‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 26 sur 203 · OU IL EST DÉCÉDÉ LE 22 JUIN · texte numérisé non relu

OU IL EST DÉCÉDÉ LE 22 JUIN

Sous un tertre de gazon, que surmonte une modeste croix, repose une centenaire. Nous avons lu l'inscription suivante , remarquable par son laconisme :

MARIE-FRANÇOISE VKSQUE, NÉE AU MBSNIL-CUILLAUME LE 6 DÉCEMBRE 47A0, DÉCÉDÉE A MAROLUIS LE k JANVIER 1841.

Marolles dépendait, pour le culte, du doyenné de Moyaux, et, pour le civil, de la sergenterie dudit lieu.

Au XVIIIe. siècle , on comptait , dans cette paroisse ,

CANTON DE LISIEUX, lr*. SECTION. 1AS

209 feux (1,000 à 1,100 habitants). D'après le dernier recensement de la population, le nombre d'habitants est aujourd'hui réduit à 789.

Le patronage appartenait aux Mathurins de Lisieux. Suivant un acte des assises de Bernay , de l'an 1190, retrouvé par M. Charles Yasseur dans les archives de l'Hospice de Lisieux qu'il a compulsées avec soin, « Jehan Péril reconnut à Richard d'Argences la jouissance du fief de Maroiles avec le patronage et deux gerbes de dîme. Peu de temps après, Jourdain du Hommet , évêque de Lisieux , acquit ce patronage et en lit don aux pauvres de la Maison- Dieu ou plutôt aux religieux Mathurins , auxquels il venait de confier la direction de cette maison. En 1218, Robert de Piencourt, ayant manifesté l'intention de troubler les religieux dans la possession de leur droit, fut désintéressé par ces derniers, qui s'obligèrent à lui payer une rente de quatre setiers de blé à prendre sur leur grange de Maroiles. En 1733 , Roger d'Argences qui, sans doute, avait succédé à Richard comme seigneur du fief de Maroiles, donna aux religieux une charte de confirmation pour le patronage. Une autre charte de 1239 confirma également le droit, qui leur avait été concédé, de prélever la tierce-gerbe sur toute la paroisse. Depuis cette époque jusqu'à la Révolution , les religieux ont exercé leurs droits sans entraves.

11 existait , sur le territoire de Maroiles, une chapelle dédiée à saint Marc. Au XVIIIe. siècle, cette chapelle était réunie au bénéfice-cure de l'Hôtellerie. C'était probablement, dit M. Vasseur , une ancienne maladrerie , dont les biens furent donnés à l'hôpital de Lisieux en 1695. L'édifice existait encore au XVIIIe. siècle. Une déclaration des administrateurs des pauvres de Lisieux, du 20 avril 1721, fait mention d'une pièce de terre en herbe sur laquelle est ta chapelle St.-Marc, bornée au septentrion par le arand chemin ferré, etc.

\Uk STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

Le Val-Richer possédait aussi des biens sur le territoire de cette paroisse.

Château. — L'ancien château de Marolles, situé à quelque distance de l'église, paraît dater de la fin du XVIe. siècle. 11 est construit en bois avec briques inclinées entre les colombages.

La corniche qui supporte le toit est décorée de nombreuses caryatides dont la partie supérieure offre le buste d'un homme, et la partie inférieure une queue de poisson. Sur un cartouche , placé à l'angle sud-est de la corniche , on lit la date 16^6 qui semble indiquer l'époque de la restauration d'une partie du château. Le toit brisé offre de grandes fenêtres en forme de mansardes (On sait que ce genre d'ouvertures n'a été inventé que sous le règne de Louis XIV ). Les extrémités du faîte sont couronnées de beaux épis en terre cuite émaillée. Un magnifique escalier conduit à l'étage supérieur du château.

Ce château est aussi nommé le Mont-Hérault, Il a appartenu à la famille de Piperey. Jacques de Piperey, contrôleur des monnaies à Rouen, en 1598, est le premier qui se qualifie de seigneur de Marolles. Parmi ses descendants, on compte plusieurs magistrats. François de Piperey, sieur de Marolles, était vicomte de Moyaux en 1666. Jean-Pierre de Piperey, sieur de Marolles, St. -Germain et Piencourt, fut également vicomteenquesteur et commissaire-examinateur de la vicomte de Moyaux, puis conseiller au Parlement. On remarque, à l'intérieur du château, deux écussons accolés.

