‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 290 sur 296 · VUE EXTERIEURE DU CHEVET DE L EGLISE DE CRICQURVILLE · texte numérisé non relu

VUE EXTERIEURE DU CHEVET DE L EGLISE DE CRICQURVILLE

Le chœur de l'église Cricqueviile est , selon moi , un

Boiiet ciel.

PLAN DU CHŒUR DE l'ÉGLISF, DE CRICQl'EVILLB.

modèle à étudier, un type à reproduire dans les constructions

CANTON D'iSIGNY. 787

que l'on élève dans le style du XIIIe. siècle : jamais architecte ne composera rien d'aussi gracieux pour une population de 600 à 800 habitants. L'orfèvrerie religieuse pourrait aussi s'inspirer du chœur de l'église de Cricqueville pour composer des châsses dans le style du XIIIe. siècle.

Il est fort à regretter que l'on ait coupé les colonnettes de ce chœur pour garnir les murs de boiseries ; c'est une mutilation que bien d'autres églises ont subie et que nous déplorerons toujours. Une autre grande faute a été commise : on a construit une sacristie contre le mur méridional et, pour cela, on a mutilé un contrefort. Il est désolant de voir les fabriques établir partout des sacristies qui produisent un effet hideux dans les édifices auxquels on les accole; mais le clergé, comme les gens du siècle, veut du confortable : il ne se contente plus de ce qui suffisait à ses devanciers , et , au lieu d'arrêter les fabriques , trop souvent disposées à bâtir sans goût et sans nécessité , il les excite sans s'embarrasser des dégâts qu'occasionnent les constructions nouvelles.

Je me hâte de dire que la sacristie dont je parle a été établie avant la nomination de M. l'abbé Coron , curé actuel de Cricqueville , homme de goût qui comprend toute la valeur de son église, et qui, j'en suis sûr, se serait opposé à toute innovation de nature à altérer l'édifice.

La corniche extérieure du chœur est très-bien conservée du côté du Nord ; elle est fort élégante et ornée de modillons en méplat formant un feston aux contours les plus gracieux. J'ai trouvé ce même ornement dans un petit nombre d'édifices du XIIIe. siècle.

La nef était du XIIIe. siècle comme le chœur. Au XIVe. siècle, on a élevé, entre ces deux parties, une tour qui se

termine par un toit en bâtière, et, au Sud de celte tour, une chapelle dont voici une des fenêtres.

Bouet «loi. UNE FENÊTRE DE LA CHAPELLE MÉRIDIONALE DE L'ÉGLISE DE CRICQ11EVILLE.

Le portail occidental de la nef date de la même époque.

Les chapiteaux et les moulures le prouvent. La porte était subdivisée en deux baies par un pilier.

Le reste de la nef appartient au XIIIe. siècle, et, du côté du Nord , les trois fenêtres primitives se voient encore.

Le mur méridional, du XIIIe. siècle, a été refait à peu près

en entier, quand on a percé des fenêtres modernes ; il en reste seulement quelques parties vers l'extrémité occidentale (1). L'église de Cricqueville est sous l'invocation de Notre- Dame. Le prieuré de St.-Vigor, près Bayeux, nommait à la cure et percevait la plus grande partie des dîmes.

Manoir. — J'ai remarqué à Cricqueville deux manoirs anciens : l'un appartient , m'a-t-on dit , à M. de Coiognac ; l'autre , à M. d'Aboville.

LESTANVILLE.

Lestanvillc , Lestanvilla.

L'église de Lestanville n'est pas suffisamment caractérisée ; cependant l'arc ogival qui sépare le chœur de la nef est porté sur des colonnettes du XIIIe. siècle , et on peut admettre qu'une partie des murs est de cette époque; mais des reprises y ont été faites. Ainsi , la fenêtre qui éclairait le chevet et qui était subdivisée en trois compartiments a été bouchée , et un volumineux contrefort a été établi au centre du chevet, de manière à masquer cette fenêtre ; diverses parties de l'église paraissent plutôt du XIVe. siècle que du XIIIe.

Un porte-cloches à deux baies ogivales s'élève au-dessus du gable occidental de la nef. Deux contreforts soutiennent le mur qui a reçu une doublure portée sur un encorbellement. Le porche qui précédait cette façade est en ruine.

(I) Il existe dans la nel' quelques pierres tombales dont je n'ai pas eu le temps de «élever les inscriptions; j'ai reconnu seulement que l'une était la tombe de Branche , conseiller du Roi , lieutenant de i amirauté de Grandcamp ; et l'autre, celle de sa veuve morte le 20 juillet 1737 , âgée de 58 ans.

Des lambris en bois dissimulent la toiture du chœur et de la nef.

Une chapelle seigneuriale est en communication avec le chœur du côté de l'évangile.

L'église de Lestanville, aujourd'hui supprimée, était sous l'invocation de saint Malo. La cure se divisait en trois portions égales , et , quand le livre Pelut a été écrit , la première était à la nomination de l'abbesse de Ste. -Trinité de Caen ; la deuxième, à la nomination de l'évêque , et la troisième, à la nomination du prieur de St.-Fromond. Au siècle dernier, les dîmes de Lestanville avaient été réunies à celles de Grandcamp , paroisse voisine. Elles se partageaient ainsi qu'il suit : le curé de Grandcamp , l/5n,e. ; celui de Lestanville, 2/5,ues.; l'abbé de Cerisy, l/5nlc. ; l'autre 5e. était à la disposition du seigneur laïque.

GRANDCAMP.

Grandcamp, Grandis campus, Magnus campus.

L'église de Grandcamp se compose d'une nef et d'un chœur rectangulaires ; c'est une des plus insignifiantes et des plus laides du département. Les fenêtres sont arrondies, et rien dans l'édifice ne doit remonter au-delà du XVIe. siècle.

La tour , carrée , terminée en bâlière , est à l'extrémité occidentale de la nef.

L'église est sous l'invocation de saint Nicolas ; le seigneur nommait à la cure (1). Nous avons dit, à l'article Lestanville, comment les dîmes se distribuaient.

Grandcamp renferme plus de 1,200 habitants. La pèche occupe une partie de la population; les étrangers qui

(t) Quand le livre Pelut a été écrit , Richard Doisnet et Richard Parvi nommaient alternativement à la cure.

viennent y prendre des bains de mer, donnent une certaine animation à la rue principale de la bourgade, pendant la belle saison.

Château. — Le château de Grandcamp appartenait à une branche de la famille de Cussy ; il a été vendu et appartient aujourd'hui à un parent de M*. Saint, habile peintre en miniature, né à St.-Lo.

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