CHAPERON D^S FRERES SERVANTS , A ROQUES
On a déjà vu que l'église de Rocques est sous l'invocation de saint Ouen ; c'était au prébende de La Pluyère qu'appartenait le patronage , cependant c'était le titre d'une prébende du Chapitre.
Je ne connais point de fief sur le territoire de celte paroisse, bien que quelques gentilshommes y aient fait leur résidence. On trouve, en 15^0 , Jean de Gonslimesnil , de la maison de Goustimesnil, au pays de Caux ;
En 1616, damoiselle Marguerite Ainfray ;
En 1623, noble dame Françoise de La Vigne, dame de FI eu ri mont ;
En 1687, Gaspard Le Petit, sieur de Campront, et maistre Jean Le Petit.
FAUGUERXOX (1).
Fauguernon, Faguellon, Fauguernone.
Cette église est sous l'invocation de saint Regnobert, évoque, de Baveux. Quand on se rappelle les circonstances de la translation des reliques de ce saint prélat , dont on a lu le récit à l'article Morolles, quand on considère le peu de distance qui sépare les deux centres de population , on est tenté de considérer celleci comme le lieu même où elles furent déposées ; cependant aucune partie de la construction actuelle ne peut remonter à une époque aussi reculée.
C'est un édifice fort irrégulier, ce qu'il faut attribuer aux époques différentes des constructions qui le composent. Le portai est précédé d'un vaste porche en charpente. La porte est défigurée. Le clocher en charpente est de la fin du XVIe. siècle (V. p. suiv.). PLAn de l'églisk àt hugikunon.
(1) Notes de M. Ch. Vus^cur.
CANTON DE LISIEIX , lrc. SECTION.
Les deux murs latéraux de la nef sont de date différente. Celui du sud paraît du XIIIe. siècle, dans la partie qui subsiste encore ; car une chapelle , posée entre chœur et nef, en a usurpé une notable portion. On n'y voit qu'une seule fenêtre,
qui est ogivale; elle présente tous les caractères du XVIe. siècle. Son tympan est plein ; le reste est subdivisé en deux baies cintrées.
Le mur du nord est soutenu par quatre contreforts. Bien qu'il ait tout son développement, on n'y voit pourtant également qu'une fenêtre: elle est ogivale, à traccrie flamboyante avec
CANTON DE LISIEUX , lr'. SECTION. 27
un meneau : elle date donc du XVe. siècle. Le plein des murs paraît de l'époque romane.
La chapelle est tout entière du XVIe. siècle. Elle est de forme pentagonale , avec des contreforts sur les angles. Son toit est en pavillon. Trois fenêtres servent à l'éclairer. Elles étaient originairement semblables : l'une a été bouchée ; les
^llllllirill.llLlilIlIlJlUUIII'lllllllllllllllllMJMJmJ^li!!
deux autres, qui sont de forme ogivale, sont subdivisées par un meneau.
Le chœur est en retraite sur la nef, comme on le constate communément. Les murs sont, en totalité, romans (du XIIe. siècle) au nord et au levant ; au sud, se trouve une conslruc-
lion d'une date plus récente ; au nord , on voit deux contreforts plats et les traces d'une petite fenêtre romane, aujourd'hui bouchée et remplacée par deux grandes baies cintrées, qui ont le caractère du XVIIe. siècle. Le chevet, qui est droit, a un développement considérable. Il se termine par un gable énorme à rampants de pierre. Celte disposition vient de ce que l'on a voulu couvrir par une seule charpente, et le chœur primitif et la chapelle placée en bas-côté, au midi, vers le XVe. siècle (V. le plan, p. 4i4). On voit parfaitement les reprises , car les constructions du XVe. siècle sont en pierre de taille , tandis que les autres se composent de moellons non taillés, noyés dans un mortier de chaux, avec des contreforts plats en travertin. Deux de ces contreforts ont été conservés dans la reconstruction du chevet. Lors de ces reprises , on avait ouvert dans l'axe du chœur une grande ogive qui fut bouchée au XVIIe. siècle, mais qu'on vient de rouvrir.
Les traces d'une litre funèbre se voient encore à certains endroits des murs.
A l'intérieur, toutes ces constructions d'époques diverses forment un vaisseau bien il -régulier. Le chœur a été totalement défiguré ; l'autel ne présente d'autre intérêt que de venir de l'église détruite de Bouttemont.
La chapelle longue qui forme, pour ainsi dire, le bas-côté du sud , a conservé sa jolie voûte ogivale en merrain avec dessins au poncis. Au sous-faîte sont attachés des blasons qui avaient été coloriés. Sur l'un on distingue parfaitement un orle de merîettesde sable sur champ d'argent. Un autre porte le chiffre IHS. Son autel ne date que du dernier siècle ; sur le tableau est la date 1726 et la signature Pillemens à l'un de ses coins. A l'autre , sont deux blasons curieux : ils indiquent que les donateurs furent un membre Vie la famille Le Bas, originaire de Lisieux , et sa femme. Cette famille, qui a rempli de hautes charges de finance dans l'élection de
CANTON DE USIËUtj 1". SECTION. 29
Lisieux, a possédé des biens à Fauguernon ; elle s'est éteinte dans la famille de Piperey.