La terre de Marolles a été aliénée, vers 1856, par M. Amédée de Piperey. Dans une cour dépendant du château , s'élève une chapelle en bois, surmontée d'un petit clocher octogone couronné par un toit conique , autrefois couvert en essenle. Les murs de cette chapelle, qui date du même temps que le château , étaient revêtus d'essente. Le mur septentrional a

CANTON DE LISIEUX , i,e. SECTION. 145

conservé ce genre de décoration. La voûte en merrain est peinte en bleu et semée d'étoiles. Les couvre-joints, peints en rouge, sont bordés d'un filet or. On remarque le pavage émaillédu sanctuaire, qui est ancien et parfaitement conservé.

Une seconde partie du fief de Marolles échut à la famille de Boetey. Dans les Archives de la ville de Lisieux, M. Vasseur a trouvé le nom de Gabriel Le Boetey, « escuyer, sieur de Marolles et du Boulley (16 juin 1577). » La famille de Boetey posséda ce fief jusqu'à la Révolution. Messieurs de Boetey ayant émigré, leurs biens furent vendus par la nation. Sous la Restauration, ils rentrèrent en possession de leur terre , qui appartient aujourd'hui au dernier descendant de cette famille.

Le château de Marolles-Boctey a été rebâti il y a quelques années. Le moulin féodal seul est ancien.

Dans une cour qui borde le chemin de Marolles à Cirfontaine , s'élève une ancienne maison dont la construction remonte au XVK siècle. Cette maison mesure 50 pieds de longueur sur 20 de profondeur.

Le rez-de-chaussée , construit en grand appareil , est surmonté d'un étage en charpente formant encorbellement. Cet étage , décoré de nombreuses et belles moulures, est éclairé par des fenêtres cruciformes.

MKFOMAIXR 1).

Cirfontaine, Siro fonte , Cirofonte , Cirfontaine.

Une ordonnance royale du 22 septembre 1824 a réuni a la commune de Marolles l'ancienne paroisse de Cirfontaine.

L'église, bâtie au fond d'un vallon, offre une charmante ruine. C'était, dit M. le docteur Billon, qui a visité l'édifice eu 18M3, et d'après lequel nous avons rédigé en partie la

(1) Notes de M. Pannier. 10

notice suivante, Tune des églises rurales les plus riches et les mieux décorées de l'ancien diocèse de Lisieux.

La nef, œuvre d'un architecte de talent, date de la fin du XVe. siècle. Les murs, construits en grand appareil, sont soutenus par des contreforts saillants dont plusieurs attirent les regards par leur forme insolite. Un magnifique slylobale , composé d'une large doucine et d'un chanfrein , suit les ondulations du terrain. La corniche, qui supportait le toit , est également formée d'une doucine.

On remarque , au midi , deux belles fenêtres à deux baies trilobées , dont le V tympan offre une jolie tracerie flamboyante. Il n'existe au nord qu'une seule ouverture , semblable aux précédentes. Dans l'ébrasement de cette fenêtre , on apercevait autrefois une curieuse peinture représentant Notre Seigneur au Jardin des Oliviers.

Trois contreforts saillants , dont deux sont placés sur les angles, soutiennent le mur occidental que surmonte un fronton triangulaire. Une fenêtre ogivale , entourée de moulures en gorge, s'ouvre dans le fronton, un peu à droite.

Un clocher en charpente , recouvert en essenle et surmonté d'une pyramide très -élancée , s'élevait au-dessus de la première travée de la nef.

La porte , placée au midi , près du mur occidental , est à plein-cintre et entourée de moulures prismatiques. Un porche en bois, dont on aperçoit encore les traces sur le mur, précédait l'entrée de l'église.

Le choeur , fortement en retraite sur la nef, est roman et doit remonter au XIe. siècle. Les murs en ruine présentent l'appareil grossier en feuilles de fougère.

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Il se termine à l'orient par un chevet droit soutenu par deux contreforts dont l'un , garni d'un double chaperon , date du XVIe. siècle ; l'autre a été reconstruit en brique. Une haute fenêtre ogivale , partagée en deux baies par un meneau vertical qui se bifurque dans la partie supérieure , éclairait autrefois le sanctuaire. Les moulures rudimentaires de cette fenêtre , dont les angles sont taillés en biseau , accusent le XIIIe. siècle. On remarque au midi les vestiges d'une fenêtre dont les moulures étaient toriques.

A l'intérieur, l'église était entièrement peinte à fresque.

La nef présente encore de nombreux vestiges de ce genre de peinture.

A l'extrémité de la nef, du côté de l'épître , est placé un autel en pierre qui date du XVIe. siècle. Le mur formant retable est couvert de peintures assez bien conservées , représentant le couronnement de la Vierge : la mère du Sauveur, entourée d'une auréole formée de rayons flamboyants, a les mains jointes et élevées vers le ciel. Deux auges , les ailes déployées, tiennent au-dessus de sa tête une couronne ducale. De chaque côté de l'autel on lisait, il y a quelques années, celte inscription, que le temps a presque entièrement effacée :

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