petit prieuré ou léproserie qui dépendait en dernier lieu de l'abbaye de Cerisy ; depuis long-temps , il n'en reste aucuns vestiges (1).
Au siècle dernier , Pierre-Léonor de Séran , baron d'Audrieu , était seigneur et patron de St. -Germain , au droit de Marie-Madeleine Radulph , son épouse (2). M. l'abbé de Radulph , mon grand-oncle maternel, était seigneur et curé de
(1) Ce prieuré avait élé fondé au XIVe. siècle. Des ietlres-palenles de Philippe-le-Bel , du mois de janvier 1322, permettent à Guillaume d'Esquetot, clerc du roi Philippe-le-Bel, de fonder un hôpital dans la paroisse de Saint-Germaind'Hocquetot, ad recipiendos ibidem paupcres de nocle transeuntes et de die œgrotantes , ainsi que le portait la charte de fondation.
(2) Noies manuscrites de Beziers.
St.-Gennain-d'Hectot quelque temps avant la Révolution (1).
Le fief principal , duquel dépendait le patronage, s'appelait Hectot. Les autres fiefs étaient ceux de Mery et de Rouville ; ils appartenaient, au siècle dernier, a M. Gosselin , seigneur de Manneville.
Mgr. Louis-Robert Paysant , vicaire-général du diocèse de Bayeux , mort en 1841 évoque d'Angers, était né à St.- Germain-d'Hectot (2).
ORBOIS.
Orbois, Aurealum Boscum; l'église d'Orbois est appelée ccclesia de Orboys dans le Livre Pelut de l'évêché de Bayeux.
L'église d'Orbois est beaucoup moins intéressante que la précédente. Le mur du nord de la nef offre des arêtes de poisson , et c'est un exemple de plus à citer pour démontrer que ce sont les murs ainsi orientés qui ont été le moins retouchés. On a constamment percé de larges fenêtres au Midi, côté du soleil , de la chaleur et du jour , et on a laissé les murs latéraux orientés au Nord dans leur état primitif, surtout le long des nefs, car dans le chœur on les a moins épargnés. Le côté sud de l'église d'Orbois a été refait en grande partie , il n'y a pas très-long- temps.
La tour, carrée, couronnée en bâtière , est accolée à la nef du côté du Nord; elle appartient à l'époque ogivale, peut-être au XIVe. siècle.
(1) On conserve encore dans la commune la mémoire dos bienfaits de M. l'abbé de Ridulph : c'est avec plaisir que j'ai entendu les hommes âgés du pays les raconter.
(2) Mgr. Louis Paysant, dont la mémoire est chère aui habilants deCaen, avait rempli pendant six ans les fonctions de secrétairegénéral de la Société française pour la conservation des monuments et souvent empêché des projets de construction qui auraient été préjudiciables à la conservation des édifices religieux anciens du diocèse.
L'intérieur de l'édifice ne présente rien d'intéressant : un arc ogival existe entre chœur et nef.
L'église est sous l'invocation de saint Pierre. L'abbesse de Cordillon présentait à la cure et percevait les dîmes; la seigneurie temporelle relevait de l'abbaye de St. -Etienne de Caen ; elle appartenait , au siècle dernier, à un membre de la famille de Touchet, par suite de son mariage avec une demoiselle Louise-Léonore d'Orbois.
Quatre hameaux principaux existent à Orbois , savoir : ceux du Moutier, de Létot, de La Londe et de Feuguères.
On a trouvé des tuiles et des poteries romaines à Orbois , près de l'étang; elles ont été recueillies par M. Le Boucher, membre de la Société française pour la conservation des monuments, qui possède à Orbois une habitation entourée d'un parc disposé avec goût. Mn)e. la comtesse de La Rivière, née de Than , membre de la Société française , possède aussi à Orbois un château et une terre considérable.
ANO'OVILLE.
Anctoville , Coisgneriœ , Coisneriœ , Coisnieres.
Cette commune , très-populeuse , s'appelait autrefois Cosnières ou Coisnieres. Olivier de Foulogne , qui en était seigneur au commencement du XVIIe. siècle , obtint que ce nom serait changé en celui d'Ancloville.
L'église d'Anctoville appartient en grande partie au XIIIe. siècle, ainsi que l'annoncent les lancettes du chevet et celle qui est au Nord, dans le mur de la nef. Il y a eu du côté du Nord des chapelles qui ont été supprimées , et une grande partie des murs ont été refaits ou repris en sous- œuvre. Deux chapelles sont encore accolées au chœur du côté du Midi : une d'elles paraît du XVe. siècle ou du XVIe. ; l'autre doit être moderne.
