UNE PARTIE DU CHATEAU DE VILL1ERS-SUR-PORT
Plus loin , les constructions forment un long bâtiment en retour d'équerre du Sud au Nord.
On y voit, dans le pignon , une autre fenêtre à croisée de
CANTON DE TRÉVJÈRES. 627
pierre dans le même style que la précédente, accostée de montants couronnés de pinacles appliqués sur la muraille : l'escalier se trouve en-dedans de la place , dans l'angle formé par la réunion des deux bâtiments, et, comme on le voit ailleurs , il se termine par une espèce de tour à toit en bâtière. Si l'on examine le reste du corps-de-logis dirigé du Sud au Nord, on y remarque du côté extérieur une porte en ogive , trefflée au sommet , qui peut remonter au XIVe. siècle, peut-être même à la fin du XIIIe. ; enfin, à l'extrémité vers le Nord , une construction extérieure dont il est difficile d'expliquer la destination : c'est une espèce de manteau de cheminée ; on comprend difficilement à quoi cela pouvait servir à Y extrémité extérieure de la construction qui paraît s'être arrêtée là, à en juger par la trace des fossés qui garnissaient la place de ce côté. Il ne faut pas s'arrêter à cette difficulté, car elle s'expliquerait peut-être si nous connaissions mieux l'ancienne disposition des lieux.
Le reste des bâtiments de cette seconde cour n'offre pas d'intérêt ; mais M. Le Sueur , membre de l'Association normande , qui a succédé à son père dans l'exploitation de la terre de Villiers , sait qu'un donjon carré existait dans cette seconde cour et qu'il a été démoli il y a 40 ans. Ce renseignement est important.
La terre et le château de Villiers-sur-Port appartiennent aux héritiers de M. le comte d'Héricy.
On voit figurer les seigneurs de Villiers dans un assez grand nombre d'actes. Guillaume de Villiers, versus mare, figure en 1254 dans le cartulaire du chapitre de Bayeux ; d'autres seigneurs de Villiers vivaient dans les siècles suivants.
Maisons, Ecclesia de Domibus.
Malgré l'établissement de fenêtres modernes , l'église de Maisons me paraît offrir , dans les trois travées qui composent la nef , le caractère de nos plus anciennes constructions romanes ; l'appareil est en arête de poisson ; la corniche, très-saillante et ornée d'étoiles, est portée sur des modifions à figures grimaçantes ; enfin il existe dans la partie du mur septentrional qui correspond à la première travée , une porte romane dont l'archivolte , sans sculpture, encadre un tympan au milieu duquel on voit , en méplat, un quadrupède grossièrement sculpté , qui représente probablement un lion. Cette porte , maintenant supprimée , était peut-être , au XIe. siècle , l'entrée la plus fréquentée , ce qui explique pourquoi , au XVe. , on a placé au-dessus d'elle une inscription assez longue qu'on pourrait lire en entier si on avait la patience de l'examiner assez long-temps; elle est de la fin du XVe. (M CCCC XXXX ) et un peu difficile à lire : c'est une inscription tumulaire.
La tour date du siècle dernier ; elle forme une addition à l'extrémité occidentale de la nef et se termine par un petit dôme octogone percé de 8 ouvertures.
Dans le vestibule pratiqué sous cette tour , on voit dans le mur une inscription qui contient ce qui suit :