‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 21 sur 203 · PLAN DU MANOIR DE FIRFOL · texte numérisé non relu

PLAN DU MANOIR DE FIRFOL

Du côté de la façade, les moulures des sablières, les profils des poteaux corniers el des poteaux d'huisserie sont gothiques. Il n'y a aucune sculpture. Tout l'effet est produit par les encorbellements et la tourelle carrée de l'escalier, qui présente son pignon parallèlement à la façade.

Le bout de la maison, qui forme galerie ouverte au rez-dechaussée, el la face du côté du jardin ont reçu une très-riche décoration.

Les trois poteaux qui servent de colonnes à la galerie et portent les étages supérieurs sont sculptés, sur chaque face , d'ornements de la Renaissance, tous variés, mais dont un

CANTON DE LÉSIEÛX', lr\ SECTION.

spécimen fera suffisamment counaître les motifs ( V. la page suivante).

Au milieu de ces trophées sont des médaillons circulaires , renfermant un buste d'homme et un buste de femme. Il est à croire qu'il ne faut considérer ces figures, que l'on rencontre dans presque toutes les constructions de la Renaissance , que comme pure décoration. Souvent on raconte que ce sont les portraits du maître et de la maîtresse du logis. Sur la face externe du poteau central est un sujet en haut-relief. Malgré son état de dégradation , du aux intempérances du temps aussi bien qu'aux accidents inséparables d'une existence de trois siècles, on reconnaît parfaitement saint Christophe, portant sur l'épaule son fardeau divin.

L'angle du poteau cornier porte aussi une statuette. C'est une femme couronnée, ayant une épée à la main, un monstre sous les pieds. A ces emblèmes, on reconnaît sainte Marguerite. Les sablières ont de jolis rinceaux de la Renaissance.

A l'étage supérieur, s'ouvre une jolie fenêtre à croix délicatement ciselée. Sur le trumeau central est représenté saint Michel, terrassant le diable. Il y avait, sur la façade, deux statuettes qui ont été. bûchées ; nous avons pu découvrir , pour toute sculpture une feuille de chêne derrière un volet. Est-ce un rébus? Faut-il y voir une allusion au nom du constructeur ou à celui du propriétaire ?

La face du jardin a conservé intacte toute sa décoration. Elle est concentrée sur la partie méridionale ; la salle qui fait saillie est en pierre et sans ornements. Elle doit être de même date que le reste.

Au midi , nous trouvons les sablières avec rageurs bien conservées , les fenêtres de même style que celle que nous avons déjà décrite, plus un double rang de statuettes.

Au rez-de-chaussée, sainte Barbe, saint Pierre , saint Jean l'Évangéliste avec son calice surmonté d'un dragon ; enfin,

SCULPTURE DE UA RENAISSANCE, AU MANOIR Bï FIRFOl,

une femme agenouillée devant un homme le bras levé , le vêtement court , comme on représente a cette époque le bourreau. Nous ne pouvons deviner ce sujet.

A l'étage supérieur, en suivant le même ordre, on reconnaît un évêque bénissant ; la Trinité , telle qu'on la figurait ordinairement, savoir : le Père-Éternel , assis, soutenant la croix de ses deux mains et une colombe planant au-dessus de la tête du Christ; enfin, une femme agenouillée tenant une corbeille.

A divers endroits, on reconnaît la trace de blasons qui auraient pu nous faire deviner le nom de l'ordonnateur de cette œuvre artistique; mais ils ont été bûches avec un soin désolant.

A l'intérieur, on voit encore de vastes cheminées dont les

CHEMINEE 1)1 HANOIB DK FIItl-'OL.

manteaux de pierre sont portés par des cotomiéUcs. Voici un

î{)tl STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

croquis de celle de la cuisine. Dans une des chambres, il s'en trouve une autre non moins curieuse.

CHBMINÉB DL Ï.IANOiR DE FJRFOL.

Des portes à panneaux plissés , des peintures sur les poutrelles d'une chambre, des volets à médaillons , des sommiers sculptés de torsades et d'entrelacs , sont les seuls motifs de décoration intérieure qui subsistent encore.

Les bâtiments accessoires n'offrent aucun intérêt, si ce n'est le puits de grande dimension , avec le petit édicule qui le recouvre et le colombier en bois octogone , sur une base circulaire. Il était décoré de sculptures ; mais elles sont recouvertes d'un enduit épais.

