LA CHAPELLE- WON
La Chapelle-Yvon, Capella-Yvonis.
Le seigneur qui a donné son nom à cette église, dont il fut sans doute le constructeur , n'a pas trouvé place dans l'histoire.
C ANTON DORBtC,
p,W-DESCARTES-Sfr
A.THIOUET.
vue de l'église et db la roun de la chapelle a von.
Il est probable que c'est son œuvre qui subsiste encore aujourd'hui, car, dans son ensemble, l'église de la Chapelle- Yvon appartient à la période romane.
Le pignon occidental montre , dans le plein des murs soutenus par deux contreforts plats, l'appareil bien caractérisé en feuilles de fougère. La porte a été percée seulement au XVIe siècle. L'entrée primitive devait exister au centre du mur méridional, où sont restés, au milieu des reprises postérieures , quelques claveaux sculptés d'étoiles. Une partie du mur avec un contrefort appartient aussi à l'époque romane. On y voit des briques longues , semblables aux briques romaines, mais plus grossièrement modelées. Le surplus, parementé en grand appareil , date seulement du XVIe siècle avec les deux fenêtres cintrées qui y sont pratiquées. Les deux autres ouvertures consistent en une grande baie moderne et en une fenêtre ogivale à tracerie flamboyante. Le mur latéral du nord, comme toujours, est resté mieux caractérisé. Deux contreforts plats le soutiennent; mais les ouvertures sont modernes.
Le chœur ne date que du XVe siècle, il est à chevet droit ; une seule fenêtre mérite d'être signalée , c'est l'ogive subdivisée par un meneau qui s'ouvre dans le mur du sud.
De ce côté s'élève la tour , disposée entre chœur et nef et faisant saillie de moitié environ de son diamètre. C'est une " construction rectangulaire assez massive, composée d'un blocage de silex non taillé et de grison. Deux contreforts buttent le mur méridional ; un seul est apparent à l'ouest et à l'est. La corniche se compose d'un quart de rond avec une plate-bande. Un clocher en charpente du XVe siècle couronne cette tour. Il est octogone, revêtu d'essente, avec des lucarnes sur quatre des faces. La seule ouverture de la tour est une fenêtre cintrée à deux rangs de claveaux de pierre blanche extradossés. Une tête sculptée en haut-relief forme clef à la
première rangée. Cette tour est , sans aucun doute , contemporaine de la nef.
L'intérieur , affligé d'un bain de badigeon criard , n'offre rien de remarquable. Les voûtes sont en merrain avec charpentes apparentes. L'arc triomphal date du XVe siècle ; il consiste en une ogive à moulures prismatiques soutenue par deux piliers semi-cylindriques. Les trois autels sont insigni • fiants. On voyait autrefois , au rétable de l'Épître , un tableau représentant saint Biaise , peut-être sans grand mérite artistique ; mais, au bas, était un blason de donateur qui lui donnait une valeur historique. Ce blason était de gueules au chevron d'argent accompagné de 3 meriettes de même. A la place , on a pendu une toile moderne , due à la munificence du baron André Despériers.
Aux fenêtres ogivales restent quelques fragments de vitraux, bordures de la Renaissance , t cartels entourés d'amours et autres motifs, et un petit sujet fort décoloré qui représente le martyre de saint Biaise.
Diverses statues méritent d'être signalées, surtout une Vierge de la Renaissance avec l'Enfant-Jésus vêtu d'une longue robe, pressant dans ses mains une colombe.
Le clocher renferme deux cloches anciennes : l'une vient du Besnerey, et j'en réserve l'inscription pour l'article de cette paroisse. L'autre porte les lignes suivantes :
f LAN 1788 IAI ETE BENIE PAR Me IOSEPH PHILIPPE LE MONNIER DE LA HAITRÉE CURE DE CE LIEU ET NOMMEZ MAGDELEINE PAR TRES HAUT ET TRES PUISSANT SEIGNEUR ANTOINE FRANÇOIS DE QUITRY BRIGADIER DES ARMÉES DU ROY ET PAR TRES HAUTE ET TRES PUISSANTE DAME MAGDELEINE CHARLOTTE DE RIQUEL DE CARAMAN EPOUSE DE TRES HAUT ET TRES PUIS- SANT SEIGNEUR VICTOR IACQUF.S GUI GEORGE HENRI DE CHAUMONT MARQUIS DE QUITRY.