La chapelle pentagonale est également voûtée en merrain. Elle n'a qu'une seule ferme apparente du côté de son ouverture sur la nef. Cette forme de charpente est d'une exécution parfaite et d'une rare élégance; l'entrait, orné de torsades et d'imbrications avec rageurs vigoureusement sculptés à chacune de ses extrémités, est soulagé à son milieu, au-dessous du poinçon, par un pilier de bois octogone, parfaitement équarri, et dont la partie supérieure est toute couverte d'imbrications (V. la page suivante). Au-dessous, est une bande d'écussons sculptés en relief, qui sont ceux des anciens seigneurs de Fauguernon , à qui on doit l'érection de cette chapelle.
Un autel en pierre, dans le style du dernier siècle, occupe le fond de la chapelle ; dans le mur oriental est une petite piscine.
En avant du chœur sont deux petits autels : sur l'un se voit une statue de pierre dont le socle est orné d'un blason autrefois colorié ; en dépit de l'épais badigeon blanc dont on a jugé à propos de le couvrir, il a été possible de constater qu'il était d'azur à trois croissants d'argent : c'est évidemment celui du donateur de la statue.
l.a nef est aussi voûtée en merrain avec charpente apparente. Les poutres ont été revêtues d'une décoration polychrome vers la fin du XVIIe. siècle ou au XVIIIe. L'entrait est rouge, avec des arabesques jaunes. Sur la base du poinçon sont figurées les mêmes pièces héraldiques que sur le poteau de la chapelle pentagonale : trois croissants d'argent, 2 et 1. Le fût, jusqu'à la voûte, est orné d'un semé de fleurs de lis et de croissants alternant.
Dans le mur du nord se trouve une petite piscine ogivale, du XVe. siècle. Une autre piscine , en accolade , se remarque au bas de l'église. Cette disposition , que Ton rencontre quelquefois, a besoin d'être expliquée,
CANTON DE LIS1EUX , lr\ SECTION. 51
Les fonls baptismaux , qui datent du XVe. siècle, sont une cuve de pierre octogone, ornée de quelques feuilles de vigne sculptées à la partie supérieure.
Dans la pauvreté du mobilier , il ne faut pas oublier de signaler deux statues de Vierge, d'une bonne exécution et d'une époque déjà ancienne.
11 y a deux ou trois ans, l'un des desservants de Fauguernon a vendu à vil prix, à un brocanteur, des fragments d'un rétable à personnages, d'un grand intérêt, que l'on avait découverts dans la poussière, sous l'un des petits autels. Ces sculptures dataient du XVIe. siècle ; l'exécution en était remarquable. Tous les personnages avaient été miniatures, et leurs costumes pittoresques rappelaient les travaux du même genre des Flandres et de l'Allemagne. Il y avait h groupes qui représentaient, comme toujours, les scènes de la Passion. Leur disposition permettait de comprendre qu'ils avaient été superposés en deux étages : le premier ne comprenait pas moins de dix personnages, divisés en trois groupes. Son sujet était le Sauveur, accablé sous le poids de la croix. Le bloc suivant, qui avait rempli le centre du rétable, montrait le Christ en croix, insulté par les soldats \ cinq des personnages étaient à cheval , deux autres à pied. La partie inférieure représentait deux sujets destinés à faire contraste : d'un côté, les disciples du Crucifié avec les saintes femmes dans la douleur ; de l'autre , les soldats jouant aux dés pour gagner la robe du Christ.
Les deux autres fragments représentaient la Descente de la croix et l'Ensevelissement. Dans chacun figuraient sept personnages de haut- relief.
La cloche est moderne et de nul intérêt (1).
(1) Celte nolice a été rédigée sur les notes que j'avais prises en 1855 et 1858. L'étal de cette église s'est singulièrement modifié depuis. En
La croix du cimetière date du XVIIe. siècle.
Le fut consiste en une colonne avec chapiteau corinthien.
L'if, accompagnement ordinaire des églises de ce pays, mesure 13 pieds de circonférence à la partie moyenne du tronc. Il est à l'angle nord-ouest du cimetière.
L'église de Fauguernon faisait partie du doyenné de Touques. Le patronage était laïque. Le curé avait la tierce -gerbe des dîmes. Au civil, la paroisse faisait partie de l'élection de Lisieux, sergenterie de Moyaux. On y comptait, au XVIIT. siècle, 95 feux , c'est-à-dire environ 680 habitants. On en compte maintenant, d'après le dernier recensement, 277 seulement.
Fauguernon possède les ruines d'un château-fort, composé de deux enceintes; la première avait des fossés peu considérables On y voit des braiments en bois , qui paraissent dater du XVIe. siècle, et un colombier octogone.
