‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 142 sur 296 · CHEMINÉE DE LA RENAISSANCE AU CHATEAU DE CAMPIGNY · texte numérisé non relu

CHEMINÉE DE LA RENAISSANCE AU CHATEAU DE CAMPIGNY

DETAILS DE LA CHF.MINÉK DECAMPIGNY.

Château moderne. Le château que nous venons de décrire sert de ferme aujourd'hui ; un autre château dans le style moderne existe au nord du premier, en se rapprochant de la route départementale de Bayeux à la mine. Nous en donnons la vue générale , dessinée par M. Bouet.

Un colombier placé sur le premier plan et le bâtiment qui

Bouel Jet NOUVEAU CHATEAU DE CAMPIGNY.

l'avoisine, paraissent un peu plus anciens que le reste des constructions.

La famille Hainon existait à Gampigny dès le XIIIe. siècle. Le titre de maréchal hé/ éditai de la ville et cité de Bayeux, que prenait le seigneur de Gampigny , entraînait pour lui , d'après divers aveux , l'obligation de faire , en temps de guerre, guet et garde, à ses frais et avec ses vassaux , à la porte de Bayeux qui donnait accès à la route de St. -Lo (porte du Sud), et qui était appelée porte Arborée.

Avant la Révolution , on voyait les armes des Hamon sur cette porte , et quand on la détruisit avec la tour voisine pour élargir le passage de la rue, la famille fit une opposition trèsvive à cette mesure, j'ai entendu, de la bouche même de

personnes âgées qui avaient été témoins de cette destruction , que Mn,e. la marquise de Campigny , mère du marquis mort en 1828, employa tous les moyens qu'elle put mettre en œuvre pour l'empêcher. Les seigneurs de Campigny prétendaient être propriétaires de la porte et des murs voisins.

NORON.

Noron, JSogrondus.

L'église de Noron n'a d'ancien que la nef, dont la maçonnerie est en arête de poisson et doit dater du XIe. siècle. Le chœur a été reconstruit dans la deuxième moitié du XVIIIe. siècle (1763).

Le clocher, placé à l'extrémité occidentale de la nef, ne date que de 1820 ; il est carré et terminé par un toit pyramidal à quatre pans , également en pierre ; le tout d'un style très-pauvre.

L'église est sous l'invocation de saint Germain. L'abbé de Mondaye nommait à la cure ; le curé percevait les dîmes.

Croix byzantine. On conserve dans la sacristie une croix de procession en cuivre émaillé , du XIIe. siècle , qui a été montrée aux archéologues de Bayeux et que Mgr. Robin a recommandé de conserver.

Ruine Ste.- Catherine. Près de l'église est une ruine que j'ai signalée, il y a bien long-temps, sur le penchant d'un petit vallon. On connaît ces débris , que l'on peut apercevoir de la grande route de Bayeux à St. -Lo, sous la dénomination de chapelle Ste. -Catherine.

M. Pluquet et quelques autres antiquaires ont placé là le palais de Bures, manoir que les ducs possédaient dans le quartier.

CANTON DE MLLEROY. 3M

Bures, près Bayeux , était moins une place de guerre qu'une de ces maisons de plaisance, mansiones regiœ , que nos ducs venaient habiter lorsqu'ils voulaient se livrer aux plaisirs de la chasse , et qu'ils possédaient près de toutes les grandes forêts de leur duché.

Ce palais de Bures était situé à peu de distance et au sud de l'église de Noron ; des maisons modernes occupent une partie de l'enceinte encore tracée par des restes de fossés et des fondations de mur à fleur de terre. La cour s'appuyait , au Midi, sur un petit vallon autrefois transformé en étang au moyen d'une digue ou barrage de terre ; on voit encore , sur le bord de cette ancienne pièce d'eau, les ruines de la chapelle dont je viens de parler et qui devait être dans une des cours du château, mais qui paraît avoir été reconstruite postérieurement au XIIIe. siècle (1).

Près de cet emplacement régnent des fossés qui enceignent une très-grande partie dû bois du Vernay , où on les connaît sous le nom de Fossés-St. -Regnobert. Malgré certaine légende qui attribue au saint évêque de Bayeux l'établissement de ces fossés (2) , on pense qu'ils sont l'ouvrage des ducs de Normandie , et qu'ils servaient à enclore une partie du bois qui formait le parc de l'habitation. Il serait même assez naturel de supposer qu'ils ont été faits dans la seconde moitié du XIIe. siècle , par Henri II , qui paraît avoir affec-

(1) Elle est désignée, sur la carte de M. Petite, sous le nom de Chapelle Ste. Catherine de Bur-le-Roi , qu'elle porte encore aujourd'hui dans le pays.

(2) Suivant celle tradition , saint Regnobert aurait tracé ces fossés, qui ont encore, dans quelques parties du bois, 15 pieds de profondeur et 30 pieds d'ouverture, en traînant une bêche derrière lui et parcourant à pied le circuit formé par ces excavations. Des traditions de même genre se rattachent à plusieurs autres fossés dont on ignore l'origine.

tionné son manoir de Bures et qui y venait souvent (1). Ce prince, auquel on doit un grand nombre de travaux de différents genres , avait aussi établi un parc aux environs de Rouen , ainsi que nous l'apprend Robert du Mont (2).