En U63. Monti'aut trouva noble , à Firfol , Philippe de

CANTON DE L1SIEUX , lrr. SECTION. 105

Bellemare , qui a donné son nom à une terre située plus loin dans la plaine. Vers 1540, François du Bosch était seigneur d'Hermival et de Firfol. Après lui, Jean du Bosch, qui avait épousé, vers 1608, Marie d'Oinville, porta les mêmes titres.

Jacques du Houlley , conseiller du roi , ancien lieutenantgénéral civil et criminel de la vicomte d'Orhec, était seigneur de Firfol en 1660 et 1667. D'autres membres de la famille du Houlley ont porté le même titre.

La population de Firfol est de 228 habitants. Au XVI1P. siècle, il y avait 75 feux , soit plus de 350 habitants. Celte paroisse était comprise dans la sergenterie de Moyaux.

COUKTONNE-LA-MEURDRAC (l).

Courtonne-la-Meurdrac , Corthonna la Murdrac , Corlonna la Meurdrac.

Courtonne a toujours été une localité importante, qui ne comptait pas moins de 227 feux au XVIIIe. siècle, c'est-àdire environ 1,000 à 1,200 habitants. On en compte encore 709.

Cependant l'église n'est pas construite dans de grandes proportions. La nef n'a que 48 pieds sur 25 dans œuvre. Le chœur n'était primitivement qu'un carré parfait de 19 pieds de côté : on y a ajouté , au XVIe. siècle , un pan coupé , maintenant transformé en sacristie. La plus grande partie de la construction est romane, et on peut la faire remonter audelà du XIIe. siècle. Elle se compose d'un blocage affectant parfois la feuille de fougère , mais se rapprochant généralement de la disposition du petit appareil romain ; le pignon occidental surtout montre bien ce caractère.

Comme il arrive presque partout , les ouvertures ont été

(1; Notes de M. Ch. Vasseur,

refaites à la fin du XVe. siècle. On a conservé cependant, dans leur intégrité, deux des étroites fenêtres primitives, peut-être les seules destinées à éclairer la nef dans l'origine. Elles sont vitrées au ras du mur et placées fort haut au-dessus du sol. Les quatre autres ouvertures, symétriquement percées, sont ogivales. Les deux premières, vers la porte, ont un meneau ; les deux autres n'en ont point, mais leur largeur porte à croire qu'elles en ont possédé deux ou même trois.

La porte s'ouvre à l'ouest ; elle date du XVe. siècle. Un meneau de pierre la sépare en deux baies carrées , d'égale proportion , garnies de moulures prismatiques. Les vantaux sont à panneaux plissés. Elle est protégée par un porche en bois de la même époque, sur l'un des poteaux duquel , vers le midi , se trouve le nom , en lettres gothiques , du charpentier qui l'a construit , avec une hachette grossièrement sculptée.

Le chœur fait retraite sur la nef. Le mur latéral du nord est roman. Celui du midi a été reconstruit ou reparementé lors de l'adjonction du chevet ; il est, comme lui, en échiquier de pierre de taille et de moellons couverts d'un enduit rouge pour simuler la brique. Les fenêtres et la porte sont sans caractère.

On remarquera l'absence complète de contreforts. Le clocher est assis sur le portail. Il est revêtu d'essente et orné de quatre lucarnes subtrilobées occupant les angles.

La voûte du chœur est en lambris cl le sous-faîte garni de pendentifs exécutés au tour. La ferme appareille qui la soutient n'offre rien de particulier. L'arc triomphal est ogival , avec moulures prismatiques qui retombent sur deux colonnes semi-cylindriques. Son style accuse le XVIe. siècle; mais tout porte à croire que ce n'est qu'un rajeunissement de l'arc roman primitif.

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La voûte de la nef est aussi en merrain avec entraits et poinçons. Les sablières qui font corniche au haut des murs latéraux ont une saillie considérable. Elles sont sculptées d'entrelacs, de rosaces, de chevrons brisés, d'imbrications, selon Je style en vogue sous le règne de François Ier. Mais on les a bariolées en bleu et en blanc (sans cloute pour imiter le marbre) d'une manière indescriptible.

