‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 42 sur 203 · LUCAKNE D'UNE MAISON, RUE DU BOUTEILLER · texte numérisé non relu

LUCAKNE D'UNE MAISON, RUE DU BOUTEILLER

sur la ville, après sa soumission en 1590 , M*. Lambert fut-il taxé à la plus grosse somme, 750 livres.

Contemporaines, mais beaucoup plus riches d'ornementation, sont les maisons portant les n°s. 63 de la Grand'Rue, M de la rue Pont-Mortain, dans la cour, 12 delà Petite- Couture. Leur caractère distinctif est la disposition de leurs pilastres en forme de gaîne, chargés d'entrelacs et de fleurons.

CANTON DE MSIEUX, 2e SECTION. 289

Le manoir Hauvel, détruit en 18/i2, en même temps que

B. Bordeaux del.

MANOIR HAUVF.L.

('Hôtel-Dieu dont il dépendait, appartenait à cette catégorie.

Le n°./il, surtout, est fort remarquable. C'est une trèsriche galerie, parfaitement conservée, garnie de pilastres, d'entrelacs, de godrons, de cannelures, de têtes grimaçantes. Il n'y a pas une pièce de bois qui ne soit couverte de ciselures, du travail le plus fin et du tracé le plus vigoureux. Le rezde-chaussée de ces constructions était ouvert : on le constate encore parfaitement au n° 12 , Petite-Coulure, situé dans la Cour- Vigneron. Un autre portique de colonnes corinthiennes cannelées, de même style, existe dans la cour de là curieuse maison que nous avons décrite la première (Friche-aux-Chanoines, n° 13).

La lucarne du manoir, Grand'Rue, n° 3&, dont voici un dessin, donnera une idée de la décoration que nous avons essayé de décrire. k

On peut encore faire rentrer dans la catégorie des galeries autrefois ouvertes, la maison qui occupe l'angle de la rue aux Febvres et de la rue des Boucheries.

Trois ordres superposés de colonnes cannelées, portées sur des têtes de plein-relief, ou des vases, en composent l'ordonnance. Il y a quatre colonnes à chaque étage. Leurs chapiteaux sont ioniques, sauf un, à l'angle du premier rang, qui rappelle les chapiteaux à crossettes du XIIIfi siècle. Les sablières sont moulurées en forme de corniches classiques, sans aucun encorbellement. On ne voit, dans les pans de bois intermédiaires, ni trace de fenêtres primitives, ni liens pour éviter le roulement, ni ornement d'aucune sorte : ce qui nous a fait regarder ces trois étages comme ayant été des galeries ouvertes, dont nous serions fort embarrassé, du reste, d'indiquer la destination.

Une autre variété des maisons de celte dernière période de la Renaissance est celle où les pilastres sont remplacés par des caryatides. Nous en connaissons deux exemples à Lisieux. Le premier se trouvait à une maison, maintenant démolie,

MUSOX RCE PONT-tlOBTATN, \" !\\.

qui occupait l'angle d'une ligne de constructions au centre de la place St-Pierre, dans l'axe de la rue du Pont-Mortain. La porte de cette maison, d'ailleurs peu considérable, avait ses pieds-droits sculptés de deux personnages presque de grandeur naturelle, et d'une bonne exécution, dont la tête supportait le linteau au-dessus duquel, comme amortissement, se trouvaient deux vases ou plutôt deux corbeilles de fruits bien composées. Au centre était un écusson chargé de trois hérissons allongés, avec une fasce portant un croissant accosté des deux lettres X. H. Ce blason nous a fait connaître le nom du bourgeois possesseur de cette demeure, Christophe Le Hérichon, fort dévoué, comme Lambert, à la Sainte-Ligue. Ses descendants obtinrent des lettres de noblesse. Dans les parties hautes se trouvait une autre caryatide, qui devait décorer une fenêtre.

Ces pièces remarquables avaient été conservées lors de la démolition, par les démarches de M. le docteur Billon : on les avait déposées à la Mairie. Elles ont disparu depuis.

La seconde maison à caryatides se trouve presque en regard de celle-ci (Grand'Rue, n° 97). Le bas, transformé en boutique, n'a plus rien de sa disposition primitive. Les figures en haut-relief, au nombre de quatre, alternent avec des pilastres en forme de gaîne couverts des entrelacs les mieux combinés.

Nous faisons dater encore du règne de Henri III une maison située à l'extrémité de la Grand'Rue , dans l'intérieur de la cour, n° 201. Elle est de peu d'importance. Ses entretoises sont garnies d'oves etdegodrons, et ses colombages sont taillés en pilastres ioniques. Une fenêtre a conservé ses volets.

Nous allons terminer par une liste des maisons qui semblent d'un ordre secondaire, dont il reste seulement des fragments, et que certaines particularités nous ont empêché de classer dans les catégories précédentes.

CANTON DE LISIEUX , 2e SECTION. 293

Rue St-Jacques , n° 8 , un clocheton de porte du XVe siècle, en pierre.

Rue de la Paix, n° 27. Façade de la Renaissance avancée, essentée au XVIIe siècle. Quelques sculptures seulement restent visibles.

Rue des Boucheries, n° 30. Belle porte à pilastres du règne de François Ier, avec deux curieuses enseignes en basrelief dessinées par M. Bouet et décrites par M. de La Quérière, dans son mémoire sur les Enseignes des maisons particulières.

N° 61 de la même rue, dans la cour, pilastres ioniques, sablières à rageurs; un blason à une fasce accompagnée de six fleurs de lis.

Grand'Rue, n° 174, frise godronnée, du règne d'Henri II. Les deux lucarnes ont, sur leurs pieds-droits, des colonnettes qui rappellent presque le XIIIe siècle. Du reste , elles sont couvertes en capucine , disposition qui n'est pas antérieure au XVIIe siècle. La maison tout entière a subi de grandes modifications à cette époque.

Nous avons omis de mentionner une maison de la rue de la Paix (n° 21), évidemment ancienne, d'un caractère fort sévère , mais qui n'offre rien de remarquable. Toutes ses baies ont été modernisées, excepté la porte d'entrée taillée dans la pierre en forme d'arc surbaissé dont l'angle est biseauté. Les vantaux sont à panneaux plissés. M. le docteur Billon nous apprend que cette maison possède une cave fort remarquable, voûtée en ogive , qu'il regarde comme datant du XIIIe siècle ou du commencement du XIVe. Personne ne contestera les appréciations de cet archéologue consommé.

Lisieux possède peu de maisons du règne de Louis XIV. On peut seulement citer celles qui portent les nos Ul de la rue du Pont-Mortain et ZU de la Grand'Rue, construites en briques avec chaînages de pierre taillés en bossage, et la mai-

sondes Daniesde la Miséricorde (Friche-aux-Chanoines, nr 11) sur la porte de laquelle on lit cette curieuse inscription , dont nous avons essayé ailleurs de donner l'interprétation :

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