‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 130 sur 296 · PUIEZ DIEU POUR LE REPOS DE LEURS AMES · texte numérisé non relu

PUIEZ DIEU POUR LE REPOS DE LEURS AMES

D'après une note de l'abbé Beziers , le fief seigneurial de Feuguerolles dépendait , par foi et hommage , de la baronnie de Crépon : c'était un fief de chevalier, dont le roi tenait le quart par forfaiture. Le seigneur de Feuguerolles avait , selon la coutume , droit honorifique dans l'église , droit de chasse , de garenne , de colombier , de pêche , etc. , etc. Les vassaux de la seigneurie , dit encore la note que je cite , étaient obligés de donner à la fille aînée du seigneur une robe de velours son mariage arrivant.

La seigneurie de Feuguerolles , possédée d'abord par une famille de ce nom , fut apportée par Luce de Feuguerolles, fille de Jean, seigneur de Feuguerolles, et de Jeanne de Vaucelles , à Hue de la Haye , baron de Coulonces : de ce mariage naquit Jean delà Haye, baron de Coulonces, seigneur de Feuguerolles et St.-Louet, mort en 1247.

Ce dernier lairsa trois filles de son mariage avec Alix de

Malherbe St.-Agnan. La plus jeune épousa Robert de Tournebut, seigneur de Fresnay, puis Raoul Belhon. Elle eut des enfants de ce second mariage et leur laissa les seigneuries de Fcuguerolles et de St. -Louet qu'elle avait eues de la succession de son père.

Cette terre demeura un siècle dans la maison de Bcthon ; Jean Bethon la vendit, par contrat du 30 octobre 1572, à Gervais Le Marchand , écuyer, pour la somme de 6,200 livres. Celui-ci petit-fils de Jean Le Marchand, premier du nom , ennobli par Louis XI , en janvier 1466 , en considération de ses services, mourut sans enfants et laissa la seigneurie de Feuguerolles et St. -Louet à Jean Le Marchand, deuxième du nom , son frère.

De Jean II sortit Guillaume II Le Marchand, seigneur de Feuguerolles et de St. -Louet, qui épousa, en 1616, Charlotte Léonard, fille de Jacques Ier., seigneur de La Rivière et d'Orbois , qui lui donna pour fils aîné et héritier Jean troisième du nom, décédé le 19 février 1709. ( C'est celui dont nous avons trouvé dans l'église l'inscription tumulaire reproduite page 293). Il avait épousé, en 1648, Anne Hébert (également citée dans l'inscription) , fille de Jacques de Taillebois.

De ce mariage naquit Olivier Le Marchand , seigneur de Feuguerolles , sous-gouverneur et lieutenant des chasses de St.-Germain-en-Laye , qui épousa Antoinette Le Mercier. 11 fut père de Jacques Le Marchand, baron de Tracy (1) , seigneur et patron de Feuguerolles et St. -Louet. On voit que les seigneuries de Feuguerolles et de St. -Louet ne formaient qu'un même fief : c'est ce que j'avais avancé déjà en parlant

(!) J'ai dit, à l'article Tracy , tome Ier. de la Statistique, p. 191 , à quelle époque la terre de Tracy était sortie de la famille Le Marchand de Feuguerolles.

de St.-Louet (1) dans le premier volume de la Statistique monumentale (v. la page 19^ ).

Château. — Le château de Feuguerolles , situé le long du Calichon , alïluent de la Seule , a été acquis des héritiers de la famille Le Marchand , qui est éteinte , par M. G. Simon , avocat, membre du Conseil général du Calvados : il y a fait des améliorations considérables , et il l'habite une partie de la belle saison. Les promenades s'étendent sur la rive gauche du ruisseau et dominent une très-jolie vallée.

SERMENTOT.

Sermentot , Sermentot.

L'église de Sermentot appartient à plusieurs époques. La nef est de construction romane avec appareil en arête de poisson ; les fenêtres ont été refaites.

Le chœur appartient au style ogival primitif : on y voit un entablement garni de dents de scie et une porte en ogive ornée de moulures analogues: les fenêtres qu'on a refaites, au midi , paraissent du XVIe. siècle.

Une tour très-peu ancienne ( probablement du XVIIe. siècle ) et terminée en bâtière s'élève à l'ouest de la nef et sert de vestibule à la porte principale.

L'abbé Beziers rapporte dans ses notes manuscrites qu'on voyait dans l'église de Sermentot , près des fonts baptismaux , les vestiges d'une ancienne cheminée ; il supposait qu'elle avait pu servir à faire chauffer l'eau pour le baptême , mais cela ne peut être accepté. Cette cheminée a été remplacée depuis long-temps par un escalier montant à une tribune.

(1) SL- Louet, paroisse voisine , fait parlie du canton de Ville: s- Bocaye , arrondissement de Caen.

L'église est sous l'invocation de saint Aubin. Le seigneur nommait à la cure; le curé percevait toutes les dîmes.

Il y avait à Sermentot une basse-justice qui ressortissait du bailliage de Caen. Deux fiefs existaient dans la commune : celui de Sermentot et celui de Beltot.

Richard de Tilly , seigneur d'Escarbouville , épousa Robine de Sermentot , laquelle lui apporta cette seigneurie en mariage : il avait pour père Raoul de Tilly , seigneur d'Escarbouville , et pour mère Jeanne de Carbonnel d'Orglandes.

