‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 57 sur 203 · EX DONC D. DE LA CAUVIMERE C · texte numérisé non relu

EX DONC D. DE LA CAUVIMERE C

Il offre un type bien des fois décrit. Des colonnes torses entourées de ceps de vigne, au milieu desquels jouent des oiseaux, des escargots, etc., portent un entablement surélevé en forme de trapèze. Des vases surmontent les colonnes. Pour accompagnement, deux niches, au-dessous desquelles s'ouvrent des portes qui conduisent à la sacristie. Le tableau, avec cadre sculpté de feuilles de chêne, représente l'Ascension.

La fenêtre ogivale du chœur a conservé des restes de vitraux : un Christ en croix avec la Vierge et saint Jean en grisaille, et un blason de gueules à la bande d'or, accompagnée de six merlettes de même posées en orle. La chaire à prêcher, de grande dimension , date de Louis XV. Sa base forme confessionnal , ce qui lui donne un aspect singulier.

La cloche avait une inscription assez intéressante pour être transcrite ici :

f JE SUIS NOMMÉE LEONTINE PAR MESSIRE ASTOLPHE LOUIS LEONORE MARQUIS DE CUSTINE ASSISTÉ DE NOBLE DAME AIMÉE LEONTINB DE S* SIMON DE COURTOMER MARQUISE DE CUSTINE ET BENITE EN PRESENCE DE »lr* JEAN BAPTISTE MARIN BORDEAUX MAIRE DE PRÊTREVILLE ET JEAN LE FRERE CAISSIER.

JEAN BAPTISTE ANTOINE DROl ET MA APPORTÉE A LAVILLETTE DE LISIEUX QUI MA FAITE EN 1821.

Cette cloche, s'étant cassée, vient d'être refondue; on n'a pas jugé à propos de reproduire cette inscription.

J'ai déjà mentionné la chapelle Ste-Anne. Elle a été démolie il y a une vingtaine d'années. Je n'ai pu me procurer de renseignements positifs sur sa structure et ses dimensions. La place qu'elle occupait est indiquée par un petit oratoire, qui sert d'abri à une statue de la Patronne.

Quatre fiefs se partageaient le territoire de Prêtreville : Querville, le Coudray, Poix et Prêtreville.

Querville est le seul dont les constructions ornent quelqu'intérêt. Il est situé à la naissance d'un petit vallon au milieu duquel serpente un ruisseau. Les sources de ce ruisseau étaient dirigées de manière à remplir les fossés du manoir, dont les bâtiments sont disposés en carré à peuples régulier, avec cour au centre.

L'entrée est pratiquée dans un pavillon, construit en

échiquier de pierres et briques, élevé d'un étage, avec toit surmonté de deux épis en terre émaillée. Les tuiles sont aussi vernissées de différentes couleurs. Une sorte de petite tourelle, qui contient l'escalier, donne du mouvement à la partie haute, sans faire de saillie sur le mur de façade. La porte est cintrée, accompagnée d'une poterne carrée. Le reste de la façade et les deux côtés sont composés de bâtiments, partie en échiquier, partie en bois, sans aucun intérêt.

Le corps-de-logis fait face à l'entrée. C'est une grosse maison, construite au rez-de-chaussée en chaînages de brique et de pierre, dont les parties hautes, en bois, n'offrent ni sculptures ni moulures caractéristiques. La cheminée est ornée d'arcatures cintrées.

La porte est accompagnée de pilastres qui portent un fronton cintré.

La face qui donnait autrefois sur le fossé est plus ornée et mieux caractérisée. On peut la diviser verticalement en deux sections , d'époques distinctes. La première, en pierre de taille au rez-de-chaussée, est , au premier étage, bâtie en bois avec encorbellements. Les colombages sont garnis de potelets. Les ouvertures consistent en deux fenêtres : l'une , largement ouverte, accompagnée de pilastres avec chapiteaux de fantaisie; l'autre, plus étroite , en accolade avec choux frisés, panaches et pinacles. Le poteau cornier est sculpté d'une grosse tête grimaçante se perdant dans des feuillages; les sablières de l'encorbellement ont des rageurs. Ces détails indiquent le commencement du XVIe siècle. La seconde partie est plus moderne et n'accuse guère que le règne de Louis XIII. Elle est éclairée de deux grandes fenêtres cruciformes.

Il n'y a point d'ouverture au rez-de-chaussée.

L'intérieur, depuis longtemps habité par des fermiers,

ne donne à mentionner que quelques pavés émaillés. Cependant la chambre haute du pavillon d'entrée a conservé , sur ses murs, quelques traces de peinture qui ne paraissent pas bien anciennes. On prétend que cet appartement était une chapelle : la cheminée qui s'y trouve et le reste de ses dispositions doivent faire repousser cette attribution.

Le colombier se trouve dans la première cour , en dehors de l'enceinte; il est octogone, d'un diamètre considérable et remonte aussi au XVIe siècle. Il a malheureusement subi des réparations maladroites.

Le manoir de Querviïle tire son nom d'une famille ancienne , qui n'a pas été sans importance au moyen-âge.

Montfaut inscrit dans sa Recherche : Henri et Richard de Querviïle.

Le premier possédait le fief dont nous nous occupons ; le second était seigneur du Coudray.

En 1540 , Hector de Querviïle et ses frères puînés, Guillaume et Pierre, produisirent devant les élus de Lisieux.

Hector joua un certain rôle dans les guerres civiles de la fin du XVIe siècle; il fut lieutenant du gouverneur de Lisieux.

En 1616, Querviïle appartenait à noble homme Jehan de Querviïle, sieur du lieu, la Rivière, les fiefs d'Auge et Douville. Il fut, je pense, le dernier mâle de sa famille; car un rôle de taille, de 1683, mentionne parmi les exempts damoiselle Anne de Quierville. En 1747, tous ces fiefs étaient passés aux mains de haut et puissant seigneur messire Louis-Marc Antoine de Fauteveau, et, en 1779, dans celles de M. Jean-Baptiste Davy de Boislaurens. Après lui, la terre est échue à l'une de ses filles, Mm* de Vauvert. dont la fille unique, mariée à M. de Marguerye, l'a vendue il y a quelques années.

Il y a dans les limites du fief de Querviïle une aulre

construction qui mérite une mention. C'est le Lieu-Seney , dont voici le dessin. On ne peut fixer sa date au-delà du

LIEU-SENEY.

règne de Louis XIIÏ. C'était la maison de campagne d'un Élu de Lisieux.

La population de Prêtreville est de 531 habitants. Au XVIIIe siècle, elle était de 895 habitants, 179 feux, et à la fin du XVIIe, de 165 feux ou 825 habitants. Cette paroisse était comprise dans l'élection de Lisieux,, sergenterie de Moyaux.

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