Les trois autels sont d'un travail remarquable et ont une date certaine.

Celui du chœur montre, au-dessus du tombeau carré à parement de toile peinte, un riche rétable composé de quatre colonnes torses , dont le tiers inférieur et le tiers supérieur sont garnis de ceps de vigne où se jouent des oiseaux, des limaçons et des lézards. L'un de ces oiseaux tient dans ses serres un reptile. Des couronnes fleurdelisées servent de point d'arrêt à cette décoration. Les chapiteaux sont d'ordre corinthien.

Tout est doré, de cette dorure inimitable ternie par les ans, sauf les animaux teintés au naturel et les grappes de raisin. Les piédestaux sont garnis de cartouches. Au milieu , le tableau est entouré d'un beau cadre cintré. C'est une copie de la Descente de croix de Rubens. A droite et à gauche, dans les deux autres entrecolonncments, sont des niches garnies de leurs statues du même temps : saint Ouen et saint Maur.

Le couronnement, au-dessus de l'entablement, est un fronton brisé en volutes sur lesquelles sont assis deux anges. Au centre est une niche en attique avec fronton semi-circulaire , porté sur deux caryatides à tète d'ange. La statue qui occupe cette niche représente le Sauveur du monde.

Le tabernacle est de forme semi-hexagonale ; des faisceaux de colonnettes cantonnent ses angles. Dans les cinq niches , sont de jolies statuettes : la Vierge-Mère et les quatre évangélislcs. Vi\ dome doré avec lanterne, à balustres sert de cou-

ronnement. De chaque côté sont agenouillés des anges adorateurs.

Les deux petits autels sont semblables entr'eux et doivent sortir de la même main que le maître-autel.

Les tombeaux carrés ont des parements d'étoffe et ils ne possèdent point de tabernacles. Deux colonnes torses portent un entablement circulaire , à fronton brisé , ménageant une niche en attique. Dans rentrecolonnement sont les statues des saints auxquels ils sont dédiés. Celui du sud est dédié à la Vierge ; dans l'attique est une statuette de saint Joseph avec l'Enfant-Jésus.

Les colonnes sont évidées à jour, comme au beau rétable des Parcs-Fontaines.

Sur l'autel du nord est une statue de saint Jean.

Les colonnes sont restées pleines , et au lieu d'attique , l'amortissement se compose simplement d'une belle urne entourée de draperies pendantes. Sur les bases des piédestaux court l'inscription suivante , partagée entre les deux autels :

Nord : 1652. chabitas et — toesavrvs Midi : iEWFi — carvwt.

L'exécution de ces deux autels est certainement aussi remarquable que celle du maître-autel, et la composition n'en laisse rien à désirer. Que ne reproduit-on de tels modèles, au lieu de ce faux gothique , vraie caricature de l'ancien, et qui ferait rire de pitié nos ancêtres !

Le pied du lutrin est carré , composé de quatre panneaux flamboyants. Les angles sont formés par quatre petits contreforts. Le travail est grossier, mais il date du XVe. siècle.

Un lustre en cristal de roche taillé , style Louis XV , est pendu dans le chœur. Au coin de l'autel est déposé un drapeau de soie, de la Confrérie de St. -Michel. M. Bouet en a

fait un croquis. Ces étendards de confrérie deviennent rares : aussi est-il bon d'en indiquer les couleurs et les dimensions.

Celui-ci mesure six pieds et demi sur chaque côté. Les hachures héraldiques ont été employées pour remplacer les couleurs. La bande du pourtour est large de 6 pouces et demi; celles qui forment la croix sont de 13 pouces. Un petit effilé d'argent fait l'entourage.

La Confrérie de Charité possède une croix richement travaillée, dans le stvle Louis XV.

110 sTATisnoLii Monumentale dû câltàdo's.

La cloche n'a pour inscription que celte date :

l'an 1707.

Et plus bas, sur la panse, le nom du fondeur :

JEAN AVBERT DE L1SIEVX MA FAICTE.

Elle mesure 3 pieds de diamètre.

Dans l'angle sud-ouest du cimetière est un petit braiment ,

qui sert de chambre de la Charité et paraît dater de la fin du XVIe. siècle ; nous en donnons une esquisse.