L'enceinte principale, qui paraît avoir été à peu près carrée , était défendue par des fossés d'une bien grande profondeur ; car leur creux est encore considérable , malgré tant d'années d'abandon.
la revoyant avec M. Bouet, qui a fail les dessins qu'on vient de voir, nous avons constaté que M. Blin , le desservant , qui s'est débarrassé des bas-reliefs dont on vient de lire le détail , et qui occupe encore la cure, ne s'était point arrêté dans la voie qu'il avait choisie. Tout est bouleversé. On chercherait en vain maintenant les statues que nous avons mentionnées, le curieux tableau de la famille Le Bas: tout a disparu; pas une seule pièce de mobilier ne se retrouve dans l'église. Les fonts baptismaux sont jetés au pied de la haie du presbytère : on les a remplacés par une cuvette sans style, placée au midi, contrairement aux prescriptions liturgiques. J'aurais peut-être dû changer la rédaction de mes notes , mais j'ai pensé qu'en décrivant les choses telles qu'elles se trouvaient quand j'en ai été impressionné, on pourrait reconstituer plus facilement l'intérieur de cette malheureuse tglise.
( Note de M, CU. Vasseur. )
CANTON DE LISIEUX , l'e. SECTION. 33
Le donjon, de forme carrée, occupait à peu près la moitié de la ligne septentrionale. Il était bàli tout entier en pierres de petit appareil , ou plutôt en silex taillé. Deux éperons
saillants formatent avant-corps, du côté du fossé. Des amorces de voûte plein-cintre se remarquent encore au rez-dechaussée. Vers l'intérieur de l'enceinte, on voit des rainures pour la herse ; au premier étage, Ijs angles sont encore garnis de cblûnnetités cylindriques avec chapiteaux romans, qui servaient, sans doute, à recevoir les retombées des voûtes des salles hautes. Le rez-de-chaussée , qui était occupé par la grande porte, offrait, sous ce rapport, quelque ressemblance a\cc celui du château de la Pommorayc et celui du Plcssis- Grimoult , figurés précédemment dans les tomes II et III de la Statistique monumentale ; mais on y remarque des coulisses ou rainures pour recevoir des herses , ce qu'on ne trouve pas dans les deux tours précédentes.
A l'angle nord-ouest du donjon , du cùlé de la cour intérieure, est accolée une tourelle circulaire renfermant un escalier en pierre, qui n'est éclairé que par d'étroites ouvertures en forme de meurtrières.
34 STATISTIQUE MOSUMtNTALE DU CALVADOS.
A l'autre extrémité de celte ligne septentrionale, est une tour circulaire qui a subi des retouches à diverses époques, mais dans l'intérieur de laquelle se voit une salle voûtée en cul-de-four. L'entrée est garnie d'un simple tore , c'est un arc surbaissé qui peut remonter au XIIIe. siècle. Des meurtrières , fortement ébrasées à l'intérieur, éclairent seules cette salle obscure, au centre de laquelle s'ouvre une margelle circulaire, unique entrée d'un caveau souterrain , voûté d'après le système de la salle supérieure. On lui donne pompeusement le nom d'oubliettes; mais il sert actuellement au fermier pour loger ses légumes pendant l'hiver.
Toutes les murailles du pourtour de l'enceinte sont réduites à la hauteur d'un simple mur de clôture, de sorte qu'il ne reste plus rien des édifices qui devaient s'y trouver adossés. Il faudrait fouilier le sol pour en retrouver le plan et en constater l'importance. On voit encore pourtant , dans la ligne qui est parallèle au chemin, c'est-à-dire vers l'orient, une salle basse, souterraine , voûtée en berceau , à laquelle on accédait autrefois de la cour intérieure , ou plutôt de l'un des bâtiments, par un escalier en pierre d'une seule volée droite, dont on retrouve en place les derniers degrés. Le reste est envahi par les décombres. Cette salle sert de vestibule à une cave ou souterrain, divisé, suivant l'usage constant du moyenâge , en une série de celluk's disposées symétriquement sur chacun des flancs. Il y en a trois de chaque côté ; une septième forme le fond du couloir.
Ce château a eu un passé historique. Au XIIe. siècle, il fut pris par Geoffroy d'Anjou , après trois mois de siège et rasé. Bien que plusieurs de ses murs accusent encore cette époque, sans mélange de style postérieur, il est cependant impossible de supposer qu'il n'ait point été relevé dans la suite. D'ailleurs, il était encore en état de défense en 1449 ; les troupes du roi Charles VII, venant de Pont-Audemer, s'en
CANTON DE LISIEUX, lrp. SECTION. 35
emparèrent, et c'est de là qu'elles vinrent, le 16 août , asseoir leur camp devant Lisieux. D'après diverses données historiques , il paraîtrait que ce fut seulement sous le règne d'Henri IV qu'il fut définiiivemenl démantelé. Suivant une sentence du bailli de Fauguernon , datée du 7 mars 1591 , les pieds de la vicomte se tenaient dans ce temps à Lisieux, par raison des troubles de guerres estant en ce pays.
