LE 25 OCTOBRE 1772 AGEE DE 59 ANS
La famille Le Cordier a possédé, au siècle dernier , la seigneurie de Parfouru.
Château. — Le château de Parfouru est au nord de l'église, entouré de fossés pleins d'eau : on y arrive au moyen d'un pont en pierre qui accède à une porte à cintre surbaissé à double archivolte, garnie de contreforts. Une fenêtre et un écusson surmontent cette entrée. Le bâtiment dont elle fait partie , et dont le pied baigne dans l'eau , paraît de la fin du XVe. ou du XVIe. siècle. Le château qui vraisemblablement était de la même époque , mais qui a été défiguré ou reconstruit, occupe le côté Est de la cour carrée; il est aussi baigné par les eaux des fossés.
En somme , ce petit château a encore le cachet des maisons nobles du XVIe. siècle , et il mérite d'autant mieux d'être conservé que tous les jours ces types disparaissent et que déjà ils sont rares.
LE QUESNAY-GUESDON.
Le Quesnay-Guesdon , Quesnetum Guenon, Caùnetum.
Le mur septentrional et quelques autres parties de l'église du Quesnay appartiennent au style roman , mais le reste est moderne et a été reconstruit en 1742, ainsi que l'atteste une inscription gravée au-dessus de la porte d'entrée. Dans son état actuel, elle offre bien peu d'intérêt.
Elle est sous l'invocation de Notre-Dame. Le seigneur nommait à la cure ; le curé percevait les dîmes.
Château. Le château du Quesnay est tout près de l'église : c'était , il y a quelques années , un long bâtiment peu élevé , sans style , précédé de longues avenues. M. de Valhébert , qui avait acquis ce domaine il y a 40 ans, avait l'intention de reconstruire ce château ; mais ce projet n'a été réalisé que depuis sa mort par son gendre, M. le comte d'Ecquevilly , ancien officier supérieur d'état-major, qui est aujourd'hui propriétaire de la terre du Quesnay.
SAINTE-HONORINEDE-DUCY.
Ste.-Honorine-de-Ducy, Sancta Honorina de Duxeio.
L'église de Ste.-Honorine-de-Ducy est romane et présente, à l'extérieur, l'appareil en arête de poisson et Yopus incertum ou appareil ordinaire. Le chœur est terminé par une abside semi-circulaire assez remarquable.
Les fenêtres , autrefois en meurtrières , ont toutes , à l'exception de deux , aujourd'hui bouchées , été remplacées par des fenêtres carrées longues. Le mur méridional du chœur a été refait , je ne sais à quelle époque, et la nef a été allongée
tout récemment du côté de l'Ouest. Enfin deux fenêtres subtrilobées , du XVe. siècle peut-être ou du XVIe , ont remplacé deux des fenêtres primitives de l'abside.
Par son appareil bien conservé , par ses modillons et sa forme générale , l'église offre de l'intérêt comme édifice de l'époque romane. Les modillons de la nef , qui supportent une belle corniche sculptée en damier , sont bien conservés, très-variés et remarquables. Un de ces modillons entr'autres , figurant un oiseau de proie déchirant un autre oiseau , mériterait d'être moulé. Les modillons de l'abside sont plus petits et peu intéressants.
La tour , carrée et terminée en bâtière, est assez élevée ;
Do Caurnoul
ABSIDE ET TOl'K DE SAIN TE-HOXORINE-DE-DUCY.
elle est appliquée contre le chœur du côté du Nord : je la
crois de la fin du XVe. siècle. Elle se compose de trois étages divisés par des retraits ou talus, et inégaux en hauteur. Le dernier est éclairé sur chaque face par une fenêlre en ogive divisée par un meneau bifurqué. Une fenêtre cintrée subtrilobée éclaire la partie basse de la tour, dont on a fait la sacristie. Les deux cloches ne datent que de quelques années.
On a fait disparaître récemment l'arcade qui séparait le chœur de la nef, afin, dit M. le Curé, de démasquer celui-ci. C'est ce qu'on fait malheureusement partout malgré mes recommandations, et l'on détruit ainsi ce que les églises offraient de plus caractérisé , puisque ces arcades étaient presque toujours ornées de moulures.
