‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 25 sur 203 · PIED DE LA CROU DE L HÔTELLERIE · texte numérisé non relu

PIED DE LA CROU DE L HÔTELLERIE

CANTON DE LIS1EIÎX , lre. SECTION. 131

L'église de l'Hôtellerie est placée sous le vocable de saint Nicolas. La fête du Saint tombe le 6 décembre. Ce jour-là a été établie, pour la vente des bestiaux, une foire qui attire un grand nombre de cultivateurs des environs. Cette foire se tient dans un champ qui portait autrefois le nom de Priorie de St.-Hippolyte.

Le patronage de la paroisse appartenait à l'évêque de Lisieux.

Il existait autrefois, sur le territoire de cette paroisse, une maladrerie ou léproserie , dont la chapelle , qui était un bénéfice à la nomination de l'évêque, valait ZiO livres au titulaire.

Avant la Révolution , l'Hôtellerie faisait partie de l'élection de Lisieux et de la sergenterie de Moyaux. Sous le rapport ecclésiastique , cette paroisse dépendait du doyenné de iMoyaux.

On comptait, à l'Hôtellerie, au XVIIe. siècle, 32 feux. La population actuelle s'élève à 488 habitants. Sa distance du chef-lieu d'arrondissement est de 12 kilomètres.

Une loi du 21 juin 18^1 a réuni à l'Hôtellerie une partie des deux anciennes paroisses de St. -Pierre et de St. -Ilippolytede-Caoteloup.

A l'angle de la roule impériale et du chemin communal , sur le bord duquel s'aligne la façade occidentale de l'église , s'élève une maison en bois, avec étage en encorbellement, qui date de la fin du XVe. siècle ou du commencement du XVP.

La façade principale, qui se développe sur la grande route,

au Glossaire de Ducange), assez communes eu Bretagne et en Vendée, sont très-rares en Normandie. Elles sont ainsi nommées parce que les pupitres garnis de bénitiers, qui les accompagnent, servaient pour les stations de la procession des Rameaux, pendant lesquelles on chante VHosannah. La dépouille mortelle des fondateurs esl ordinairement planV au pied dp CM p( fils momiiiifuits

offre, au rez-de-chaussée, une petite fenêtre surmontée d'une ogive en accolade. Sur le poteau d'huisserie , est sculpté un écusson que masque un volet. Nous avons lu sur cet écusson les mots suivants, en caractères gothiques :

t)it>e le Hoj)

Sur la même façade sont sculptés deux autres écussons. L'un de ces écussons représente un arbre.

Une haute cheminée en brique, dans laquelle est incrustée une croix en pierre , surmonte le toit.

L'Hôtellerie doit probablement son origine à une de ces maisons hospitalières, si répandues au moyen-âge, dans lesquelles les malades de la contrée étaient reçus et soignés , et où les voyageurs pauvres et infirmes étaient sûrs de rencontrer une généreuse hospitalité.

Les rôles de l'Échiquier, conservés aux archives de la Tour de Londres, font mention, en 1195, d'un nommé Guillaume, clerc de l'Hôtellerie (clericus de Hospùalaria).

D'après la tradition locale, la reine Blanche, mère de saint Louis, s'étant rendue en Normandie , pendant la minorité de son fils, pour apaiser les troubles qui avaient éclaté dans cette province, fut prise tout à coup des douleurs de l'enfantement et transportée dans une hôtellerie qui se trouvait sur sa route, où elle accoucha d'un fils qui mourut au berceau. En souvenir de sa délivrance , elle fit élever , près de cette maison , une chapelle qui prit le nom de l'Hôtellerie. Telle serait , dit-on, l'origine de ce ulla^e.

Avant la Révolution, une messe basse se célébrait deux fois

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la semaine, à 5 heures du matin, dans l'église de l'Hôtellerie, pour les marchands de bœufs qui se rendaient au marché de Poissy. Voici l'esquisse d'un hangar qui existe encore et

qui servait à attacher les bœuft

MAROLLKS (1).

Marottes, ccclesia de Maeroliis, de Marotlis, de Maierôles.

L'église de Marottes s'élève dans une plaine, sur la gauche et à peu de distance de la route impériale de Paris à Cherbourg.

Cette église, dont les vastes proportions attestent l'ancienne importance, était primitivement romane.

Les murs latéraux, couverts d'un crépi ancien qui se détache à plusieurs endroits, montrent un grossier blocage noyé dans un mortier très-épais. L'appareil roman en feuilles de fougère, peu caractérisé au nord, est parfaitement marqué du côté méridional. On remarque, de ce côté, une petite fenêtre

l Notes de M. Pannier.