La vicomte ou baronnie de Fauguernon était un des grands fiefs du duché de Normandie. Elle se composait de huit fiefs de haubert, dont plusieurs avaient eux-mêmes des forteresses importantes. Elle s'étendait sur le Pin, Norolles, St.-Philberl-des-Champs et autres paroisses environnantes.
Les vicomtes de Fauguernon avaient séance à l'Echiquier.
La famille que l'on trouve le plus anciennement en possession de cette terre est celle des Berlran de Bricquebec ; et comme ils remontent par filiation suivie jusqu'au temps de Rollon, il est probable que leur auteur l'avait obtenue dans le partage qui suivit la conquête de la Normandie.
11 ne peut entrer dans le cadre de ce travail de donner les noms de tous ceux des membres de celle famille qui furent seigneurs de Fauguernon : il suffira de nommer les principaux : Robert Ier. suivit à la Croisade le duc de Normandie ; il portait d'or au lion vert rampant, ongle et couronné d'argent avec un baston de gueules, pour brisure; car ce n'était qu'un cadet de la branche de Bricquebec. Ceci est exlrait du catalogue publié par Gabriel Dumoulin à la suite de son Histoire.
Son fils, Robert II, avait pris parti pour Eustache , comte de Boulogne, conire le duc d'Anjou: ce qui amena la destruction de son château en 11 37. Il fut tué lui-même l'année suivante en défendant, sans doute, toujours la même cause. Il avait épousé la fille u*Étiennc , comte d'Auinals, dont il eut un fils nommé encore Robert.
Celui-ci vit aussi une invasion étrangère ravager la Normandie; mais, instruit par l'expérience de son prédécesseur, il ne chercha point à résister et put ainsi conserver ses terres qui furent érigées en harounie par le conquérant, Philippe- Auguste. Son alliance avec la fille aînée de Jourdain Tesson ne fit qu'augmenter son importance. Son petit-fils, Robert V, vicomte de Roncheville , seigneur d'Honfleur et de Fauguernon , fut nommé connétable de Normandie. Cette charge était restée jusqu'alors dans la famille du Hommel. Il eut pour femme Alix de Tancarville, fille de Monsieur Guillaume, .sire de Tancarville ei d'Âlissande de Meullent. Le traité de mariage, daté de l'an 1245 , stipule une dot considérable. Alix était héritière de sa mère et devenait dame des terres de Sahurs, Crotset et Bapaulmc , près Rouen, Fcuguerolles, Ifs, Alemaigne , Placy , Savenay , le Mesnil- Patry, Estreham, près Caen (1).
Les deux fils de Robert V se partagèrent ses possessions, et c'est au second, nommé Guillaume, qu'échut Fauguernon avec les fiefs de sa mère.
La génération suivante fut la dernière.
La terre de Fauguernon passa alors à une famille étrangère, mais une confusion inextricable règne dans les différentes généalogies, qu'il est impossible de faire concorder. Disons seulement que l'on trouve en même ternes qualifiés vicomtes de Fauguernon : les Painel , les Garencières , les Fresnel et Robert VIL Bertran , maréchal de France , était neveu du dernier possesseur mâle de cette même famille. Ces seigneurs vivaient au commencement du XIVe. siècle.
En 1465, Montfaut, faisant sa recherche de la noblesse en Normandie, trouva à Fauguernon messire Jehan de Montenay, chevalier, baron de Carencières, seigneur de Bérangeville, de
{{) V. de I a Hoque, Histoirt> de la maison d Harc >ur:.
CANTON DE LISIEUX, i*% SECTION. 37
Ntilly en Gastinoys et vicomte de Faugucrnon , qui , six ans plus tard , en 1469 , se présentait aux montres de la noblesse du bailliage d'Évrcux «en abillementde homme d'armes, accompagnié d'un autre homme d'armes, neuf arebiers et quatre vougiés..., tous suffisamment montez et armez. » (Monstres de la noblesse du bailliage d'Evrcux en 1469 , publiées par MM. Bonnin et Chassant, p. 10. )
Un acte original des Archives de l'Hospice de Lisieux , du 10 mars 1693, parle de noble et puissant seigneur Christophe deCerisay, seigneur de Villy et baron de La Haye-du-Puits, vicomte de Faugucrnon , conseiller et chambellan du roi et son bailli en Cotenlin. Comment était-il devenu seigneur de Faugucrnon? C'est ce que je n'ai pu découvrir. De sa femme, nommée Marie de Mayneville , Christophe de Cerisay ne put avoir qu'une fille , appelée aussi Marie , qui épousa Gaston de firezé , quatrième fils de Jacques , comte de Maulevrier , maréchal et grand sénéchal de Normandie , et de Charlotte , bâtarde de France, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel.
Gaston de Brezé joignit donc Faugucrnon aux fiefs nombreux qu'il possédait déjà.
Marie de Cerisay survécut à son époux, et elle vivait encore en 1537, suivant un acte du 20 septembre de celte année où l'on voit qu'elle possédait aussi le château du Pin , dont il va bientôt être question.
