‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 138 sur 203 · FRAGMENT DES ARCHIVOLTES DE LA PORTE BOUCHÉE, AU NORD DE LA NEF · texte numérisé non relu

FRAGMENT DES ARCHIVOLTES DE LA PORTE BOUCHÉE, AU NORD DE LA NEF

Nous aurions à déterminer quelles parties des murs ont été refaites à l'étage du clérestory, dont les fenêtres seules offrent les caractères du dernier style ogival et ont probablement été faites à l'époque que j'ai indiquée, sans que les murs qui les renferment aient été altérés à l'extérieur.

Enfin, nous aurions à déduire quelques conclusions de l'addition en style du XIVe siècle faite à là partie occidentale de la nef.

Mais je me hâte de terminer en disant que la porte qui

fermait l'abbaye au nord-ouest, et qui existe encore, est da XIII6 siècle, et indique de ce côté les limites de l'enceinte abbatiale. Le pressoir et d'autres dépendances existaient à l'ouest de l'église, près du terrain qui va être affecté à la construction des Écoles.

Les Halles. —Les Halles, assez remarquables, qui existent sur la grande place appartiennent à deux époques : à la fin du XIIIe siècle , je crois , pour les parties les plus anciennes orientées au nord ; au XVIe siècle, pour le prolon-

Bourt .1.1.

ENTREE PRINCIPALE DES HALLES DE SAINT-PIEHRF-Sl R-DIVE.

gement s'étendant du côté du sud. Des ouvertures ont été

percées, à diverses époques, dans les murs anciens. Toutefois, dans leur état actuel, avec leurs charpentes et leur grand toit, les halles de St-Pierre sont encore très-intéressantes et nous offrent un spécimen des halles et des granges du moyenâge que l'on rencontre maintenant très-rarement dans un si bel état de conservation. Elles sont divisées en trois nefs par les deux rangs de poteaux qui portent la charpente au centre de l'édifice.

Hospice. — L'ancien Hospice était situé près d'un bras de la Dive, à l'entrée du bourg en venant de Caen ; j'en ai vu détruire l'église , qui devait remonter à la deuxième moitié du XIIIe siècle , d'après son style ; une des rosaces qui ornaient l'intersection des arceaux de la voûte a été recueillie par feu M. Legrand et placée dans son jardin , où on a pu la voir pendant longtemps. Rien de plus hardiment coupé, ni de plus élégant, que ce spécimen des œuvres de nos sculpteurs du XIIIe siècle.

Il reste encore aujourd'hui quelques traces des maisons de cet hospice , mais elles ont peu d'importance.

M. Pépin a dépouillé, dans les archives de St-Pierre (1), les nombreuses pièces relatives à cette maison.

La plupart sont des parchemins auxquels pend un sachet presque toujours privé de son sceau. La table de ces titres a été dressée par M. Pépin. Le plus ancien remonte à l'an 1218. Les dernières pièces sont, de quelques années, antérieures à la Révolution. On a écrit sur le dos de chaque manuscrit l'intitulé de la pièce.

L'Hospice actuel de St-Pierre est dans la rue de Lisieux.

Anciennes maisons. — Parmi les anciennes maisons qui

(1) Les archives de St-Pierre, qui sont presque loules relatives à Tllospice, sont renfermées dans un coffre ancien en chêne sculpté.

CANTON DE SAINT-Pn-RRE-SUK-DIYI,

méritent l'attention , on peut signaler la cour Lelu qui est du commencement du XVIe siècle ou de la fin du XV. Ce manoir , que j'ai décrit il y a plus de trente ans , est de forme carrée : il présente plusieurs fenêtres sur chaque face,

Godard se

Boue! del.

MANOIR DIT CODH Lfl.l ;.

quelques-unes sont divisées en quatre parties par une croix en pierre. Des aiguilles à crochets ornent les ouvertures du premier étage. Les angles du bâtiment sont garnis de con-

treforls terminés par des pyramides à crochets. La porte d'entrée est du côté de l'est , les angles en sont arrondis et surmontés de plusieurs rangs de moulures; le tout surmonté de feuilles enroulées et accompagné, de chaque côté , d'une petite pyramide. La salle du rez-de-chaussée présente deux poutres dont l'une est mordue, à ses deux extrémités , par une tête de crocodile. De cette pièce on communiquait à un escalier en pierre , construit en spirale dans une tourelle taillée à pans (Voir la page 665). Le premier étage renferme une chambre dans laquelle on voyait une belle cheminée ornée de tores.

La partie principale de ce manoir , que reproduit le dessin ci-joint , est en pierre : c'est celle qui fait face à la rivière ; mais le reste est construit en bois , d'après le système usité à cette époque.

La rue de Falaise n'offre qu'une maison qui présente de l'intérêt. Les trois lucarnes du toit sont ornées de sculptures et annoncent l'époque de Louis XIV.

