‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 174 sur 296 · CHAPITEAU GALLO-ROMAIN TROUVE PUES DE LA CATHEDRALE · texte numérisé non relu

CHAPITEAU GALLO-ROMAIN TROUVE PUES DE LA CATHEDRALE

M. Lambert a eu l'heureuse idée de former, dans la cour de la Bibliothèque publique, un musée lapidaire; il ren-

ferme plusieurs morceaux très-intéressants qu'il est bonde mentionner (1) , ce sont : cinq bornes ou colonnes milliaires avec des inscriptions relatives aux empereurs Claude Ier., Marc-Aurèle, Lucius-Verus,Septime-Sèvère , Maximin Ier. , Maximin, son fils, et Conslanlin-le-Grand , c'est-à-dire depuis l'an 66 de l'ère chrétienne jusqu'à l'an 313.

Pour les inscriptions de ces colonnes, on peut consulter un mémoire de M. Lambert sur l'épigraphie de Bayeux. M. Pluquet en a parlé , de son côté, chap. vin de son Essai historique sur Bayeux, publié en 1829.

Les autres objets sont :

1°. Un fût de colonne, couvert de sculptures , d'ornements fort riches disposés en huit bandes verticales, terminées par une zone ou ceinture circulaire, sculptée d'arabesques du meilleur goût : M Lambert le croit de l'époque des Antonins;

(I) M. Léon Renier, conservateur de la Bibliothèque de la Sorbonne, s'est exprimé en ces termes, dans son rapport au Ministre sur une mission en Normandie et en Bretagne : « A Bayeux, j'ai pu admirer « un véritable musée d'antiquités, où sont conservés, avec une solli- « citude éclairée, des monuments épigraphiques peu nombreux, mais « d'un grand intérêt. Je citerai seulement cinq bornes milliaires ap- « partenant aux règnes de Claude, Marc-Aurèle, Septime-Séi'ère , « Maximin et Constantin-le- Grand. Trois de ces bornes sont iné- « dites, ou peuvent être considérées comme telles, tant les textes « qu'on en a donnés sont incorrects; une autre, celle de Claude, a « été publiée avec peu d'exactitude par M. de Gerville , dans son « Mémoire sur les villes et voies romaines de la Basse-Nor- « mandie (*j ; enfin , la dernière, celle de Constantin , a été savarn- « ment commentée dans les Mémoires de la Société des Antiquaires << de Normandie (**), par M. É'Iouard Lambert , qui est à la fois le « créateur et le conservateur de celte précieuse collection (*'*). »

(*) Valognes, 183S, p. 65.

(**) 2e. série, t. VII, p. 437 et suiv.

(***) Bulletin des Sociétés savantes, l. 1er., 1854, in-80., p. 187.

2°. Un chapiteau d'un style approchant du dorique , qui paraît avoir été très-usité dans la Gaule ;

3°. Des bases et des chapiteaux de colonnes : un de ces derniers offrait des bustes de personnages, placés dans les angles au milieu de feuilles d'acanthe ;

k°. Des fragments de corniches , de frises sculptées, etc.; des débris de colonnes ornementés de divers genres , avec la moitié d'une statue drapée et assise , qui semble représenter un magistrat sur son siège.

M. Pluquet rapporte , dans son Essai historique sur la ville de Bayeux , publié en 1829 , que la plupart des pierres sculptées d'origine gallo-romaine qui avaient été exhumées du château , furent abandonnées sur la place , puis successivement brisées et emportées par ceux qui achetaient des moellons provenant de la démolition des murailles ; il cite , parmi ces débris , une pierre portant l'inscription suivante que nous reproduisons , d'après lui , sans répondre de l'exactitude du texte :

Page 1