Elle comparut devant les élus de Lisieux, faisant recherche de la noblesse en 1540. Elle produisit une généalogie pour elle et ses enfants soubz-âage , mais elle ne put la justifier, parce que « les lettres, chartes, etc., concernant leur noblesse étaient demeurées aux mains de défunt M . Louis de Brezé, sénéchal et gouverneur de Normandie , frère aîné de son mari. »
Ces enfants sous-àge étaient Louis de Brezé , devenu grand-aumônier de France et évoque de Mcaux, puis deux
filles, Catherine et Françoise. La première épousa Nicolas de Dreux, vidante et baron d'Esneval ; la seconde eut pour mari Gilles Le Roy, seigneur du Chillon.
Louis de Brezé obtint en partage les terres de sa mère. Dans un acte du 7 mai 1571, on le voit qualifié de : « Révérend Père en Dieu messire Louis de Brezey , evesque de Mcaux, abbé des abbayes de St. -Pliaron et Ygny , seigneur et baron de la Hays-du-Puis, chastellain et visconte de Fauguernon , sieur du Chasteau du Pin et du Bois-Ravenot, etc., etc. »
Ses sœurs n'eurent point part à son héritage, qui revint nous ne savons comment, à son cousin, M. de Saint-Germain Faaguernon, qui tint le parti du duc de Bouillon pendant les guerres de religion (1).
Ensuite , Faugucrnon se retrouve entre les mains de Louis de Brezé , le mari de Diane de Poitiers , ou plutôt entre les mains de l'une de ses filles, Françoise de Brezé, qui avait épousé Robert IV de La Marck , duc de Bouillon , comte de La Marck, prince de Sedan, maréchal de France, gouverneur et lieutenant-général pour le roi en Normandie. Un acte original des Hospices de Lisieux , en date de 1617, fait mention de « hault et puissant seigneur messire Louis de La Mark , marquis de Maulny , vicomte de Faugucrnon , seigneur de JMarigny et de Nogent-Ie-Roy, conseiller du Roy en ses Conseils d'Estat et privé, premier escuyer de la Royne. »
Dans la seconde moitié du XVfle. siècle, Faugucrnon était passé aux Le Conte de Nouant de Picnecourt, qui le possédèrent jusqu'à la Révolution elle possèdent encore maintenant.
Afin que l'on puisse reconnaître auxquelles des différentes
(1) C'était un des enfants de Gilles de Saint-Germain , baron d'Asnebec , qui avait épousé la lille de Jacques de Brezé , gratid-père de l'évéquc de Meaux.
CANTON DE LIS1ELX , lr\ SECTION. 39
familles, qui ont successivement possédé la terre de Fauguernon, peuvent appartenir les blasons qui ont été dessinés ou décrits , voici les armoiries que les généalogistes attribuent à chacune d'elles :
Bertrand. — D'or au lion de sinople armé , la m passé et couronné d'argent.
PaincL — D'or 5 deux fasecs d'azur , accompagnées d'un orle de 8 merlettes de gueules.
De Montcnay. — D'or aux deux fasces d'azur , accompagnées d'un orle de 8 coquilles de gueules.
F remet de la Fcrtc Fresncl. — D'or à l'aigle éployée de gueules.
De Mauny. — D'argent au croissant de gueules.
De Drezé. — D'azur à 8 croiseltes d'or posées en orle autour d'un écusson aussi d'or, orle d'azur et l'azur rempli d'argent.
De Bouillon. — De gueules à la fasce d'argent.
Le Conte de Nouant. — D'azur au chevron d'argent , accompagné en pointe de 3 besants d'or mal ordonnés.
Moulin. — Rien ne manque pour attirer le tou liste à Fauguernon. La sauvagerie de son site ménage à chaque pas des surprises qui feraient les délices des peintres de paysage et aussi des romanciers. C'est ainsi qu'en revenant de notre excursion , à un quart d'heure de trajet environ du château et de l'église, nous avons découvert un moulin du XII'. siècle. C'est une chose assez rare pour figurer dans la Statistique ; M. Bouel s'est empressé d'en faire un croquis. Mais ce qu'il n'a pu rendre, malgré son talent , c'est l'impression qu'il a éprouvée, comme moi , en s'avançant dans les hautes herbes jusqu'au pied de cet édifice abandonné, perché sur l'escarpement d'un ravin profond dont les bords, garnis d'une foret vierge du lapins riche végétation, nous empêchaient
VLi: DL M01L1\ Dt FAUGUERSON.
CANTON DE IJSIEfJX, l,c. SECTION. Ui
de voir le fond , où nous entendions gronder les eaux du torrent, entravées sar.s doute par un barrage. Ce moulin banal , accessoire indispensable de la baronnic, paraît avoir été abandonné seulement au commencement de ce siècle. Quelques-unes des reprises qu'il a subies accusent le règue de Louis XV.
'HERSIIYAL (I).
lïcrmival, Ilcrmcvallis, Hcsmcval, Hermivallis.
