ENTRÉE DE LA CHAPELLE DU PRIEURE
La grande porte d'entrée s'ouvre sur le chrniin . à l'occi-
dent. Elle est à arc surbaissé et paraît avoir été retravaillée vers la fin du XVIe. siècle. Le porche en maçonnerie qui la protège date du XVe. siècle ; il était recouvert par une voûte ogivale en charpente fort soignée et dont les moulures se rencontrent assez rarement.
Au-dessus, dans le pignon, s'ouvre une fenêtre semblable à celles qui éclairent le mur méridional. L'appareil des murs se compose de moellons ; on n'a employé la pierre de taille que pour les angles, les contreforts, la corniche et l'entourage des baies. La pierre est rare dans le pays , et il est fort instructif d'étudier la manière intelligente dont le constructeur a su l'économiser, tout en donnant à son œuvre un air d'ampleur qu'on atteindrait difficilement , même avec les ressources dont les architectes disposent de nos jours. Les colonneltes sont grêles , les chapiteaux peu fouillés, les bases un peu plates; mais il faut une analyse complète pour constater ces défectuosités, que le premier coup-d'œiln'aperç >itpas.
Les gros murs me paraissent dater de deux époques : une partie du blocage , surtout au nord et à l'orient, peut remonter jusqu'au commencement du XIIIe. siècle , comme les deux étroites lancettes dont il i déjà été parlé ; le reste est de cent ans plus jeune et appartient, comme les autres fenêtres, à l'architecture rayonnante.
Le plan indique la longueur et la largeur de la cinpelle ;
CANTON DE MSUUJX, ir». SECTION. \)1
les murs latéraux ont, sous comble, 22 pieds environ ; on compte 38 pieds au haut du triangle du chevet.
Cette chapelle sert maintenant de bâtiment d'exploitation rurale. La voûte est ogivale , en merrain , avec entraits et poinçons visibles. Des trèfles en noir décorent les douvettes.
Les fourrages qui y sont habituellement entassés empêchent un examen approfondi de toutes les parois ; il doit y avoir une piscine.
M. le curé de Firfol a eu l'obligeance de nous communiquer les noms des prieurs de St. -Christophe qu'il a trouvés , en dépouillant les registres de sa paroisse. Ces registres remontent jusqu'à 1600; mais c'est seulement un siècle plus tard que l'on trouve le premier prieur , et la liste est loin d'être complète :
1708. Richard de Guirard; il portait, suivant d'Hozier : losange d'argent et de gueules.
1718. Frère Philippe-Antoine de Trousseauville, de l'ordre des Frères mineurs, couvent de Bernay. Il remplissait , celte année-là, les fonctions de desservant provisoire de la paroisse.
Manoir. — De l'autre côté du chemin est l'enclos du manoir de St. -Christophe. Malgré son nom, qui pourrait le faire regarder comme une dépendance du prieuré dont nous venons de nous occuper, c'était un fief laïque. Il appartient à cette classe de constructions en bois , d'un intérêt tout particulier , qu'on ne rencontre que dans les environs de Lisieux. Sa construction date de la transition entre le style gothique et la Renaissance. Le plan et les deux dessins de M. Bouet font voir sa disposition et son aspect d'ensemble.
STATISTIQUE MONUMENTALE l>U CALVADOS.
PLAN DES APPARTEMENTS Dl PREMIER ÉTAGE.