M AIS Y
Maisy, Maisium, Maisiacnm.
L'église de Maisy appartient à un ordre plus élevé que beaucoup d'églises ; rurales la localité était d'ailleurs autrefois bien plus importante qu'à présent : il y avait une hautejustice. Aujourd'hui, la population de Maisy se compose à peine de 600 habitants.
Le chœur de l'église de Maisy est éclairé, de chaque côté, par quatre ogives en forme de lancettes à deux baies, surmontées d'un trèfle : le tout couronné de nervures toriques reposant sur des encorbellements. Ces fenêtres, sans colonnes à l'extérieur, en ont à l'intérieur, et l'on retrouve ici la combinaison dont le XIIIe. siècle bayeusain nous a fourni des exemples remarquables à la cathédrale , à la chapelle du séminaire et à l'abbaye de Longues , et que nous signalions tout à l'heure à Cricqueville. A l'intérieur , une arcature ogivale à colonnettes, dont les arcs sont séparés par des trèfles en creux, garnit les murs au-dessous des fenêtres. Dans le sanctuaire , ces trèfles sont remplacés par des quatre-feuilles que nous voyons aussi à Bayeux et à Longues. L'autel , à colonnes, masque les ouvertures du chevet qui étaient, au nombre de trois , en rapport avec celles des murs latéraux ,
niais qui offraient une singulière combinaison à leur sommet.
UNE DES FENÊTRES DU CHEVET DE i/ÉGLISE DE HAIS Y.
La tour, entre chœur et nef, est une des plus remarquables de la contrée ; elle est postérieure au chœur , peutêtre du XIVe. siècle, et sa hauteur me paraît de 150 pieds environ.
Celte tour carrée-, un peu forte , mais construite en bons matériaux , se compose de trois étages dont un , le clcrcstory, est percé sur chaque face de deux ouvertures étroites en forme de lancettes, sans colonnes; au-dessus du clerestonj , à la base de la pyramide octogone en pierre, règne une
galerie garnie d'une rampe découpée en quatre-feuilles ; l'escalier, qui arrive à l'un des angles de cette galerie, est couvert par une pyramide en pierre, et j'avais supposé que d'autres clochetons existaient aux autres angles de la tour , mais je n'en ai vu aucune trace : ce qui me porte à douter qu'il y en ait eu. Cette tour m'a paru du XIVe. siècle. Le tonnerre en a abattu le sommet à une époque que je ne saurais indiquer, mais qui est connue, et on a refait cette pointe un peu plus courte qu'elle ne l'était primitivement.
Les voûtes en plâtre du chœur ne datent que de 18&9; une inscription indique qu'elles ont été établies par M. Delaunay, architecte , M. Le Landais étant curé.
M. Bouet fait remarquer que le chœur de Maisy ne paraît pas avoir été disposé pour recevoir des voûtes sexparties comme celles de Cricqueville ; il est douteux , « dit-il, que l'on ait d'abord eu l'intention de voûter, « et , en tout cas , on n'avait jamais eu l'intention de terce miner les voûtes du sanctuaire par l'épanouissement des « nervures qui produit un si bon effet à Cricqueville, car « le chevet, pius orné à l'extérieur qu'à l'intérieur, ne « présente pas de contreforts entre les fenêtres.
« Les murs de Maisy sont beaucoup plus minces que « ceux de Cricqueville ; il en résulte que la distance entre « les colonnettes intérieures et les fenêtres étant très-petites , « le jeu de lumière produit par les découpures intérieures « et extérieures du tympan ne produit pas un très-bon « effet. Comme œuvre d'art , l'église de Maisy , quoique « offrant des rapports avec celle de Cricqueville, est évite demment très -inférieure à celle-ci. »
La nef est peu caractérisée et moins élevée que le chœur , les fenêtres en forme d'ogive qu'on y voit ne doivent pas
être primitives. Cette nef, dont la porte occidentale est moderne et carrée, surmontée d'un oculus , était précédée d'un porche qui tombe en ruine et qui ne paraît pas antérieur au XVIe. siècle.
J'ai trouvé, devant l'autel, une pierre tumulaire sur laquelle on lit :
M1HÈRBNC ÉCUYER
PREBSTRE CURÉ DE MAISY DÉCÉDÉ EN 16Zl&.
Au milieu du chœur , on voit une autre pierre tumulaire sur laquelle j'ai lu l'inscription suivante :