Sans vouloir attacher trop d'importance au nom d'Hermival, et sans en chercher l'étymologie dans Hermès Vallis , le val de Mercure , on ne peut douter cependant que cette localité n'ait existé , n'ait même en quelque importance à l'époque romaine. Placée sur la grande voie qui allait de Noviomagus à Breviodwum, entre la vallée et îa plaine, elle était parfaitement située pourfaireune stal ion. Aussi les Romains y ont-ils laissé des traces de leur passage. Au commencement du XVIIe. siéelc , on trouva, en faisant des terrassements, une statue à trois faces (pic l'on supposa être de Jupiter, de Vénus et de Mercure. Plus tard, en janvier 1785, on y découvrit encore des sépultures ancienp.es d'où l'on tira une longue lame d'épée d'un pouce de large, un sabre large de deux pouces et long de vingt-deux. Dans les premiers jours de mars 1857, une nouvelle découverte de sépultures fut encore due au hasard. C'est sur le penchant d'un étroit vallon, ou plutôt d'une gorge fort resserrée, au fond de laquelle coule un petit ruisseau nommé le Drouet-Crocq , au hameau de la Prinscrie, que cette trouvaille a été faite. Déjà, l'année précédente, en voulant adoucir la pente trop abrupte du coteau , on avait rencontré cinq squelettes , enfouis sans
(1) Noie* (le Vf. CI). Vasseur.
h2 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
ordre et sans trace de cercueils, dans des fosses creusées dans la marne, recouverts seulement d'une légère couche de terre.
Aucun objet qui pût faire connaître l'époque de ces inhumations ne fut découvert , si l'on en croit le propriétaire. On trouva seulement, en continuant les terrassements, une masse de fer informe que je suis porté à regarder comme le fond d'un mortier.
C'est à vingt-cinq pas seulement plus loin qu'eut lieu la dernière découverte. Celte fois, si l'on s'en rapporte aux ouvriers , le nombre des squelettes s'élève à une douzaine , voire même une vingtaine. Le premier chiffre est le plus vraisemblable. Il n'y avait eu aucun ordre observé dans le dépôt des cadavres : ils étaient groupés par cinq ou six, regardant indifféremment le couchant ou le nord. Ils étaient posés , comme les autres, sur la roche calcaire, sous un pied de terre tout au plus. Tous les ossements avaient disparu quand le bruit de celte découverte nous conduisit sur les lieux. Quelques crânes, qui avaient été oubliés, purent seuls être examinés par le docteur Billon ; l'un d'eux lui parut appartenir à un très-jeune homme ou à une femme ; les autres indiquaient des hommes forts et faits. On trouva avec ces corps quelques objets qui furent acquis par M. Pannier, et qui permettent de faire remonter cette inhumation à la période franque : ce sont un scramasaxe de 18 pouces de long, avec la rainure au centre de la lame; un fragment de style à écrire, et enfin deux belles agrafes étamées, l'une ronde, l'autre de forme allongée.
L'église et le château se groupent assez bien ensemble à gauche de la route qui a emprunté , dans plusieurs de ses parties, l'ancienne voie romaine (V. la page suivante). L'église remonte à l'époque romane, et aucune des par lies essentielles n'est pos'.éricurc à la fin du XI II", siècle. Son plan ne comprend qu'un chœur et une nef, d'une longueur
BANR>3 DE US1KUX, 1". SICTION,
hZ
kh
totale, en œuvre, de 70 pieds. Le chœur fait retraite sur la nef, suivant l'usage. Le pignon occidental regarde la route. Ses murs sont composés d'un blocage irrégulier, en partie recrépi; il est soutenu par deux contreforts en pierre de taille peu saillants , qui nous ont paru dater des premières années du XIIP. siècle ; le blocage est plus ancien. Dans le pignon avait été primitivement pratiquée une fenêtre cintrée, de grandeur moyenne sans moulures , avec un simple chanfrein ; elle est maintenant bouchée. La porte , au-dessus de laquelle on voyait les attaches d'un porche en bois, était cintrée, garnie de moulures qui indiquaient la fin du XVIe. siècle. On l'a détruite en 1858, et remplacée par une ouverture soi-disant ogivale dont nous n'avons rien à dire ; elle a été bâtie par i'agent-voyer du canton.
Le clocher qui surmonte ce portail est une pyramide carrée en charpente , recouverte d'es^ sente.
Les murs latéraux sont irrégulièrement percés. Celui du nord, recrépi en grande partie, est soutenu par quatre contreforts qui datent du XIIP. siècle, comme ceux du portail; il a trois ouvertures, une dans chaque travée. Les deux premières sont romanes, c'est-à-dire étroites et cintrées. L'autre a l'apparence du XVIe. siècle; au-dessous, se voient les traces d'une petite porte cintrée , à claveaux réguliers extradossés à peu près cubiques, qui nous a paru dater aussi de l'époque romane.
