‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 177 sur 203 · IEAN CHARLES CAVILL1ER · texte numérisé non relu

IEAN CHARLES CAVILL1ER

Sur les flancs sont les blasons accolés de Montmorency - Laval et de Bullion.

L'église de Fervaques est sous l'invocation de saint Germain. Elle dépendait du doyenné de Livarot. Les pouillés indiquent comme patrons : au XIVe siècle , l'évêque de Lisieux; au XVIe, le chapitre; au XVIIIe, le seigneur laïque.

Château. — M. Ch. Vasseur décrit ainsi qu'il suit le château de Fervaques. Ce château, dit-il, se composait encore, au commencement du siècle, d'une masse de constructions imposantes , assez irrégulièrement disposées, avec cours et bassescours; le tout entouré de fossés remplis d'eau courante, et longé par la Touque. Après en être devenu propriétaire , M. le marquis de Porte a fait démolir plusieurs corps-delogis , et il ne reste plus que deux des côtés de l'enceinte. On entre par l'ancienne tête de pont , heureusement conservée. C'est un gros pavillon carré, construit en briques avec chaînes de pierres, tel que nous en avons déjà rencontré à Bouttemont, à Ouillie-la-Ribaude et ailleurs. La porte, à arc surbaissé, est accompagnée d'une étroite poterne à laquelle correspond , du côte opposé , une niche cintrée. L'étage supérieur n'offre , en fait d'ouvertures , que les rayères par lesquelles passaient les chaînes du pont-levis. La corniche à corbeaux saillants, avec mâchicoulis, reçoit un comble rapide en ardoise , ajouré d'une belle lucarne. La face intérieure présente à peu près la même ordonnance : seulement , en regard de la poterne , on trouve une petite porte, laquelle donne accès à l'escalier conduisant au corpsde-garde du premier étage qu'éclaire une petite fenêtre. On ne distingue sur les murs latéraux aucune amorce qui puisse donner des indications sur la hauteur et la disposition des constructions adjacentes, actuellement disparues. On pourrait faire des observations curieuses sur la disposition intérieure , au point de vue stratégique. Avant d'envisager la façade du

château , arrêtons-nous; à gauche, devant une tourelle ronde qui formait l'angle oriental de l'enceinte. Elle servait de colombier; mais l'extérieur avait néanmoins un air militaire. La brique et la pierre s'y mélangent, comme au pavillon d'entrée, et l'un et l'autre datent évidemment du même temps. Pour transformer en orangerie cette tourelle , on a effondré toute la partie qui regarde le jardin.

La façade du château consiste en une longue galerie flanquée de deux pavillons carrés. On y accède paru» perron double , orné de quatre lions, La galerie centrale n'a qu'un rez-de-chaussée élevé sur les offices, et son toit d'ardoises est rompu par des lucarnes de maçonnerie. Elle est construite tout en bossages ou têtes de diamants entremêlées de briques rouges qui produisent un bon effet. La corniche à modillons classiques rappelle la Renaissance.

Les deux gros pavillons carrés sont élevés d'un étage. Ils ont, du côté de la campagne, un aspect assez élancé à cause du fossé encore subsistant qui dégage les bases. Les fenêtres sont hautes et étroites , quelques-unes pourtant ont été élargies postérieurement. Deux corps-de-logis en équerre, faisant ailes en avant de la façade , s'appuient sur les deux pavillons dont ils sont contemporains. J'attribue aux dernières années du XVIe siècle toutes les constructions que je viens de décrire. Entre l'aile de l'est et le pavillon d'entrée s'élève un corps-de-logis d'un style plus ancien ayant encore tous les caractères de la période ogivale. Les deux extrémités, légèrement en saillie , sont tout en pierre de taille. Des fenêtres à croix, à double accolade au linteau, garnies d'une grille anneléeen fer rond, au rez-de-chaussée, éclairent l'intérieur. Ces deux corps avancés sont couronnés par des gables dont les rampants, garnis de feuilles frisées, se terminent par des panaches (V. p. suivante).

Entre deux, le corps-dc-Iogis est bâti en pierre de taille,

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avec briques disposées en chaînes horizontales, comme à St-Hippolyte-du-bout-des-Prés , disposition qui rappelle la manière de bâtir des Romains. Les ouvertures consistent , au rez-de-chaussée, en une petite fenêtre en accolade, garnie d'une grille annelée, et en une porte, aussi en accolade, avec feuilles frisées, panaches et pinacles sur les pieds-droits. La retombée porte sur deux petits contreforts. Sous l'acco-

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