La tour, qui est latérale, au Sud , est peut-être du XIVe. siècle ou de la fin du XIIIe.
Cette église doit avoir remplacé une église romane, car, au-dessus d'une petite porte évidemment peu ancienne, donnant accès au chœur du côté du Sud , on trouve un cintre roman orné de zigzags , qui paraît avoir été replacé. On voit également dans le chœur, près de l'autel , côté de l'épître , des moulures et des parties de murs qui paraissent remonter au XIIe. siècle.
Les murs latéraux de la nef ont peu d'intérêt ; mais on y trouve , du côté du Midi , une petite porte ogivale dans le tympan de laquelle un bas- relief représente saint Nicolas et
les trois enfants qu'il ressuscita. Pour faire allusion à la mort des trois enfants qui avaient été assassinés dans une auberge,
on a figuré au pied de saint JNicolaset du tonneau qui cachait les trois victimes, une hache et un couteau.
Le portail occidental de la nef est du XIIIe. siècle : c'est une ogive élégante, avec une arcade subtrilobéedans le tympan. Trois colonnettes supportent, de chaque côté, les tores de ce portail. Il est précédé d'un porche du XVe. siècle, dont la charpente a été maladroitement engagée dans les moulures de la porte. Toutefois cette partie de l'église est passablement conservée.
Le grand autel, dont le rétable estgarnide colonnes torses, est surmonté d'un fronton coupé dans le style du XVIIe. siècle ; les piédestaux des colonnes portent les armoiries de la famille de Foulogne , qui possédait alors la seigneurie. Les mêmes armoiries sont peintes sur le tableau.
Les deux cloches ont été fondues en 1811.
Le plus ancien titre qui fasse mention de cette paroisse est une charte de confirmation donnée, au XIIe. siècle, par Henry, roi d'Angleterre et duc de Normandie, à l'abbaye de Lessay. Après le détail de plusieurs donations faites à cette abbaye par divers particuliers , il ajoute : Partem quam habebant in ecclesia de Coisnieres cum pertinenciis suis et terram ad unam carrucam, et de fus omnibus reclam decimam omnium exituum. Le pouillé du diocèse , rédigé vers 1356, indique l'abbé de Lessay pour patron collateur de la première portion de la cure : Major portio de Coisneriis abbas de Exaquio , minor portio dominus de Coisneriis.
Sous l'épiscopat de M. d'Humières, une information fut faite par Antoine Gaïant, officiai et grand-vicaire de Bayeux, pour la réunion des deux portions de la cure ; elle fut suivie d'un décret de réunion qui fut rendu, le \k août 1570 , sur la requête de Gilles Delaunay, curé de la petite portion, et de Jacques de Mainseville', seigneur de Cornières (1): d'après cet
(l) Cette paroisse est appelée indifféremment Cornières et Coisniores, dans plusieurs manuscrits. 1e.»
arrêté, l'abbé de Lessay aurait nommé le premier et le seigneur le second, et ainsi de suite alternativement. Mais il ne paraît pas que ce projet de réunion ait eu de suite. Il y avait encore deux curés avant la Révolution. Le curé de la première portion avait les 2/3 de la dîme , et le second 1/3 : ils percevaient les verdages par moitié.
Un recueil d'aveux pour les fiefs situés en la vicomte de Bayeux porte que « le fief d'Anctoville assis au même lieu , « qui fut à Bénédict de Foulogne, relevé du roi par un plein- « fief de haulbert : que Pierre de Marguerye avait rendu aveu « auparavant d'un demi-fief de hautbert assis en la paroisse « de Cornières, tenu du sieur de Lesnault , et d'une fieferme « tenue des chanoines de la Sainte-Chapelle de Paris, située au « même lieu : et qu'enfin Jean de Loucelles en fit autant pour « un quart de fief de chevalier, tenu de M. deBaines, dont le « chef assis à Cornières a desextensionsà Amayé-sur-Seule. »
Guillaume de Marguerye , seigneur de Tour, Cornières et Colleville , est cité dans un contrat passé au tabellionnage de Bayeux le 1er. mars 1395, et dans un autre passé à Tour le 9 mars 1602 (1).
