EN • LAN . DE . GRACE • VOIRE . MILLE • ET • CINQ • CENS
ET . OLIUIER • SON • FILS • COMe. JENTENS •
LE • DIMECE • PMIER . JOUR DE . JUILLET •
CINQ • CEIVS • XXIJ • DOULX • COM • VNS ♦ AIGNELET •
DAMOISELLE . MARIE • LE • CARPENT1KR •
Une troisième, également rimée, mais fort incomplète, fait mention de la sépulture de maistre Loys Toustain , pbre. Vis-à-vis de la chaire, on a découvert un sujet assez bien conservé et que l'on restaurerait facilement : il a 6 pieds de hauteur et représente une Trinité avec des personnages en prière ; il devait y avoir au-dessous une inscription tumulaire , mais on ne l'a point découverte. Il est impossible de décrire toutes les statues du moyen-âge, les reliquaires du XVIIe. siècle , et les deux petits autels à colonnes torses , qui , à défaut de sujets plus importants , mériteraient d'attirer l'attention. Cependant on ne doit point passer sous silence un tableau fort curieux placé jadis dans la chapelle St. -Ursin de la cathédrale, et nous ne pou\ons mieux faire, pour en donner une idée , que de laisser la parole à maître Jean Le Prévost, chanoine du diocèse de Lisieux, qui, dans son rare et curieux petit livre intitulé : Les Vies des SS. Patrons du diocèse de Lisieux (Lisieux, I.-A. Du Ronceray, 1750), en a donné la description suivante :
« On y voit un tableau en long divisé en quatre
quarrés, au dessus des quels ont lit ces mots : Comment Les Reliques de Monsieur S. Vrsin fuirent apportées par miracle en cette Eglise iaii 1055, par les soins de Hugo Evêque de Lisieux , et au dessous ceux-ci : Ce Tableau a été refait sur l'Original vieil en l'année 1681 aux dépens de la Fabrique. Dans un de ces quarrés S. Ursin est représenté avec N. S. sous un Figuier, suivant l'opinion dans laquelle on éloit alors, à Bourges comme à Lisieux, que S. Ursin
CANTON DE LISIEUX , 2e. SECTION. 267
étoit véritablement Nathanaël à qui Jésus-Christ dit: Je vous ay vu avant que Philippe vous eut appelé, lorsque vous étiez sous le Figuier. Dans un autre de ces quarrés S. Ursin est représenté faisant la lecture à la Cène de N. S. avec ses Disciples, suivant qu'on le lisoit alors, à Bourges comme à Lisieux , dans les leçons de son Office en ces termes : B. Ursinus Dominicis plenissimè imbulus Sacramentis inter ipsa sacrœ Cœnœ convivia legendi ofjlcio a Domino députants est. Dans le troisième de ces quarrés on voit le clergé de la ville de Lisieux marchant processionnellemcnt dans le chemin qui conduit de la Ville vers la Forcst-Rathouin, et après le clergé la chasse de S. Ursin sur un chariot attelé de chevaux blancs , aux deux côtés duquel sont plusieurs personnes à cheval, qu'on suppose être d'un côté les habitants de Bourges, dont on a parlé, et de l'autre côté autant d'habitants de Lisieux destinés à reconduire la chasse de S. Ursin jusqu'à Bourges. Enfin dans le quatrième quarré on voit la chasse de S. Ursin sur un chariot attelé d'une génisse, qui seule , après le miracle dont on a parlé , ramène le chariot de la Forcst-Rathouin à Lisieux , où le clergé et le peuple retournent processionnellemcnt, iprès la chasse » (P. 183 et 186.)
La sonnerie de St. -Jacques se compose de trois cloches, la plus grosse est ancienne , elle a été fondue en 1712 par Jean Aubcrt de Lisieux , célèbre fondeur. Les deux autres datent seulement de 1832. Avant la Révolution, il y avait onze cloches.
Le patronage de St. -Jacques appartenait au chanoine prébende de ce titre. Au XVIIe. siècle, cette prébende fut affectée spécialement au théologal.
Cinq autres prébendes avaient leur chef-lieu sur le territoire rural de la paroisse, on les nommait : Les Chcs'ies, ou (ihesnes-Thouroude; Les Loges; Pesnel ; Le Val-Rohais ; Feins.
St. -Désir , la troisième paroisse de la ville , est située a l'extrémité du faubourg. Avant de nous en occuper, nous allons passer en revue tous les édifices renfermés dans l'ancienne enceinte de la ville.
Chapelle St.-Aignan. — A quelques pas seulement de St. -Germain et de la cathédrale, à l'entrée de la rue Pont- Mortain , se trouvait une très-ancienne chapelle dédiée à saint Aignan. La tradition populaire, qui n'est jamais sans fondement, en fait la plus vieille de toutes les églises delà ville. L'office canonial s'y faisait, dit-on, pendant la construction de la cathédrale , au XIe. siècle.
D'après les souvenirs , elle pouvait dater en partie de cette époque reculée. En 1367, Adhémar Robert, évêque de Lisieux , y fit faire des réparations. Elle a été rasée à la Révolution. Le clergé de la cathédrale s'y rendait tous les ans , en procession, le 17 novembre, jour de la fête du saint, pour y chanter les premières vêpres, et le lendemain , pour la grand' messe.
Hôtel-Dieu. — L'Hôtel-Dieu remontait à la fin du XIP. siècle. Les archives du Calvados et celles de l'Hospice actuel contiennent de nombreuses chartes avec lesquelles on pourrait en faire l'histoire. Il eut pour fondateur un simple bourgeois, nommé Laurent Aini , et pour principaux bienfaiteurs , Arnoul , évêque de Lisieux , constructeur de la chapelle , et Jourdain du Hommet , qui appela les Pères Mathurins pour veiller à son administration.
Cet établissement a été rasé en 1861 , malgré une forte opposition. Les bâtiments avaient été reconstruits , pour la plupart, en 1770, après un incendie terrible, qui faillit s'étendre à toute la ville. La chapelle datait du temps d'Arnoul , c'était un fort joli spécimen du style de transition. Pendant sa démolition , M. Raymond Bordeaux en a fait un
dessin dont voici la gravure. Elle était dédiée à saint Thomas de Canlorbéry, qui lui imposa son nom , en visitant les travaux , quelques jours avant son martyre. Ce prélat persécuté a célébré les saints mystères dans l'Hôtel-Dieu de Lisieux , et l'on conserve à l'Hospice, dans des reliquaires, avec toutes les preuves d'authenticité , les ornements dont il fit usage. La description en a été faite dans le Bulletin monumental , par M. le docteur Billon , en 18^9 (p. 260 ).