Dans la rue deCaen, on remarque une ancienne maison dont le premier étage empiète sur la rue ; elle n'a rien d'intéressant. Enfin , dans la rue de Lisieux et dans la rue allant au cimetière , on peut voir plusieurs maisons qui paraissent , en partie, anciennes.

Château (V HermonviLle. — Quand on est sorti du bourg, vers Lisieux , on ne tarde pas à voir un château qui mérite l'attention : c'est le domaine d'Hermonville , faisant autrefois partie du territoire de la commune d'Hiéville , qui borde celui de St- Pierre-su r-Dive ; il appartient à présent à cette dernière commune. Ce château, dont je donne une vue d'après les dessins de M. Pépin, appartient à M. de Lignerolles , membre de l'Association normande ; il occupe , à ce qu'il paraît , le même emplacement que le château du ce-

CANTON DE SAUNT-PIERUH-SUR-DIVE.

lèbre Thomas Dunot, lequel fut détruit du temps des guerres de' religion. Le domaine appartenait encore à cette famille au siècle dernier. M. Dunot de Saint-Maclou, baron de Vieux- Pont, le vendit en 1762 à M. de Jarry, grand-père de M"'e de Lignerolles.

Quoique peu important , ce château , dont la date est connue (1618), montre bien le style du XVIIe siècle. Une de ses cheminées en brique et pierre , ses lucarnes à frontons, sa porte et tout son ensemble caractérisent bien celte époque. Un parc entouré de murs se développe derrière le château. Deux portes à bossages, l'une grande et destinée aux charrettes , l'autre plus petite et destinée aux piétons , s'ouvrent dans la partie de cette clôture qui borde la route départementale allant de St-Pierre à Livarot. Un écusson est sculpté sur la clef de voûte de la petite porte.

Un beau colombier cylindrique est compris dans l'enceinte.

Des souterrains existent, dit-on, dans la cour et se dirigent vers l'abbaye et vers d'autres parties du bourg.

En 1562, l'abbaye fut pillée par les Calvinistes; mais la ville, dont les habitants étaient favorables à la Réforme, fut épargnée. Durant les guerres de la Ligue , elle resta fidèle à Henri IV. Thomas Dunod, propriétaire du château auquel a succédé celui que je viens de mentionner , avait fait fortifier la ville pour la mettre à l'abri d'un coup de main (1); il la fit respecter : elle ne fut prise que vers 1588.

M. Louis Du Bois rapporte , dans ses Recherches sur l'arrondissement de Lisieux , qu'il était resté beaucoup de

(1) Il subsistait encore, vers 4 755, deux portes qui furent démolies. Vers 1588 , Sl-Pierre-sur-Dive fut enlevé par une troupe de ligueurs commandés par le capitaine d'Aigneaux. Attaqué par des forces supérieures , Thomas Dunod fut fait prisonnier. Sa maison fut dévastée. (V. Hist. de Lisieux et de l'arrondissement , par M. Louis Du Bois, p. lihl. )

protestants à St-Pierre-sur-Dive , tels que le savant ministre Etienne Morin et son fils Henri Morin ; ils avaient dans le voisinage du château des Dunod , aujourd'hui à M. de Lignerolles , un temple dont on leur avait laissé l'usage en vertu de l'édit de Nantes ; mais le grand archidiacre de Séez , Charles Dufresche, sollicita sa suppression et le fit démolir en vertu d'un arrêt du Conseil d'État, daté de Versailles le 3 juillet 1684 , quatorze mois avant la révocation de l'édit de Nantes.

HIÉVILLE.

L'église d'Hiéville , près St-Pierre-sur-Dive , est insignifiante et n'offrirait aucun caractère s'il ne restait quelques contreforts dont les profils annoncent au moins le XIVe siècle. La maçonnerie pourrait donc dater de cette époque, sauf les parties refaites.

Une sacristie moderne est appliquée sur le chevet.

A l'ouest s'élève une tour moderne en pierre , terminée par un dôme surbaissé à quatre pans, dont chaque face est percée d'un oculus. Un lanternon couronne ce toit de pierre.

Le mur latéral du nord est sensiblement infléchi au nordest.

Cette paroisse dépendait du diocèse de Séez ; elle est sous l'invocation de saint Pierre. L'abbaye de St-Pierre nommait à la cure. On y comptait 68 feux. Elle dépendait de l'élection de Falaise.

On voit dans le cimetière la tombe de M. Jarry, avocat. Un tombeau ancien en forme de croix , avec toit prismatique, a été renversé et sert de banc sous l'if.

Château.— M. le commandant du génie Rochet, inspecteur de l'Association normande et maire d'Hiéville, demeure à peu de distance de l'église ; un cèdre du Liban et quelques

beaux arbres méritent l'attention dans les bosquets qui environnent son habitation.

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