‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 207 sur 296 · STATUES AU-DECSUS DU PORTAIL DE MEUVAINES · texte numérisé non relu

STATUES AU-DECSUS DU PORTAIL DE MEUVAINES

figuré dans une niche creuse ; l'autre est sculpté sur une pierre plate.

Le chœur est percé , au Nord et au Sud , d'une fenêtre à plein -cintre avec archivolte décorée de frettes crénelées. Trois fenêtres pareilles s'ouvrent dans le chevet.

La tour , qui s'élève sur la première travée du chœur , offre à sa base , du côté du Sud , une ogive garnie de zigzags opposés dessinant des losanges. Je l'ai figurée dans le Ier. volume des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie et dans la pi. LIV, fig. 7, de mon Cours d'antiquités monumentales.

Deux chapelles , évidemment postérieures à l'église , forment transept à l'extrémité orientale de la nef ; elles ont été mises en communication avec celle-ci par deux grandes ouvertures ogivales.

Le chœur et le dessous de la tour sont voûtés ( voir le plan , page 560 ). Toute la partie supérieure de la tour*me paraît peu ancienne comparativement à la base, elle pourrait

n'être que du XVIIe. Pour la pyramide terminale , elle a été reconstruite depuis la corniche par un maçon qui existait encore il n'y a pas très-long- temps ; il est facile de voir qu'elle est récente , malgré la prétention qu'on avait , sans doute , d'imiter les flèches anciennes.

L'arc triomphal, entre le chœur et la nef, est en ogive très-prononcée et orné de zigzags opposés formant des losanges. Les voûtes du chœur et de la travée , sous la tour , sont de la même époque , c'est-à-dire probablement de la seconde moitié du XIIe. siècle ; les arceaux toriques viennent reposer sur des colonnes.

i'LAN de l'église de meuvai.nes pau m. l'ahchitectë delaunat.

Une sacristie moderne a été construite au Sud. On voit dans les transepts de l'église de Meuvaines deux statuettes , dont une surtout , celle de saint ftlanvieu , m'a

CANTON DE RYES. 561

paru ancienne et remonter au XVIe. siècle. Saint Man\ieu est représenté en costume d'évêque ; l'autre , qui est celle de saint Léonard , a été apportée , dit-on , de la chapelle de Maronnes , église annexe de Meuvaines et qui a été détruite. Deux captifs paraissent implorer le saint. Cette statuette a moins de caractère que l'autre. Il y a encore clans la sacristie une statue de sainte Barbe , qui peut être du XVIe. siècle.

Deux grandes statues en bois , à droite et à gauche de l'entrée du chœur, doivent être l'ouvrage du même sculpteur ; elles ne sont pas sans mérite : je les crois du XVIIIe. siècle ou des dernières années du XVIIe.

Meuvaines est sous l'invocation de saint Manvieu. Saint Léonard était le patron de Maronnes , église dans laquelle on disait la messe les dimanches et fêtes. Le patronage était , depuis 1740 , exercé par l'évêque de Bayeux. Le collège de l'Oratoire de Tours percevait les dîmes comme possédant la manse abbatiale de St. -Julien de Tours, qui avait précédemment le patronage. Les dîmes de Maronnes appartenaient en entier au curé.

Deux tombeaux du cimetière m'ont présenté les inscriptions suivantes :

CY C1ST LE CORrS DE NOBLE HOMME GUILLAUME DE BALDRE DANELLES PRESTRE OBITIER DE CE LIEU DÉCÉDÉ LE 10 DOCTOBRE 1750. ÂGÉ DE 73 ANS PRIEZ DIEU POUR LE REPOS DE SON AME.

CY GIST LE CORPS DE VENERABLE ET DISCRETTE PERSONNE M. JEAN HUB PBB CURE DE CE LIEU DECEDE LE 3 DOCTOBRE LAN DE GRACE 1712 ÂGÉ DE 68 ANS PRIEZ D!EU POUR LE REPOS DE SON AME.

Maronnes. — Le village de Maronnes est à 2 kilomètres 1 /2 de l'église de Meuvaines , au Sud , et présente une agglomération d'habitations. J'ai déjà dit que l'église est maintenant détruite.

Anciennes sépultures. Il y a trente ans , feu M. Labbey trouva sur le mont Mathan , coteau placé à l'Est de l'église , des sépultures que j'ai signalées dans la Revue normande. Les corps y avaient été déposés la tête au Midi et les pieds au Nord. Chaque tombeau avait été creusé dans le roc à 2 ou 3 pieds de profondeur seulement. On a remarqué que des charbons se trouvaient dans tous à la hauteur de la tête. Très- peu d'ossements résistaient au contact de l'air, mais on recueillit différents fragments de fer que la rouille avait rendus méconnaissables et des cercles de bronze de plusieurs grosseurs. L'un de ces bracelets fut encore trouvé environnant l'os du poignet qu'il avait teint, sur une longueur de deux pouces , d'un très-beau vert , semblable à celui de la patine des belles médailles antiques.

ASNELLES.

Asnelîes , Asnellœ.

L'église d'Asnelles présente dans sa nef des murs latéraux en arêtes de poisson , remarquables par la régularité des pierres plates qui ont été employées dans l'appareil et par l'inclinaison de ces pierres (1). Des modillons bien conservés couronnent ces murailles. Une porte cintrée sans ornements, percée dans le mur latéral du Sud, date de la même époque. La porte occidentale et le mur de la façade ont été complètement refaits à une époque assez récente. Plusieurs fenêtres modernes sont percées dans les murs de la nef.

Le chœur paraît un peu moins ancien que la nef. Les murs en sont construits en pierres de moyen appareil , et si les formes de l'architecture romane s'y montrent encore , on

(1) Ce sont des pierres calcaires fissiles que l'on trouve à peu de distance du village d'Asnelles sur ceux de Fresnay , de Bazenville et autres, et qui appartiennent a la grande oolithe-

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voit dans les détails une légèreté qui annonce l'abandon prochain de cette architecture.

La tour consiste simplement dans un porte-cloche à fronton triangulaire , qui me paraît du XV0. ou du XVIe. siècle. On remarque au Nord , entre le chœur et la nef, une chapelle latérale moderne.

Le livre Pelut du diocèse de Bayeux indique l'abbé de St. -Julien de Tours comme patron collateur de la cure d'Asnelles ; mais dans le Pouillè du diocèse , tel qu'il a été dressé dans le siècle dernier par Lamare, l'évêque de Bayeux est indiqué comme nommant à cette cure. Les économats ou le collège de l'Oratoire de Tours , auxquels était unie la manse abbatiale de St. -Julien , percevaient, avant la Révolution , la moitié de la dîme et le curé le reste.

On voit encore près de l'église un ancien bâtiment qui doit avoir servi de grange pour la dîme perçue par l'abbaye de St. -Julien de Tours.

Le curé m'a appris que d'anciennes constructions, sur l'âge desquelles il n'a pu me donner de détails précis, ont été trouvées dans le vallon voisin de l'église , à l'Ouest , et au milieu duquel coule la petite rivière de Gronde.

Tuiles à rebords. On aurait aussi trouvé des tuiles à rebords sur un autre point en labourant : je n'ai pas vérifié ce fait.

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