<:astillon.

Castillon , Castillio , ecclesia de Castiilione.

Cette commune tire évidemment son nom d'une enceinte retranchée ou camp, qui renferme le château , l'église et une petite agglomération de maisons. Le promontoire à peu près

(1) Beaucoup de chartes sont dalles de Bures, el les historiens normands et anglo-normands citent les années où Henri II et son fils ont tenu leur cour plénière dans cette maison de plaisance; ils indiquent en même temps la grandeur du palais, et rapportent des faits prouvant qu'il y avait des salles où l'on pouvait placer des tables de !00 couverts. (V. Robert du Mont , apud Bouquet, t. XIII, p. 315.)

Ce lut à Bures, que Henri II tint , devant quelques seigneurs de sa cour, le propos inconsidéré qui fit massacrer saint Thomas de Canlorhéry, ainsi que t'atteste le passage suivant :

« Anno ab Incarnalione Domini MCLXXI Henricus rex Angliae, filius Malhildis imperatricis, lenuil curiam suim in Normannia apud Burum, die Nalalis Dominici , multum conlrislatus et confusus, pro eo quod Canluariensis archiepiseopus absolvere noluit episcopos Angliae, quos innodaverat vinculo excommunicalionis. Cumque prœfafus Rex ila commotus esscl in irarn , quatuor milites de domo et familia ejus, propter animi motus quos in eo viderant, volenles eum vindicare , latenter (nesciente ipso Bege) ad mare feslinaverunl , ad transfre'andum in Angliam. Et cum transfrelassent , iter suum arripuerunl festinato cursu versus Cantuariam. » Ex Iïenedicli Petroburgensis abbalis , Vita Uenrici 11, Àngliœ régis; apud Bouquet, torn. XII, pag. 145.

(2) Parcum el mansionem regiam fecil circa fusles planlatus apud Cbivileiuro juxta Bothomagum. Ap. Bouqucl, t. XIII, p. 306.

CANTON DE 1ULLEROY. 3h3

triangulaire qui forme l'enceinte , est défendu de deux côtés par des vallons escarpés et par la rivière de la Drome ; de l'autre côté (vers le Midi), par une longue terrasse ou vallum (1) , haute de h à 5 mètres et large de 6 mètres à son sommet, sur une base de plus de 10 mètres dans quelques parties.

J'ai donné le plan de celte enceinte, fig. III, pi. XXXII de mon Cours d'antiquités, et elle doit remonter à une époque très- reculée.

On a découvert , il y a quelques années, non loin du rempart, un certain nombre de médailles celtiques en argent et en electrum, qui ont été examinées et décrites par M. Ed. Lambert.

Précédemment on avait trouvé dans l'enceinte des débris d'armes, qui avaient été vus par M. Dubois, curé de la paroisse , et on parle de souterrains et de trésors cachés dans l'espace formant cette enceinte.

L'église de Castillon m'a paru se rapporter , en partie au moins, au XIVe. siècle ou à la fin du XIIIe. Elle n'est pas sans importance, quoiqu'elle n'offre pas plus d'intérêt que beaucoup d'autres. Le chevet est droit et la tour carrée qui s'élève au centre de l'édifice se termine par une pyramide en ardoise.

Cette église est sous l'invocation de saint Cassien. L'abbaye de Longues présentait à la cure.

Une des prébendes de l'évêché de Rayeux portait la dénomination de Castillon; elle avait été fondée par l'évêque Odon, frère utérin de Guillaume-le-Conquérant.-

Le chanoine titulaire de cette prébende recevait une parlie des dîmes; le reste était perçu par le Chapitre de la cathé-

(1) Un des villages voisins du rempart s'appelle hameau Vallun ; ce qui est à remarquer, car Vallun est bien la traduction de vallum.

f6kh STATISTIQUE MONUMEiNTALlS DU CALVADOS.

drale , l'abbaye de Longues, le commandeur de Beaugy et le trésor de l'église.

La cure avait été anciennement divisée en deux portions , dont l'une était à la nomination de l'abbaye de Longues , et l'autre à celle du chanoine de Castillon. Les choses étaient ainsi réglées quand le livre Pclut a été rédigé.

Château. Le château construit au siècle dernier par un Tanneguy du Châtel, qui fut premier président du Conseil supérieur , établi à Baveux lors de la suppression des parlements , appartient à M. de La Boire, président de la Société d'agriculture de Bayeux, par suite de son mariage avec IVllle. Ida du Châtel , petite-fille du premier président.

Ce château , qui en a remplacé un plus ancien , est dans la plus agréable position que l'on puisse imaginer. Les rives escarpées de la Drome qui coule à ses pieds, semblent disposées tout exprès pour dérouler devant sa façade les accidents les plus pittoresques et les plus variés. La route de Bayeux à Balleroy est elle-même conduite , relativement aux pentes et à la position du château , comme le serait une allée de jardin anglais tracée pour l'agrément de cette résidence.

i\L de La Boire a fait exécuter, sur les terres qui dépendent du château , de très-grands travaux qui ont considérablement amélioré ce domaine.

Il existe à Castillon des carrières d'ardoises qui sont exploitées depuis plusieurs siècles.

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