‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 203 sur 296 · RETABLE DANS L EGLISE DE GRAVE · texte numérisé non relu

RETABLE DANS L EGLISE DE GRAVE

CANTON DE RYES. 5&Q

Vaux. -— Le château de Vaux, sur la commune de Grave, dans la direction de l'Ouest, était une des grandes habitations seigneuriales de la fin du XVIe. siècle ou du commencement du XVIIe. La porte d'entrée était défendue par deux tours à toits coniques et à modillons sous la corniche , dont une était encore, il y a quelques années, armée d'une coulcuvrine dont le canon sortait du mur par une ouverture arrondie : le château se développait ensuite avec ses fossés murés ; derrière , à l'Ouest , se trouvait un parc avec des terrasses garnies de balustrades en pierre; au Sud, des avenues s'avançaient dans la campagne.

Cette grande habitation appartenait, avant la Révolution , au marquis de Saint-Suplix qui possédait aussi la baronnie de Crépon ; il avait deux filles , dont une , qui eut en partage la terre de Vaux , épousa M. de La Bédoyère , père du colonel de La Bédoyère, fusillé en 1815, en même temps que le maréchal Ney. Le domaine fut acheté par l'orientaliste comte Amédée Jaubert , membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, mort pair de France en 18&6 (1), qui le revendit à M. Person, ancien représentant du Calvados, auteur de plusieurs mémoires sur l'industrie chevaline. M. Person a reconstruit le château à neuf et fait disparaître les restes de l'ancien ; il a seulement conservé une des tours de l'entrée , et si la couleuvrine ne s'y voit plus, montrant sa tête aux passants , elle est , dit-on , déposée dans le grenier ; le colombier, qui se trouvait , selon l'usage , en avant de l'ancien château , a été utilisé dans la construction du nouveau ; il en forme un des angles et le salon s'y trouve placé , ce qui explique sa forme circuculaire.

(H Membre correspondant de l'Académie des inscriptions , j'ai eu, pendant quinze ans , les rapports le? plus agréables avec M. le comte Amédée Jaubert.

Par suite de la suppression du chemin qui passait devant l'ancienne porte, M. Person a pu enclore de murs un parc considérable que l'on aperçoit de Courseulles , et dont les arbres , malgré le voisinage de la mer, sont de la plus belle venue (1).

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