LA FABRIQUE DE BOISSEY RECONNAISSANTE
Au-dessus de cette inscription on remarque une représentation de la façade de la cathédrale de Lisieux faite avec
de petits coquillages de différentes formes. Cet ouvrage de patience a été fait et donné à l'église de Boisscy par Edouard Doucet, à l'âge de dix-sept ans, ainsi que l'apprend une inscription.
Les voûtes étaient en bois avec tirants et poinçons. On vient de les enduire de plâtre et de substituer des tirants en fer ronds aux tirants en bois.
L'église de Boissey est sous l'invocation de saint Julien. L'abbé de St-Pierre-sur-Dive nommait à la cure.
Manoir, — Le manoir de Boissey est tout près de la route. Il se compose de plusieurs corps de logis en bois qui peuvent remonter au XVIe siècle (2e moitié), et dont un porte encore un épi émaillé en terre cuile , à moitié brisé.
Fontaine St- Julien. — On trouve sur le territoire de Boissey , au sud-est de l'église , le hameau de la Fontaine- St-Julien ; il tire son nom d'une belle source qui là , comme dans beaucoup d'autres localités , a été mise sous la protection de saint Julien qui d'ailleurs , à Boissey , était le patron de la paroisse. Je ne serais pas surpris que cette source, qui sort du pied des buttes deQueverue, eût eu quelque célébrité sous la domination romaine.
D'après les recherches de M. le docteur Pépin, les registres de l'état civil de la paroisse remontent à 1598 ; on voit figurer dans ces registres, au commencement du XVIIe siècle, une famille du Quesnoy dont les membres se qualifient seigneurs de Boissey.
SA1NTE-MAKGUERITE-DE-VIETTE.
Ste-Marguerite-de-Viette, Vietta, ecclesia Sancta Margaritœ de Vietta.
L'église de cette commune est bien peu caractérisée. La plupart des fenêtres ont été refaites de forme carrée.
CANTON DE SAINT-PIEKRE-SUR-D1VK. 611
La nef pourtant montre, du côté du sud, une fenêtre en lancette et une ouverture trilobée dans le mur du nord ; puis, au sommet de la façade occidentale qui reçoit le rampant du gable , on distingue , au sud , une petite colonne avec chapiteau à crosseltes ; les contreforts sont régulièrement espacés : tout cela paraît prouver que quelques parties de la nef remontent au XIIIe siècle.
La tour s'élève , à l'ouest , au-dessus du portail ; elle est ajourée, du côté de l'ouest, par de longues ouvertures ogivales composées chacune de deux baies surmontées d'un quatrefeuille,que Ton a refaites en 1860 conformes à ce qui existait, dit-on. Ces ouvertures s'agencent très-mal avec une corniche moderne droite offrant une doucine assez saillante et qui forme, de ce côté, le support de la pyramide en bois couverte d'ardoise.
Il est bien probable qu'avant l'établissement de la flèche en bois qui a été reconstruite il n'y a pas longtemps, il existait une disposition différente : toujours est-il que ces baies ne vont guère avec l'ordonnance actuelle. La porte principale de l'église, placée sous cette tour, a été refaite et est moderne.
Le chœur , en retrait sur la nef , a des murs moins caractérisés que les autres. Il est éclairé par des fenêtres carrées et deux fenêtres ogivales sans caractère. La sacristie s'appuie sur le chevet, elle est à pans coupés.
L'intérieur a été peint et décoré nouvellement. Les voûtes, en merrain , ont été enduites de plâtre et les sablières de la nef enchâssées dans du plâtre : comme cet entablement artificiel avait une saillie considérable , on a placé de chaque côté trois colonnes de bois, peintes en marbre, qui paraissent le supporter. Cet entablement en plâtre a moins de saillie dans le chœur, qui est moins large que la nef, et les colonnes ont été remplacées par des pilastres.
L'autel magistral est orné d'un tableau moderne repré-
sentant sainte Marguerite ; les colonnes ioniques qui supportent le fronton couronnant ce côntre-rétable sont d'une longueur démesurée : elles m'ont paru avoir au moins quinze à seize fois le diamètre du fût. Mais toutes ces décorations sont rachetées par l'intérêt qu'offre l'ancien tableau fixé sur le mur du chœur , du côté de l'évangile.
Ce tableau fort remarquable montre, au centre, la Sainte- Vierge et l'enfant Jésus ; puis , autour , quinze médaillons ronds représentant chacun un des traits de la vie dû Sauveur, à l'exception du plus élevé qui représente le couronnement de la Sainte-Vierge ; des roses garnissent les intervalles compris entre le tableau central et les quinze médaillons. On lit au bas :