BANVILLE
Banville, Banvilla, Baianvilla , Baanvitla.
L'église de Banville est en grande partie moderne, éclairée par de grandes fenêtres à cintre surbaissé , presque carrées : quelques parties seulement des murs peuvent être anciennes. La tour est terminée par une coupole en forme de cloche.
Cette église est sous l'invocation de saint Lo. La cure était à la nomination du seigneur, et le curé percevait les dîmes. A l'époque où le livre Pelul fut rédigé , le patron collateur était Ingran du Bosq ( Ingranus de Bosco scutifer ).
Antiquités romaines, Banville est une des localités où l'on découvre le plus d'antiquités romaines, et, sans aucun doute, ce point était anciennement très-habité. La zone où l'on a observé le plus de fondations , formerait une ligne plus ou moins large et un peu inclinée allant de l'Est à l'Ouest , passant au Sud de l'église actuelle , et comprise entre cette église , celle de Ste. -Croix et la voie romaine, au Nord du village de Colombiers. Outre le grand nombre de tuiles brisées que j'y ai vues, et les fondations que les agriculteurs du pays m'ont dit y avoir rencontrées en labourant, la charrue a ramené à plusieurs reprises, et tout récemment encore, à la surface du sol , des fragments de mosaïque. Plusieurs sépultures ont aussi été trouvées, et l'on y a remarqué des squelettes près desquels étaient de grands anneaux formés
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par des tiges de bronze recourbées de 1 ou 2 lignes de diamètre. Ces squelettes se sont rencontrés sur deux points différents : les uns dans un chemin en allant joindre l'avenue du château, les autres le long d'un chemin creux très-caractéristique qui , après avoir traversé la campagne dans le point ou l'on trouve le plus de ruines, vient obliquement rejoindre la voie romaine près du pont de Reviers.
Dans mon Cours d'antiquités, j'ai décrit une enceinte très-remarquable dont on voit encore les remparts et qui se trouve à l'extrémité de la commune, sur le bord de la Seulle. Il est très-probable qu'elle remonte à l'époque romaine.
La colline de la Burette , sur laquelle se trouve l'enceinte dont je parle , à 1/2 lieue au Nord du pont de Reviers, est une éminence calcaire formant presqu'île, défendue par la rivière de Seulle et par un ravin profond ; elle ne s'attache aux pla teaux voisins que par un isthme assez étroit que l'on a barré au moyen d'un rempart, suivant le système que nous avons remarqué dans beaucoup de localités anciennes ; un autre rempart , parallèle au premier , séparait la péninsule en deux parties. Ce second fossé a été aplati par les travaux de culture , et n'est pas aussi prononcé que le premier , mais il est visible encore (1). On a trouvé en défrichant la terre, sur plusieurs points de ce camp antique , des rangs de gros clous à crochet que les habitants ont supposé avoir servi pour attacher les tentes ; et plus tard un homme , défonçant la terre du côté du bord le plus abrupte du camp, a rencontré trois rangs de grandes pointes en fer scellées dans la roche, qui paraissent avoir été ainsi disposées pour empêcher d'escalader le rempart.
(1) Il ne faut pas confondre avee l'ancien camp des travaux qui n'ont rien de commun avec lui , quoique placés à l'extrémité de la presqu'île de la Burette. Ce sont des fossés dessinant la forme d'un polygone, et dont on connaît parfaitement la date. Cet ouvrage fut fait, m'a-t-on dit, dans le siècle dernier ( 17U-1755 ) par des soldats en garnison à Courseulles.
CANTON DE KYES. 5U 3
Le camp de Banville est eri vue de Courseulles, de Bernières et de la campagne située entre Caen et la mer; il domine Je cours de la Seulle et se trouve très-bien placé pour empêcher de remonter cette rivière.
Une mosaïque, des briques et des tombeaux découverts dans les environs, me portent à croire que ce camp est d'origine gallo-romaine; ces tombeaux, dans lesquels se trouvaient des squelettes et des anneaux de bronze , me paraissent annoncer le IVe. siècle; peut-être ce camp était-il, avec ceux qui se trouvaient sur la rive opposée de la Seule, occupé par les soldats mentionnés par la notice comme ayant leur résidence à Grannona (1).
A. Banville, comme dans toutes les localités où l'on trouve d'anciennes constructions, les habitants, frappés de la présence des fondations de murailles que recouvre la terre végétale, commentent ces faits à leur manière et ne manquent pas de rapporter les traditions qui existent à ce sujet, de temps immémorial, dans le pays. Ils rapportent qu'à une époque très-reculée, la peste détruisit toute la population : il ne resta, disent-ils, que deux filles qui se réunirent aux habitants de Ste-Croix. Ce serait , d'après eux , depuis cette époque et long-temps après que le nouveau village de Banville se serait formé là où on le voit aujourd'hui , au Nord de l'emplacement où se trouvait l'établissement gallo-romain. Quelque peu admissible que soit cette tradition , elle s'accorde avec toutes les autres, et elle prouve qu'à une époque dont un souvenir confus s'est conservé par les traditions de nos populations rurales , une grande catastrophe a anéanti ou dispersé les habitants , et peut-être est-il assez naturel de voir dans cette catastrophe le résuîtat de l'invasion des barbares , au IVe. siècle.
(1) TRiBUNUS COHORTIS PRIMEE 1SOYJE ARMOiUC E GRANNONA IN L1TTORE SAXON1CO.
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Château. Le château de Banville appartenait à la famille de Ciresme, qui habite aujourd'hui Martragny ; il a été vendu par elle avant la Révolution ( par le grand-père de M. de Ciresme). Aujourd'hui la terre et le château appartiennent à M. de Boislambert.