‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 46 sur 203 · LA POMMER A YE · texte numérisé non relu

LA POMMER A YE

La Pommeraye , Pomme? ia.

L'église de La Pommeraye n'a jamais eu d'autre rang que celui de succursale ou chapclle-anncxe , sans territoire bien déterminé. Elle était, comme elle est encore , comprise dans les limites de la paroisse de St-I)ésir. Elle ne paraît, dans les touillés, qu'à partir du XVIe siècle. Le bénéfice était à la

nomination du chanoine prébende de St-Pierre-Azif, à raison de son fief, avec haute-justice , situé sur son territoire ; mais il fut souvent troublé dans son droit par le prébende de la Pommeraye. La relation de ces procès n'offre , du reste , aucun intérêt.

Malgré son peu de valeur architectonique , cette église tire de sa situation un attrait particulier. La grande mare pleine de roseaux qui se trouve devant le portail , les arbres serrés qui l'environnent et la cachent, les chemins défoncés qui y conduisent, les lichens de ses murs, prédisposent l'esprit à la rêverie.

L'ensemble de la construction est de l'époque romane, et peut-être, à cause de cette disposition d'esprit toute particulière dont je viens de parler , je serais porté à lui attribuer une antiquité trèsreculée. Les murs sont en blocage grossier : ceux du midi restent mieux caractérisés, les mortiers très-blancs se trouvent mélangés de parcelles de charbon , et les moellons sont en général poreux, quelques-uns teintés de

rose ou de brun, ce qui leur donne un aspect de terre cuite ou de pierre calcinée par le feu. Ils sortent des carrières du pays, qui toutes fournissent le calcaire oolithique.

Les deux fenêtres centrales de la nef, petites et cintrées ,

GASTON DE USIELX, 2e SECTION. 307

doivent avoir une origine romane, malgré les retouches qui les ont défigurées. Les autres ouvertures sont la plupart modernes, quelques-unes du XVIe siècle. Le portail tout entier, avec sa fenêtre ogivale, et les parties attenantes des deux murs latéraux , appartiennent aussi à cette dernière époque.

Le chœur a été refait à une époque toute moderne. Sans aucun doute , il était étroit et resserré comme ceux de St- Martin-de-la-Lieue et de St-Jean-de-Livet , églises fort anciennes dont on lira plus loin la description.

Rien dans le mobilier n'a une valeur artistique. Les trois autels sont du dernier siècle; mais ils ont encore des parements d'étoffes au devant du tombeau, ornement qui tend à disparaître partout, malgré le parti qu'on en peut tirer , et aussi malgré les prescriptions liturgiques. Le parement qui enveloppe le petit autel du midi est en jais, dessinant de larges rinceaux d'or sur un fond blanc mat. Il est malheureusement en mauvais état, mais on y attache de l'intérêt et on a raison.

La statue de saint Laurent , patron de l'église , sur l'autel du nord , est gothique ; elle peut remonter au XVe siècle.

Parmi les quelques tableaux suspendus aux murs, se trouve une des premières études de Duval-Lecamus : une tête de Madeleine.

La chaire paraît remonter au règne d'Henri IV. Elle est de forme hexagonale, et de la hauteur d'une simple tribune. La menuiserie en est bonne. A un autre point de vue, elle mérite l'attention des liturgistes , car c'est certainement une des plus anciennes chaires d'église rurale que l'on puisse rencontrer.

La cloche date de 1823 et son inscription n'offre aucun intérêt. Avant la Révolution, il y avait deux cloches. On trouve , dans les registres conservés aux archives de la commune de St-Désir, que, le 24 juillet 1707 , il fut délibéré par les habitants de faire refondre et augmenter la plus petite , qui était cassée.

Le 24 octobre 1791, inventaire fut dressé par la municipalité de St-Désir, du mobilier de la chapelle succursale de St-Laurenl de la Pomeraye.

Voici un extrait de cet inventaire , qui pourra donner une idée de la pompe qui présidait aux cérémonies du culte dans cet humble oratoire :

Une croix en cuivre avec son bâton en bois ;

Six candélabres en bois et leurs cierges sur l'autel de la Vierge ;

Quatre candélabres seulement sur l'autel de St-Hildevert , devenu maintenant l'autel St-Laurent ;

Un bénitier en cuivre ;

Un encensoir et une navette en cuivre ;

Sur le maître-autel, huit candélabres: deux en cuivre et les autres en bois ;

Une chape, huit chasubles et leurs étoles \

Un saint-ciboire, une patène et un soleil ;

Deux plats à quêter, un d'étain, l'autre d'airain.

Au midi de l'église , est un ancien manoir sans grand caractère architectonique, mais dont le toit était surmonté de deux beaux épis en terre vernissée. Malheureusement ces épis ont été déplacés et emportés par le propriétaire. Ce manoir était probablement le presbytère.

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