‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 17 sur 203 · FUMICHON · texte numérisé non relu

FUMICHON

Fumichon , Fomuchon , Foumuceon , Folmucon , Foumuchon, Fumechon.

Élection de Lisieux , sergenterie de Moyaux; 135 feux au XVIIIe. siècle, environ 650 habitants; on n'en compte plus que 387.

L'église de Fumichon est ancienne , mais peu intéressante. Elle a subi, plus ou moins récemment , des restaurations qui équivalent à peu près à des mutilations.

Le portail, placé à l'ouest, est soutenu par deux contreforts plats de l'époque romane. Les murs sont en blocage, complètement recrépis : il est donc impossible de constater la disposition de l'appareil. La porte cintrée est étroite et basse, sans aucune moulure. Peut-être est-elle romane. Un porche en bois, qui date du XVIe. siècle, la protège. Sur le portail s'élève le clocher, en charpente, recouvert d'ardoise.

En examinant le mur latéral qui fait face au sud, on constate avec étonnement que le chœur n'est point en retraite sur la nef, comme on l'observe généralement. Malgré l'enduit qui les recouvre, ces murs paraissent pourtant anciens; les trois contreforts qui les soutiennent sont semblables à ceux du portail , par conséquent romans. Cinq fenêtres y sont pratiquées; aucune ne m'a paru avoir de caractère.

Le mur du nord ne présente aucune particularité'. Il paraît du même temps que son correspondant ; il ira point de contreforts, si ce n'est à l'extrémité orientale du chœur. Ce contrefort, très-dégradé, était roman.

Le chevet, qui est droit, est soutenu aussi par trois contreforts romans.

(i) Notes de M. Ch. Vasseur.

L'intérieur a élé modernisé , et il faut bien le dire , sans aucun goût. On a coupé les entraits des voûtes de merrain, au risque d'amener la ruine de toute la construction.

Le mobilier ne mérite aucune attention, excepté le maîtreautel. Il date du règne de Louis XIV. Le rétable se compose de deux colonnes torses qui supportent un fronton cintré coupé. Le tombeau est droit. On y voit deux blasons semblables, qui malheureusement ont été peints avec ineptie. Le peu qui reste des pièces me ferait supposer qu'ils portaient les armoiries des Rabodanges, qui ont possédé la baronnie de Fumichon. Un collier d'ordre les entoure.

Les fonts sont anciens , en forme de cuve ; je n'ose en fixer le siècle.

Dans le pavage du chœur , est une plaque de marbre noir qui recouvre la sépulture de M. N. Pilet , qui fut curé de la paroisse pendant UQ ans, et décéda en 1858.

Cette église était sous l'invocation de saint Germain. Elle dépendait du doyenné de Moyaux. Le seigneur du lieu présentait à la cure.

Château. — Le château de Fumichon est situé à cinq cents pas environ au sud-ouest de l'église, toujours dans la plaine, mais sur la lisière des bois.

Dans son état présent, composé comme il est, de constructions de toutes les époques, il est difficile de déterminer quel a été son plan primitif. Les parties les plus caractérisées, qui me paraissent dater du règne d'Henri IV , sont la tour, assez considérable, garnie de mâchicoulis , qui sert maintenant de colombier ; les deux pavillons, dont l'un occupe l'extrémité de l'aile droite et l'autre lui est parallèle ; enfin le gros pavillon qui finit la façade à gauche, du côté des jardins légumiers.

Ces constructions sont en briques avec chaînages de pierre. Les lucarnes en pierre mouvementent convenablement les

combles, et des tourelles rondes, à toit en lanterne , les accompagnent. Le reste m'a paru moderne , ou bien est tellement défiguré qu'il n'offre aucun intérêt.

La terre de Fumichon a toujours eu de l'importance, et malgré son isolement au milieu des terres , elle fixe l'attention de beaucoup de touristes, depuis que M. Raymond Bordeaux en a parlé dans sa Statistique routière (1).

Après Joscelin de Fumichon, Gervais de Fumichon et Henri de Fumichon , qui vivaient aux XIIe. et XIIIe. siècles, la plus ancienne famille que j'aie trouvée en possession de la terre de Fumichon est la famille de Longchamp.