On avait eu aussi la mauvaise pensée de détruire l'abside pour allonger le chœur et faire une sacristie derrière. J'espère que ce projet est abandonné et j'ai dit combien il serait absurde; ce n'est pas une raison pour qu'on ne le mette pas à exécution plus tard , et il est fort à désirer que l'autorité épiscopale n'autorise aucun travail relativement à l'établissement d'une nouvelle sacristie : celle qui existe est très-bien placée là depuis deux siècles, et on ne pourrait en construire une autre sans défigurer le sanctuaire.
L'intérieur de l'abside a été , il y a quelques années, plâtré et peint de la manière la plus ridicule dans le genre café champêtre , avec des colonnes et des guirlandes : c'est le goût des gens de la campagne !! Personne ne pense à donner aux instituteurs primaires des notions d'art , ce serait pourtant une chose éminemment utile.
L'église de Ducy est sous l'invocation de sainte Honorine. Le patronage était laïc; le curé percevait la moitié des dîmes; l'autre moitié se divisait ainsi : un chapelain avait les deux tiers et le curé un tiers. Le chapitre de la cathédrale percevait sur le tout 120 boisseaux d'avoine.
Quand le livre Pelut a été écrit , les familles de Châteaubriant et de Maisoncelles présentaient alternativement à la cure :
Dominus de Castello Briant et Ricardus de Mesoncellis alternat.
Je n'ai pas de renseignements sur les familles qui ont possédé la seigneurie jusqu'à la Révolution.
Le fief seigneurial était , m'a-t-on dit , à quelque distance au Sud de l'église.
A l'Est, en descendant le coteau , on remarque une grande ferme avec pavillon du XVIIe. siècle peut-être. Elle appartenait à une famille Paysant, mais ce n'était pas un fief noble , m'a-t-on dit encore , comme je l'avais cru d'abord.
FOULOGNES
Foulognes , Folonia , Foloniœ.
L'église de Foulognes est romane dans son ensemble , et l'on y voit l'appareil en arêtes de poisson. Malheureusement les fenêtres primitives , qui étaient très-étroites , sans colonnes , cintrées et surmontées d'une archivolte , ont été refaites très-larges pour obtenir plus de jour.
Les modillons qui décorent l'entablement sont assez bien traités et liés les uns aux autres par une section de cercle ou un cintre surbaissé.
Le portail occidental offre surtout de l'intérêt ; il se trouve couronné d'un fronton garni de billettes , qui , très-certainement , avait servi à orner le rampant d'un porche qui existait en avant de la porte. Au haut de ce fronton , c'està-dire au sommet du triangle , existe une grosse tête grimaçante.
L'archivolte de la porte est ornée de zigzags et supportée de chaque côté par une seule colonne. Au centre du tympan est un bas-relief assez fruste offrant un personnage le genou
en terre, recevant d'un autre personnage debout et tenant un livre , un objet que je n'ai pu bien déterminer : comme l'église est sous l'invocation de saint Pierre , c'est peut-être l'apôtre recevant du Seigneur les deux clés du paradis. Il y a fort long-temps que je n'ai vu l'église de Foulognes , et je n'ai que des souvenirs un peu vagues de ce bas-relief.
J'ai lu dans la façade occidentale plusieurs épitaphes incrustées dans le mur; elles se rapportent à la famille Aveline qui existe encore à Foulognes ; ce sont les épitaphes de Clément Aveline (1681), de Robert Aveline (1707), de Joseph Aveline (1720) et d'Augustin Aveline (1742).
Leur successeur, M. Aveline, qui a été maire de Foulognes, est membre de l'Association normande et de la Société d'agriculture de Bayeux.
L'église de Foulognes est, comme je le disais tout à l'heure, sous l'invocation de saint Pierre. L'abbaye de St. -Etienne de Caen nommait à la cure et percevait les dîmes.
Cette paroisse faisait autrefois partie du doyenné de Thorigny, comme les précédentes et la suivante.