‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 198 sur 203 · VUE DU CHATEAU DE MAILLOC · texte numérisé non relu

VUE DU CHATEAU DE MAILLOC

de l'arrondissement de Lisieux au Corps législatif et membre de l'Association normande.

Ce château, décrit par M. Raymond Bordeaux {Excursion dans la vallée d'Orbec, 11 juin 1850), est « un édifice con- « sidérable dans le style du XVIIe siècle. Flanqué de quatre « grosses tours rondes, peut-être plus anciennes , que bai- « gnaient autrefois des fossés , il est bâti en pierre de taille « sans sculptures. <> L'intérieur offre de vastes pièces. Les murs du grand salon sont revêtus de tapisseries à personnages d'une belle conservation.

Les parties supérieures du château présentent un riche pavage émaillé. Les carreaux sont variés de dessins et de

couleurs. M. Raymond Bordeaux a compté, dans une pièce, dix variétés de ce curieux spécimen de l'art céramique dans notre contrée.

« Mailloc était le chef-lieu d'un fief considérable, entouré « des quatre paroisses de son nom : St-Martin, St-Denis, « St-Julien et St-Pierre-de- Mailloc , à cause desquelles , « dit-on, on appelait Hôtel des quatre Maillots , l'habitation v que le seigneur du fief possédai ta Rouen, rue des Maillots. «. Trois maillets formaient les armes parlantes de cette an- « cienne famille, dont le nom se prononce Maillo. »

L'antique demeure des Golbert , d'un aspect sévère et monumental, a subi à l'intérieur une grande restauration qui atteste le goût du propriétaire actuel. C'est aujourd'hui une des habitations les plus luxueuses de la contrée.

Nous devons à l'obligeance de M. Charles Vasseur les notes historiques qui suivent sur les anciens seigneurs de Mailloc :

« La famille des seigneurs de Mailloc remonte à la plus « haute antiquité. Jean de Mailloc suivit le duc Robert de « Normandie en Terre-Sainte. Les Rôles de l'Échiquier re- « latent, à l'année 1l8u, le nom de Roger de Mailloc. « Henri de Mailloc figure sur la liste des tenanciers des fiefs « militaires du commencement du XIIIe siècle. Mais il est a impossible d'établir une filiation entre ces divers persou- « nages. On retrouve encore des descendants de cette famille « pendant les XIVe , XVe et XVIe siècles. Il existe, aux Ar- « chives du Calvados, un aveu rendu le 29 août 1551, par « Jean de Mailloc au cardinal d'Annebautv évoque de Lisieux, « pour la terre de Mailloc ayant titre de baronnie, et l'un « des membres du comté de Lisieux. Nous transcrivons un * droit curieux relaté dans cet aveu : Et lui appartient la « haquence ou mule sur laquelle est monte ledit seigneur « évêque le jour qu'il fait son entrée à Lisieux en lui ai- « dant à descendre près la croix St-lhsin, à la sujétion de

« lut servir ledit jour d'ècuyer tranchant. Tenu ledit fief « du comté de Lisieux à foy et hommage et relief, avec « UO jours de garde à la porte d'Orbec aud. Lisieux en a temps de guerre.

« La baronnie de Mailloc fut érigée en marquisat par « lettres de 1693 , en faveur de Gabriel-René de Mailloc, « fils de Gabriel de Mailloc et de Renée de Créquy. Le pre- « mier marquis de Mailloc mourut sans postérité, le 11 oc- « tobre 1724, et sa veuve, Claude-Lydie d'Harcourt (celle « qui figure sur la cloche de St-Denis) , se fit adjuger le « marquisat de Mailloc, qui passa plus tard au duc d'Har- « court, son frère. Si nous en croyons les inscriptions des « cloches de St-Martin et de St-Julien , ce serait ce duc « d'Harcourt qui aurait vendu la terre de Mailloc à la famille « d'Houdetot, qui a dû la posséder jusqu'à la Révolution. « Le marquis de La Place, le fameux savant de l'Empire, « posséda le château de Mailloc, et c'est de lui que l'acquit « le marquis de Porte, beau-père de M. de Colbert qui l'ha- « bite maintenant. »

St-Pierre-du -Tertre (aujourd'hui St-Pierre-de-Mailloc ) avait pour patron laïque, au XIVe siècle, Henri de Maillot; aux XVIe et XVIIIe siècles, le seigneur du lieu.

Jean de Maillot , au XIVe siècle , était également seigneur de St-Hippolyte-de-Canteloup ; Jean de Maillot , ou son fils, fut du nombre des trois cents chevaliers auxquels le roi Jean pardonna, le 22 décembre 1360 , d'avoir pris le parti du roi de Navarre.

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