Les deux fenêtres du mur méridional ne sont point pri-
GANTOIS DE Î.ISIECX , ir\ SECTION. /|5
mitives : l'une est moderne; l'autre paraît du XVI". siècle, comme sa correspondante. La maçonnerie n'est pas moins ancienne que celle du mur latéral du nord; elle est de même en blocage. On y trouve, vers l'ouest, la trace de la grande porte primitive, qui fut bouchée probablement au XVIe. siècle. Les deux premiers contreforts sont du XVIe. siècle ; le dernier est bâti en travertin et appartient certainement à la
Le chœur est régulièrement partagé en deux travées , comme on le voit par le plan. Les contreforts paraissent du XIIIe. siècle ; les murs , toujours en blocage , doivent être romans; les ouvertures sont à peu près symétriques, mais d'époques différentes. Au nord , on trouve deux fenêtres cintrées, romanes, plus larges que celles de la nef, et une
chr.rmanle petite port?, \u midi, la porte est romane ; au-
dessus s'ouvrent deux baies cintrées romanes. La dernière fenêtre est une grande ogive à chanfreins , subdivisée par un meneau, en deux lancettes irrégulièrement trilobées, avec un quatre-feuiiles dans le tympan. Dans le chevet était percée une grande fenêtre cintrée, qui s'est trouvée bouchée par suite de l'établissement d'un haut rétable et de la sacristie. Il est impossible d'en indiquer l'époque.
Les tuiles faîtières du chœur sont ornées d'une série de boules dont les contours forment une dentelure.
Intérieur. — Il n'y a point d'arcade entre le chœur et la nef. Les voûtes sont ogivales , en merrain , avec charpentes apparentes. Des corbeaux de pierre existent sous les sablières pour les supporter et décharger les murs. Le sousfaîte est orné de rosaces à compartiments gothiques découpés à jour.
Le maître-autel est composé de fragments divers. Le tombeau est celui de l'ancien autel ; le rétable et le tabernacle proviennent de l'église des Vaux. Il n'y a rien à en citer que la provenance. Deux statues en pierre , un saint évêque en costume du moyen-âge, sans doute saint Germain , patron de la paroisse, et un saint Antoine accompagnent cet autel.
Les deux petits autels de la nef datent du règne de Louis XIV. Ils sont à colonnes torses avec enroulements de ceps de vigne; au centre sont des tableaux, La frise de l'entablement portait des écussons armoriés , probablement ceux des donateurs. On les a bûches avec soin. Sur celui du nord, cependant , paraît encore un lion rampant sur un champ d'hermine.
Du Bosc, sieur d'Hermival portait : d'hermine au lion de sable couronné a'or (La Chesnaye des Bois).
Deux dalles lumulaires se voient dans le pavage du chœur; l'une d'elles est totalement effacée, elle recouvre les restes de
CANTON DE LIS1EIÎX , lr\ SECTION. kl
M. de Cassard, curé de cette paroisse, mort en 1781 ; l'autre porte le fragment d'inscription suivant :
hic pace {jacet )
ANTON1US LAl'GEOIS
oc jus (ecclesiœ) rector
( Anno atatis) «cm 38*
(die). . . SEPTEMB.
(an dmdccxxvii) ( An. D. M. DCC. XXVII.)
BEQUIESCAT IN PACE.
La cloche date du XVIIIe. siècle ; en voici l'inscription :
f LAN 1785 1AI ETE BENIE PAR Mr IFAN BAPTISTE NICOLLE CURE d'hER- MIVAL ET NOMMEE GABRIELLE PAR MESSIRE IEAN
Ift^T)" GABRIEL/) OOISNEL CHor SGr HAUT Il,STICIF.(r) DESPAGN(e) CHEVAL LKCE DE LA GARDE DU ROY CHcr DE LORHRE DU ROY ET PAR NOBLE DAM(?) Me ELISABET MARGUERITE IULIE DESCHAMPS EPOUSE DE MESSIRE FRANÇOIS ETIENNE DOINEL ECUIER SGr ET PATRON Di.ERMIVAL
VAL HEBERT S1 LAUliANT DU BISSON ANCIEN CIIEVAU LECfi(r) DE LA GARDE DU ROY. IEAN MANSEL TRESORIER. IEAN CONABT FECIT.
Le beffroi d'Hermival a encore donné asile à la cloche de l'église des Vaux, à peu près contemporaine de la précédente; mais nous en avons réservé l'inscription pour l'article consacré à cette paroisse.
La paroisse d'Hermival dépendait du doyenné de Aloyaux, comme au civil de la sergenterie de ce bourg, élection de Lisieux. On y comptait, au XVIIIe. siècle, 170 feux, soit environ 800 habitants. Elle n'en a plus que 637, malgré la réunion des Vaux. La cure était divisée en deux portions , toutes deux à la nomination de seigneurs laïques. Les pouillés du XIVe. siècle portent, pour la première portion, Jean de Brionne, et pour la seconde, Godefroy Patri. Les pouillés
postérieurs indiquent simplement, pour l'une comme pour l'autre, le seigneur du lieu [dominas loci).
