IL AVAIT DESIRE PAR HUMILITE ETRE ENTERRE AU PORTAIL DE CETTE ÉGLISE
La tour a été construite depuis la mort de ce curé sur
CANTON DE TRÉVIÈRES. 629
l'emplacement même de sa sépulture , ce qui a motivé l'inscription dont je viens de reproduire quelques passages.
Le chœur de Maisons est beaucoup moins ancien que la nef et peu caractérisé ; on y voit , au chevet , deux ouvertures arrondies qui ne datent peut-être que du XVIe. siècle.
La sacristie est appliquée du côté du Sud.
L'église de Maisons est sous l'invocation de saint Marlin. Le seigneur nommait à la cure ; le curé percevait une partie des dîmes ; le reste était perçu par l'abbaye de Longues , le prieuré de St.-Vigor de Bayeux , et plusieurs chapelains.
La cure se divisait en deux portions qui furent réunies le 27 mai 1750. Cette réunion fut confirmée et enregistrée au Conseil supérieur le 15 avril 177Zi.
Château. Le château de Maisons , qui appartenait , au siècle dernier , à M. le marquis Bazin de Bezons , est habité par son gendre , M. le marquis de Nettancourt , ancien colonel de cavalerie.
Ce château est construit au milieu d'une enceinte entourée de fossés pleins d'eau (V. la page 630). Comme il a été retouché dans plusieurs de ses parties , et que les fenêtres ont presque toutes été retravaillées , il n'est pas facile d'assigner une date précise à l'ensemble de la construction.
La partie qui paraît aujourd'hui la plus ancienne est l'espèce de tour ou de donjon qui forme le centre de l'édifice; elle pourrait remonter au XVIe. siècle , peut- être même à la fin du XVe.
ÉTRÉIIAM-LE-PERROUX.
Étréham-le-Perroux , OEstreham, Hoistrehannum, Oistrehan-le-Prout , Étréham-le-Perreur.
L'église d'Étréham est une de celles que j'avais signalée
CANTON DE TKÉVIERES. 631
comme intéressante en 1827, quand je communiquais à diverses Sociétés savantes un aperçu général de la Statistique monumentale du Calvados. Depuis cette époque, elle a été retouchée et même refaite dans quelques parties par M. l'architecte Delaunay.
La nef, composée de trois travées, n'a conservé d'intacte que la façade occidentale qui est romane; elle offre un portail à plein-cintre et à deux archivoltes entre deux arcades qui s'élèvent au-dessus de l'extrados de cette ouverture centrale : disposition que Ton vient de voir à Huppain (p. 618) et qui est rare dans nos contrées.
Les murs latéraux qui devaient , dans l'origine , appartenir au style roman et qui montrent encore , du côté du Nord , des parties de cette époque avec une corniche à modillons , sont aujourd'hui percés de fenêtres refaites par M. Delaunay dans le style du XIIIe. siècte , à deux baies du côté du Sud, à une seule baie du côté du Nord , lesquelles correspondent aux travées et sont au nombre de trois de chaque côté. En même temps que l'on a ouvert ces fenêtres, on a voûté la nef qui n'avait qu'un lambris. Les arceaux croisés de ces voûtes, semblables à celles qu'on faisait au XIIIe. , viennent reposer sur des colonnettes en pierre à chapiteaux imités de la même époque. Le mur latéral du Sud a été refait à peu près en entier lors de cette construction.
La tour centrale précède le chœur et appartient , comme celui-ci, au XIIIe. siècle. Voici (page 632) la tour centrale de l'église d'Étréham ; elle présente , comme celle de Vaucelles, une rose polylobée interrompant l'arcature qui se trouve au niveau du toit de la nef et du chœur, cette rose éclaire le dessous de la tour dont la voûte s'élève au-dessus de l'arcature. Les lancettes du clérestory de ce clocher sont extrêmement longues et accostées de deux lancettes obscures.
VIE DE LA TOUR CENTRALE DE L'ÉGLISE d'ÉTRÉHAM.
Un rang de quatrefeuilles orne la frise. Le toit , en bâtière , doit être d'une époque postérieure.
L'Agneau portant sa croix occupe le tympan de la porte ogivale par laquelle on entre, sous la tour.
Les arceaux de la voûte qu'on voit à l'intérieur de cette tour reposent sur des colonnes qui , elles-mêmes, portent sur des consoles à têtes humaines.
Le chœur a des voûtes du XIIIe. siècle, comme la tour , et se compose de deux travées élégantes éclairées par des fenêtres ogivales en lancettes. Les murs et les colonnes ont été grattés lors de la restauration de la nef : on voit , dans la travée du sanctuaire, deux crédences, l'une au Nord, l'autre au Midi; elles sont l'une et l'autre composées de deux arcades géminées.
Une rose a été percée dans le chevet tout récemment , quand on a gratté les murs et retouché la nef.
L'église d'Étréham est sous l'invocation de saint Romain. Le seigneur nommait à la cure, le curé percevait 4/3 des dîmes; le reste appartenait au chapitre de la cathédrale et à l'Hôtel-Dieu de Bayeux. Quand le Livre Pelut a été écrit , le patron d'Étréham était un Mathieu de Saint-Germain : Matheus de sancio Germano.
J'ai vu , il y a 25 ans, des sarcophages en tuf de Sainteny (Manche) , qui avaient été découverts à une petite profondeur, par suite de l'élargissement et de l'encaissement du chemin qui accède à la porte occidentale de l'église ; ce fait prouve que le cimetière était plus étendu autrefois qu'aujourd'hui , et c'est une observation que j'ai faite dans bien d'autres localités.
Manoir près de l'église. J'ai figuré, dans mon Abécédaire d'archéologie et dans le Bulletin monumental , la porte d'un
ma noir qui existe tout près de l'église. Cette porte est du