CRÉPON
Crépon , Ecrlesia de Crepone , Kerpon.
L'église de Crépon se compose d'une nef avec bas -côtés, en partie romane , en partie moderne , d'une tour centrale et d'un chœur de transition. C'est à peu près la disposition que nous venons de voir à Villiers -le-Sec (p. 532) ; seulement le style de l'église de Crépon est plus ancien.
Le chœur se compose de deux travées , non comprise celle qui se trouve sous la tour ; les arceaux des voûtes de ce chœur sont prismatiques , ce qui annonce le XVe. siècle; ils reposent d'ailleurs sur des colonnes de transition et peuvent avoir été refaits ou retaillés.
Les voûtes de la tour ont de gros arceaux toriques au
55ft STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
ROUGET- VUE de l'église de crépon (gôté du sud
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nombre de huit , quatre disposés en croix et tombant sur le sommet des arcs, et quatre en diagonale reposant sur les colonneltes des pilastres angulaires (1).
Le chevet était éclairé par deux fenêtres en lancettes qui ont été bouchées au siècle dernier , probablement par suite de rétablissement de la boiserie et d'un grand tableau représentant le crucifiement de N.-S. J.-C Une sacristie moderne a été construite du côté du Sud.
Le chœur a été garni d'un lambris de chêne et de stalles vers la fin du règne de Louis XV. L'autel en chêne , et de la même époque , est complet avec son exposition ; il mérite d'être remarqué. Cet autel est placé à l'entrée du chœur , et les sièges du célébrant et de ses acolytes sont , dans le fond , adossés au chevet. Cette boiserie n'est pas sans intérêt.
Les quatre grandes arches de la nef sont romanes de transition , sans moulures ; elles offrent des plein-cintres trèsréguliers. Il y a 25 ou 30 ans, des ouvriers ou des soidisant architectes se sont stupidement avisés de retailler tous les piliers, de les amincir, de les transformer en maigres piliers carrés , et de sculpter sur chaque face de ces tristes supports qui ont Vair de fléchir sous le poids, des triglyphes en guise de chapiteaux. Qui croirait que des travaux semblables aient pu être faits par des gens raisonnables!!!
Il y a près de 50 ans que la nef et les bas côtés ont été exhaussés; il est facile de voir à quelle hauteur s'arrêtait alors le mur de la nef au-dessus des grandes arcades : un seul toit couvrait auparavant la nef et les ailes , comme on le voit encore dans les halles anciennes et dans quelques églises du Midi. Par suite de cet exhaussement , la nef cen-
(I) Les arceaux qui donnent au Nord et au Sud coupaient l'arcade pour venir, au milieu du rempli , reposer sur une colonnette en encorbellement. Cette disposition est assez singulière pour être notée.
traie a eu son toit particulier. Les fenêtres qu'on a pratiquées dans ce nouveau mur, au-dessous de la couverture des bascôtés, sont carrées et faites sans goût. Des reprises ont eu lieu en même temps aux murs des bas-côtés , de sorte qu'au premier abord on est tenté de regarder toute la nef comme moderne, tandis qu'elle n'est que modernisée et exhaussée.
La porte de l'Ouest est récente et en saillie sur le reste ; mais la fenêtre qui la surmonte doit être du XVe. siècle , à en juger par les moulures.
Les deux chapelles qui forment transept sont de date très-incertaine ; elles renferment l'une et l'autre des pierres tombales qu'il n'est guère possible de lire entièrement , et dont plusieurs sont en partie cachées La chapelle Nord , qui est la plus importante , a un autel à colonnes torses , accompagné de deux portes. Cette décoration doit être à peu près du temps de Louis XIV.
Il me reste à parler de la tour : il est évident qu'elle appartient à deux époques. Le style de transition se montre jusqu'à une certaine hauteur ; mais le dernier étage et le beau toit en pierre , en forme de bâtière , qui couronne le tout est du XVe. siècle.
Ce toit est porté , entre les deux gables , par quatre arcs en ogive dans le genre de ceux que j'ai figurés page U25 ; mais comme ils avaient à supporter un toit plus élevé que beaucoup d'autres, ces arcs ont deux étages , et au-dessus de la première ogive , il y en a une seconde plus petite qui va presque jusqu'au faîte. A ce moyen , les dalles en pierre ont pu être solidement fixées.
L'église de Crépon est sous l'invocation de saint Médard. Le patronage était exercé par le seigneur laïque ou par l'abbaye de Cormellcs. Cette abbaye percevait la moitié des dîmes ; le curé prenait l'autre moitié.
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Jusqu'à ces derniers temps , Crépon était chef-lieu de doyenné. Mgr. Robin, pour mettre l'administration ecclésiastique en harmonie avec l'organisation cantonale , a transféré le doyenné à Ryes (1).
La baronnie de Crépon est ancienne , et ceux qui la possédaient ont joué un certain rôle sous nos ducs de Normandie. Sous Philippe- Auguste, elle appartenait à la famille Malesmains. Agnès Malesmains était fille de Guillebert, baron de Crépon , mort sans enfants. Sa tante , Jeanne Malesmains , épouse d'Olivier, sire de Montauban , porta la baronnie dans cette dernière famille en 1373 (Voyez Notes manuscrites de M. l'abbé De La Rue ).
Au siècle dernier , la baronnie appartenait , comme nous l'avons dit, au marquis de Saint-Suplix.
Plusieurs fiefs existaient à Crépon, notamment ceux de la famille Huë de Mathan et de la famille Huë deLHérondcl (2).
MEUVAINES.
Meuvaines , Mevenia.
L'église de Meuvaines appartient au style roman dans son ensemble, et abstraction faite des parties que nous allons indiquer.
Les murs latéraux de la nef sont construits en moellons
(1) Le cimetière de Crépon a reçu depuis quelques années le tombeau de M. François de Caumont, mon père, et de ma mère, née de Malhan, inhumés dans un terrain concédé à perpétuité.
(2) La lerre patrimoniale de la famille Huë de Mathan est partagée à présent entre M. de Rochefort et moi, du chef de nos mères qui étaient des demoiselles Huë de Malhan. M. de Rochefort possède l'habitation avec le parc entouré de murs et la ferme qui en dépend; elle ne remonte pas au-delà du règne de Louis XIV et n'a rien d'important. Je possède la seconde ferme dans laquelle il existe un beau colombier cylindrique que l'on a uiilisé et qui ne sera pas démoli.
plats , disposés en arête de poisson et fortifiés par des contreforts en pierre de taille.
L'entablement est porté par des modillons sans figures qui ne peuvent être anciens ; il est évident qu'on a refait et surélevé tout l'entablement. On voit d'ailleurs les traces de cet exhaussement. Toutes les fenêtres ont été repercées au siècle dernier , en forme de cintre , selon l'usage de l'époque.
La façade , dont voici l'esquisse , se compose d'une porte
FAÇADE DE l'ÉGLISE DE MEUVAINES.
entre deux arcades bouchées plus petites , ayant au-dessus des arcatures : elle n'offre pas de moulures , mais probablement elle a été retaillée et il y en a eu dans l'origine, avant que l'on détruisît un porche dont on voit encore le profil. Des statues assez barbares sont placées dans deux des arcatures; il est évident qu'elles ont été mises là après coup , car
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elles ne sont pas de même grandeur : le saint Pierre est