DÉTAILS DE L'ARMOIRE DU TRÉSOR
extrémités. Elle est divisée en sept compartiments formés par autant de portes. Les panneaux ont été peints , et quelques parties des sujets qui y étaient représentés sont encore fort
(!) I. Pied de l'armoire. 2. Ferrures. 3. Poignée. 4. Ornement du milieu de l'armoire. 5. Ornement des extrémités de l'armoire.
distinctes. Ces peintures , assez largement traitées , ne peuvent toutefois être considérées que comme de l'ornementation ; elles offrent cela de particulier qu'elles ressemblent beaucoup , par le faire et le procédé des hachures destinées à marquer les ombres , aux vitraux peints du même temps. Les ferrures sont intactes ; les serrures , sauf une seule , ont disparu.
Dans la même sacristie on remarque encore : 1°. un fort beau pliant en fer , du XIVe. siècle ; 2°. l'armure complète de l'homme d'armes qui accompagnait autrefois l'évêque, dans certaines cérémonies. Elle peut être du temps de Henri IV.
On conserve dans la sacristie basse un coffret arabe en ivoire avec ornements d'argent, qui a occupé plusieurs antiquaires ; c'est une des merveilles de l'art des Sarrazins. On y lit une inscription , en caractères coufiques , qui en fait remonter l'origine au-delà du IVe. siècle de l'hégire. Dans ce précieux coffret est renfermée la célèbre chasuble de saint Regnobert, décrite et figurée par M. Spencer Smith ; 2°. le calice de M. de Nesmond, curieux modèle de la riche orfèvrerie du temps de Louis XIV , devenue si rare de nos jours.
M. Bourdon avait , avec M. Bouet , relevé des dessins du petit nombre de pierres tombales qui existent encore dans la cathédrale. La plus belle est dans la chapelle de la Vierge ; elle a aussi été dessinée par M. Lambert.
Les stalles du chœur sont l'ouvrage de Jacques Lefebvre , menuisier de Caen ; elles datent de 1588-1589. La stalle du célébrant est de 1681 , aussi bien que les grilles qui forment le pourtour du chœur.
La chaire , assez remarquable t placée dans la nef ( côté Nord) , est de 1787.
Les protestants ont détruit , en 1562 , un grand nombre
d'objeis précieux que possédait la cathédrale , notamment une magnifique couronne de lumière qui était suspendue à l'entrée du chœur, et qui avait été donnée par l'évêque Odon , frère de Guillaume-le-Conquérant. Ce magnifique candélabre , dont nous ne connaissons plus d'analogue existant que dans les couronnes d'Aix-la-Chapelle et de Hildesheim (1), offrait, comme celles-ci, une longue inscription en vers latins sur les cercles en métal formant la couronne ; il portait quatre-vingt-seize cierges et les statuettes des apôtres, des prophètes , des vertus, des vieillards de l'Apocalypse, etc., etc.
Je borne à ce qui précède les quelques notes relatives à la cathédrale ; il faudrait , je le répète , une monographie , un volume, pour décrire tout ce que ce beau monument renferme d'intéressant, et j'espère que MM. Lambert, l'abbé Laffetay et G. de Villers, associés à quelqu'artiste de talent , publieront ce volume. Un pareil ouvrage demande l'examen répété et sérieux de ces riches détails d'ornement , qui donnent tant d'intérêt et d'importance à l'édifice. Ce n'est pas dans un article de quelques pages que l'on peut faire connaître un monument aussi compliqué. J'indique les faits généraux , appelant de tous mes vœux la publication d'un ouvrage consacré spécialement à la cathédrale (2).
(1) V. mon Cours d'antiquités, Ve. partie ; le Bulletin monumental, t. XX, p. 294; Y Abécédaire d'archéologie (partie religieuse ) , 3*. édition.
(2) M. Yvory , sculpteur, membre de la Société française d'archéologie , a beaucoup étudié la cathédrale , il se fait un plaisir de guider dans la visite de cet édifice les antiquaires et les étrangers qui mettent son obligeance à contribution, M. Yvory a formé , des débris sculptés provenant de la cathédrale et des fragments
Chapelle du séminaire. Après la cathédrale, le monument religieux le plus important de Bayeux est la chapelle du séminaire , qui avait été construite au XIIIe. siècle pour l'Hôtel-Dieu (1) : c'est à juste titre qu'elle a attiré l'attention de tous les antiquaires anglais qui ont visité Bayeux , notamment de MM. Pugin , Gally-Knight , Rickmann , Wevhel et Parker.
Je trouve dans la composition de cette église des combinaisons qui ont été usitées, avec beaucoup de bonheur, dans d'autres églises du XIIIe. siècle , particulièrement dans notre région monumentale du Calvados. Les murs latéraux sont divisés en six travées par des colonnes qui reçoivent les arceaux de la voûte. L'élévation de chaque travée offre un mur surmonté d'une fenêtre à deux lancettes , séparées par une colonnette et réunies sous une arcade ogivale : c'est en petit, et avec beaucoup de simplicité , la disposition des fenêtres géminées de la cathédrale et de celles que nous verrons bientôt dans l'église de l'abbaye de Longues: ici pas de triforium, ni même de balustrade entre le premier ordre et le clérestory : cette division eût allourdi l'édifice : on l'a supprimée.
Le chevet , qui est droit , se trouve divisé en deux absidioles par la disposition des arceaux de la voûte et par une saillie, dont le sommet est orné de trois colonnes recevant la
de sculptures gallo-romaines trouvées dans les fouilles du planilre , un musée lapidaire qui présenle déjà de Pintéfêl et qui se trouve au rez-de-chaussée de la bibliothèque capilulaire , au Nord de la cathédrale.
(I) Kobert des Ablèges , qui fonda l'hôpital , fut sacré évêque de Bayeux en 1206 et mourut en 1231. Cet hôpital trés-curieux, et qui offrait une grande et belle salle du XIIIe. siècle , avec deux rangs de colonnes comme celles des hôpitaux de Caen et d'Angers (V. mon Cours d'antiquités et mon Abécédaire d'archéologie ( architecture civile )), a été malheureusement démoii en 1823 et reconstruit.
nervure centrale de la voûle et deux des arceaux flabelliformes des absidioles.
Le plan ci-joint fera comprendre la disposition que j'indique.