Guillemette Grente.dame de Cornières, épousa : 1°. Thomas Le Chulier, escuyer; 2°. Pierre de Marguerye, seigneur de Torteval, Varaville, Petiville et Vidouville ; 3°. Henry de Saint-Gilles, seigneur de St. -Gilles , qui nomma à la cure de Cornières en \U15 (pour la deuxième portion). Elle eut entr'autres enfants, Pierre de Marguerye, seigneur de Viiouville et de Cornières , frère de Jean , seigneur des mêmes localités , qui laissa pour fille unique Marie de Marguerye , dame de Cornières, Meuvaines, Asnelles et Vidouville.
Cette héritière fut mariée à Jacques de Mainseville , seigneur de Fresnay , dont sortirent Guillaume de Mainseville , seigneur de Fresnay et de Cornières, décédé sans enfants
(1) Noies manuscrites de Boziers.
de sa femme Judith-aux-Epaules , de Ste.-Marie-du-Mont.
Olivier de Foulognes, maître d'hôtel du roi, acheta la terre et seigneurie de Cornières des héritiers de Guillaume de Mainseville, et n'en devint paisible possesseur que par un accord passé entr'eux le 3 mars 1616. Ce fut lui qui obtint la mutation du nom de Cornières en celui d'Anctoville. Guillaume de Foulognes , chevalier , seigneur et patron d'Anctoville, nomma, en 166ft, à la petite portion de la cure.
La seigneurie d'Anctoville entra ensuite dans la maison de Venoix.
Anctoville faisait partie de la sergenterie de Briquessart , élection de Bayeux. On y comptait, au siècle dernier, 260 feux et 1,100 habitants.
Château. L'ancien château se voit à peu de distance de l'église , au sud-est ; il appartient à plusieurs propriétaires et se compose d'une suite de maisons sans caractère , auxquelles un pavillon à toit très-élevé donne pourtant , de loin , une certaine apparence.
M. le docteur Rayer , membre de l'Institut , commandeur delà Légion-d'Honneur, possède, à Anctoville, une habitation et une terre où il a fait exécuter des travaux et des plantations. Mmc. et Mlle. Rayer y passent , chaque année , deux à trois mois, et M. Rayer lui-même, quand ses nombreuses occupations le lui permettent , vient s'y reposer quelques jours.
FEUGUEUOLLES-SUR-SEULE.
Feuguerolles-sur-Seule , Felgerolœ , Filgerolœ.
L'église de Feuguerolles appartient au roman de transition. Au pourtour du chœur, les modillons de la corniche supportent des arcatures en ogive ; les fenêtres cintrées , étroites à l'extérieur, évasées à l'intérieur , sont toujours de celles que
l'on compare à des meurtrières et que nous avons déjà si souvent rencontrées. L'arcade, entre le chœur et la nef, annonce le XIIe. siècle; les colonnes ont des chapiteaux romans, mais l'arc qu'ils supportent est ogival. Une fenêtre pratiquée dans le chevet du chœur, vers le XIVe. siècle ou le XVe., a été bouchée quand on a placé le rétable à colonnes torses qui existe et qui peut dater du XVIIe. siècle ou du commencement du XVIIIe.
La nef n'a plus de modillons. Le mur latéral sud a été refait à peu près en entier à une époque que je ne crois pas très-ancienne , quoique des fenêtres ogivales s'y voient.
Le mur du nord a conservé ses fenêtres cintrées un peu plus grandes que celles du chœur , mais de même forme.
La tour , à l'extrémité occidentale , se compose de trois étages carrés superposés , couronnés d'une flèche en bois et couverte d'ardoises , récemment reconstruite. Il est difficile de préciser la date de la tour carrée dont les portes et quelques parties ne paraissent que du XVIIe. siècle ou de la fin du XVIe. , cependant les murs peuvent être plus anciens. La cloche a été refondue il y a peu d'années.
La sacristie, accolée au chœur, côté du sud, est moderne et probablement du siècle dernier ou de la fin du siècle précédent. On remarque dans la nef, à droite de l'entrée, des fonts de forme octogone en pierre calcaire d'un grand diamètre et divisés en deux parties égales , qui doivent remonter au moins au XVe. siècle ou au XIVe.; ils sont portés sur un pédicule cylindrique.
La paroisse de Feuguerolles est réunie à Sermentot pour le spirituel.
L'église est sous l'invocation de saint Pierre. Le seigneur du lieu nommait à la cure ; le curé percevait les dîmes.
Il y a dans le chœur plusieurs pierres tombales appartenant à différents membres de la famille Le Marchand qui pos-
sédait la seigneurie de Feuguerolles. Deux de ces pierres n'offrent plus d'inscriptions; une autre pourrait être déchiffrée en partie, si elle était lavée. J'ai lu ce qui suit sur celle qui occupe le centre du chœur.
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