SIR LA DEMANDE DE MADAME
LA PRÉSIDENTE THOLONG.
L'église de Moyaux est sous l'invocation de saint Germain. L'abbé de Bernay nommait à la cure.
La confrérie de la Charité est de fondation ancienne. Un acte original, du 8 décembre 1641, consacre une constitution de rente foncière faite par « Pierre Delavigne , Robert et Pierre, ses fils, au profit de la Charité et Confrarie de Moyaulx, stipulée par maistre Jean Ermenoult , tabellion royal en ladite vicomte et eschevin d'icelle. » On y trouve les noms de tous les frères servants, année présente.
Des titres de 1480 et de 1543 parlent d'une maladrerie située sur le territoire de Moyaux ; mais, dès le XVIII*. siècle, on ignorait sa situation.
Le territoire de la paroisse de Moyaux se trouvait divisé en un certain nombre de fiefs. L'un d'eux avait conservé le nom propre de Moyaux. Cassini l'indique encore sur sa Carte. Les rôles de l'Échiquier de Normandie font mention de Philippe de Moiaz et de Béatrix de Moiaz en 1184. En 1195 , on retrouve encore le même Philippe de Moaz.
Richard de Moyaux fut abbé de Bernay, entre les années 1204 et 1220.
Au XVe. siècle, le fief de Moyaux appartenait à la famille de Bienfait»1. En 1469, Jehan de Bienfaite, le jeune, sieur du fief de Cleppin , la Court et Moyaux , comparut aux montres
de la noblesse du bailliage d'Évreux en équipement d'homme d'armes à iij chevaulx.
En 15/iO, lors de la recherche des élus de Lisieux , cette famille avait disparu à son tour , et parmi les divers gentilshommes qui firent alors leur production , on n'en voit point un seul qui soit qualifié de seigneur de Moyaux.
En 1667, une branche de la famille d'Osmont prenait, dans les actes, les titres de « seigneurs de Mouyaux, Mortemer, le Couldray. »
En 1766, des sentences de la vicomte font connaître Charles Le Boctey, chevalier, seigneur et patron honoraire de Moyaux et autres lieux , conseiller du roi , vicomte enquêteur et commissaire examinateur en la vicomte dudit Moyaux. Peut-être faut-il voir là une faute de greffier.
Seigneurie du Bois-Simon. — Les Montres de la noblesse du bailliage d'Évreux, en 1469 , font mention de « Jehan de Lombelon, escuier, seigneur du fief du Bois-Simon. s
Au XVIe. siècle , cette terre était en la possession de la famille de La Masure. Maistre Robert de La Masure , le jeune , était seigneur dudit lieu, en 1562. (Rote des taxes de /'orrière-ban du bailliage d'Évreux , par M. l'abbé Lebeurier , p. 76. )
Jean de La Masure , sieur du Bois-Simon , fut assassiné , quelques années plus tard, par Pierre de la Sceaulle, seigneur de La Motte, qui fut pour ce fait conduit prisonnier à Rouen ; il échappa à l'échafaud , ayant obtenu le privilège de lever la fierté de saint Romain. Il fallait qu'il fût bien fortement protégé, car il fut choisi par le Chapitre, bien que le roi Henri IV ait pris la peine de recommander aux chanoines un sieur de Valsemé, qui avait tué le deffunt sieur de Mailloc. Cette lettre, datée du camp de Traversy , près la Fère , le 15 avril 1596, est publiée dans les Documents inédits. — Lettres
d'Henri IV , t. IV , p. 568. La famille de La Masure possédait encore le Bois- Simon à la fin du XVIIe. siècle. Nicolas de La Masure, sieur du Bois-Simon, figure dans la Recherche de la noblesse de 1666.
Seigneurie du Chesne. — Des aveux rendus pour des terres dépendantes de ce fief font connaître les noms suivants :
« 1°. Monsieur Jean Carrey , escuyer , seigneur et chastelain de Sainct-Gervais, aussy seigneur des fiefs, terres et seigneuries du Chesne-Goville, du Val, etc. , conseiller du roy, maistre ordinaire en la Chambre des Comptes de Normandie (20 juin 1659 , 16 novembre 1666) ;
« 2°. Robert de Carrey, escuyer, seigneur de Goville, fief, terre et seigneurie du Chesne et autres terres et seigneuries en 1721. »
Seigneurie du Val. — Suivant une quittance de treizièmes du 2k mai 1588 , « le seigneur du Val se nommait Françoys Le Portier. Il descendait de Constant Le Portier , sieur du Chesne, lequel avait pour bisaïeul Jacques Le Portier, qui avait épousé, en lfr3/i, damoiselle Isabeau de Borel. »
Plus tard , comme on vient de le voir , la famille de Carrey compta le Val au nombre de ses fiefs. Outre les noms que l'on a déjà lus, des aveux mentionnent :
« 1°. Monseigneur François de Carrey , èquier , seigneur et patron de St.-Gervais et de St.-Jean-d'Asnières, l'Aunay, le Val, le Bosc, etc., conseiller du roy en son Parlement de Normandie ;
« 2°. Messire Alexandre-François de Carrey , chevalier , seigneur châtelain et patron de St.-Gervais, seigneur et patron de St. -Léger de Glatigny, seigneur et patron honoraire de Claville, seigneur de Goville et du Mesnil-Godcment, seigneur des fiefs , terres et seigneuries de Piencourt , Baudry ,
Robar et autres lieux , conseiller du roy en sa grand'chambre du Parlement de Normandie. » Ces deux documents sont datés de 1719 et 1735.
Seigneurie de Mortemer. — C'est encore dans des aveux et des actes originaux que j'ai recueilli les noms des seigneurs de Mortemer. Dès 1603, il est fait mention de « noble homme Charles de Clercy, escuyer , seigneur des terres et sieuries de Mortemer, les Louveretz, le Fresné, Filletot et Auremesnil. » Ce seigneur eut des démêlés avec le baron de Fumichon , messire Jehan de Longchamp , chevalier de l'ordre du roy , gouverneur de Lisieux, en 1629, relativement à des droits de treizièmes, réclamés par l'un et par l'autre, pour des terres qui avaient été vendues à un sieur Anglement par Jehan Ermenoult , escuyer, sieur de Mortemê , le 10 novembre 162^. Sur neuf pièces dont il était question, la transaction qui régla le différend en attribue six à la sieurie de Mortemer. Charles de Clercy était mort en 16^8, laissant des enfants mineurs. Mortemer passa alors, ou quelques années plus tard, dans la famille d'Osmont, qui la posséda pendant plus de cent ans. Une pièce de procédure, qui porte la date du 21 juin 1786 , fournit le nom de « Nicolas Auvrey, écuyer , sieur d'Imanville , défendeur au procès, comme héritier du feu sieur d'Osmont de Mortemer. »
Cette famille Auvrey n'était point restée jusque-là étrangère à Moyaux. Dès 1 5^0 , on y trouve Jean Auvrey , sieur de Bonnechose, et Robert Auvrey, sieur du Bois-Simon, dont le sieur d'Imanville descendait sans aucun doute.
Seigneurie de GoviUe. — Le fief de Goville ou Gauville se trouvait également sur la paroisse de Moyaux. Comme on l'a vu à l'occasion du Val, il appartenait , dans les dernières années du XVIe. siècle, à François Le Portier. Il se retrouve, au XVIIe. , dans les mains de la famille Carrey. Il n'y a donc rien de plus à en dire que ce que l'on a déjà vu.
CANTON DE LISILUX , lrf. SECTION. 73