L'église de Courlonne est sous l'invocation de saint Ouen. Bien que cette paroisse fût le chef-lieu d'une baronnie appartenant aux évêques de Lisieux , le patronage était laïque , si l'on s'en rapporte aux pouillés du diocèse , et ce droit était exercé par le seigneur de Gouvis , fief situé dans ses limites. Ce seigneur prélevait même un trait de dîme , d'après des documents du XVIe. siècle. Cependant , comme correctif, je

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dois citer un acte des archives du Calvados , daté du 19 janvier 1479 (v. s. ) , par lequel « Jacques de Rupierre, sieur de Ségrie et de Courlhonne en partie , et en cette qualité patron alternatif avec l'évêque de Lisieux , permet la permutation faite par son co-patroo, du curé actuellement nommé avec Guillaume de Rupierre, son frère. »

Cette église dépendait du doyenné de Moyaux.

Le surnom de Courtonne lui>ienl d'une famille Murdrac ou Meurdrac, qui figura dans l'histoire de Normandie dès les temps les plus anciens. En 1080, Robert Meurdrac souscrivait à une charte de Guillaume en faveur de St.-Évroult. Un écuyer, du nom de Murdrac, suivit la fortune du connétable du Guesclin ; mais il résidait probablement dans la Basse-Normandie, où cette famille paraît avoir eu son principal établissement. Une branche possédait, en 1409, la terre de Canapville au diocèse de Lisieux. Ce ne peut être qu'à une époque bien reculée qu'elle posséda Courtonne , que nous voyons toujours dans le domaine des évêques de Lisieux. A la fin du XIVe. siècle , Guillaume d'Estouteville y faisait construire un château-fort, où il mourut, en 1413.

Cinq ans plus tard, le 6 mars 1418 (n. s.), ce château tombait au pouvoir des Anglais envahisseurs. La capitulation nous apprend qu'il était défendu par Jehan de Bienfaile, chevalier , qui fut contraint de se rendre à merci , laissant aux vainqueurs « tout artillerie du chaste! etdongeon est assauoir lances, arcs, arbaleslres, flèches, virions et toutz autres abillements pour arbalestriers, pouldres, canons et autres abillemenls pour la guerre » ; mais les dames et damoiselles qui se trouvaient enfermées avec lui dans le château eurent, à ce prix, leur pleine et entière liberté. On peut lire le texte entier de cette capitulation à la suite des Rôles de V Echiquier de Normandie, publiés par M. Léchaudé-d'Anisy, p. 269.

Thomas Bazin lit rentrer le château de Coin tonne, en

U'2 STATISTIQUE MONUMt.NTALE DU CALVADOS.

même temps que la ville de Lisieux , sous l'autorité du roi de France. Il fut définitivement démantelé en 1590. Les habitants de Marolles étaient tenus d'y faire le guet , ainsi que ceux de beaucoup d'autres villages environnants. L'origine de ce service remontait à l'an 1382.

Il ne reste plus de cette importante forteresse que des ruines à peu près insignifiantes. Néanmoins , son état actuel est le même où il fut trouvé en 1784, lors des procès-verbaux qui furent dressés au moment de l'intronisation de Mgr. de La Ferronnays.

Il était situé à l'orient de l'église. 11 avait une double circonvallation que l'on peut encore suivre, bien que les fossés aient été en grande partie comblés. La première enceinte ne contient aucun vestige apparent de construction ; l'autre, qui était la principale et qui mesure deux cent cinquante pieds environ sur cent cinquante, est occupée par divers bâtiments, relativement modernes, servant à l'exploitation rurale.

La seule partie conservée des anciennes constructions est la façade du nord. On y voit une longue courtine s'appuyant, d'un côté, sur les restes d'une tour ronde qui flanquait l'angle nord-ouest ; de l'autre côté , sur les deux tours qui accompagnaient l'entrée et dont la dernière ferme ce côté du parallélogramme. Cette courtine a environ k pieds d'épaisseur. On y voit deux meurtrières qui ont pu servir à pointer des canons. Les tours avaient environ 15 pieds de diamètre hors d'oeuvre, avec une épaisseur de murs semblable à la courtine ; elles n'avaient donc que 7 pieds de vide. Ces tours sont touta-fait ruinées, on n'y trouve plus d'ouvertures. Elles devaient être couronnées, comme la courtine, par des hourdsde bois; car on voit encore, de place en place, les corbeaux de pierre qui servaient d'appui à ces sortes de défense. Un large bâtiment, tout en pierre de taille, qui doit être ancien, est adossé à la courtine dans toute son étendue.

