‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 230 sur 296 · VŒU FAIT PAR JEAN HÉRARD ET SON ÉQUIPAGE LE 16 AOUT · texte numérisé non relu

VŒU FAIT PAR JEAN HÉRARD ET SON ÉQUIPAGE LE 16 AOUT

CANTON DE RYES. 615

L'église (le Port est sous l'invocation de saint André. Le chanoine théologal de Baveux nommait à la cure en sa qualité de titulaire du canonicat de Bernesq ; le chapitre de la cathédrale percevait les dîmes.

Port est appelé Portus Piscatorum dans la charte d'Odon , évêque de Bayeux , pour la réunion de St. -Vigor à l'abbaye de St. -Bénigne de Dijon en 1096. Danville , dans sa notice de la Gaule , y cherche le Grannona de la notice de l'Empire. Enfin l'abbé De La Rue (Notes manuscrites) supposait que Raoul Tortaire parlait de Port-en-Bessin dans le passage suivant de la curieuse épître qu'il écrivait au commencement du XIIe. siècle lors de son voyage dans nos contrées.

« Dès le lundi, au lever du soleil, nous quittâmes ce lieu « de délices , et vers le soir , nous fîmes notre entrée sur « le sol Baïeusain. Là, d'agréables maisons de campagne, « dispersées sur le rivage , nous offrirent pendant dix nuits « les charmes de l'hospitalité. L'hôte vagabond des mers se « présentait sur nos tables sous toutes les formes et avec « toutes les saveurs les plus variées.

« Pendant qu'avec mon guide ie m'amuse à recueillir des « galets que les flots ont polis, je m'enfonce jusqu'aux jambes « dans ces ondes maritimes que le nautonnier appelle les u Plates, lorsque dans la saison d'hiver il se livre à la pêche « des monstres de l'Océan.

« En ma présence, un de ces poissons, poursuivi par des « cris affreux, trompa l'espoir des pêcheurs qui manquaient « de filets. Ils eussent enfoncé dans ses flancs chargés de « graisse le triple fer de leur harpon, et mourante de « ses blessures, la victime eût été conduite au prochain « rivage. »

Je ne vois rien dans ce passage qui prouve que Raoul

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Tonaire fût à Port plutôt qu'à Asnelles ou à Arromanches ; mais évidemment il parle d'une de nos communes littorales de ce quartier.

Le pont à plusieurs arches qu'on voit à Port , et qui , sans doute, était à l'extrémité d'un bassin dont on a , diton, trouvé les vestiges entre les mai sons qui bordent ce vallon et la plage actuelle , est construit avec soin et m'a paru mériter un dessin.

Il n'est pas facile de déterminer absolument l'âge de ce pont ; les arches à plein-cintre et bien appareillées sont au nombre de sept, dont trois seulement paraissent avoir été exposées au courant :

ces dernières sont séparées les unes des

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autres par des épis , en aval comme en amont , ce qui me paraît prouver qu'il y avait alors un courant alternativement

ascendant et descendant , résultant du flux et du reflux de la mer.

Les piles du pont sont maintenant à moitié cachées par les attérissements. M.

Victor Petit , qui l'a visité avec moi et qui a fait le dessin que je présente , a rétabli la hauteur des piles, en indiquant coupe du pont.

par une ligne ponctuée le niveau des attérissements et du sol actuel (V. la figure, p. 616) (1).

Constructions gallo-romaines. M. Lambert a vu près de l'église de Port et près du chemin tendant de ce point vers l'église de Commes, des débris de constructions romaines (briques, tuiles, placages peints , ciment) , ce qui confirme mes conjectures sur l'ancienneté du village de Port.

(1) Les vestiges du bassin qui devait exister entre la mer et le pont sont mentionnés dans les Mémoires manuscrits de l'intendant Foucault concernant la généralité de Caen. «Il y avait autrefois « à Port, dit M. Foucault, qui écrivait au commencement du XVIIIe. « siècle, c'est-à-dire il y a 150 ans , quinze à dix- huit vaisseaux , et « à présent il n'en reste plus que deux qui portent des marchandises « au Havre et à Rouen : auparavant la guerre, ils allaient à la pêche « des harengs et des maquereaux, et ceux qui restaient péchaient « du poisson pour le vendre dans la ville ( à Bayeux ) »

CANTON DE TRÉVIÈRES.

Le canton de Trévières se compose de 28 communes , savoir :

Agnerville. St. -Laurent.

Bernesq. Louvières.

Blay. Maisons.

Le Breuil. Mandeville.

Briqueville. Mosles.

Colleville. Rubercy.

Colombières. Russy.

Crouay. Saon.

Ecrammeville. Saonnet.

Engranville. Surrain.

Etreham. Tessy.

Formigny. Tour.

Ste.-Honorinc-des-Perthes. Trévières (chef-lieu).

Huppain. Vierville.

Je vais d'abord passer en revue les communes du canton comprises entre la mer et la route de Paris à Cherbourg, puis je m'occuperai de celles qui se trouvent au midi de la même route.

HUPPAIN.

Huppain, Huppain.

J'ai cité l'église de Huppain, dès l'année 1827, pour sa façade occidentale et pour ses arcatures entrelacées formant des ogives par leurs intersections que l'on voit sur une des faces de la tour ; j'en ai donné des esquisses dans l'Atlas du IIP. volume de la Société des Antiquaires de Normandie , pi. 25 (années 1827-1828).

Cette église se compose d'une nef romane et d'un chœur du XIIIe. siècle.

La façade occidentale se compose d'une porte cintrée à deux archivoltes dont l'une est ornée de têtes plates , entre deux arcades bouchées, qui s'élèvent à une plus grande hauteur que l'extrados de l'arcade centrale : une fenêtre ogivale a été percée après coup dans le fronton : la nef se divise en trois travées ; les

Eouetdel. f.bsscain

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