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à plein-cintre, en forme de meurtrière (aujourd'hui bouchée), laquelle ne peut laisser aucun doute sur l'époque de la construction de cette église, qui remonte au XIe. siècle.

La première travée de la nef, du côté du midi, a été reconstruite en grand appareil au XVIe. siècle. De nombreuses reprises en silex ont eu lieu à la même époque , au nord et au midi.

La nef est éclairée par cinq fenêtres ogivales sans meneau (deux au nord et trois au midi ), dont les moulures accusent la dernière période ogivale.

Quatre fenêtres ogivales flamboyantes , partagées en deux baies par un meneau prismatique , éclairent le chœur. L'une de ces fenêtres est moderne ; les trois autres sont anciennes et proviennent de l'église de Uirfontaine, dont la ruine pittoresque s'apercevait à quelque distance de la voie ferrée de Paris à Cherbourg , alors en construction. D'après le conseil éclairé d'un archéologue (M. le docteur Billon) , ces fenêtres furent sauvées de la destruction et transportées avec beaucoup de soin à Marolles. M. l'abbé Férel , ancien desservant de cette paroisse , à la mémoire duquel nous rendons un sincère hommage, les fit restaurer par un ouvrier habile et incruster dans les murs latéraux à la place des anciennes ouvertures, qui étaient sans caractère. La tracerie des fenêtres, formée de jolies moulures, offre une variété d'ornements agréables à l'œil. Le lobe supérieur des unes affecte la forme d'un cœur ; le tympan des autres est percé d'un quatre-feuillc à pétales lancéolées. Une jolie piscine ogivale , trilobée , a été découverte du côté de l'épîtrc.

Le chœur, en retraite sur la nef, se termine par un chevet droit, contre lequel est appliquée une sacristie à pans coupés, awr chaînages en pierre sur les angles*

Une belle tour quadrangulaire, dont la large base était destinée à recevoir une haute pyramide, s'élève à l'angle nord-

ouest du portail occidental , lequel est percé d'une porte à linteau, entourée de moulures prismatiques.

KOUSE DE MAROLLES,

Cette tour, soutenue extérieurement par de puissants contreforts, s'appuie, à l'intérieur de l'église, sur deux énormes colonnes monocylindriques , dont les chapiteaux , d'une exécution barbare, présentent des figures grotesques, assez semblables à celles que l'on remarque sur certains chapiteaux romans. L'une de ces colonnes est surmontée de deux espèces de contreforts qui s'emboîtent l'un dans l'autre ; disposition qui nous a paru intéressante à signaler.

M. Boucl a fait un dessin de ces deux colonnes, qui datent

IV) KIUV.IB )>'. L-ÉGMSB DE M AHOILKS.

du même temps que la tour, dont la construction remonte aux premières années du XVIe. siècle.

L'étage supérieur renferme deux cloches dont nous avons relevé les inscriptions. La plus petite provient de l'ancienne église de Cirfontaine.

Cloche de Marottes.

Diamètre, 1 mèlre.

L'AN 4782 IAY ÉTÉ BENITE PAR MAITRE LOMS PATERNE M \ LC ANGE (,l RÉ DB CETTE PAROISSE ET NOMMÉE MARIE LOUIS:: PAR MESSIRE ESPRIT AU- GUSTIN DE PIPEREY CHEVALIER SEIGNEUR ET PATRON HONORAIRE ALTER- NATIF RE SAINT MARTIN DE MAROLLR SEIGNEUR ET PATRON DE SAINT H1POLITE DE CANTELOUP ET AUTRES LIEUX El PAR NOBLE DAME MARIE LOUISE ROSE DUBOSGH EPOIZE DE MESSII1E NICOLAS ETIENNE DE BOCTEY CUEVAL1ER SEIGNEUR ET PATRON HONORAIRE ALTERNATIF DU DIT MAROLLE ET AUTRES LIEUX.

Cloche de Cirfontaine.

DinmMrv, 62 cent.

M,ve ROBERT GAILLARD P,re C\RÉ 1600. f IRAN DY CELIER Er Sr DE LA HAVLTE ROCQVES E NOBLE DAME AîiRIANE DE BEAVDRY FEMME DE FRANÇOIS DV HOVLEY Er S1' ET PATRON DE CO\ R- THONNE ET NOSTRE DAME CIRFONTA;*,E.

Sur la cloche est représentée une croix formée d'arabesques , dont les croisillons sont terminés par des fleurs de lis. A gauche de la cro'x est placé le monogramme du Christ IHS (Jésus); à droite, se détachent les lettres MA (Maria). Au-dessous on lit :

g. colleville TESORiH (trésorier).

Du côté opposé, quatre fleurs de lis disposées en croix.