CANTON DE EISIEUX , lre. SECTION. 113

Je n'ai point vu , dans les matériaux employés , dans les parties qui ont conservé le plus de caractère , d'indices qui puissent engager à fixer la date de ces constructions au-delà du XVe. siècle. Les fossés, dans cet endroit, ont gardé environ 20 pieds de largeur à la partie supérieure. Ces restes ne peuvent donner aucune idée de la force stratégique du château, qui, au dire de Thomas Bazin, aurait pu arrêter pendant un long temps toute l'armée victorieuse du roi Charles VII.

La petite rivière qui coule tout près, au milieu de la vallée, servait sans doute à remplir les fossés.

Outre le domaine des évêques de Lisieux , Courtonne possédait un certain nombre de fiefs. Le château de Courtonne, appartenant maintenant à M. le comte de Neuville , est situé sur le bord de la plaine, à une assez grande dislance de l'église ; je le crois du dernier siècle.

Guillaume de Rupierre, sixième fils de Raoul II, seigneur de Rupierre, est le premier de cette famille que l'on trouve en possession de la terre de Courtonne. Il se qualifiait seigneur des Astelles, Bauqucncey, Mardiily, la Motte, Belautel, la Fresnaye, Sotteville , Ségrie, la Lande -St. -Simon , Courtonnc-Ia-Meurdrac et St. -Georges de Roilley. Une partie de ces seigneuries lui venaient de Jeanne de Ségrie, sa femme, l'une des deux filles, héritières de Pierre de Ségrie. Son fils, nommé Guillaume comme lui, lui succéda dans ses seigneuries. En 1463, il fournit ses preuves à Montfaut, sur la paroisse de Courtonne, ce qui fait supposer qu'il y habitait. Six ans plus tard, en 1469, il comparut aux Montres de la noblesse du bailliage d'Évreux ; mais comme il se présentait à l'acquit des religieux de St.-Évroult, il fournil, pour ses propres fiefs, trois archers montez et armez suffisamment. Il était mort en ViT'i , laissant de sa femme, Jeanne d'Angerville , dame de

Lieuray, neuf enfants, dont six garçons qui firent partage de ses biens. Courtonne échut au second, nommé Jean, qui avait embrassé l'état ecclésiastique.

Après lui , on retrouve en possession de cette terre , Jean de Rupierre, son arrière-petit-neveu, fils d'Antoine, seigneur de Ségrie , qui mourut sans postérité. Sa sœur étant venue au partage de ses biens avec un autre frère, obtint pour sa part Courtonne , que son fils , Richard Dubois , seigneur de Belautel, vendit, en 1609, à Adrien du HoulIey,écuyer, conseiller du roi, lieutenant particulier ancien civil et criminel au bailliage d'Orbec. En 1627, Adrien du Houlley se qualifiait, dans ses sentences, de sieur du Clos, Gouvis, les Kssarts et le Parc. La plupart de ces fiefs sont situés à Courtonne. Le Clos-Houlley est, je crois, le château qui nous occupe. C'est là que messire Adrien du Houlley établit sa résidence, d'après un acte authentique de 1630. Après deux générations, à la fin du XVIIe. siècle , la descendance du seigneur de Courtonne s'éteignit par deux filles, l'une desquelles, nommée Cécile-Adrienne, porta Courtonne à messire Nicolas Rioult , écuyer, dont M. de Neuville est le représentant,

Gouvis est aussi assis à Courtonne, à un demi-quart de lieue environ au nord-ouest de l'église , sur le coteau, en vue du chemin de fer et de la route de Lisieux. C'est un château de la fin du dernier siècle , entouré d'assez belles plantations.

Nous avons vu que le seigneur de Gouvis possédait le patronage et un trait de dîme, ce qui donne de l'importance à ce fief. Au XIVe. siècle, il appartenait à la famille de La Planche (de Planqua)] au XVIIe., il fut acquis par la famille du Houlley.

C'est maintenant la propriété de M. de Graveron.

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