En 1463 , Jean de Longchamp fit ses preuves de noblesse à Fumichon , devant Montfaut. Six ans plus tard, aux Montres de la noblesse du bailliage d'Évreux, «Brunetde Longchamp, seigneur du fief de Fumichon , se présenta en habillement de vougier monté de deulx chevaulx. »

En 15^0, Geoffroy de Longchamp était seigneur de Fumichon. Son fils, Guy de Longchamp de Fumichon, fut gouverneur de Lisieux entre les années 155ft et 1587. Dans cette dernière année, il céda sa charge à Jean de Longchamp , son fils. Un acte original du 28 juin 1629, fait encore mention de ce même « messire Jehan de Longchamp, chevallier de l'ordre du roy , conseiller en ses Conseils d'Estat et privé, gouverneur de la ville de Lisieux , baron de Fumichon , Baudet , La Lande, Baratte et autres qualités et sieuries. »

Mais il était décédé en 1637 , ne laissant que deux filles, dont l'une avait épousé le baron de Livarot d'Oraison , et l'autre messire Louis de Rabodanges, chevalier, marquis de Crévecœur ; et c'est ce dernier qui devint baron de Fumichon. Il portait pour armoiries : ècarteiè au 1er. et 4e. d'or à la

(i) Statistique routière de Lisieux à la frontière de Normandie, par M. Raymond Bordeaux ; br. in-8°., p. 9.

CANTON DE L1S1EUX , lr". SECTION. 77

croix ancrée de gueules; au 2e. et 3e. de gueules à 3 coquilles d'or. C'est ce blason que je crois avoir vu sur l'autel.

OUILL1E-DU-HOULLEY (1).

Ouillie-du-Houlley, Oullaya Ribaldi , S. Martinus de Ouilleia.

L'église est assez importante. La nef date de la fin du XVe. siècle : elle est construite avec assez de soin. La porte s'ouvre à l'ouest. Elle est carrée, à moulures prismatiques, avec un blason derrière lequel est passée une crosse en pal. L'appareil du mur est un damier de silex et de pierre de taille. Au-dessus de la porte est une niche, vide de sa statue. Les contreforts sont sur l'angle. Les murs latéraux n'offrent pas un intérêt égal : celui du nord est soigneusement construit en pierre de taille; il était divisé en quatre travées par des contreforts qui ont été enlevés , il serait difficile de dire pour quelle raison. Un glacis court sur le plein des murs, au niveau de l'appui des fenêtres, qui sont au nombre de quatre. Leur forme est ogivale , avec nervures prismatiques, à l'exception de la dernière qui est cintrée et subdivisée en deux baies géminées.

On voit aussi , de ce côté , une porte à pinacles. Au sommet de l'accolade , est un ange embrassant un écusson mutilé ; c'était probablement le support d'une statuette qui manque.

Les ouvertures du midi n'offrent aucun intérêt, si ce n'est une fenêtre carrée, entourée de moulures prismatiques, subdivisée en deux baies cintrées subtrilobées. Cette forme n'est pas»commune dans le pays. Elle appartient au XVIe. siècle.

(1) Notes de M. Charles Vusseur.

On a été obligé de reconstruire les deux murs latéraux du chœur, qui avaient perdu leur aplomb par suite de l'enlèvement des enlraits de la voûte. Le chevet seul est ancien ; il est éclairé par une grande fenêtre ogivale. Le clocher est une pyramide en charpente , placée à l'extrémité occidentale.

L'intérieur contient peu d'objets dignes d'attention. La voûte du chœur est déshonorée par l'enlèvement de ses pièces principales. Celle de la nef a conservé ses six fermes de charpente apparente. Chacun des entraits est soutenu sur des consoles de pierre en forme de corbeaux. Une d'elles représente un ange soutenant un blason soigneusement bûché. Il est présumable qu'il avait sur son champ les fleurs de lis de France.

L'arc triomphal est de même époque que l'ensemble des constructions. C'est une ogive prismatique, portée par deux gros piliers semi-cylindriques.

Les deux petits autels qui sont dans la nef proviennent de l'église de St. -Léger ; ils n'ont aucune valeur artistique.

Le maître-autel est récent. Le sanctuaire est pavé en carreaux émaillés de la fabrique d'Auneuil, près Beauvais. Leur dessin est simple et de bon goût, et les combinaisons adoptées sont très-satisfaisantes.

M. le Curé vient de mettre à découvert deux des blasons de la litre funèbre.

Du Houlley : d'azur à 3 étoiles d'or, la première à 5 pointes , la deuxième à § et la troisième à 7.

Cette église est dédiée à saint Martin.

Les pouillés lui donnent pour patrons : au XIVe. siècle , R. de Brucourt, seigneur temporel du lieu ; au XVIe. siècle , l'abbé de St.-Laumer, de Blois, et au XVIIIe. siècle, l'évêque de Blois.

Château. —Le château offre un très-grand intérêt. Il est

CANTON DE LISIEUX , lr*. SECTION.

CANTON DE LISIEUX , lr\ SECTION.

construit sur la croupe d'un mamelon assez élevé, et sa masse carrée, vue des coteaux voisins, est fort imposante.

Le plan que voici et les dessins de M. Bouet permettront d'abréger la description.

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