‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 14 sur 203 · MOYAUX · texte numérisé non relu

MOYAUX

Moyaux, Moyad, Moiaz, Moaz.

Le bourg de Moyaux s'élève dans la plaine et non loin de la voie romaine qui conduisait de Noviomagns Lexoviorum à Juliobona. Sa population, d'après les tableaux officiels, est de 1,105 habitants. On y comptait autrefois 263 feux , environ 1,300 âmes. C'était le chef-lieu d'une sergcntcrie comprise

(1) Notes de M. Ch. Vusseur.

dans l'élection de Lisieux. Il y avait aussi une vicomte , mais les audiences se tenaient le plus souvent à l'Hôtellerie. Moyaux était également le chef-lieu d'un doyenné de l'évêché de Lisieux , qui ne comptait pas moins de 35 paroisses. Tous ces titres prouvent que ce bourg remonte à une haute antiquité.

L'église est au centre des habitations. Elle est grande : sa longueur , dans œuvre, est de 120 pieds sur 21 de largeur. Elle se composait primitivement d'un chœur et du ne nef avec une tour en saillie entre l'un et l'autre, du côté du midi. Au XVIe. siècle, on a modifié ce plan par l'addition de deuxchapelles accolées au flanc nord , en regard de la tour.

Les parties anciennes SOnt de I»LA\ DE L'ÉGLISE DE MOYAUX.

l'époque romane. Les contreforts qui flanquent les deux

faces latérales du chœur , les ouvertures de la tour et la trace d'une étroite fenêtre, au midi de la nef , servent , au premier coup-d'œil , de base à cette attribution. Mais , en analysant avec attention les diverses parties de l'église, on constate que tous les gros murs sont romans. Ils sont composés d'un blocage grossier , en partie recrépi ; les contreforts seuls et les angles sont en pierre de taille.

La plupart des fenêtres ne datent que du dernier siècle , les ouvertures plus anciennes ont été bouchées. Ainsi, on trouve, à l'extrémité du mur méridional de la nef, la trace de l'ancienne porte principale dont l'archivolte cintrée tombait sur des têtes grotesques. A la fin du XIJP. siècle , on a pratiqué une autre porte dans le pignon occidental , qui est flanqué de deux contreforts de la même époque. Cette porte, abritée par un porche de bois , est plus ornée qu'on ne le voit habituellement dans les environs de Lisieux. La baie est garnie d'un tore, et l'archivolte porte sur deux colonnes à chapiteaux. Au-dessus, dans le pignon, est une fenêtre flamboyante du XVe. siècle.

La tour , comme on le voit par le dessin de M. Bouet , est bien caractérisée. Elle forme un carré parfait ; chaque face est soutenue par deux contreforts qui n'ont qu'un pied de saillie. La base est pleine, il n'y a qu'une petite porte pratiquée vers le levant. L'étage intermédiaire est ajouré d'une petite fenêtre subtrilobée de la dernière période ogivale , ouverte au sud , et d'une fenêtre romane géminée du côté du levant. L'étage du beffroi a, sur chaque face, deux arcades romanes géminées. La pyramide est en charpente. L'ensemble a perdu son aplomb d'une manière sensible , cependant il n'y a rien d'inquiétant pour la conservation.

Le chevet du chœur, usurpé depuis le X\1V. siècle pour servir de sacristie , est percé d'une grande fenêtre flamboyante à deux meneaux. Il a trois contreforts de même

vue de l'église de moyaux.

style , dont un sous la fenêtre. On ne s'explique guère cette disposition, fréquente au XVe. siècle : évidemment ce contrefort, qui souvent n'a pas plus de k à 5 pieds de haut, ne peut être d'aucune utilité.

Les deux chapelles du nord n'ont rien de particulier dans leur construction. La plus petite est la chapelle seigneuriale du Bois -Simon, fief assez important qui se trouve sur le territoire de Moyaux.

Le mobilier n'offre rien de remarquable. Une piscine cintrée, subtrilobée , avec colonnettes , qui semble appartenir à la construction primitive, est pratiquée dans le mur méridional ; elle se trouve maintenant dans la sacristie.

Dans le chœur, du côté opposé , est un petit bas-relief en pierre, du XVIe. siècle, qui représente Notre-Dame-de- Pitié. C'est, sans doute, l'indication d'une sépulture.

Le maître-autel ne date que du règne de Louis XV.

Sauf la chapelle du Bois- Simon, qui a une voûte en pierre à nervures et pendentifs de la Renaissance (V. la page suivante), toutes les parties de l'édifice sont voûtées en lambris. On remarque des ornements sur les douvettes de la nef et l'inscription suivante :

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Lt plus bas :

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