La porte qui donne entrée dans la nef était autrefois précédée d'un porche en bois, dont on aperçoit 1rs traces sur le mur. Elle est surmontée d'un écusson peint, presque entièrement effacé, qui probablement faisait partie d'une litre fu-

CANTON Dtt LISItUX , llc. SECTION. 1«5U

nèbre. Au-dessus, s'ouvre une fenêtre ogivale de la dernière époque.

L'arc triomphal, qui sépare le chœur de la nef, date de la lin du XVIe. siècle ou du commencement du XVe. Cet arc , dont M. Bouet a fait un dessin, offre de curieuses moulures.

L'archivolte principale, formée d'un gros tore que séparent deux gorges profondes, s'appuie sur des chapiteaux d'une exécution peu soignée, autour desquels s'enroulent des ceps de vigne. Dans l'angle formé par la colonne et les piedsdroits, est placée une petite colonnette.

La voûte de la nef et celle du chœur sont en merrain.

Cette église possède deux magnifiques autels avec rétable, dont nous allons donner la description.

Le rétable du maître-autel, à fronton coupé, dans le style Louis XIV, est décoré de deux colonnes torses, d'ordre composite, autour desquelles s'enroulent des ceps de vigne chargés de grappes de raisin que becquettent des oiseaux. Le tableau placé dans l'entrecolonnement représente Notre-Dame du-Rosaire. Des anges, tenant des palmes, sont assis sur les consoles qui surmontent l'entablement. Le couronnement du rétable, surmonté d'un fronton triangulaire, estflanqué de deux pilastres décorés, dans la partie supérieure, d'une tête d'ange

soutenue par une console d'où pendent des fruits. Au milieu, est peint un Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe.

Deux niches, terminées par un fronton trapézoïde que surmonte un gracieux couronnement formé de légers rinceaux , accompagnent le rétable. L'une de ces niches , placée du côté de l'évangile, renferme un groupe représentant la Sainte- Trinité ; l'autre niche contient la statue de saint Martin, premier patron de l'église.

Au-dessus des portes qui donnent entrée dans la sacristie

CANTON DE MSIEUX , lr% SECTION. \h\

sont placés deux petits tableaux peints sur bois, qui ne sont pas sans intérêt. L'un de ces tableaux représente Marthe , exemple de la vie active , préparant le dîner de son divin Maître , tandis que sa sœur Marie-Madeleine, symbole de la vie contemplative , reste tranquille , écoutant les paroles de Jésus-Christ.

Nous signalerons encore deux médaillons, dont l'un représente saint Paul. Le personnage religieux peint sur l'autre médaillon tient un livre à la main.

Le tombeau du maître-autel est carré et décoré de jolies caryatides. La face principale offrait autrefois un beau parement en étoffe.

L'autel placé au bas de la nef, sous la tour, provient de l'ancienne église de Girfontaine, démolie en 1846, M. l'abbé Féret, ancien desservant de Marolles, attachait un grand prix à cet autel, l'un des plus gracieux spécimens que nous ait légués le XVIIe. siècle. Les quatre colonnes torses , garnies de feuilles de vigne, qui décorent le rétable supportent un riche entablement. De jolis vases , ornés de trois têtes d'ange reliées par une guirlande de fleurs , dans le genre des épis émaillés qui couronnaient le faîte de nos manoirs normands , surmontent les colonnes. La forme du tabernacle est celle d'un élégant pavillon à colonnes torses , surmonté d'une gracieuse coupole couverte d'imbrications. Les rinceaux qui décorent les gradins de l'autel se terminent par des têtes d'aigle.

Ce beau rétable, qui fait l'admiration de tous les connaisseurs, accompagnait le maître-autel de l'église de Girfontaine (1 ) .

A l'extrémité de la nef s'élèvent deux petits autels, dans le

(1) Nous venons d'apprendre que ce retable, qui a coûté une somme énorme, si l'on en juge par la délicatesse du travail , a été vendu 400 fr. u. un brocanteur.

ïkl STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

slyle Louis XV. Celui de gauche est décoré de la statue de saint Santin, évêque. Cette statue, qui est ancienne, est miniaturée.

La croix du cimetière, malgré son exécution un peu barbare, n'est pas dépourvue d'intérêt. Elle offre, sur l'une de ses faces, au point d'intersection des croisillons, une couronne en fer forgé. Le chapiteau qui termine le fût est décoré de feuillages. Cette croix, qui est dans un état déplorable, date du siècle dernier.

Près de la croix, est placé le tombeau de VI. l'abbé Féret, ancien desservant de cette paroisse. Sur la pierre qui recouvre sa dépouille mortelle, est gravée l'inscription suivante :

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