Le château, tout voisin de l'église, comme on l'a déjà dit, est bâti sur un plan régulier. Le dessin ci-joint fait voir la
CHATEAU D IIKIUIlVAL.
partie la plus mouvementée. C'est un gros pavillon destiné à contenir le grand escalier, et aux angles de la façade un autre pavillon carré faisant avant-corps. Les murs sont en échiquier plus ou moins régulier , de briques rouges et de pierre , ou, dans certaines parties , en chaînage. Une corniche à mâchicoulis court sous les combles. Je crois pouvoir fixer comme date le milieu du XVIe. siècle,
CANTON DE LISIEUX , lr\ SECTION. 49
La façade, tout en pierre de taille, a été refaite sous Louis XV.
Quand j'en ai visité l'intérieur en 1856, quelques appartements avaient conservé des vestiges de leur décoration primitive. On voyait des traces, bien frustes, de peintures murales, dont les sujets étaient devenus impossibles à déterminer. A deux petites fenêtres étaient des restes de vitraux peints, de la dernière époque , représentant un vase de fleurs et un oiseau.
Sur les deux pignons se dressent deux beaux épis de terre émaillée, dont les motifs se retrouvent ordinairement sur les productions de la même époque.
Deux cours d'eau latéraux longent le château en l'isolant des terres environnantes , mais en réservant devant la façade une vaste esplanade , maintenant transformée en jardin. Le pont était fermé par une belle grille en fer forgé , avec tôles emboutées, datant du règne de Louis XV.
Montfaut ne parle pas du seigneur d'Hermival dans sa Recherche. La montre de la noblesse du bailliage d'Évreux , faite six ans plus tard , nous en fait présumer le motif en inscrivant Robert Pougnant , seigneur de Hermienval, demourant à Rouen.
La recherche des élus de Lisieux , de 1540 , ne fait connaître aucun seigneur d'Hermival. Des trois gentilshommes qui résidaient alors dans la paroisse, l'un, Antoine d'Escaille, est qualifié seigneur de La Motte ; les deux autres, Richard de L'Ame et Jean Paoul , n'ont point de titres.
La Motte est une maison sans intérêt, située à quelques centaines de pas seulement du hameau de la Prinserie.
Au XVIIe. siècle, le château d'Hermival a appartenu à la famille du Bosch , famille de robe , qui cependant a donné plusieurs chevaliers à l'Ordre de Malte. 11 ne faut point la confondre avec du Bosc de Radepont : leurs armes sont toutà-fait différentes. 4
La Roque , dans son Histoire de la maison d'Harcourt , parle de Jean du Bosch , seigneur d'Hermival et de Firfol , qui épousa, vers 1600, Marie d'Oinville, dont sortit « noble homme messire maislre François du Bosch, seigneur de Hermival, conseiller du Roy en sa Cour des Aydes, qui se maria avec damoiselle Anne de Moges. »
J'ai trouvé dans des titres originaux, mais sans pouvoir en établir la filiation : noble homme Hervey du Bosch , auquel succéda dans la possession de la terre d'Hermival François du Bosch , chevalier , seigneur et patron d'Hermival, Sl.-Laurent-du-Buisson , Valhébert, les Septvoies, etc., suivant un aveu de 1691. Il avait pour femme Françoise de Parey , qui figure comme sa veuve dans Y Armoriai de d'Hozier.
L'inscription de la cloche, de la fin du XVIIIe. siècle, montre que le seigneur d'Hermival était M. Doisnel. C'est maintenant M. de Boctey qui possède le château.
La famille de Boctey n'était point , du reste , étrangère à Hermival : une de ses branches possédait , au commencement du XVIIe. siècle, le fief de St.-Laurent-du-Buisson, dont nous allons parler. Il est situé à l'extrémité de la paroisse tendant vers Ouillie-du-Houlley. Le paysage qui l'environne se compose de mamelons boisés entourant un vallon étroit et sinueux, d'une sauvagerie peu commune. Il est situé sur l'une des pentes les plus abruptes. Comme on en peut juger par le croquis ci-joint (V. la page suivante), le manoir de St.- Laurent est une construction assez vaste et très-mouvementée , bien qu'elle ne puisse pas remonter au-delà du XVIIe. siècle.
Au sud se trouve un petit bâtiment sans apparence , c'est la chapelle ; elle était un bénéfice à la nomination du seigneur. Construite en moellon, sans contreforts ni détails caractéristiques, défigurée par suite de sa destination actuelle , il est
CANTON DE LISIEUX , lre. SECTION.
difficile de dire à quelle époque elle peut remonter. Elle est orientée. Il est présumable qu'elle date du XVIe. siècle , à en juger par deux étroites ouvertures qu'elle a conservées au chevet et au midi.
La charpente est assez légère et recourbée en carène; mais les douvettes ont disparu.
Outre ce fief et le château, il y avait encore d'autres terres seigneuriales sur le territoire de la paroisse d'Hermival ; nous avons déjà cité la Motte, on peut nommer, en outre, les Septvoies. Le Valhébert , bien que assis à Cormeilles , Cantelou, la baronnie d'Ouillie, y avaient aussi des extensions.