De ce mariage sortirent Raoul et Fcrrand de Tilly. Raoul de Tilly , seigneur d'Escarbouville et de Sermentot , épousa Alix de Thieuville de Guéhebert , dont sortirent: 1°. Robert de Tilly , mort sans enfants , 2°. Richard , 3°. Raoul.

Richard épousa Jeanne de Ilottot , fille de Richard , seigneur de Beaumont, de laquelle il eut Jean de Tilly et plusieurs autres enfants.

Dans le dénombrement des fiefs de la vicomte de Bayeux , fait le 1/; février 1503 , il est dit que Guillaume de Tilly ..it un quart de fief appelé Sermentot , auquel était attaché le dro l de présenter à la cure du lieu.

Jean le vicomte, seigneur et patron de Sermentot, nomma à ladite cure en 1583.

Sermentot faisait partie de la sergenterie de Briquessart , élection de Bayeux. On y comptait, au siècle dernier, 66 feux et 200 habitants.

HOTTOT-LES BAGUES.

Holtot, Hotoi.

L'église de Hottol, qui offre un parallélogramme rectangle, n'a pas de porte dans la façade occidentale. La porte princi-

pale est établie dans le mur méridional de la nef. C'est une porte romane dont l'archivolte est ornée de cables. Des modillons curieux existent sons l'entablement : des fenêtres en forme de lancettes ogivales remplacent aujourd'hui les fenêtres romanes qui devaient exister dans l'origine.

La tour latérale du côté du Sud est romane jusqu'aux deux tiers de sa hauteur; la partie supérieure est peu ancienne et terminée par un toit à double égout.

Le chœur paraît moins ancien que la nef; plusieurs de ses parties n'offrent pas de caractère.

La cure se divisait en deux portions : le roi nommait à la première , à cause de la fiefferme de la comtesse de Boulogne, dont le chef était assis à Audrieu ; le seigneur de Tilly nommait à la seconde : le premier curé percevait la moitié des grosses et menues dîmps ; l'autre moitié appartenait pour un tiers au commandeur de Beaugy , et pour les deux autres tiers, au second curé, avec les menues dîmes.

Quand le livre Pelut a été écrit , le seigneur nommant à la deuxième portion de Hottot était dominns de Tilleio.

Il y avait dans le château de Hottot, une chapelle sous l'invocation de saint Pierre et de saint iNicolas.

Le château de Hottot appartient présentement à M. de Brucoté des Coutures, par suite de son mariage avec Mlle. de HainaultdeCanteloup. Il me paraît du temps de Louis XIV : de belles avenues de chênes l'entourent de plusieurs côtés. Ce château , maintenant inhabité , était occupé sous la Restauration par M. de Hottot , député du Calvados, d'où il a passé par héritage à la famille de Canteloup.

La seigneurie de Hottot a été possédée par une famille de Costard : Nicolas Costard nomma à la cure en mars 1593. Jean-Claude Costard, écuyer, seigneur haut-justicier de Hottot, qui vivait en 1743 , avait eu pour père Pierre de Costard.

La seigneurie de Hottot fut acquise, en 1756, par M. Du Moutier de Sainte-Croix.

La châtellenie de St.-Wast et le fief d'Orbois avaient des extensions sur Hottot.

Autrefois on fabriquait à Hottot de petites bagues en crin mêlées de fils d'or et d'argent, dont on faisait un certain commerce.

Enceinte retranchée. A quelque distance de l'église et à peu de dislance de l'ancienne roule de Bayeux à Villers , on trouve une enceinte retranchée que quelques personnes ont regardée comme un camp romain; cette enceinte est en face du château de St.-\Vast , qui a été important au moyen-âge, et je ne prétends point me prononcer sur son origine. Quoi qu'il en soit , l'enceinte retranchée dont je parle est connue à Hottot sous le nom de camp des Anglais, établie sur un plateau légèrement incliné au Sud et défendue de deux côtés par la vallée de la Seule et par celle d'un ruisseau qui se jette dans cette rivière en face de St.-Wast. Un vallum, encore haut de 2 à 3 mètres, aujourd'hui planté d'arbres, enclôt le reste du camp , qui est à peu près carré. J'ai figuré celte enceinte sur la planche XXXI , fig. n°. 7 , de mon Cours d'antiquités.

iONGUERAYE.

Longueraye , Longa rea.

Quelques personnes , et notamment Beziers , ont pensé que ce nom venait de la figure oblongue du territoire de la paroisse , qui s'élargit aux deux extrémités et se rétrécit vers le milieu.

La tour de Longueraye est la partie la plus intéressante de l'église.

Elle est romane, carrée , ornée d'arcalures et terminée en bâtière.

Quelques parties des murs de l'église doivent remonter à l'époque de la tour, à en juger par les contreforts plats qu'on y voit

et par les corbeaux de

la corniche; mais des

reprises considérables

ont été faites et diverses

parties paraissent du

XVe. siècle.

L'église de Longueraye

est sous l'invocation de

saintPierre. Le seigneur

nommait à la cure.

Prieuré de Bèrolles.

Bérolles est un des principaux hameaux de Longueraye , au Nord , sur le ruisseau du Vession. C'était un fief auquel était attachée une chapelle sous l'invocation de Notre-Dame,

laquelle était à la nomination de l'abbaye de Longues; le titulaire était tenu d'y dire la messe le dimanche et aux quatre principales fêtes de la Sainte- Vierge. Cette chapelle, dont voici l'esquisse, et qui avait le titre de prieuré, existe encore dans

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